‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 340 sur 722 · C3 II* O3 = CH3. CHOU . COOH · texte numérisé non relu

C3 II* O3 = CH3. CHOU . COOH

L’acide lactique a été retiré de la viande par Berzélius, en 1807 ; cet acide diffère de l’acide de fermentation par le nombre de molécules d’eau de cristallisation et la solubilité de ses sels dans l’eau et l’alcool, bien que sa formule de constitution soit la môme. Cette différence s’explique par l’action sur la lumière polarisée de l’acide sareolactique, celui de fermentation étant inactif.

Notons immédiatement que, d’après Maly, ces deux acides se formeraient simultanément dans la fermentation de la dextrine et des divers sucres, en présence de la muqueuse de l’estomac du porc.

Préparation. — On peut extraire l’acide paralactique soit de la viande fraîche soit de l’extrait de viande.

Si l’on part de la viande fraîche, on l’épuise comme il a été dit p. 4765 e( après traitement par la baryte, les sels de plomb et de mercure, les eaux mères finales, débarrassées des métaux par l’hydrogène sulfuré, sont concentrées, addi tionnées d’acide sulfurique et agitées à plusieurs reprises avec de l'éther qu; enlève l’acide lactique. La distillation de la solution éthérée abandonne l’acid » lactique sous la forme d’un liquide sirupeux.

11 est préférable de se servir de l’extrait de viande, qui est bien plus riche er» acide lactique. On part des eaux mères alcooliques d’où s’est déposé le précipité

<1) Limpricht, Ann. d. Chenu v: Phai~m., t. CXXXIII, p. 300.

ÉLÉMENTS DE L’EXTRAIT AQUEUX DE LA VIANDE. - ACIDE SARCOLACTIQUE. i97 visqneiix qui renferme la créatine. Ces eaux mères fortement colorées en brun sont soumises à la distillation pour en retirer l’alcool; le résidu, additionné d’un excès d’acide sulfurique étendu, est encore épuisé par agitation avec de

l'éther.

Le produit obtenu par la distillation de la solution éthérée est de l’acide lactique plus ou moins coloré en brun, qu’il faut purifier. Pour ce faire, le sirop redissout dans de l’eau est saturé à chaud par le carbonate de plomb qui fixe l'acide sulfurique entraîné par l’éther; on filtre, et on fait passer dans le liquide un courant d’hydrogène sulfuré pour précipiter le plomb qui s’est dissout. Le liquide filtré à nouveau, porté à l’ébullition, est saturé par de l’oxyde ou du carbonate de zinc qui transforme l’acide lactique en sel de zinc dont on concentre la solution jusqu à commencement de cristallisation; à ce moment on additionne le liquide de 4 à 5 volumes d alcool à 90-95°. Il se forme rapidement une abondante bouillie cristalline de paralactate de zinc qu’on essore et qu’on purifie par cristallisation dans l’eau.

Pour en extraire 1 acide lactique, on traite la solution aqueuse du sel de zinc par un courant d hydrogène sulfuré; on sépare par filtration le sulfure de zinc blanc qui est insoluble dans l’acide lactique, et l’on concentre la solution acide soit à chaud, soit dans le vide.

Propriétés. L acide paralactique est un liquide sirupeux, très acide, soluble dans l’eau, 1 alcool et 1 éther ; il ne diffère guère de l’acide de fermentation qu’en ce qu’il agit sur la lumière polarisée : pouvoir rotatoire,

et que son anhydride, la lactide C6H10O®, obtenue par l’action de la chaleur en vertu de la réaction :

2 CIP. CIIOII. COOlf — IP O = CIP.CIIOll.CO.O.CO.CHOH.CIP dévie à gauche.

La paralaetide, redissoute dans l’eau, régénère de l’acide lactique identique cette fois à l’acide de fermentation et inactif (Streçker).

Comme ce dernier, l’acide paralactique forme des sels cristallisables, mais qui se différencient des sels correspondants de l’acide de fermentation par le nombre de molécules d eau de cristallisation et la solubilité dans les divers dissolvants neutres.

