RS
1 1 I no
Azote
Ph s hore
Ox ène
(Müller) 1
(Liebreich)
(Diakonow)
Préparation. — Pour obtenir le protagon, Liebreich (i) opère de la manière suivante :
Un cerveau de bœuf bien frais, débarrassé de sang par une injection d’eau dans les carotides, est broyé; la pulpe passée à travers un linge est épuisée à 0° par l’éther aqueux glacé. L’élher enlève la majeure partie de la cholestérine, l’eau s’empare des sels et de quelques matières albuminoïdes ou extractives, ha pulpe est ensuite traitée par l'alcool à 45“ centigrades marquant 85°, et la solution filtrée chaude est abandonnée à0°; on obtient ainsi des flocons blancs qui, isolés et lavés à l’éther froid pour enlever une trace de cholestérine, sont mis en cristallisation dans l’alcool faible. Le protagon se dépose en cristaux fins et étoilés.
Gamgee et Blankenhorn (2) ont modifié le procédé de Liebreich comme suit:
Le cerveau de bœuf frais, débarrassé de sang et divisé en menus fragments, est mis en digestion pendant 12 à 18 heures dans de l’alcool à 8a p. 100 et maintenu à la température de 45" ; on décante le liquide et on épuise de nouveau la pulpe 4 ou 5 fois par de nouvel alcool, tout le temps que les solutions alcooliques, filtrées chaudes, donnent, par refroidissement à 0°, un précipité floconneux blanc jaunâtre. Ces précipités, réunis sur un filtre, sont lavés à l’éther qui dissout en particulier la cholestérine. La partie insoluble, exprimée entre des doubles de papier Berzélius, est desséchée dans le vide.
La matière sèche, mouillée avec un peu d'eau, est mise en suspension dans 1 alcool à 85°, puis le mélange est chauffé doucement jusqu’à 45° ; à ce moment, on filtre, et par un refroidissement lent, le protagon se sépare en aiguilles microscopiques qu'on recueille sur filtre, lave à l’éther et sèche sur l’anhydride phosphorique.
Propriétés. — Le protagon ainsi obtenu est une substance d’un blanc pur, cristallisée en aiguilles microscopiques radiées ou en grains amorphes; récemment desséché, il a un aspect cireux et devient rapidement pulvérulent.
11 est brillant, léger, non hygroscopique, soluble dans l’alcool et l’acide acétique cristallisable, mais très peu dans l'éther. 11 fond à 200" en un sirop brun foncé, et commence déjà à se colorer à ISO”.
Au contact de l’eau, il se gonfle et donne une pseudosolution opalescente et neutre, qui se conserve à froitf, mais s’altère rapidement par l’ébullition en devenant acide et perdant son acide phosphorique. La solution aqueuse opalescente se coagule à chaud, au contact des solutions salines concentrées qui donnent un précipité floconneux.
D après Kühne, le protagon observé au microscope présente les formes et les réactions de la myéline (coloration rouge par l’acide sulfurique). Fraîchement gonflé par l’eau, il ressemble complètement à la goutte de moelle que l’on voit sourdre de la coupe d'un nerf frais ; il donne encore très exactement les formes microscopiques de la moelle nerveuse après sa décomposition partielle par la chaleur, la lumière, ou quand on le délaye dans une goutte d’acide oléique avec
(1) Liebreich, Ann. d. Chem. u. Pharm., t. CXXXIV, p. 29, et Bull. Soc. chim., t. IV,
(2) Gamgee et Blankenhorn, Zeitsch. f. phys. Chem., t. UI, p. 260, 1879.
un pou d’ammoniaque ou de choline; dans ce dernier cas, le résultat obtenu au microscope tiendrait à la formation de savon de choline.
Le protagon pur est neutre et ne devient acide que quand il s’altère ; ce fait explique la réaction, également acide, du nerf mort.
L’ébullition du protagon avec l’eau de baryte a donné à Liebreich, puis à Baumstark, les mûmes produits de décomposition que la lécithine, c’est-à-dire phosphoglycérate, oléate et stéarate de baryum, névrine, et en plus de la cérébrine inattaquable par la baryte.
L’acide chlorhydrique étendu décompose encore le protagon en donnant outre les produits correspondants fournis par la lécithine, de la cèrèbrine '
Constitution du prolagon.
Liebreich et plus tard Baumstark ont cru pouvoir conclure, des réactions précédentes, que le protagon constitue une espèce chimique distincte, véritable combinaison de la lécithine avec la cérébrine, tandis que Hoppe-Seyler, Diakonow (1), Tudichum n’y voient qu’un simple mélange de ces deux corps. ’
Baeyer (2) ayant trouvé de la glucose à côté de la névrine, de l’acide ph0Sphorique et des acides gras, A. Gautier (3) a émis autrefois l’opinion quc lè protagon pourrait être un glucoside dont le dédoublement, sous l’action de l’eau donnerait, entre autres produits, la lécithine.
