CH® OH CHO CH®OH
Tantôt ces composés figurent primitivement dans nos aliments, tantôt et plus souvent ils prennent naissance dans le tube digestif, par suite du dédoublement d’autres hydrates de carbone plus complexes, dont l’énumération suit, de telle sorte que le type C6H‘*06 représente en définilive la forme sous laquelle la très grande majorité des hydrates de carbone arrivent à l’absorption.
11. Type C1*H®,0,t. — Ce groupe est formé par des bioses ou biglucoses. Ils
(11 Horbaczewski, Zeilscli f. physiol. Chem., t. VI, p. 330, 1882.
(2) Voyez plus haut, p. 11, l'indication des récents travaux de Fischer sur les glucoses.
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. - LAMBUNC.
peuvent être considérés comme résultant de la soudure de deux molécules de glucoses avec élimination d’une molécule d’eau, puisque par hydratation ils se dédoublent en deux corps du type CGII120°. Tels sont la saccharose ou sucre de canne ou de betterave, dédoublable en dextrose et lévulose ; la lactose, dédoublable en galactose et dextrose; la maltose, dédoublable en deux molécules identiques de dextrose. Exemple :
Ci*H”0“ + II2 O = CcH1206 + G6 H13 O6.
Saccharose. Dextrose. Lévulose.
Parmi ces biglucoses, le sucre de canne et le sucre de lait sont abondamment représentés dans notre alimentation habituelle. La maltose est beaucoup plus rare, mais elle prend naissance, comme on va le voir, au cours de la digestion des amylacés. Son apparition n’est pourtant que transitoire, puisque, de même que le sucre de canne et le sucre de lait, la maltose est dédoublée par les sucs digestifs en glucoses, C8I11!08.
II. Type C18II33 016. — C'est le groupe de trioses ou triglucoses. Ils peuvent être considérés comme résultant de la soudure de trois molécules de glucoses avec élimination de deux molécules d’eau. Tels sont le raffinose, dédoublable par hydratation en dextrose, lévulose et galactose et le mèlèzitose. Exemple •
Ci8H320i® + 2H80 = C8H12Os + G6 H12 O8 + C6H12Oc.
Ces trioses n’entrent pas en ligne décompté au point de vue de l’alimentation On ne les a signalés ici que pour montrer la condensation croissante que peut subir le type C6II1?Oa. Nous passons maintenant à des substances qui représentent des produits de condensation et de déshydratation d’un ordre plus élevé encore
III. Type (C6II10O5)’*. — Le poids moléculaire de ces corps nous est encore inconnu, mais le degré n de polymérisation est certainement pour plusieurs d’entre eux égal ou supérieur à trois. Le plus important, au point de vue alimentaire, est l’amidon, si abondamment représenté dans les cellules végétales. Il est probable que le grain d’amidon n’est pas formé par une substance unique, mais que ses couches concentriques sont constituées par des hydrocarbonés d’un degré de condensation croissant. La salive et le suc pancréatique le transforment in vitro en un mélange de dextrine et de maltose. Mais les conditions de la digestion naturelle sont probablement différentes, et l’on admet généralement que finalement l’amidon est totalement transformé en dextrose.
Dans cette même catégorie renlre la cellulose, dont le degré de condensation est peut-être plus élevé que celui de l’amidon. Elle forme les parois de toutes les cellules végétales. Son rôle dans l’alimentation des herbivores est capital, mais chez l’homme son utilisation paraît douteuse. Il est possible que par une sérié d’hydratation et de dédoublement, elle soit ramenée, comme l’amidon, à des corps du type C8I11S08.
La dextrine, qui apparaît parmi les produits de dédoublement de l’amidon, est par conséquent un hydrate de carbone déjà plus simple. Elle est beaucoup moins abondante dans nos aliments que l’amidon. Il est probable que dans le tube digestif elle se résout finalement en dextrose.
LES ALIMENTS
A côté do la dextrinc, il faut placer le glycogène, que nos aliments ne contiennent en général qu’en très faible quantité. L’histoire chimique de cet hydrate de carbone, dont le rôle est capital dans les phénomènes de la nutrition, sera reprise en détail dans une autre partie de cet ouvrage.
Les gommes, les mucilages et les matières pectiques, si mal connus encore au point de vue chimique, rentrent également dans cette catégorie des hydrates de carbone complexes. Les gommes fournissent sous l’action des acides étendus et chauds, ou bien en présence du suc gastrique ou du suc pancréatique, une matière sucrée. Un dédoublement analogue ne se produit pas, ii la vérité, avec les mucilages (mucilage de la graine de lin, des semences de coing, etc...); mais comme ces corps disparaissent dans le tube digestif du chien dans la proportion de 54 à 80 p. 100 (1), il est permis de leur attribuer, comme aussi aux gommes (■;), une certaine valeur alimentaire. On ne sait rien sur les destinées des matières pectiques dans le tube digestif et sur leur valeur alimentaire.
Pour l’histoire chimique complète des corps gras, voyez : Encyclopédie chimique, t. VII, fasc. IV, par M. Leidié, p. 535).
Depuis les classiques recherches de Chevreul sur la décomposition des corps gras en savons et en glycérine sous l’influence des alcalis et les belles synthèses opérées par M. Berthelot en 1814, la constitution des corps gras naturels, est parfaitement établie. Ces composés sont des éthers triacides d’un alcool triatomique, la glycérine, ainsi que le figurent les formules ci-après :