Le paralactate de chaux a pour formule (C3 IP 03j*, Ca, 4aq., et cristallise en fines aiguilles solubles dans 12,4 parties d’eau froide.

Le paralactate de zinc (C3Il!03)2Zn,3aq., cristallise en gros prismes brillants ou en aiguilles minces, et se dissout dans 17,5 parties d’eau froide et 1.109 parties d’alcool.

Le paralactate de cuivre (C3IP03)2Cu,3aq. se présente sous la forme de petits grains cristallins, solubles dans l’eau:

La solution des sels de l’acide paralactique se différencie encore de celle dés sels de l’acide de fermentation par son action rotatoire gauche, les dernier^ étant inactifs comme l’acide libre, . ,

Présence dans l’organisme. — L’acide paralactique prédomine, à côté de ses isomères, dans le suc musculaire où il existe soit libre, soit combiné (lactates de soude, dépotasse). Il s’y trouve aussi bien à l’état de repos que pendant la contraction; mais la proportion augmente dans les muscles actifs ou tétanisés expérimentalement, ainsi que dans l’état de rigidité cadavérique. Avec l’inanition, il diminue, sans cependant disparaître complètement.

Werther (t) a montré expérimentalement, sur des grenouilles, que l'acide lactique qui prend naissance dans le muscle, aussi bien dans le tétanos que dans la rigidité cadavérique, est l’acide para dont le sel de zinc cristallise avec deux molécules d’eau de cristallisation dont une s'en va par la dessiccation sur l’acide sulfurique.

Cet acide existe dans un grand nombre d’exsudals pathologiques, dans le saug à la suite d’un travail musculaire exagéré (Spiro) (2), et dans l’urine (Werther) (3). On le rencontre également dans l’estomac où il a dû se former, d’après les expériences de Maly(4), dans la fermentation des sucres en présence de la muqueuse gastrique.

État dans l’organisme. — L’acide paralactique qui se trouve dans le sang et dans les liquides d’exsudation à réaction alcaline, y existe forcément à l’état salin, sous la forme de lactates de sodium ou de potassium. 11 en est de même de celui qui doit encore se trouver dans le muscle au repos, dont la réaction est devenue alcaline.

Mais dans le muscle en activité, dont la réaction devient acide et dont l’acidité croît avec la durée du travail et le degré de fatigue, du moins jusqu’à une certaine limite, l’acide lactique est libre.

On verra que les recherches d’Astaschewsky et de Warren, d’accord avec celles déjà 1res anciennes d’expérimentateurs qui ont prétendu que la réaction du muscle au repos, aussi bien qu’en activité, était alcaline ou neutre et ne devient acide qu’à la suite de mouvements exagérés ou après la mort (Dubois-Raymond), les ont conduits à émettre cette opinion que la réaction acide des muscles tétanisés ou en état de rigidité cadavérique n’est pas due à l’acide lactique libre, dont la proportion diminuerait même pendant le passage de l’état de repos au tétanisme.

L’opinion à laquelle se sont arrêtés les auteurs cités est en complet désaccord avec les résultats des recherches de Ranke (5), Heydenhain, Marcuse, etc., qu; arrivent à cette conclusion, que nous devons admettre comme la seule exacte que la contraction musculaire s’accompagne de la formation d’acide lactique dont la quantité, en rapport direct avec le travail produit, donne par suite au muscle sa réaction acide progressivement croissante (Heydenhain, Marcuse) jusqu’à une certaine limite maximum (Ranke).

L’acide paralactique qui accompagne dans l’estomac l’acide de fermentation se trouve partie à l’état de lactates, partie en liberté.

(1) Werther, Pflüger's Archiv., t. XLV1, p. 63-92, 1889.

(2) Spiro, Zeitsch. f. phys. Chem., t. 1, p. 3.

(3) Werther, loc. cit.

(4) Maly, Ann. d. Chem. u. Pharm., t. CLXXIII, p. 227.

(5) Ranke, Tétanos, Physiol. Studie, 1865, p. 142.

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