‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 276 sur 722 · TRANSFORMATION DES HYDRATES DE CARBONE EN GRAISSES · texte numérisé non relu

TRANSFORMATION DES HYDRATES DE CARBONE EN GRAISSES

Liehig le premier, se basant sur la prédominance considérable des hydrates de carbone dans l’alimentation des herbivores à l’engrais, a émis 1’ ces substances peuvent se transformer e

opinion que

corps gras; cette opinion admise pen dant longtemps a été, sinon absolument combattue, du moins profondément modifiée par les recherches de Voit.

On a invoqué, en faveur de la production des graisses animales par les hydrates de carbone, amylacés et sucres, une nouvelle série d’arguments que nous allons encore passer en revue comme nous l’avons fait pour les matières albumi

a) Production de cire d’abeilles par une alimentation sucrée.

Bien que ce ne soit pas un corps gras, la cire s’en rapproche par la présence (t un ether a noyau très riche en carbone, le palmilate de myricyle. On a parlé déjà des expériences de Huber, confirmées par Bretonneau, Gundelach, puis par Dumas et Milne-Edward, qui démontrent qu’avec une alimentation exclusive de miel ou de sucre, les abeilles n’en continuent pas moins à fabriquer de la cire en quantité considérable. D’après Erlenmeyer et Planta, celte cire ne provient pades matières albuminoïdes de l’organisme des abeilles, comme l’objectait Voit*

b) Production de graisses aux dépens d’ hydrocarbonés par les végétaux

Pasteur, puis Duclaux, ont montré qu’une trace de levure, ensemencée dans un milieu aqueux ne contenant que du sucre candi et de l’extrait de levure absolu ment privé de graisse, donne, par prolifération, de la levure nouvelle qui ren ferme de 1 à 2 p. 100 de corps gras. On sait d’ailleurs que, pendant la matura’ tion, la manmte est remplacée par l’huile dans les olives, l'amidon par l’huil dans un certain nombre de graines.

c) Expériences d’alimentation.

L’observation vulgaire a prouvé depuis longtemps que, chez les herbivor qui engraissent si facilement, les féculents dominent dans l’alimentation et sonT de toutes les substances alimentaires, celles qui produisent le plus rapidement

(1) Kiihne, Landw. Vcrsuchsst., t. X, p. 418, 1868.

(2) Fleischer, Arch. f. pathol Anat., t. LI, p. 30.

(3) Stohmann, Zeilsch. f. Biol., t. VI, p. 204.

la polysarcie. Le même phénomène se manifeste chez les carnivores, dès qu’aux albuminoïdes de la nourriture habituelle on ajoute des hydrocarbonés à dose un peu forte.

Persoz et Boussingault ont démontré les premiers que l’on trouve, chez les oies et les porcs nourris surtout avec des amylacés tels que les pommes de terre, une quantité de graisse très supérieure à celle qui préexistait dans leur alimentation. On connaît d’ailleurs, chez l'homme, l’influence des féculents, de la dextrine, de la bière sur la production des corps gras (nourrices).

Dans tous les cas, pour que l’engraissement se produise, l’alimentation doit être normale, c’est-à-dire mixte. Outre les hydrocarbonés, elle doit contenir des graisses et des matières albuminoïdes; et Furstenberg a établi que le régime le plus favorable à l’engraissement contient trois parties d’hydrocarbonés pour une de matières albuminoïdes.

Ces proportions peuvent varier entre certaines limites, d’ailleurs assez étroites, en dehors desquelles l’assimilation ne se produit plus dans des conditions convenables. Ainsi Pettenkofer et Voit ont montré qu’un chat nourri exclusivement de pain donné en abondance, finissait par mourir inanitié, au bout de trois semaines, dans un état d'amaigrissement poussé à l’extrême.

Gilbert et Lawes ont établi que les animaux de ferme ne graissent pas ou mal, si leur alimentation est exclusivement azotée.

Enfin, dans ces derniers temps, des expériences directes sur la production de la graisse parles hydrocarbonés ont été faites parHennebertetStohmannqui ont montré que les bœufs nourris de foin et de paille digèrent à peu près moitié de la cellulose concrète du fourrage qu’ils ingèrent, et la transforment en corps gras; — par Tscherwinsky (t), qui a engraissé des poulets de la même portée exclusivement en les nourrissant pendant quatre mois avec de l’orge dont la quantité totale ingérée renfermait moins du 1/10' de la graisse accumulée chez les animaux; — parChanie\vski(2),surdes oies dont7t à86 p. 100 de graisse provenaient des hydrates de carbone; — par Meissl et Strohmer(3) qui, dans des conditions défavorables, ont trouvé chez des porcs que les hydrocarbonés fournissent sept à huit fois plus de graisse que les albuminoïdes; — enfin par Mu nk (4) puis par Rubner (5) qui ont obtenu des résultats analogues avec le chien.

Voit (6) a fait, contre la transformation des hydrates de carbone en graisses un certain nombre d’objections sérieuses dont voici les principales :

1» Les hydrocarbonés ne peuvent guère servir à fabriquer de la graisse parce que, d’une part, leur sort est d'être brûlé dans l’organisme, et, d’autre part, parce qu ils sont beaucoup plus riches en oxygène que les corps gras qui devraient en dériver par une désoxydalion ;

2" Dans la plupart des expériences sur l’engraissement des animaux, et particulièrement dans celles de Boussingault sur les porcs, et de Boussingault et

(1) Tschcrwinski, Landw. Versuchsstation, t. XXIX, p. 317, 1883.

(2) Chaniewski, Zeitsch. f. Biol., t. XX, p. 179, 1884.

(3) Meissl et Strohmer, Monatsch. f. Chem., t. IV, 1883.

(4) Munk, Arc h. de Virchow, t. CI, 1835.

(5) Voit, loc. cit.

(6) Rubner, Zeitsch. f. Biol., t. XXII, p. 272, 183S.

Persoz sur les oies et les canards, l’action des hydrocarbonés ne se montre efficace que si on leur adjoint une certaine proportion de graisse ou une quantité suffisante d’albuminoïdes;

3° La quantité de graisse formée dans l’économie n’est pas du tout proportionnelle à celle des hydrocarbonés des aliments ingérés, ainsi que le montre l’expérience suivante, sur le chien soumis à une alimentation mixte (résultats exprimésen grammes).

ALIMENTATION QUOTIDIENNE viande

QUANTITÉ CORllE SPONDAI

graisse fixée I acide carbon, éliminé

Théorie de Voit. — De ses expériences, Voit conclut que la transformation desliydrocarbonés en graisse, dans l’organisme, est exceptionnelle et ne se produit qu’alors que les graisses et les matières albuminoïdes deviennent insuffisantes dans l’alimentation. Dans les conditions ordinaires, les graisses dérivent presque uniquement des corps gras et des albuminoïdes alimentaires; et les hydrates de carbone ont pour but, en s’oxydant avec plus de facilité que les autres espèces alimentaires, d’empêcher l’oxydation des graisses formées par le dédoublement des albuminoïdes.

On trouvera, dans le tableau suivant, les résultats d’une des séries des expériences sur le chien , sur lesquelles Voit a étayé sa théorie :

QUANTITÉ

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