‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 328 sur 722 · II* O · texte numérisé non relu

II* O

Présence dans l'organisme. — La créatine existe en dissolution dans l’organisme où on la trouve dans le suc musculaire, dans le cerveau, quelquefois dans le sang et le liquide amniotique, mais non dans les glandes.

Origine. — La présence constante de la créatine dans le tissu musculaire où on la trouve quelquefois en forte proportion, et son abscence des organes glan-

dulaires et en général des endroits où l'on rencontre les produits de désassimilation, leucine et tyrosine, montrent indubitablement qu’il existe un rapport intime entre cette substance et les éléments de la fibre musculaire dont elle est un produit de déchet.

Cela paraît résulter de l’influence du régime alimentaire sur l’excrétion de la créatinine par l’urine, et de celle du travail musculaire sur la proportion de créatine que renferme le muscle. De tous les régimes, c’est l’alimentation exclusivement animale qui détermine la plus forte élimination de la créatinine par l’urine [Voit (1), Hoffmann (2), Meissner (3), Zantl (4)]. Celte excrétion, très faible chez les herbivores, et beaucoup plus considérable chez l’homme soumis à un régime mixte, augmente chez lui de 16 p. 100 au-dessus de la moyenne, dans les vingtquatre heures, à la suite d’une alimentation purement azotée (Meissner).

Les recherches déjà anciennes de Sarokow (B) paraissent démontrer : 1° que la créatine se trouve en proportion beaucoup plus forte dans le tissu du cœur, qui est en travail continu, que dans les muscles lisses qui ne fonctionnent que d’une façon très intermittente ; 2° que les muscles des animaux en activité en contiennent plus que ceux des animaux au repos; 3* enfin, que les muscles très fatigués ou tétanisés en renferment de très fortes quantités.

Les résultats précédents n’ont pas été confirmés par les recherches plus récentes de Voit (6), de Nawrocki (7) et de Basler.

Cependant le fait suivant, cité par Liebig, paraît bien démonstratif : les muscles d’un renard forcé a la chasse contenaient dix fois plus de créatine que ceux d’un renard apprivoisé, résultat qui est d’accord, on le voit, avec la richesse exceptionnelle du cœur en créatine.

Nawrocki a contesté également les résultats de Sczelkow qui avait trouvé plus de créatine dans les muscles de l’aile du poulet, muscles peu actifs, que dans ceux de la cuisse qui travaillent beaucoup.

En résumé, la créatine semble devoir être considérée comme un produit de désassimilation de la substance du muscle, bien qu’on ignore encore par quelles phases successives s'effectue cette rétrogradation de la molécule albuminoïde, et qu’on ne connaisse pas les termes intermédiaires de cette transformation.

Transformation et élimination. — Bien qu’on ait pu retirer de la créatine de l’urine, on doit considérer la faible proportion qu’on en a obtenue, non pas comme un des éléments normaux de cette sécrétion, mais comme le produit accessoire résultant de la transformation de la créatinine pendant les opérations d’extraction du laboratoire [Neubauer (8), Munck (9)].

(1) Voit, Münch. Akad., 1867, 2 mars, et Zeitsch. f. Biol., t. IV, p. 77.

(2) Hoffmann, Arch. f. path. Anat., t. XLVIII, p. 1.

(3) Meissner, Zeitschr. f. rat. Med., 3» R., t. XXIV, 1865, p. 100; t. XXIV, 1866, p. t. XXXI, p. 185 et 283.

(t) Zantl., Ueber die Ausscheid. von Kreal., Dissert. München, 1868.

(5) Sarokow, Arch. f. path. Anat., t. XXY11I, p. 541.

(6) Voit, toc. cit.

■ fl) Nawrocki, Med. Centralbl., 1865, p. 417, et Zeitschr. f. analyt. Chem., t. IV p "(g) Neubauer, Ann. d. Chem. u. Pharm., t. 6XXXV1I, p. 288. ’

(9) Munck, Berlin, klin. Wochenschr., 1864, n” 11, et Deutsch. Klinik, 1862, p. 299

ÉLÉMENTS DE L'EXTRAIT AQUEUX DE LA VIANDE. - CRÉATINE. m

L’élimination de la créatine se fait par les reins, dans l’épaisseur desquels elle se transforme en créatinine qui passe dans les urines; une fois de plus nous rencontrons cette action déshydratante de certains tissus de l’organisme animal que nous avons constatée déjà: 1» dans la paroi de l’intestin, à propos de la transformation des peptones digestives en albumine du sérum, et 2° dans le tissu du foie où s’accumule le glycogène formé aux dépens des matières sucrées absorbées.

Il n est pas impossible que, si la créatine passe pour la plus grande partie dans les urines à l’état de créatinine, une partie tout au moins soit transformée en urée et éliminée sous cette forme; malheureusement, nous allons voir que les expériences faites à ce sujet sont bien contradictoires.

Tout d’abord, Munck a observé que l’ingestion de la créatine détermine, chez l’homme et les animaux, une augmentation simultanée de l’urée et de la créatinine de la sécrétion urinaire; mais ces résultats n’ont pas été confirmés par Voit, et Meissner a prétendu même que la créatine et la créatinine injectées dans les veines passaient intégralement dans les urines à l’état de créatinine.

zu ottin (1) a eu plus tard l’idée d’étudier la transformation de la créatine mise au contact du tissu rénal et prétend avoir observé une production d’urée, ce que contestent Voit et Gscheidlen.

Enfin, on a pratiqué l’extirpation des reins sur divers animaux, et l’on a a SUllei de Cet,e °Péra,i0n’ le tissu musculaire ■’« enrichi en contra r’c S£mg n° contient minime proportion d’urée; au

contraire, apres la ligature des uretères qui laisse fonctionner les reins l’urée s accumulerait dans le sang, alors que le tissu musculaire ne contiendrait pas plus de creatine qu’à l’état normal. P

Les auteurs de ces expériences, Munck, Oppler (2), Péris (3) et Zalesky (4) interprètent ce résultat comme une preuve de la transformation de la créatine en uree au sein même du tissu rénal. Cette théorie est contredite aussi bien par Meissner qui a trouvé des quantités notables d’urée dans le sang d’animaux néphrotomises, que par Voit qui, après avoir confirmé les résultats de Meissner

!’u àe,ï “ ï *°Uj0U,rS *f0Uvé’ aPrès ]a “Pfw d^ uretères, les mêmes proportions qua le at normal, d’urce dans le sang et de créatine dans les muscles.

seràittr lran,Sf°rma;ionj Partielle de créatine en urée s’effectuait, ce ne hydratation Z “ /T ! Ia.réaction de dédoublement de cette substance, par sartosùie>dâns ,7 ^ ^ ^ ^ dit que Po" "’a P« trouvé de

formée en ac d 1 7 ^ : mais el,e Pourrait se transformer, aussitôt

formée, acide lactique et en ammoniaque, celle-ci devant servir à la produc-

cThn T6 n°UVel e qUaDt,té d’Urée qui Proviendrait de la déshydratation du carbonate ammomque.

(1) Szubottin, Zeitsch. f. ration. Med., 3» R., t, XXVIII p. 1H.

(2) Oppler, Arch. f. path. Anal., t. XXI, p. 260.

(3) Péris, Kœnigsb. med. Jahresb., t. IV, p. 56.

(4) Zalesky, üntersuch. ü. d. uràem. Process., Tubingen, 1865.

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