‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 305 sur 722 · ANALYSE IMMÉDIATE DU TISSU MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

ANALYSE IMMÉDIATE DU TISSU MUSCULAIRE

c) Partie solide du muscle mort.

Préparation. — On hache finement de la viande dégraissée et lavée à l’eau, et l'on fait passer la pulpe à travers un tamis à mailles de 1 millimètre carré la masse tamisée est mise en digestion dans de l’eau légèrement acidulée par 1 acide chlorhydrique; on exprime et on lave à l’eau pour enlever le sérum et les matières albuminoïdes du plasma dissoutes par l’acide ; on obtient finalement un résidu solide, gélatineux, qui représente les casiers musculaires de Krause mélangés à un peu de tissu nerveux et vasculaire:

Propriétés. — Tandis que les cendres de la myosine sont alcalines, le résidu précédent, privé de myosine, donne une cendre dont la solution aqueuse est acide et contient de l’acide phosphorique libre. La partie de la cendre insoluble dans l’eau est un mélange de phosphate de chaux et de magnésie.

D’autre part, quand on épuise la pulpe du muscle privé de son plasma, par l’alcool chaud ou par un mélange d’alcool et d’éther, le résidu épuisé ne contient plus que des traces d’acide phosphorique, tandis que la solution alcoolique laisse, par évaporation, un extrait d’apparence graisseuse qui se comporte comme la lécithine. Et comme 1.000 grammes de muscles donnent de 2 grammes a 2*r,8 de lecithine, la présence de ce corps ne peut être attribuée à la substance nerveuse des filets qui se distribuent dans l’organe.

De l’ensemble de ces faits, il résulte évidemment que la lécithine fait partie constituante du muscle, et du muscle privé de myosine, c’est-à-dire des casiers de Krause.

La pulpe musculaire qui reste, après enlèvement du plasma par la congélation et de la lécithine par un dissolvant approprié, ne présente plus, au microscope, d’aspect strié et de structure prismatique; elle est formée d’un amas de fibres à grains réfringents. Une modification analogue se produit encore par l’ébullition avec l’eau, pendant une heure, des fibres musculaires privées de myosine qui prennen t une structure granuleuse. Tous les agents qui dissolvent et soustraient la lécithine au muscle, lui enlèvent donc sa structure prismatique qui fait place à une granulation régulière.

La lécithine du muscle y joue, par suite, un rôle important au point de vue morphologique. Associée à une matière albuminoïde peu soluble dans l’acide chlorhydrique étendu, elle forme la paroi des prismes élémentaires des fibrilles du muscle ; elle se trouve en abondance dans le large espace qui sépare entre elles les fibrilles, dans les muscles de certains insectes (hydrophiles, dystiques).

Séparation des éléments de la fibre musculaire. — De tout ce qui précède, il résulte que la séparation des éléments constituants de la fibre primitive par les divers agents chimiques soit en fibrilles cylindriques, soit en disques, est sous la dépendance immédiate de la nature chimique des principes auxquels ils s’attaquent.

Les dissolvants de la lécithine, alcool concentré ou étendu, alcool éthéré, acide picrique en solution saturée, bichromate de potassium à 2 p. 100 ou acide chro-

mique à 2 millièmes, font disparaître les parois longitudinales des éléments prismatiques et partagent les faisceaux musculaires en fibrilles, tandis que les dissolvants des matières albuminoïdes, acides et alcalis étendus, tels que l’acide acétique à 0,5 ou 1 p. 100, l’acide chlorhydrique de 1 p. 200 à 1 p. 1000, le carbonate de potassium, la potasse très diluée, mais surtout le suc gastrique dont l’action est la plus anciennement connue, s’attaquent aux parois transversales des casiers et à la myosine, et résolvent les faisceaux en disques.

Ce sont ces deux modes de séparation si différents qui ont conduit Bowmann à admettre que la substance musculaire est formée par des particules que limitent des plans de segmentation longitudinaux et transversaux, c’est-à-dire normaux entre eux, particules auxquelles il a donné le nom de sa rcous éléments ■ ce qui permet de donner aux fibrilles et aux disques une signification précise ■ les fibrilles musculaires sont formées par une série de sarcous éléments placés bout à bout et longitudinalement, tandis que les disques sont constitués par une seule couche de ces éléments considérés dans le sens transversal.

d) Extrait aqueux du muscle mort.

En épuisant simplement le muscle frais et haché finement par de l’eau froide puis par de l’eau tiède, on en retire un certain nombre de principes solubles préexistants, parmi lesquels on trouve les matières albuminoïdes suivantes:

1° Une caséine ou albuminate, précipitable par simple addition d’un acide -

2° Deux albumines coagulables par la chaleur, l’une à 45°, l’autre à 7S° • l’albumine coagulable à 45°, dans un milieu neutre ou légèrement acide, se trouve en proportion constante (0,5 p. 100) dans le muscle frais et disparaît presque complètement dans l’inanition.

Les muscles cèdent à l’eau froide ou tiède environ 75 p. 1000 de matières solubles contenant de 1,5 à 2 p. 100 d’albumine; l’eau bouillante en extrait de 1 à 2 p. 100 de gélatine provenant du tissu conjonctif ; le bouillon ne contient guère, comme élément azoté incristallisable, que cette gélatine, la majeure partie des matières albuminoïdes dissoutes par l’eau froide se coagulant à chaud et formant l'écume qui est rejetée.

A côté des albumines, l’extrait aqueux du muscle renferme un grand nombre de principes azotés cristallisables, de composés ternaires et d’acides, tels que créatine, créatinine (?), xanthine, inosite, dextrine, glycogène, acide lactique et acides gras, etc., et les 4/5" des éléments salins contenus primitivement dans ]e tissu musculaire.

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