I. — CARACTÈRES PHYSIQUES
Les excréments sont constitués par les résidus non digérés et non absorbés des aliments, mélangés aux produits des diverses sécrétions du tube digestif, plus ou moins modifiés par leurs réactions réciproques ou par les fermentations intestinales. C’est ainsi, par exemple, que l’acide chlorhydrique du suc gastrique et la soude libre du suc pancréatique régénèrent du chlorure de sodium qui rentre dans le sang, tandis que les éléments de la bile se dédoublent en donnant des composés nouveaux dont les uns sont résorbés par le sang, alors que les autres, parmi lesquels les produits résineux, restent dans les fèces.
La couleur des matières fécales dépend, d’une part, de la bile, de l'autre, du régime alimentaire. La matière colorante de la bile, altérée profondément par les fermentations intestinales, colore les fèces en brun foncé ; aussi, dans le cas d ictère avec obstruction du canal cholédoque, ou chez les chiens munis de fistules biliaires avec écoulement de la bile au dehors, les excréments décolorés prennent-ils une teinte grisâtre caractéristique.
L’influence du régime est également manifeste: l’alimentation exclusive de \ îande les rend foncés; le régime mixte de viande et de féculents, brun-jaunâtres; le- régime herbacé, verts.
Les préparations métalliques (de fer, de bismuth, etc.), le sang modifié hématémèse stomacale, ingeslion de boudin) peuvent les colorer en noir, le sang frais (hémorrhagie intestinale, hémorrhoïdes), en rouge ou en brun.
L’élude au microscope fera reconnaître des globules plus ou moins altérés, et l'examen spectroscopique démontrera la présence de l'hématine et de l’hémoglobine.
La coloration noire, due aux sulfures métalliques, disparaît par addition d’un acide. On a attribué à la formation d’un oxysulfure vert de mercure ou à une hypersécrétion biliaire, la coloration verte des fèces observée chez les enfants, à la suite d’une purgation au calomel.
L'odeur des fèces, caractéristique, et plus prononcée pour un régime animal,
est due à un ensemble de produits volatils, phénol, indol, skatol, acides gras volatils, parfois à de l’hydrogène sulfuré, mais jamais à de la naphtylamine qu’on a cru y trouver autrefois.
Leur consistance peut varier à l’état normal : elle est plus forte pour une alimentation exclusive de viande et diminue beaucoup à la suite de l’addition d’une forte quantité de sucre aux aliments. Elle peut devenir molle, ce qui tient à une augmentation de la proportion d'eau ou des graisses; et, dans ce dernier cas le résidu de la dessiccation reste mou, et ne devient friable que lorsqu’on a extrait les corps gras par l’éther.
Les boissons paraissent à peu près sans influence.
Il n’en est pas de même de la rapidité avec laquelle les matières traversent l’intestin, rapidité qui est sous la dépendance des contractions intestinales, et qui modifie l’absorption des éléments solubles dissous dans la partie aqueuse des fèces. Les selles liquides se séparent souvent en deux parties bien distinctes (fièvre typhoïde), l’une fluide qui surnage, l’autre solide qui forme un dépôt.
La densité des fèces normales est plus faible que celle de l’eau qu’ils surnagent.
Leur réaction est en général acide, surtout avec une nourriture féculente • rarement neutre ou alcaline par suile de fermentations ammoniacales. Ces variations dépendent du régime, de la durée du séjour des fèces dans l’intestin, enfin des fermentations diverses qu’ils subissent.
La quantité, pour une alimentation mixte moyenne, est d’environ le huitième du poids des aliments solides absorbés. Chez le chien, nourri exclusivement de viande, le poids des fèces desséchés varie du dixième au quarantième de celui de la viande, calculé à l’état sec. Avec une nourriture exclusive de pain, le poids des excréments monte au 1/6" ou au 1/8" de celui de l’aliment supposé sec (Bisehofif et Voit).
L’homme adulte rejette de 130 à ISO grammes d’excréments humides, en vingtquatre heures, pour une alimentation mixte moyenne; mais ces chiffres peuvent monter à 400 et 500 grammes, et augmentent surtout avec le régime végétal qui est celui qui laisse le plus de résidu ; ils tombent au minimum dans le régime exclusivement, lacté.
Les fèces renferment en moyenne 25 p. 100 de matériaux solides, sur lesquels 3 à 4 p. 100 de substances minérales.