‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 394 sur 722 · I C* HL OH · texte numérisé non relu

I C* HL OH

Choline. Glynol. Trimélh, lamine.

1 Mauthner, Ann. d. Chem. u. Pharm., t. CLXVI, p. 202, et t. CLXXV, p. 278.

ce qui peut expliquer la présence de ce dernier alcali dans un grand nombre de liquides plus ou moins altérés de l'économie.

La choline ajoutée à du sang en putréfaction se décompose rapidement et donne de la trimélhylamine. Mais sa solution dans l’eau pure, au titre de 1,4 p. 100, résiste à l’action des baclérics et empêche môme la putréfaction de la bile; on trouve cependant de la triméthylamine dans la-bile pourrie, et cet alcali ne peut provenir que de la choline naturellement contenue dans cette sécrétion (Mauthner).

Le chloroplatinate de choline £ci.Az QH j • Pt Cl*, forme de gros cris¬

taux prismatiques, rouge orangé, identiques comme forme cristalline, qu’ils proviennent de la choline retirée de la bile ou de la choline de synthèse (Friedel) très solubles dans l’eau, insolubles dans l’alcool.

Le chloroaurate Cl. Az | Oit' Au C'3’ Presiïue insoluble dans l’eau froide, se précipite de sa solution bouillante sous la forme d’une poudre grenue d’un jaune pur.

La choline en solution aqueuse, à l'état de chlorhydrate, précipite par les réactifs généraux des alcaloïdes, iodurc de potassium iodé, iodure mercuropolassique, acides phosphotungstique et phosphomolybdique, mais non par le tannin.

Elle jouit d’ailleurs d’une action toxique manifeste, analogue, par ses effets à celle de la névrine, mais moins violente; en effet 10 centigrammes de choline agissent à peu près de la môme façon, sur le lapin, que 3 milligrammes de chlorhydrate de névrine.

Oxycholine, Bétaïne.

Sous l’influence des oxydants faibles et en particulier de l’acide nitrique étendu, la choline se transforme en oxycholine (Liebreich) (1); cette dernière devrait être représentée par la formule ;

C6Il13Az03.

Mais dès qu’elle prend naissance, une molécule d’eau devient libre par une neutralisation intramolcculairc résultant de la réaction de l’oxhydrile acide du résidu acétique Cil5. COOII, sur l'oxhydrile basique uni directement à Az, de telle sorte que le produit que l’on obtient réellement, et qui porte le nom d’o choline, est un anhydride interne (Brühl) (2) :

(CH3)3- Az-CIl» = C'H11 AzO3.

o — éo

L’oxycholine est identique à la bétaïne découverte par Scheibler. (3), en tsgg

(1) Liebreich, Deutsch. chem. Gesellsch., 1869, p. 187, et 1870, p. 161.

(2) Brühl, Ann. d. Chem. u. Pharm., t. CLXXVII, p. 199.

(3) Scheibler, Zeitsch. Chem., 1860, p. 279; - Deutsch. chem. Gesellsch ISoo

et 1870, t. III, p. 1S5. ’ P- 392,

dans le suc de betteraves. Cette bétaïne existe en quantité notable dans le navet encore vert, dans la betterave (1) elles feuilles du lycium barbarum (lycine) ; Liebreich l’a trouvée en petite quantité dans les urines normales.

Liebreich s’est basé sur le procédé de synthèse de la choline imaginé par Würtz pour préparer, en 1869, la bétaïne chlorhydrique; il fait réagir la triuicthylamine sur l’acide monochloracétique :

+ Az CH3 = CI. Az<

Ce chlorhydrate d'oxycholine, traité par l’oxyde d’argent humide, donne, non pas l'oxycholine, mais l’anhydride identique à la bétaïne :

= H2 O + AgCl + (CH3)3= l

Griess a obtenu également la bétaïne en traitant le glycocolle par l’iodure de méthyle, d’où le nom de Irimélhylglycocolle (anhydride) qu’on lui a encore donné :

CH2. Azll2 + 3 CH3. 1 = 31H + (CH3)3Az-CH2 CO OH O -CO.

Glycocolle. Iodure de méthyle. Ac. iodbydriq. Trimétbylglycocolle anhydre.

La bétaïne ou oxycholine est une base cristallisant en prismes brillants et volumineux, déliquescents, à saveur fraîche et sucrée, inertes à l’égard de la lumière polarisée et neutres au tournesol, bien que formant des sels cristallisés. Elle paraît sans action sur l’économie.

En 1875, Schmiedeberg et Harnack ont prétendu que Yamanitine (2), principe retiré de l’amanitus muscarius et de même formule que la choline, ne lui serait pas identique mais isomérique, comme d’ailleurs la base retirée du jaune d’œuf; toutes deux représentaient non l’hydrate de triméthylhydroxéthylène-ammomium , mais l’hydrate de triméthylhydroxéthylidène-ammonium, et avaient pour formule

-(CH3)3 -CHOH CH3.

