‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 289 sur 722 · ORIGINES · texte numérisé non relu

ORIGINES

diverses

Carbone. . . .

Hydrogène. . .

Azote .

Oxygène. . . •

Soufre .

Cendres. . . .

(fer) 0,20

(fer) 0,48- 0,62

mtm

j (Scherer)

(Borow)

(Môrner)

(Berdez et Nencki)

(Brandi et Pfeiffer)

(A. Gautier)

Le dosage du fer dans divers échantillons de mélanine a donné les chiffres de 0,07 à 0,20 p. 100 (M orner), 0,424 à 0,625 p. 100 (Brandi et Pfeiffer). Ces derniers auteurs ont étudié la matière pigmentaire du cancer mélanique du foie purifiée par divers procédés. Les cendres étaient exclusivement formées d'oxyde de fer. La proportion de soufre oscillait entre 1,93 et 3,65 p. 100.

Les cendres que laisse la mélanine paraissent très riches en acide phosphorique.

Bogdanow (1) a extrait, des plumes noires des oiseaux, un pigment qu’il a nommé zoomélanine, et qui paraît identique avec la mélanine de la choroïde de l’œil.

Mélaïne. — • On peut rapprocher de la mélanine la matière colorante du noir de seiche, formé d’un sérum transparent alcalin dans lequel sont en suspension une multitude de corpuscules bruns, très ténus, que l’alcool concentré précipite du liquide.

Cette substance, nommée mélaïne, forme une poudre noire, insoluble dans l’eau, l’alcool, les alcalis et les acides qui servent à la purifier, à peine soluble dans la potasse concentrée, soluble dans l’acide sulfurique et nitrique forts, attaquée et décolorée par le chlore et les hypochlorites.

Ces caractères sont analogues à ceux du pigment noir de l’œil (Bizio) (2).

La matière pure a pour composition centésimale :

C = 53,6 à 54,9 — ; II = 4,02 à 4,05; — Az = 8,8 à 8,1,

nombres qui répondent àla formule C22H1 2° Az3 4010 (Girod, Variot elDesfosses)(3).

Nencki etSieber(4)ont isolé, du noir de seiche, par une longue digestion dans la potasse à 10 p. 100, un corps soluble dans les alcalis et précipité de cette solution par les acides, en une poudre noire, brillante, insoluble dans l'alcool, l’éther,

(1) Bogdanow, Com.pt. rend., t. XLVI, p. 780.

(2) Bizio, Handw. der Chem., t. V, p. 160.

(3) Compt. rend., t. XCüi, p. 97, et Bull. soc. biol., 1880.

(4) Nencki et Sieber, Arch. f. exp. Pathol, u. Pharm., t. XXIV, p. 17-26, 1886.

l’acide acétique; ce corps, auquel les auteurs ont donné le nom d’acide de la sépia, renferme :

Az . 12,44-12,21 —

2° Pigments rouges.

Les pigments rouges sont assez nombreux; on connaît le pourpre rétinien la turacine des plumes de l’aile des oiseaux du genre turaco, la tétronérythrinè de la tache rouge verruqueuse ou « rose » placée au-dessus de l’œil du coq de bruyère, le pigment de la carapace d’écrevisse et celui des pattes du pigeon.

a) POURPRE RÉTINIEN.

Le pigment rouge de la rétine, pourpre rétinien, rhodopsine, existe dans la partie la plus externe des bâtonnets de la rétine, chez tous les vertébrés sauf le poulet, le pigeon et la variété de chauves-souris, rhinoloplius hipposideros ■ il manque chez les invertébrés.

Le pigment s’extrait de la rétine par macération, à l’abri de la lumière, dans une solution incolore debile cristallisée ou de sels biliaires à 3 p. 100; le liquide dialysé laisse, par évaporation dans le vide, un magma d’une belle couleur pourpre, malheureusement mélangé de névrokératine (Kühne) (1). il est soluble dans l’eau et dans un certain nombre de solutions salines; ses solutions sont pourpres; exposées à la lumière, en présence de l’oxygène, elles passent au jaune et se décolorent ensuite complètement (Boll) (2).

La coloration jaune paraît correspondre à la production d’un dérivé intermédiaire spécial assez stable (jaune rétinien j qui, dans l’obscurité, régénère le pourpre primitif.

Le pourpre rétinien humide s’altère déjà à 50»; après dessiccation, il ne se décolore plus que très lentement, même à 100°.

Les solutions rouges de pourpre rétinien ne présentent pas de bande caractéristique au spectroscope, mais seulement une absorption diffuse et bien marquée entre les raies D et E (Kühne). ^

Le pigment est décoloré par l’eau de chaux et de baryte , les acides, l’iode le brome, l'alcool, l’éther, le chloroforme.

Il garde sa coloration au contact de l’ammoniaque, l’alun, le chlorure de sodium, le sulfure ammonique, l’eau oxygénée, le chlorure ferrique, le perman ganate de potassium. En un mot, les réducteurs aussi bien que lés oxydanté paraissent sans action, ce qui est assez contradictoire et tient certainement S l’état impur dans lequel on obtient la rhodopsine.

L’origine et le mode de formation du pourpre rétinien sont inconnus; il est

(t) Kühne, Monatsber. d. Acad. d. Wiss. su Berlin, nov. 1876, janv et fév IR77 Jaresb. f. Thierch., 1879, p. 280. ' ’ et

(2) Boll, Jahresb. f. Thierch., 1878, p. 312.

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