En 1879, Gamgee (4) et Blankenhorn (5) sont revenus à l’opinion primitive de Liebreich, et ont soutenu que le protagon est une espèce chimique spéciale° constitue une individualité dont ils ont môme donné la formule. !
En résumé, on n’est pas encore fixé sur la nature réelle du protagon ; on ne sait pas d’une façon certaine s’il représente une espèce chimique déterminée bien que Liebreich ait voulu formuler sa molécule
C116 Hnl Azv Pli 0M.
A. Gautier (6) considérant l’extrême facilité avec laquelle le protagon, de même que la nucléine, perd son phosphore à l’état d’acide phosphorique, pense qu’il a lieu de le rapprocher de la vitelline de l’œuf et de la conglutine végétale
Névrine et choline.
Sous le nom de neurine ou névrine, Liebreich (7) a désigné une base qu’il découverte, en 1865, dans les produits de dédoublement du protagon qu’il cons"1 2 3 4 5 & 7 8 dérait comme l’élément essentiel du tissu nerveux, base que Baeyer (si ~ démontrée être un hydrate d’ammonium complexe dont Wilrtz a ensuite réali *
(1) Diakonow, Hoppe-Seyler, Med. chem. Untersuch., fasc. XV, p. 487.
(2) Baeyer, Arch. f. pathol. Anat., t. XXXIX, p. 183.
(3) A. Gautier, Chim. physiol., t. II, p. 204, 1874.
(4) Gamgee, Proceed.Roy. Soc. Lond., t. XXX, 1880.
(5) Gamgee et Blankenhorn, toc. cil.
(6) A. Gautier, Chim. biol., p. 193, 1892.
(7) Liebreich, Ann. d. Chem. u. Pharm., t. CXXX1V, p. 29.
(8) Baeyer, Ann. d. Chem. u. Pharm., t. CXL, p. 308; t. CXUI, p. 332.
ÉLÉMENTS CONSTITUANTS DU TISSU NERVEUX. — NËVRINE ET CHOLINE. 583 la synthèse (1867-1868), et que Baeyer, Dybkowsky (1) et Strecker(2) ont reconnue identique avec la choline trouvée, dès 1849, par ce dernier, dans la bile.
Il y a lieu, dans l’état actuel de la science et comme l’ont proposé Liebreich et plus tard Brieger, d’élablir une distinction bien nette entre la choline qui répond à la formule Cs II13 Az O2, et la névrine C3 H13 Az O qui diffère de la choline par une molécule d’eau en moins.
Schützenberger confond choline de la bile et névrine du cervéau, toutes deux identiques et représentées par G5 H13 AzO2, et donne le nom de neurine à la base anhydre C3H13AzO.
La choline, C3 II13 AzO2, se trouve dans la bile, mais aussi dans le sang, les muscles, le jaune d’œuf, les glandes et dans les produits de décomposition du cerveau, à côté de la névrine; elle paraît identique à Yamanitine de certains champignons; on l’a retirée encore du chanvre indien et delà racine d’ipécacuanlia; Boehm l’a trouvée en abondance dans les tourteaux de graines de cotonnier et de faînes (3) ; c’est enfin la choline que Würtz a préparé par synthèse, et à laquelle il donne le nom impropre de névrine (4).
La névrine, CsH18AzO, se trouve seule dans le cerveau frais; c’est elle que Liebreich, qui lui a conservé cette dénomination, a obtenue dans le dédoublement du protagon par la baryte, tandis que l’extrait éthéré de la pulpe cérébrale altérée et ne renfermant plus de protagon, mais ses produits de dédoublement, lui a donné de la choline que Würtz (5) a démontré se produire par hydratation de la névrine dans l’action de l’eau sur ses divers sels et en particulier sur son chloroplatinate.
Baeyer a d’ailleurs pu retirer du cerveau le mélange des deux bases et émettre l’opinion que la neurine du cerveau est, suivant les conditions de préparation, tantôt l’une ou l'autre des deux bases, tantôt un mélange des deux; il a démontré d’ailleurs que la choline peut être transformée en névrine.
La névrine a été trouvée en assez grande quantité, par Brieger, dans des viandes abandonnées pendant cinq ou six jours à la putréfaction ; elle se produit dans les premières phases de la fermentation bactérienne des albuminoïdes. Elle se trouve dans l’extrait aqueux des capsules surrénales qui lui doit ses propriétés toxiques (Guarnieri et Marino Zucco) (6).
La névrine, pas plus que la choline, n’existe probablement nulle part primitivement en liberté ; toutes deux paraissent provenir constamment d’un dédoublement de la lécithine.
C3HlsAzO*
CHOLINE.