‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 329 sur 722 · BASES CRÉATINIQUES DE GAUTIER · texte numérisé non relu

BASES CRÉATINIQUES DE GAUTIER

A Gautier a découvert, dans la chair musculaire et dans l’extrait de viande, des leucomaïnes qu’il rattache à la créatine qu’elles accompagnent; ce sont la crusocréatinine CsIl8Az40, la xanthocréatinine C5H10Az4O, l’amphicréafine C9HI9Az70\ etc.

Préparation. — L’extrait de viande est épuisé par l’alcool à 95° et la solution alcoolique additionnée d’éther, puis abandonnée au frais; il se forme lentement un précipité cristallin qu’on essore et qui est constitué par un mélange des trois bases précédentes; on arrive à les séparer par cristallisation fractionnée de leur solution aqueuse, l’amphicréatine se déposant la première, suivie de la crusocréatine; la xanthocréatinine, la plus abondante de ces bases dans la viande, après la créatine, est la plus soluble et reste dans les eaux mères des deux précédentes.

Crusocréatinine.

C!H8Az‘0.

Cette base cristallise en belles lamelles orthorliombiques, jaunes, à saveur légèrement amère ; elle bleuit faiblement le tournesol.

Elle précipite l’alumine des solutions d’alun, se combine à l’acide chlorhydrique pour former un chlorhydrate défini, soluble et non déliquescent, qui donne avec le chlorure de platine, un chloroplatinate soluble, peu altérable.

Le chlorhydrate en solution un peu concentrée se combine avec le chlorure de zinc, sous la forme d’un précipité grenu qui se redissout à chaud et cristallise par le refroidissement. La solution du sel est précipitée en jaune par le phosphomolybdate de soude, mais ne donne rien avec le chloromercurate de potassium, l'iodure de potassium iodé, l’acétate de cuivre.

La crusocréatinine possède toutes les propriétés de la créatinine dont elle ne diffère que par les éléments de l’acide cyanhydrique en plus, comme le montre la formule de constitution :

AzH = C

/AzH-C(AzIl)-CO \Az(CH3) — in*

Xanthocréatinine.

C5H10 Az‘0.

Cristaux minces, pailletés, brillants et micacés, de couleur jaune soufre • saveur légèrement amère. A chaud, odeur qui rappelle l’acétamide ou celle du rôti; puis décomposition avec dégagement d’ammoniaque et de méthylamine

(1) A. Gautier, Bull. Soc. Chim., t. XLVIII, p. 6, et Chimie biol., 1892, p. 251 et suivantes.

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