‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 357 sur 722 · CONTRACTION MUSCULAIRE (I · texte numérisé non relu

CONTRACTION MUSCULAIRE (I

Causes efficientes de la contraction. — Normalement, le muscle se contracte sous 1 influence de l’excitation nerveuse ; mais celle-ci peut être remplacée expérimentalement par des actions mécaniques, physiques ou chimiques.

Les agents chimiques capables d’exciter le muscle sont les acides faibles, les alcalis étendus et les solutions d'un grand nombre de sels, toutes substances qui paraissent agir en altérant la constitution du tissu musculaire ou mieux du plasma du muscle. Comme exemple, on peut prendre l’acide chlorhydrique étendu au f /1000e, dont quelques gouttes, déposées sur la seclion transversaled un muscle de grenouille, en même temps qu’elles amènent une contraction,, déterminent d’abord la coagulation de la myosine qui devient opaque, puis la redissolvent à l’état de syntonine transparente.

Le sang frais agit comme les solutions salines ; l'eau pure elle-même détermine encore des contractions, il est vrai, tardives; cette action de l'eau paraît établir d’une façon certaine qu’une modification simplement physique du plasma (dilution) suffit pour faire contracter le muscle.

Relation entre la composition du muscle et sa contraction. — C’est à Helmlioltz (2) qu’on doit la première démonstration expérimentale de l’influence de la contraction du muscle sur sa composition chimique.

On dépouille les deux cuisses d’une grenouille de leur peau, et, par un courant d’induction, l’on excite, dans l'une, des contractions jusqu’à disparition de l’excitabilité, tandis que l'autre reste au repos.

Les échanges gazeux sont suractivés dans la cuisse en travail; il s’y développe une quantité de chaleur plus grande; il s’y forme des acides libres, et l’analyse consécutive montre la diminution des éléments solubles dans l’eau et insolubles dans 1 alcool, et l’augmentation de l’extrait alcoolique dans les muscles de la patte fatiguée, par rapport à ceux du membre resté an repos. L’augmentation de l’extrait alcoolique du muscle en activité lient certainement à la production,, suractivée par le travail, des produits de déchets de la substance musculaire.

Du Bois-Raymond (3) reconnut ensuite que, pendant l’activité du muscle,, et surtout sous l’influence des excitants tétaniques (électricité, strychnine, brucine, etc.), la fibre contractile, de neutre ou alcaline qu’elle était primitivement, prend une réaction acide, qui est plus faible quand la circulation est conservée,

(1) Consulter à ce sujet : Béclard, De la contraction musculaire dans ses rapports avec la chaleur animale, Paris, 1861; Marey, Mécanique animale, Paris, 1873; Hermann. Unters. ü. d. Stockwechsel d. Muskeln., Ber.in, 1867.

(2) He'.mholtz, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1815, p. 72.

(3) Du Bois-Raymond, Berliner Monatsbericht., 1859.

par suite d’une saturation partielle de l’acide par les alcalis du sang. On a vu et on verra encore que cette acidité est due à la formation d’acide sarcolactique.

Puis vint Heidenhain pour démontrer que, dans un même muscle, pendant le môme temps et avec le même excitant, l’acidité du muscle croît avec la quamilé de chaleur produite et proportionnellement à la charge qu’il soutient. II institua à cet effet, l’ingénieuse expérience qui suit :

Un muscle de grenouille vivant est dissocié, après son introduction dans une solution de chlorure de sodium colorée en bleu par du tournesol. Au repos il est neutre et donne la réaction amphotère ; mais s’il a été excité, il manifeste une réaction acide qui va en augmentant lorsque le muscle, soumis à des exci tâtions constantes et continues, exécute un travail. L’augmentation d’acidité est proportionnelle à l’effort produit par chaque muscle considéré et soustrait à la circulation générale, mais, comme l’a démontré Ranke, jusqu’à une certaine limite maximum au delà de laquelle, la fatigue survenant, l’acidité décro't corrélativement à l’excitabilité de la fibre; on voit alors le muscle tétant renfermer moins d’acide que le muscle au repos (Ranke).

Nature de la réaction acide du muscle tétanisé ou fatigué. - La nature d l’acide développé dans le muscle, par la contraction, a été et reste encore l’oh i de nombreuses controverses. L’opinion la plus ancienne, celle qui paraît en 1 la seule acceptable aujourd’hui, attribue l’acidité du tissu contractile à l’/T paralactique. acide

Astaschewsky (I) prétend que la réaction acide des muscles tétanisés et deve rigides après la mort, est due, non à l’acide lactique, mais au phosphate acid T potasse qui cristallise lorsqu’on additionne l’extrait sirupeux de viande d’al 1 à 30” centésimaux. Pour démontrer le fait, il faut éviter avec le plus grand C°° toute fermentation du tissu musculaire qui donnerait de l’acide lactique S°m

L’auteur a observé que la réaction acide des muscles tétanisés disparaît i contact de l’alcool, et que ce n’est qu’en traitant leur extrait par l’acide 1 ^ hydrique qu’on met en liberté l’acide lactique, dont on trouve une qui1!0'' moindre dans le muscle tétanisé que dans le muscle paralysé ou au reno v • ° les résultats numériques oblenus par Astaschewsky :

Dosage de l’acide lactique et de l’extrait alcoolique dans les muscles pour 100 parties.

NUMÉROS des expériences

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