ÉLÉMENTS DE L’EXTRAIT AQUEUX DE LA VIANDE. — TAURINE ET URÉE
Adénine . C“H4Azl.AzII.
Hypoxanthine . C5H*Az». O.
Guanine . CsH*Az*0. AzH.
Xanthine . C3H*Az‘0. 0.
Si l’on nomme adényle le radical C3H4Az3, on voit que l’adénine est une adénylimide, tandis que l’hypoxanthine est un oxyde d’adényle; en outre, l’adénine est à l’hypoxanthine ce qu’est la guanine à la xanthine.
A. Gautier attribue à l’adénine une formule de constitution qui, mise en regard de celles des bases de même groupe et de l’acide urique, montre nettement les relations de tous ces corps entre eux :
AzH-C-AzH AzH -C- AzH
\ Ç = AzH CO7 C 7 CO
AzH-G-AzIl XAzII-C-AzH/
■i/.h Az II AzH -CO
AzH = C\ C )co co7 CO
AzH- C- AzH AzH-CH-AzH-C = Az.
Acide urique.
Présence dans l organisme, rôle physiologique. — Nous avons vil que l’adénine es res répandue dans 1 économie animale et végétale, et accompagne presque constamment les bases du même groupe dans les organes glandulaires les plus t îvers 1 e e se trouve aussi dans les ganglions lymphatiques et dans l’urine des eucocy emiques. Sa formation aux dépens de la levure de bière vient encore corroborer l’opinion de Kossel que l’adénirie, comme les autres bases du groupe xanthique, prenant naissance partout où l’on trouve en abondance des noyaux cellulaires, est un produit de décomposition des nucléines.
L adénine n’est pas entièrement transformée dans l’organisme animal ; ainsi Kossel a réussi à en retirer O*,**, à l’état de nitrate, de l’urine d’un chien auquel il avait administré 1 gramme de chlorhydrate d’adénine.
TAURINE ET URÉE.
Ce n’est guère que pour mémoire que nous faisons mention ici de ces deux corps, dont le premier se rattache directement aux sels biliaires, et le second appartient spécialement à l’urine.
La taurine, tfH’AzSO3, est un principe organique sulfuré qui a été trouvé par Limpricht(l),puis par Jacobsen, dans les muscles des jeunes chevaux; elle existe encore ans la chair de divers poissons, dans les mollusques, par exemple les seiches (Fremy et Valenciennes) (2), dans les reins et le tissu pulmonaire de cerains mammifères. On ignore complètement son origine, son rôle physiologique et ses métamorphoses dans l’organisme.
Luree, CH*Az*0, existe dans le sang d’où elle est excrétée par l’urine; sa
™ pimpricht’ Ann- d- Ch ■ «• Pharm., t. CXXVII, p. 185, et Jacobsen, frf., t. CLVII, p. 227.
(2) Fremy et Valenciennes, Journ. de Chim. et de Pharm. [3], t. XXVIII, p. 401.
présence dans les muscles, signalée par Picard (1), contestée par de nombreux auteurs, puis confirmée par Demant (2) qui l'a retirée de la viande du cheval, paraît devoir être acceptée aujourd’hui comme un fait acquis ; cependant les difficultés de son extraction sont la preuve qu’elle ne s’y trouve qu’en très minime quantité.
Les physiologistes s’accordent généralement à admettre que l’urée arrive toute formée au rein, et qu’elle prend naissance ailleurs; mais le lieu de production est loin d’être déterminé. Nous pouvons admettre provisoirement, en nous basant sur les résultats des analyses chimiques, que l’urée peut se former en petite quantité dans le tissu musculaire, aussi bien que dans les divers organes, comme le pense Voit.
Gréhant et Quinquaud (3) donnent, comme une preuve de la formation de l’urée dans le tissu musculaire, les résultats suivants de dosages de l’urée qu’ils ont effectués dans l’extrait alcoolique du sang et du muscle, chez les lapins et la raie.