‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 290 sur 722 · DÉPÔTS DE PIGMENTS · texte numérisé non relu

DÉPÔTS DE PIGMENTS

démontré que la lumière le fait disparaître de la rétine comme de ses solutions, mais qu’il est régénéré dans l’obscurité.

b) TURACINE.

La turacine est le pigment rouge violet que Church (1) a extrait des plumes rouges des ailes des oiseaux du gepre louraco.

Pour l’obtenir, on épuise les plumes lavées à l’alcool par l’ammoniaque ou la soude à 2 p. 100; la solution alcaline, traitée par un acide minéral en léger excès, laisse précipiter des paillettes violet foncé de matière colorante.

Celte matière desséchée devient bleu verdâtre à 100°, sans s’altérer ; insoluble dans l’alcool et l'éther, elle se dissout un peu dans l’eau qu’elle colore en rose ; les solutions alcalines sont bleues.

Chauffée au-dessus de 100°, elle fond et donne des vapeurs violettes.

La solution alcaline de la turacine présente au spectroscope deux bandes d’absorption spéciales. Ce pigment se distingue de tous les autres pigments animaux par la présence du cuivre en forte proportion, 5,9 p. 100; ce cuivre, intimement lié à la matière organique, ne peut lui être enlevé sans la détruire complètement.

Le rouge des plumes de certains oiseaux peut être dissout par l’alcool bouillant ; d autres pigments diversement colorés sont solubles tantôt dans l’acide acétique, ou seulement dans l’ammoniaque chaude (Bogdanow) (2).

Les pigments des papillons paraissent semblables à ceux des plumes d’oiseaux.

C) TÉTRONÉRYTHRINE.

Découverte par Wurm (3) dans la « rose » ou tache ronge mamillaire placée au-dessus de l’œil du coq de bruyère et du coq de bouleau dont on l’extrait à l’aide de l’éther, la tétronérythrine est une substance solide qui fond comme la cire sous l’influence de la chaleur et se prend, par le refroidissement, en une masse cristalline.

Elle se dissout dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, le sulfure de carbone, mais non dans les alcalis à froid; elle est décomposée par l’acide nitrique bouillant.

d) PIGMENT DE LA CARAPACE D’ÉCREVISSES.

Le pigment de l’écrevisse commune se dissout dans l’alcool bouillant qu’elle colore en rouge; il est également soluble dans la potasse caustique, insoluble dans la benzine, le chloroforme.

La solution alcoolique laisse, par évaporation, une matière de la consistance du suif, insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’éther.

La solution dans l’alcool, traitée par l’alun puis par l’ammoniaque, donne une laque rouge; par l’acétate de plomb, il se forme un précipité violet.

(1) Church, Bull. soc. chirn., t. XIV, p. 341.

(2) Bogdanow, Compt. rend., t. XLV, p. 688; t. LIV, p. 660.

(3) Wurm, Poggend. Ann., t. CXLV, p. 170; — consulter aussi Bischoff, ibid., p. 171, et Liebig, ibid., p. 173.

Les acides sulfurique et nitrique la colorent en vert; la coloration rouge ne reparaît plus après neutralisation (Macaire, Lassaigne).

Ce pigment est très voisin de la zoonérythrine , pigment écarlate des enveloppes et de la peau de beaucoup d’animaux inférieurs (vers, tuniciers, mollusques crustacés, etc.), chez lesquels elle paraît concourir à la respiration cutanée. Insoluble dans l’eau, il est facilement soluble dans l’alcool, l’éther, l’essence de térébenthine, le sulfure de carbone et l’acide acétique; la solution sulfurique est bleue et se décolore à la lumière, au contact de l'air.

Il existe dans la carapace des homards, des crabes, etc., des pigments diversement colorés, bleus, violacés, brunfitres, verdâtres, formés de granulations irrégulières ou de cristaux aiguillés, lentement solubles dans l’alcool que la cuisson ou les acides transforment en pigments rouges (Focillon, Leydig).

e) PIGMENT DES PATTES DE PIGEONS.

L’alcool aussi bien que l’éther permet d’extraire des pattes de pigeons une matière colorante rouge qui reste sous la forme d’une masse molle, d'aspect graisseux, par évaporation du véhicule.

Cette matière insoluble dans l’eau froide, fond dans l’eau bouillante qu’elle surnage en gouttelettes graisseuses qui se prennent, après refroidissement, en masses de la consistance du suif.

Elle se dissout non seulement dans l’alcool et dans l’éther, mais encore dans les huiles grasses qu’elle colore en rouge; elle est également soluble dans les alcalis et se précipite par addition d’acides.

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