ALIMENTATION
QUANTITÉ DE
JRA1SSE FIXÉE
amidon
viande
absolue
P- 100 d’albumine
1° Forte proportion. .1
2' Faible proportion. .
Avec une forte proportion d’hydrates de carbone, on voit la quantité absolue de graisse fixée dans l’organisme croître à peu près comme la proportion de viande de la ration journalière, tandis que, avec une faible proportion d’hydro carbonés, les quantités de graisse fixées baissent considérablement par rapport à la ration de viande ingérée.
Les hydrocarbonés jouent donc, ùl’égard des autres aliments, un rôle d'épargne bien marqué, et favorisent l’assimilation et la fixation des graisses; niais in ver
sement, il est des cas où les matières albuminoïdes et les graisses peuvent jouer".
ensemble ou séparément, un rôle'analogue pour les hydrocarbonés. Comme exemple de ce cas inverse, nous pouvons citer les quantités énormes d’huile de phoque que boivent les indigènes du Groënland et de graisse de rennes que consomment les Lapons pour résister aux températures rigoureuses de leur pays.
Si les matières grasses paraissent se former aux dépens des hydrocarbonés, on ignore encore, comme parles matières albuminoïdes, par quel processus chimique a lieu cette transformation, et l’on en est réduit à des hypothèses sur l’essence même du phénomène qui, cependant, doit être de nature réductrice. Hoppe- Seyler (1) a supposé que l’acide lactique, si. intimement lié aux hydrates de carbone desquels il dérive par simple dédoublement, donnerait naissance, par une fermentation analogue à la fermentation butyrique et par condensation, à des acides gras à poids moléculaire élevé, avec mise en liberté d’hydrogène et d’acide carbonique; il cite, à l’appui de cette idée, ce fait de la production de ces acides quand on chauffe un lactate avec la chaux sodée à 230-300°.
Théorie de Hanriot. On doit à Ilanriot une démonstration aussi neuve qu originale du mode de transformation des hydrates de carbone en corps gras.
Pflüger nomme quotient respiratoire le rapport de l’acide carbonique exhalé à 1 oxygène inhalé ; ce quotient, plus petit que l’unité chez l’homme à jeun, par suite d une oxydation partielle de l’hydrogène des graisses et des matières albuminoïdes, se rapproche de l’unité pendant la digestion des féculents; il peul même devenir supérieur à 1 (Hanriot et Richet) (2), ce qui indique qu’il ne s’agit pas là d un simple phénomène de combustion des hydrates de carbone.
Hanriot (3) a établi qu’en ayant soin d’arrêter toute fermentation bactérienne dans l’intestin par l’ingestion du naphtol-,3 pris d’une façon continue, le quotient respiratoire d'un individu, déterminé à jeun puis après un repas de féculents et d’eau, augmente peu à peu après les repas et finit par dépasser l’unité. L’oxygène contenu dans l’acide carbonique exhalé étant en quantité plus grande que celle qui est inhalée, l’excès provient certainement des hydrocarbonés qui doivent se dédoubler, dans l’organisme, en acide carbonique et en une substance plus pauvre en oxygène.
L’auteur, se basant sur les expériences de Iloussingault, Persoz, etc., d’après lesquelles les animaux renferment plus de graisses qu’ils n'en ont trouvées dans leurs aliments, suppose que la glucose se transforme en corps gras dans l’organisme; il propose, pour traduire le phénomène, la formule suivante :