DIGESTION. - INTERVENTION DES BACTÉRIES DANS LA DIGESTION
renferment, complètement développés ou à l’état de spores, des microbes ou bactéries. On trouve, en effet, des microbes, non seulement dans l’arbre respiratoire, mais surtout, et en quantité innombrable, dans le tube digestif, et cela depuis la bouche jusqu'à l’anus; et ce qui démontre d’une manière absolue qu il® y ont Pénétré avec les aliments, c’est qu’on n’en rencontre aucun dans le méconium du fœtus, et que les fermentations bactériennes ne commencent dans 1 intestin du nouveau-né qu’après les premiers mouvements de déglutition.
Quelques esprits, et ils paraissent devenir plus nombreux à l’heure actuelle, ont dès lors pensé qu’il pourrait bien y avoir une corrélation entre la présence de ces bactéries dans le tube digestif et les actes de la digestion, et ont même voulu y voir une relation directe de cause à effet (1).
Cette opinion, d’abord timidement émise par Cl. Bernard, puis soutenue par Pasteur, par Duclaux, Vignal, etc., en France, a été également défendue en Allemagne, principalement par Nencki, Kiihne et Nothnagel.
Cl. Bernard, le premier, a émis l’hypothèse que la saccharification de l’amidon par la sal.ve pourrait être attribuée à un produit d’altération formé dans la bouche aux dépens d’un élément encore indéterminé de la salive, en d’autres termes que la ptyaline ne préexisterait pas dans la sécrétion des glandes salivaires.
Duclaux admettant de prime abord, avec Cl. Bernard, que les diverses sécrétions salivaires, prises isolément ou mélangées hors de la bouche, n’ont aucune actmn saccharifiante sur l’amidon, ce qui est d’ailleurs contraire à la réalité, Duclaux voit dans les êtres microscopiques qui pullulent dans la salive et qu’on englobe sous la dénomination générique de leptothrix buccalis, une source de diastase suffisante pour qu’il soit inutile d’invoquer une sécrétion physiologique Ajoutons que fauteur se borne à, reprendre l’hypothèse de Cl. Bernard, sans pouvoir citer, à l’appui de sa thèse, un seul fait probant.
Duclaux va plus loin encore : il n’admet pas de différence absolue entre les phenomenes de la digestion et ceux de la putréfaction. Si l’on étudie la façon dont les cellules des glandes qui déversent leur suc dans le tube digestif manifestent leur activité pendant l’acte de la digestion, on trouve que les sucs qu’elles secretent en abondance, à ce moment, renferment de grandes quantités de produits de dechets de la vie cellulaire, leucine, tyrosine et autres de sorte que, de même que les bactéries du contenu intestinal sécrètent des’diastases identiques ou analogues à celles que l’on trouve dans les sucs des glandes de la digestion, de meme ces glandes déversent constamment dans l’intestin les produits de dechets qui résultent de leur fonctionnement et qui sont identiques à ceux que produisent les vibrions.
(1) C’est dans le même ordre d’idées qu’on a voulu attribuer l'action des eaux alcalines de Vichy, non plus aux éléments salins, mais aux microcoques et aux bâtonnets nn’oii r
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comme absolument pures, et que les organismes microscopiques qu’elles peuvent contenir constituent une impureté apportée de l’extérieur et qu’il faut surveiller avec soin • c’est du reste l’opinion i laquelle s’était arrêtée, en 1888,Pazio, de Bologne, qui protestait déjà contre cette théorie nouvelle, absolument fausse, en vertu de laquelle la puissance digestive des microbes dans les eaux minérales alcalines remplacerait l’action chimique, étudiée et démontrée par Fouet, Desbrcst, Petit, Prunelle, Villemin et tant d’autres.
Mais à part ce qui a trait à la diastase salivaire, dont il trouve peut-être l’origine dans les leptothrix de la bouche, l’auteur n’apporte, à l’appui de la théorie de l’intervention réelle des bactéries dans la transformation digestive des aliments, rien d’autre que l’ingénieuse observation qui précède. Il ne cite aucun fait d’expérience qui soit capable d’être mis en parallèle avec les résultats de l’action des sucs de l’estomac et de la glande pancréatique, qui suffisent à eux seuls pour assurer les modifications assimilatrices de nos trois espèces de principes alimentaires.
Il est cependant un point, d’une importance extrême dans l’alimentation desherbivores, sur lequel Duclaux s’est étendu avec juste raison. C’est celui qui est relatif à la digestion de la cellulose.