Comme preuve de l’exactitude de leur assertion, les auteurs disaient que l’oxydation par l’acide azotique donne, non pas la bétaïne, mais une base extrêmement vénéneuse, la muscarine, que Schmiedeberg et Koppe (3) ont retirée de

HO. Az j

(1) C’est à la présence de la bétaïne dans le jus de betterave que l’on doit rattacher la production d’ammoniaques méthylées dans la distillation sèche des résidus de la fermentation des vinasses de betterave.

(2) Schmiedeberg et Harnack, Chem. Centralbl., 1875, p. 629.

(3) Schmiedeberg et Koppe, Deulsch. chem. Gesellsch., 1870, p. 281.

l’agaricus muscariu s (1869;, base qui se forme également au commencement des fermentations putrides, d’après Brieger, et qui répond à la formule :

C’IPAzO3 * = HO.Azi

Cil1 2. 011.

Mais dès l’année suivante, Schmicdeberg et Harnack (1) revenant sur leur opinion primitive, ont reconnu que l’amanitine est identique avec la choline et que toutes deux se transforment en muscarine quand on les oxyde au moyen do l’acide azotique concentré (2).

Cette muscarine serait en outre représentée par la formule nouvelle :

Les recherches plus récentes de Bœhm (3) ont démontré que la muscarine artificielle n’est pas identique à la muscarine de la fausse oronge, mais constitue un isomère de cette dernière avec laquelle elle présente des différences dans son action physiologique.

NÉVIUNE.

C5Ii,3AzO = IIO. AzjçJJj (c2ii3.

Préparation. — 1* Extraction du cerveau. — Un cerveau de bœuf bien frais débarrassé de ses enveloppes, est réduit en une pulpe que l’on passe à travers un linge et qu’on épuise par l’alcool éthéré chaud. On obtient une liqueur jaune foncé, dont on retire l’éllier et l’alcool par distillation; le résidu visqueux est bouilli avec de l’eau de baryte et donne des savons barytiques qui surnagent et •une solution de neurine; on en chasse la baryte par un courant d’acide carbo nique, on évapore le liquide filtré à siccilé et on épuise le résidu par l’alcool tort. La solution alcoolique alcaline, acidulée par l’acide chlorhydrique donne par le chlorure de platine, des flocons jaunes de chloroplatinate de neurine ■ augmentent par addition d’éther et qu’on lave à l’alcool éthéré; à partir moment, on suit la marche indiquée pour la préparation de la choline. Cp

On peut appliquer le procédé qui vient d’ôtre décrit au protagon de Liebreich

2" Synthèses de Würtz (4) et de Hoffmann (5). — On abandonne à la tem • rature ordinaire un mélange d’une solulion concentrée de triméthylamine de bromure (Hoffmann) ou iodure (Würtz) d’éthylène; on obtient de l’iodure ( ^

(1) Schmiedcberg et Harnack, Arch. f. exper. Pathol., t. VI, p. 101.

(2) Srhmiedeberg et Harnarck, Chem. Centralbl., t. VII, p. 354 et 560, 1876.

(3) Bœhm, Arch. f. expér. Pathol., t. IX, p. 87, 1885.

fi) Würtz, Dict. de chirn. [art. Névrine), t. Il, I, p. 535.

(5) Hoffmann, Ann. d. Chem. u. Pharm.j t. CXL, p. 306.

bromure) de triméthyliod- (ou brom-) éthylène-ammonium qui, traité par l’hydrate d'argent, donne une base identique, suivant les auteurs, avec la choline (ancienne neurine), mais que Baeyer a reconnue être une base vinylique :

Az<

'Cil3 I

J CH3 + C2HU* = I. Az < CH3 /

Cil3

Tri métby lamine. Iodure d’éthylène. Iodure de triméthyliodéthylène-ammoniuin.

LA“|S.i + 2AgH0 = 2Ag! + «*0 + HO.Azjg1^3

3° Transformation de la choline en névrine (Baeyer) (1). — On traite la choline par un excès d’acide iodhydrique et du phosphore amorphe, qui donnent de l’iodure de triméthyliodéthyiène-ammonium qu’on décompose ensuite par l’oxyde d’argent humide :

3 HO. Az. | 0H + 3I2 + Ph2 = 3I.A*Jj®Jj + 311*0 + Ph203.

ClloIil10- Iode- Phosphore. Iodure de 1 ri métliy lïodétby Icne Anhydride.

Constitution de la névrine.

La névrine ne diffère de la choline que par une molécule d’-eau en moins; et comme elle garde sa fonction basique, la molécule d’eau éliminée provient d’une déshydratation intramoléculaire qui porte sur le radical liydroxéthylène C2H\ OH, que nous écrirons, pour les besoins de la cause, — CH2.CH2OH, et le transforme dans le radical vinyle, encore monoatomique — CH = CH2.

