‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 381 sur 722 · VII. MATIÈRES MINÉRALES DU CERVEAU · texte numérisé non relu

VII. MATIÈRES MINÉRALES DU CERVEAU

Les éléments minéraux forment environ 0,027 du cerveau frais, suivant Breed; ces éléments, obtenus par l’incinération brutale de la matière organique, ne représentent pas exactement les sels minéraux qui préexistent réellement dans les tissus nerveux. Et tous les dosages effectués dans ces conditions sont entachés de la même erreur due à la cause suivante : pendant là calcination de la masse cérébrale, le phosphore de la lécithine se transforme en acide phosphorique qui déplace l’acide carbonique provenant de la destruction des sels organiques et même l’acide chlorhydrique des chlorures : d’où un résultat exagéré pour le chiffre de i’acide phosphorique, et une perte pour les chlorures et les carbonates.

Aussi, au lieu de citer les analyses des cendres du cerveau faites après incinération directe de la matière organique, nous contenterons-nous d’insister sur les résultats principaux qui en ressortent, savoir: 1° un grand excès d’acide phosphorique dans les cendres du cerveau comme dans celles du muscle et du jaune dœuf; 2° un excès relatif des sels potassiques par rapport aux sels sodiques.

Pour éviter la cause d’erreur dont nous avons parlé, Geoghagen (1) a proposé la méthode opératoire qui suit, pour extraire et analyser les sels minéraux réels du tissu nerveux.

Procédé d'analyse de Geoghagen. — La matière nerveuse débarrassée de ses enveloppes, broyée dans un mortier, est abandonnée pendant 48 heures en macération dans de l'alcool à 80°; on renouvelle l’opération quatre fois de suite, avec de nouvel alcool. Les liquides alcooliques réunis sont distillés, et l’extrait évaporé k sec au bain-marie est épuisé par l’éther chaud jusqu’à ce que celui-ci ne donne plus de résidu par l’évaporation.

La pulpe cérébrale est ensuite épuisée par l’éther froid, puis par l’alcool marquant 90 centésimaux en opérant à 75% puis enfin par de l’eau distillée à trois reprises différentes.

Le résidu insoluble est ensuite traité par l’acide chlorhydrique étendu à 3 p. 100 qui dissout les phosphates, puis desséché, mélangé intimement à du carbonate de baryum, et finalement incinéré dans une capsule de platine.

Pendant la calcination, l’acide phosphorique qui provient de la nucléine se combiné au baryum, et les cendres renferment, outre le phosphate de baryum formé, du calcium, du magnésium et du phosphate de fer.

L’éther chaud a enlevé à l’extrait alcoolique primitif la cholestérine et la lécithine, tandis que l’alcool chaud a dissout la cérébrine et la lécithine combinées qui restaient dans la pulpe cérébrale.

Les solutions aqueuses réunies et évaporées sont ajoutées à la partie de

(1) Geoghagen, Zeilschr. f. physiol. Chem., t. II, p. 338.

l’extrait obtenu par l’alcool froid qui a été épuisé par l’éther: le mélange renferme presque tous les sels. On le calcine à une température peu élevée • le produit repris par l’eau donne une solution alcaline des carbonates, sulfates* et phosphates de calcium, potassium et sodium.

Il ne. reste plus qua procéder à l’analyse des deux résidus de calcination et à tenir compte du sel barytique ajouté.

Geoghagen a effectué, par son procédé, quatre analyses distinctes des matières minérales du cerveau, en opérant sur des quantités de 500 et 600 grammes de matière. Le tableau suivant résume et interprète ses résultats :

Sels minéraux contenus dans le cerveau (Geoghagen).

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