‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 431 sur 722 · III. ANALYSE IMMÉDIATE DU TISSU CARTILAGINEUX · texte numérisé non relu

III. ANALYSE IMMÉDIATE DU TISSU CARTILAGINEUX

La séparation des divers éléments du tissu cartilagineux est loin d’être chose commode, d’autant plus que le nombre des variétés de ce tissu vient compliquer le problème.

Il est relativement facile d’isoler les cellules spéciales dans le tiàsu hyalin, en dissolvant le substratum soit par l’eau à 120° (Hoppe-Seyler) (1), soit par la macération dans l’acide chlorhydrique étendu et chaud; en effet, les cellules cartilagineuses et même leur capsule sont réfractaires à l'action de l’eau bouillante et résistent fort longtemps à l’action des acides sulfurique, chlorhydrique et acétique (Donders, Mulder, Virchow). Ces cellules ne sont donc pas constituées par de l’osséine ou de la matière chondrogène.

Quant à la matière fondamentale du cartilage hyalin, on l’obtient dans un état de pureté très insuffisant, et mélangée à’une partie des matériaux des cellules, en épuisant les cartilages hyalins des fausses côtes réduits en pulpe aussi fine que possible, successivement par l’eau pure, l’eau acidulée par l’acide acétique, l’ammoniaque très diluée; le résidu insoluble, desséché, est lavé encore à l’alcool et à l’éther et constitue la cartilagéine ou chondrogène.

Morochowetz a émis l’opinion que la cartilagéine serait un mélange d’osséine et de mucine; en traitant au préalable la pulpe du cartilage par l’eau de chaux qui dissout la mucine, l’eau bouillante ne donnerait plus que de la gélatine pure.

Landwelir la regarde comme constituée par de la substance gélalinigène, de la gomme animale et une troisième substance qu’il n’a pu isoler.

Les deux hypothèses précédentes permettraient une facile explication de la transformation du chondrogène en osséine, pendant la période d’ossification, par une résorption des éléments autres que cette dernière.

Môrner (2) a démontré récemment que le cartilage hyalin peut fournir, non pas une substance unique, la cartilagéine, mais quatre principes immédiats : le chondromucoïde, de nature protéique et insoluble, véritable substance fonda-

(1) Hoppe-Seyler, De Cartil. Slruct., dissertât., Berol. 1850.

(2) Môrner, Maly’s Jahresb., t. XVIII, p. 217-221, 1888. — Voir aussi, du même, Recherches histochimiques sur la substance fondamentale hyaline de la trachée, loc. cil., t. XVII p. 308-310, 1887.

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