ÉLÉMENTS DE L’EXTRAIT AQUEUX DE LA VIANDE. — GLYCOGÈNE
foie, le cerveau et les testicules de diabétiques (Grohe), dans une tumeur papillaire (H. Seyler) (I). On la rencontré dans le sang leucémique, l’ovaire, de la grenouille, le pus d'abcès provoqués chez le chien, et d’abcès pleuraux chez l’homme (Salomon), dans les productions épithéliales et pathologiques (Schiele). Il est très répandu dans les divers tissus de l'embryon et dans le placenta, mais n’existe pas, d’après CI. Bernard, dans les séreuses, pas plus que dans les glandes. A mesure que le foie augmente de volume et d’aclivité, Je glycogène diminue considérablement dans les autres organes où il était en forte proportion (30 p. 100 du -poumon desséché), de sorte qu’à la naissance on n’en trouve plus en abondance que dans les muscles et le foie.
On a décelé la présence de la matière glycogène, en grande quantité, dans les mollusques et particulièrement dans les moulps (Bizio). Elle existe même dans le règne végétal; Errera l’a trouvée dans des champignons ascomycètes du genre des mucorinées, et cerlains végétaux (genres Lemaina, Linum, Mahonia Solanum) contiennent des substances analo jucs, dont les solutions opalescentes sont plus ou moins colorées en brun par l’iode (Errera, 188-2).
Le glycogene se trouve, dans l’organisme, moins en dissolution que sous la forme de granulations solides que l’iode colore en rouge; la coloration disparaît a chaud et reparaît par le refroidissement (caractère distinctif de la dextrine).
Extraction du glycogène du muscle. — Abeles (2) fait bouillir les muscles dtlaceres avec de la potasse caustique, ajoute au produit de l’acide chlorhydrique de façon à ramener la réaction à une légère alcalinité, puis fait bouillir de nouveau pendant vingt à quarante minutes, après addition de chlorure de zinc; on filtre pour séparer le coagulum albumineux, et l’on précipite le glycogène de la liqueur par l’alcool. 11 ne se produirait pas de glucose pendant la suite des opérations précédentes.
Etti prépare le glycogène musculaire en partant de l'extrait de viande.. L’eau mère de la créatine, étendue d’un peu d’eau et additionnée d’alcool absolu, donne un précipité grisâtre. Ce précipité, desséché, se transforme en une poudre grisâtre, farineuse, qui se gonfle dans l'eau et s’ÿ dissout en donnant une solution visqueuse, opalescente, précipitable par l’acide acétique et colorée en rouge brun par l’iode.
Landwehr (3) a décrit, en 4884, une nouvelle méthode pour l’extraction et le dosage du glycogene dans les divers tissus et organes animaux On peut encore utiliser les procédés indiqués par Cl. Bernard et par Briicke pour 1 extraction du glycogène du foie, mais iis sont d’une application plus diffielle, maigre les modifications indiquées pour Je cas particulier par Bœhm (4).
Propriétés. Les propriétés physiques et chimiques de la matière glycogène ontete décrites (Chim. organ., t. VI, 2' fascicule, Alcools et phénols, p. 432 et suiv.). Nous insisterons uniquement sur ses propriétés physiologiques, c’est-à-
(1) Consulter : Langhaus, Recherches du glycogène dans les tumeut ou productions pathologiques, Virchow’s Archiv., p. 120-167, 1890.
(2) Ahelcs, Wien. med. Jahrb., 1876, et OEster. med. Jahrb., t. IV.
(3) Landwelir, Zeilsch. f. phys. Chem., t. VIII, p. 165-171 1884- vc détermination quantitative du glycogène, Zeitsch. f. Biol., t. XXI).
(4) Bœhm, Pfliiger’s Archiv., t. XXlli, p. 51, 1880.
d'origines diverses aussi Külz, Sur la
dire sur son mode de production dans l’organisme et sur les transformations qu’il y subit.
Origine, mode de production du glycogène. — La matière glycogène constitue un hydrate de carbone analogue à l’amidon végétal; sa production et son accumulation dans l’organisme animal sont consécutives à l’ingestion des matières amylacées ou sucrées, et à l’absorption des produits de leur digestion.
La vérité de celte proposition résulte de nombreuses expériences physiologiques.
Le glycogène disparaît, bien qu’assez lentement, à la suite de l’inanition ; on n’en trouve plus qu’une trace dans le foie de chiens maintenus pendant deux jours sans aliments (Heynsius), et après seize ou vingt et un jours, on n’en trouve plus du tout (Luchsinger) (1).
11 y réapparaît après l’ingestion de certains sucres et aliments, tels que le sucre de canne et de lait, le sucre interverti, la glucose, l’inuline, la lichénine, la glycérine, l’arbutine, la gélatine et les matières albuminoïdes, tandis que la mannite, la quercite, l’inosite et les graisses n’en fournissent point (De Mering.)
Bœhm (2) a vu la proportion du glycogène musculaire, de 0,27 p. 100 qu’elle était, chez le chat à jeun, monter à 0,87 p. 100 pendant la digestion.
Sous l’influence d’une alimentation abondante et prolongée, riche surtout en hydrocarbonés, le glycogène augmente notablement et s’accumule même dans les tissus qui habituellement n’en renferment pas; ainsi, chez la grenouille, on le voit apparaître, dans ces conditions, dans l’épithélium de la muqueuse gastrique, dans les glandes à pepsine, etc. (Barfurth) (3).
Külz (4) a montré, par l’analyse des muscles des cuisses de chiens dont un membre était irrigué artificiellement par un courant de sang défibriné et l’autre par un courant du même sang additionné de glucose, que les muscles irrigués avec le sang sucré renferment plus de glycogène que ceux de l’autre membre ; l’augmentation du glycogène ne peut être attribuée, dans les conditions de l’expérience qu’à une néo-formation dans le tissu du muscle aux dépens de l’élément sucre contenu dans le sang injecté.
Il ne paraît donc pas douteux que le glycogène prenne naissance dans le muscle, comme d’ailleurs dans le foie et les divers organes embryonnaires, principalement aux dépens des hydrates de carbone solubles qu’y amène le sang des vaisseaux nutritifs. Chandelon (3) a démontré, d’ailleurs, que la proportion du glycogène diminue dans le muscle après la ligature des artères qui s’y rendent, c’est-à-dire par la suppression de l’apport des éléments nutritifs; il a obtenu, comme moyenne de sept expériences faites sur le lapin :
1“ Pour les muscles irrigués . . 0,069 de glycogène p. 100.
2° — A artère liée . 0,0267 -
(1) Luchsinger, thèse inaugur. sur : Physiol. u. Pathol, d. Glycogens, Zurich, 187S- P/lüger’s Archiv., t. XVIII, p. 472, 1878.
(2) Bœhm, loc. cit.
(3) Barfurth, Arch. f. mikr. Anal., 1885.
(4) Külz, Zeitsch. f. Biol., t. XXVII, p. 237-246, 1890.
(5) Chandelon, Arch. f. Physiol., 1876, t. XIII, p. 626.