PRINCIPES CHIMIQUES CONSTITUTIFS DES FÈCES
On trouve dans les excréments les malières suivantes :
iJiÏÏrr de D0S alimentS réfractaires à racli0" des sucs digestifs ou insolubles: tissus corne et élastique, tendons, mucine, nucléine, épithéliums et epiderme, libres et cellules végétales, cellulose incrustée ou suberif.ee Chlorophylle, gomme, matières pectiques, résines, sels divers insolubles, tels aue sels de chaux, de magnésie, savons calcaires et magnésiens, silice et silicates-
2" Des substances alimentaires digestibles qui ont été ingérées en excès ■ fécule crue, corps gras, albumine crue, sucres, ou qui sont lentement digérées : amylacés crus, cellulose, phosphates terreux;
3 Des sels solubles et insolubles : chlorure de potassium et de sodium, carbonates et sulfates alcalins, phosphates terreux, principalement de magnésie et ammoniaco-magnésien, phosphate de fer et silice.
4” Les éléments de décomposition de la bile : pigments biliaires, urobiline, acides biliaires, acide glycocholique qui se dédouble plus difficilement, acide cholalique, taurine, glycocolle, dyslysine, cholestérine, lécithine;
5» Des cellules épithéliales du tube digestif et du mucus intestinal ;
6° Des organismes microscopiques : champignons en voie de prolifération, vibrions et bactéries en quantité souvent énorme, eux et leurs germes ;
7° Enfin des produits de la putréfaction que l’on peut diviser en trois groupes :
a) Composés gazeux : acide carbonique, azote, ammoniaque, hydrogène, acide sulfhydrique, hydrogène carboné et peut-être phosphore, dont la majeure partie existe à l’état libre et constitue les gaz intestinaux. L’histoire de ces composés a été faite antérieurement.
b) Composés volatils comprenant les acides de la série grasse, depuis l’acide acétique jusqu’à l’acide caproïque inclusivement; ils sont tantôt normaux, tantôt isomériques, et se révèlent quand on les chauffe en présence d’un acide fixe. On y trouve, en outre, le phénol, l’indol et le skatol.
Chez l'homme soumis à une alimentation riche en viande, des dérivés phénoliques, c’est le skatol qui prédomine dans les fèces, l’indol étant à peu près absent ou ne se produisant qu’en petite quantité, tandis que, chez les chiens nourris avec du pain ou de la viande, on ne trouve que de l’indol et peu de skatol. Cette différence est attribuée, par Brieger, d’une part à ce que la putréfaction intestinale se produit dans des conditions tout autres chez l’homme que chez le chien, sous l’action de ferments d'espèces variables, et d’autre part à ce fait que les phénomènes d’osmose qui se manifestent tout le long du tube intestinal, changent à chaque instant la nature et les proportions des produits de la putréfaction.
A côté des produits acides et phénoliques, on trouve encore, dans les fèces, des composés volatils azotés, très altérables au contact de l’air, de nature alcaloïdique, analogues aux ptomaïnes de Selmi et aux leucomaïnes de A. Gautier et douées, pour la plupart, de propriétés éminemment toxiques. Ces alcaloïdes augmentent notablement de proportion à la suite de l’ingestion d’aliments altérés, et consécutivement à une pullulation extraordinaire, dans l’intestin, des bactéries qu’entraînent avec eux ces aliments en voie de décomposition putride De là des accidents dus à une résorption plus ou moins grande de ces composés toxiques. La chose a été prouvée dans quelques cas, comme on le verra plus tard.
c) Produits fixes, cristallisables : leucine et tyrosine, glycocolle et butalanine que les expériences de Schutzenberger sur la décomposition de matières albuminoïdes par la baryte, nous permettent d'envisager comme le résultat du dédoublement par hydratation de ces dernières, sous l’influence des bactéries de la putréfaction. Ils sont décomposés à leur tour, en grande partie, avec production d’ammoniaque, d’acide carbonique et d’acides gras dont il a été question précé demment.
La formule suivante rend compte de cette décomposition, dans le cas de la leu cine qui, en présence de la fibrine putréfiée, se dédouble en acide valérique am moniaque, acide carbonique et hydrogène.
DIGESTION. — FÈCES NORMALES. 317
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