‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 370 sur 722 · COMPOSITION CHIMIQUE DU CERVEAU. SI · texte numérisé non relu

COMPOSITION CHIMIQUE DU CERVEAU. SI

ferme la substance nerveuse en grande quantité, c’est-à-dire à la masse cérébrale, sur laquelle ont porté leurs efforts successifs.

Liebig, Fourcroy, Jourdan, John s’occupèrent les premiers de l’analyse du cerveau. Fourcroy y signala une graisse phosphorée qu’il appela cérébrine, mais qui n’est certainement qu’un mélange.

En 1812, Vauquelin (1) parvint à séparer trois produits de la matière cérébrale : une stéarine cérébrale, soluble dans l’alcool bouillant et cristallisable par le refroidissement; une matière grasse blanche, d’aspect non cristallin, soluble dans l’alcool, faisant émulsion avec l’eau, et contenant 25 p. 100 de phosphore (cérébrine de Lassaigne); enfin un extrait.

En 1823, Chevreul montra que la stéarine cérébrale n’est autre chose que la cholestérine, signalée encore par Gmelin, Kuhne et Couerbe.

En 1841, Couerbe (2) isola de l’extrait alcoolique du cerveau qui, par refroidissement, avait laissé cristalliser la cholestérine, une substance blanche, grasse au toucher, qu il nomma cérébrole, et qui n’est probablement que la matière grasse blanche de Vauquelin. Il constata en outre l’existence de divers produits azotes et phosphores, résultant de l’altération des principes immédiats de la substance neneuse, entre autres, la céphalote, matière grasse, jaune, élastique, insoluble dans 1 alcool, soluble dans l’éther et qui, d’après Fremy, n’est qu’un mélange de cérébrales de potassium et de sodium avec l'oléine et l’acide oléophosphorique.

La même année, Fremy (3) découvrait, dans la substance cérébrale, l’existence des acides cêrébrique et oléophosphorique (phosphoglycèrïque), de l'oléine, de la margarine, composés qui, nous le verrons, sont les produits de dédoublement de la lécithine.

A la suite de ses belles recherches sur la composition de l’œuf, Gobley (4) démontra, en 1847, l’existence, dans le cerveau comme dans le jaune d’œùf, d une matière qui se dédouble par les alcalis en acides olèiqué, margarique, phosphoglycèrique et ammoniaque. Il disait en outre que ces produits dè dédoublement proviennent d’une matière visqueuse, mélange de deux substances, lune quil nomma lécithine, identique à la matière grasse blanche de Vauquelin, 1 autre azotée, neutre et non dédoublable, la cérébrine (acide cérébrique de Fremy).

. Muller (5) isola la cérébrine pure et l’inosite du cerveau.

En 1865, Liebreich (6), probablement-ignorant des travaux de Gobley, reprit la question à l’origine; et isola de nouveau la matière grasse blanche de Vauquelin, lécithine de Gobley, à laquelle il donna un nom nouveau, celui de protagon.

Pour lui, cette substance phosphorée, unique dans le cerveau frais, est l’orîgine de tous lés corps précédemment étudiés. Il reconnut, dans les produits de

(1) Vauquelin, Ann. de Chimie, t. LXXI, p, 37, 1812.

(2) Couerbe, Ann. ch. et physiq., (2), t. LVI, p. 166.

(3) "Fremy, Ann. ch. et physiq., (3), t. II, p. 463.

(4) Gobley, Compt. rend., 1845, p. 387, et Journ. de pharm. (2), t. IX, p. 183 ; t. XXI, p. 250; t. XXX, p. 244; t. XXX1I1, p. 166; (3), t. IX, p. 161 ; t. XI, p. 409; t. XII, p. 5.

(5) W. Millier, Ann. d. Chem. u. Pharm., t. CI1I, p. 131.

(6) Liebreich, Ann. d. Chem, u. Pharm., t. CXXXIV, p. 29, et Bull. Soc. chim., t. IV

dédoublement du protagon par la baryte, une substance alcaline qu’il nomma neurine ou névrine et que Gobley n’avait fait qu’entrevoir.

Dybkowski démontra ensuite l'identité de cette neurine avec la choline trouvée dans la bile par Strecker; puis ce dernier prouva l’existence de plusieurs lécithines de constitution analogue, dans l’œuf et dans le cerveau.

Hoppe-Seyler (t) réussit à extraire une lécithine pure et cristallisée du caviar et du jaune d’œuf, puis Diakonow (2) et Strecker (3) étudièrent les produits de dédoublement de cette lécithine. • .

Enfin Diakonow et Hoppe-Seyler soutinrent que le protagon de Liebreich est bien un mélange de lécithine et de cérébrine, c’est-à-dire est identique au produit obtenu par Gobley, tandis que A. Gautier, s’appuyant sur la présence de la glucose trouvée par Baeyer dans les produits de dédoublement du prolagon, a émis l’idée que le protagon est peut-être un glucoside de la lécithine.

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