‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 281 sur 722 · X. TRANSFORMATION DES CORPS GRAS DANS L’ORGANISME · texte numérisé non relu

X. TRANSFORMATION DES CORPS GRAS DANS L’ORGANISME

De même que les matières albuminoïdes, les corps gras ne sont éliminés de 1 organisme qu en très peine quantité; on les retrouve dans les cheveux l’epiderme, l’enduit sébacé, la sueur, la salive etc eux,

La matière grasse contenue dans les fèces, à la suite d’une alimentation excessive provient des aliments et n’a pas été assimilée. Cependant la plus grande partie des corps gras subit des transformations si profondes que, à part leslrace qui sortent de 1 économie dans les sécrétions précédemment mentionnées n ne retrouve que leurs produits d’oxydation complète. Bien qu’on observe fré’ouem ment, dans le passage de l’état physiologique à l’état de maladie, des variations

p. 10, 1880,’ et t. VC, p^tl’ssï79’ P' ^ ^ 1883’ P' ~ Virchows' Archiv., t. LUI,

(2) Munk, Du Bois’ Archii 1880, p. 28 et suiy

(3) Munk, loc. cil., 1880, p. 17.

(4) Munk, loc. cit. 1883, p. 273.

(5) Bunge, Chim. biol., trad. franç., 1891, p. 359.

très rapides clans la proportion de graisse du corps, variations qui sont la preuve de la facilité avec laquelle se produit la désassimilation des corps gras, jamais on ne retrouve la graisse disparue, en si faible quantité que ce soit, dans les excrétions, même dans les cas du plus rapide amaigrissement.

Les graisses ne peuvent donc être éliminées que par les poumons, la peau et les urines, après leur transformation en produits d’oxydation complète, eau et gaz carbonique.

Les preuves physiologiques et pathologiques sont nombreuses, que l’on peut citer à l’appui de l’oxydation des corps gras dans l’organisme.

On peut dire d’une façon générale qu’il y a proportionnalité inverse entre la quantité de graisse qui se trouve accumulée dans l’organisme et l’intensité des oxydations. Toutes les fois que les oxydations sont suractivées, travail musculaire violent, état fébrile, etc., la graisse disparaît de l’économie sans qu’on puisse la retrouver nulle part dans les excrétions et les sécrétions ; en revanche, par suite de l’accroissement d’intensité des phénomènes respiratoires, la quantité d’oxygène absorbé, ainsi que le volume d’acide carbonique exhalé augmentent considérablement.

Inversement, les personnes peu actives soumises à un régime abondant augmentent d’embonpoint. On sait que l’engraissement rapide du bétail et des animaux divers de la ferme exige, outre une alimentation convenable, le minimum de mouvement; les impressions psychiques elles-mêmes doivent être évitées, et pour arriver plus vite et plus sûrement à la polysarcie, ici on crève les yeux des canards, ailleurs on tient dans l’obscurité et l’immobilité complète les oies, en même temps qu’on emploie une alimentation surabondante (gavage); dans tous les cas, on diminue l’activité respiratoire.

Chez l’homme , la goutte et la diathèse urique qui sont caractérisées par l’insuffisance des phénomènes d’oxydation, épargnent la classe ouvrière et sévissent sur les gens en puissance de diathèse rhumatismale, mais surtout sur ceux qui, à un régime abondant, joignent des habitudes d’oisiveté ou tout au moins d’inactivité physique bien caractérisées et manifestées par un embonpoint plus ou moins considérable.

L’alimentation insuffisante amène une rapide disparition des réserves de l’économie, c’est-à-dire l’usure du tissu adipeux et l’amaigrissement caractéristique de l’inanition, sans que la matière grasse puisse se retrouver dans les produits d’excrétion.

Bischoff et Voit (1) étudiant les conditions dans lesquelles se développe l’obésité, ont montré : 1° qu’il y a disproportion entre la quantité de matière grasse accumulée et l’activité de la fonction respiratoire, et 2° corrélation inverse entre la digestibilité des matières azotées et la proportion de graisse contenue dans le corps de l’animal. On observe en effet qu’un animal très gras, soumis à l’inanition, consomme moins de matériaux azotés, use moins de matière musculaire qu’un autre animal très musclé également inanitié ; cette différence tient à ce qu’il se produit, chez le premier animal, une dérivation de l’action comburante de l’oxygène qui se porte sur la graisse du tissu cellulaire, d’où résulte, chez lui

(1) Bischoff et Voit, Die Gesetze d. Ernæhr. d. Fleischr., 1860.

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