‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 309 sur 722 · PRINCIPES CHIMIQUES CONSTITUANTS DU TISSU MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

PRINCIPES CHIMIQUES CONSTITUANTS DU TISSU MUSCULAIRE

rine, de 1 urée, de la lécithine, du sucre, du glycogène, de Yinosite, de la dex- Irine, de l’acide inosique, de l 'acide sarcolaclique, de l’acide urique, des acides gras volatils (formique, acétique, butyrique), enfin des sels minéraux : chlorure de sodium, phosphates de sodium, de potassium, de calcium et de magnésium, du fer, des traces de lithine, et des gaz : oxygène et acide carbonique.

b) Distribution des principes.

Les composés chimiques nombreux dont nous venons de faire l’énumération sont répartis de la manière suivante, dans le tissu musculaire.

La matière collagène et l’élastine appartiennent au tissu conjonctif, et se trouvent dans la membrane externe des vaisseaux, dans les tendons, mais non dans le sarcolemme. En effet, ce dernier, qui se différencie des matières albuminoïdes par l’absence décoloration qu’il montre au contact de l’acide azotique, même à chaud et après addition d'ammoniaque, est attaqué par le suc gastrique et le suc pancréalique, auxquels résiste le tissu élastique, et ne donne pas de gélatine par la coction comme le fait la matière collagène. 11 se dissout lentement dans les acides et les alcalis ; en somme, on n’est pas encore fixé sur la nature de la substance du sarcolemme, bien que Scherer et Kôlliker disent y avoir reconnu les éléments du tissu élastique au moyen de réactions microchimiques.

Ainsi qu’on l'a vu, la myosine est la partie spontanément coagulable de la matière albuminoïde contenue dans le plasma musculaire, dont elle se sépare en y laissant en dissolution de l’albuminate alcalin et deux albumines solubles, dont 1 une paraît identique à la sérine. Ces dernières variétés d'albumines peuvent provenir du sang et de la lymphe; mais il semble, d’après leur proportion relative, qu’elles doivent, pour la plus grande partie, être rapportées au liquide séreux propre au muscle.

La matière colorante rouge est diffusée dans toute la masse du muscle qui la tient en dissolution; elle est très voisine de l’hémoglobine du globule sanguin, sinon identique.

La crèatine, l’acide inosique de Liebig, l’acide sarcolaclique, sont des produits de la métamorphose régressive des matières albuminoïdes du muscle; en effet, ils ne se trouvent pas ailleurs, ou du moins si on les rencontre dans d'autres tissus, c’est d’une façon accidentelle.

La créatinine, spéciale au liquide urinaire, ne paraît pas exister dans le suc musculaire; et les petites quantités qu’on a pu en extraire proviennent sans doute de la déshydratation d’une partie de la crèatine, sous l’influence des opérations chimiques de l’extraction.

La sarhosine est mentionnée plus haut pour mémoire, comme faisant partie des éléments azotés cristallisables delà chair musculaire. En effet, bien qu’on n’en donne nulle part la présence comme démontrée, il est possible cependant, comme on le verra, qu elle peut s’y trouver à côté de l’acide lactique, auquel, cas elle proviendrait de 1 hydratation d’une partie de la crèatine.

La pseudoxanthine a été découverte, en 1882, par A. Gautier, qui l’a retirée du tissu musculaire où elle existe à côté de la crèatine et de la sarcine.

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARNIEK.

La xanthine, l’hypoxanthine, la carnine, la taurine et l’acide urique existent a la fois dans le tissu musculaire et dans les organes glandulaires; cependant le dernier est en plus forte proportion dans les glandes, et n’a guère été signalé dans le muscle que par Liebig, qui l’a trouvé chez le caïman, et par Pagenstecher et Carius (1), qui l’ont observé dans les concrétions blanches des muscles et des cavités articulaires de l’alligator sclerops.

L’urée, dont la présence dans le muscle a été signalée en premier lieu par Picard (2), n’y a pas été retrouvée par tous les auteurs. Liebig (3), malgré les plus minutieuses recherches, n’avait pu réussir à en trouver la moindre trace ; il est vrai que les procédés employés étaient loin d’atteindre la perfection à laquelle on est arrivé depuis ; aussi les résultats de Picard ont-ils pu être confirmés par les expériences de Demant sur la viande de cheval.

D’ailleurs, il est probable que, par suite de sa solubilité extrême et de son grand pouvoir dialytique, l’urée formée dans le muscle est entraînée immédiatement par le sang qui la transporte aux organes d’élimination.

L’inosite qu’on a trouvée en premier lieu dans le muscle cardiaque, paraît plus répandue; elle a été constatée dans la chair musculaire du chien et du cheval, et surtout dans les muscles volontaires des ivrognes.

L’inosite existe (Bernard, Sanson, Limpricht et Scherer), mais d’une façon inconstante (Limpricht), dans les muscles du cheval et du lapin. Dans un cas où Limpricht n’a pu la trouver chez un cheval nourri avec de l’avoine avant d’être sacrifié, l’auteur a retiré du foie, au lieu de glycogène, de notables proportions de dextrine, qn’on trouve d’ailleurs dans la viande des jeunes animaux.

Meissner, puis plus tard Winogradoflf et Ranke ont trouvé un sucre fermentescible et réducteur dans les muscles striés de l’homme et des mammifères aussi bien herbivores que carnivores, dans ceux des oiseaux, des poissons et des amphibies. Cette matière sucrée provient certainement du muscle lui-même et non du sang; car on la trouve aussi bien dans le tissu musculaire rendu parfaitement exsangue par des lavages à l’eau salée, que dans ceux des animaux nourris exclusivement avec de la viande.

Cependant Nasse prétend que le sucre qu’on a retiré de la chair musculaire n’y est que d’origine secondaire, et qu’il résulterait de la transformation de la matière glycogène, sous l’influence d’un ferment, au moment de la rigidité cadavérique

La matière glycogène a été extraite des muscles de la grenouille, du lapin et du chat, puis des muscles cardiaque et lombaires du chien, enfin de la chair de la carpe, par Brücke et Weiss. Elle existe aussi dans la tunique musculaire de l’estomac (Brücke) (4), et Mac-Donnell l’a trouvée dans cet organe, chez le porc. Nasse admet que le glycogène fait partie constituante du tissu musculaire bien qu’on l’ait envisagé comme un principe des muscles et des organes de là vie embryonnaire destiné à disparaître au moment de la naissance, soit le plUs souvent avant, soit tout au plus quelques semaines après.

(1) Pagenstecher et Carius, Verhandl. d. naturwiss. Zeilschr., p. 65, et Verhandl a natur. hist. med. Vereins zu Heidelberg, t. III, p. 129.

(2) picard, Compt. rend., 1878, t. LXXXVII, p. 533.

(3) Liebig, Ann. d. Chem. u. Pharm., t. LXII, p. 368, 1847.

(4) Brücke, Wiener Acad. Sitzungsberichte, t. LXIII, février 1871.

Page 1