La névrine est donc Yhydrate de triméthylvinylammonium :

/Cil3

C8H13AzO = HO.Az)^3,

(cH=CH!.

Propriétés. — La névrine est un liquide à réaction très alcaline, comme la choline; son chlorhydrale cristallise en fines aiguilles incolores et déliquescentes, et forme, avec les sels d’or et de platine, des chlorures doubles très peu solubles (distinction de la choline). Le chloropiatinate est en petits cristaux octaédriques de couleur rubis) le chloroaurale cristallise en prismes aplatis jaunes.

La solution de chlorhydrate de névrine précipite par les réactifs généraux des alcaloïdes, y compris le tannin qui ne donne rien avec le sel correspondant de choline.

Liebreieh a prétendu que, par des dissolutions et des cristallisations répétées,

(l) Baeyer, Ann. d. Chem. u. Pharm., t. CXL, p. 309.

le chloroplatinate de choline finissait par se transformer en chlorure double vinylique; la réalité de cette assertion a été contestée par Wiirlz (t).

Wiirtz a réussi, par contre, à passer de la névrinc à la choline par une simple hydratation.

La névrine est une base vénéneuse redoutable, dont 0*',04 suffisent pour tuer un lapin vigoureux; le chat paraît y être plus sensible encore, et n’exige que 0*r,0l pour être frappé à mort.

Les symptômes de l'intoxication par le chlorhydrate de névrine sont les suivants : salivation d’abord visqueuse, puis très abondante, fluide et alcaline- larmoiement; sueurs alcalines; accélération de la respiration et du cœur; contraction pupillaire, diarrhée et vomissements, convulsions cloniques, puis enfin collapsus et mort par arrêt du cœur en diastole.

Comme pour la muscarine, l’atropine est l’antidote de la névrine dont l’action physiologique se rapproche d’ailleurs beaucoup de celle de l’alcaloïde de la fausse oronge.

2* EXTRAIT ÉTHÉnÉ DU CERVEAU.

La pulpe cérébrale desséchée cède à l’éther un certain nombre de principes parmi lesquels prédominent la cholestérine et les corps gras neutres; on y trouve encore des traces de lécithine, des acides gras, palmitique, stéarique el oléique qui proviennent sans doute de l’altération, après la mort, de substances complexes comme la lécithine, et n’existent pas dans le tissu cérébral normal et encore vivant, des matières extractives.

Séparation des principes qui constituent l’extrait èlhèrè. — Cette séparation s’effectue plus commodément en partant directement de la pulpe cérébrale. On traite un cerveau délayé dans l’eau par du saccharate de plomb et on abandonne le tout pendant vingt-quatre heures; on sépare par le filtre la masse floconneuse (a) et on coagule à l'ébullition le liquide rougeâtre obtenu. Par une nouvelle filtration, on sépare un coagulum brun formé en majeure partie par l’albumine cérébrale et un liquide (b).

La masse floconneuse (a) est épuisée à chaud par l’alcool éthéré, et le liquide obtenu laisse déposer, par le refroidissement, des flocons auxquels l’éther enlèv la cholestérine et les graisses en respectant la lécithine.

La solution éthérée, évaporée, laisse un résidu qu’on saponifie par une solu tion alcoolique chaude de potasse; après évaporation de l’alcool, le produit traité par l’eau qui dissout les savons et la glycérine, et jeté sur un filtre o retient la cholestérine; on dessèche le filtre et on l’épuise par l’alcool chaud o * laisse déposer la cholestérine par le refroidissement.

CHOLESTÉRINE.

La cholestérine forme environ le tiers de l’extrait alcoolico-éthéré du cerveau qui en contient une proportion de 7,7 à H, 5 p. 1000, chez l’homme d’a - ! A. Flint. ’ P1>es

(1) Würtz, toc. cit.

MATIÈRES EXTRACTIVES DU CERVEAU. s9.

Associée aux corps gras, elle existe en abondance dans la substance blanche dont elle forme environ 1/6» en poids, tandis qu’elle diminue considérablement dans la substance grise qui n’en contient que t/20» environ (Petrowski).

On a dit déjà plusieurs fois que la cholestérine accompagne partout la lécithine et les nucléines; on rencontre, en effet, ces trois composés dans tous les tissus animaux et végétaux, ainsi que dans le lait (Tolmatscheff et Schmidt- Mulheim) (1).

La cholestérine a pour formule C“H“0 ou C“H“0; elle se comporte, tantôt comme un alcool monoacide, tantôt comme un hydrate de terpêne; son histoire a été faite ailleurs (2).

La cholestérine est unie en partie au moins, dans le cerveau, à un acide gras, 1 acide coleique, et ne s’en sépare que par la saponification (A. Gautier) (3).

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