ORIGINE DE L’ORGANE
matières organiques
sels minéraux
Vieille femme . .
Enfant de 15 jours. . .
Chien âgé .
Jeune chien .
I.a giande ressemblance qui existe dans la constitution histologique des glandes salivaires et de la glande pancréatique, est. complétée par la formation de calculs dans les canaux excréteurs des deux variétés d’organes.
Dans une concrétion du canal de Wirsung, Lehmann a trouvé une matière albuminoïde coagulée, un peu de carbonate et de phosphate de chaux.
0. Henry a analysé nn autre calcul formé, pour les deux tiers, de phosphate de chaux, 1 autre tiers étant un mélange de carbonate de chaux et d’une matière organique azotée renfermant des traces de sels solubles.
Voici d’ailleurs les résultats numériques obtenus par l’auteur, et ceux que Golding-Bird rapporte de l’analyse d’une autre concrétion pancréatique :
Analyses de calculs du pancréas, pour 100 parties.
ÉLÉMENTS
Phosphate de chaux .
Carbonate de chaux .
Matière animale .
Sels solubles .
(0. Henry)
(Golding-Bird)
(1) Gorup-Besanez, Chim. physiol., trad. franç., t. II, p. 225 et 227.
(2) Oidtmann, toc. cil.
Diabète pancréatique. — L’extirpation du pancréas, chez les animaux, produit la glucosurie et l’azoturie (v. Mering et Minkowski) (1).
Le sucre apparaît dans l’urine peu de temps après l’opération, et s'y montre constamment jusqu’à la mort de l’animal; la proportion de sucre a oscillé entre 5 et 13 p. 100 dans l’urine, entre 0,3 et 0,46 p. 100 dans le sang. En même temps, le glycogène disparaît complètement des divers organes.
L’apparition du diabète sucré après l’ablation totale du pancréas, observé toute d’abord par V. Méring et Minkowski, a été confirmée par Lépine, Ilédon, Réali et de Renzi, Tliiroloix, Arthaud et Butte, etc.
Lépine (2) attribue le diabète pancréatique à la disparition du sang, d’une quantité suffisante de ferment glycolylique , ferment provenant du pancréas et provoquant la destruction complète du sucre dans l’économie; l’ablation du pancréas supprime le ferment, d'où glucosurie.
Le ferment produit dans la glande pancréatique serait résorbé, à l’état normal, d’une manière plus ou moins continue, et, pour une grande partie, par la voie des lymphatiques.
L’auteur appuie ses dires sur les expériences suivantes :
1° Le sang d’un chien sain, abandonné à lui-même, perd, dans le même temps, beaucoup plus de sucre que celui d’un chien rendu diabétique par ablation du pancréas, toutes choses étant égales d’ailleurs (Lépine et Barrai) (3).
2° On pratique l’ablation du pancréas sur un chien vigoureux qu’on laisse inanitié jusqu’à la mort. Pendant les vingt premières heures qui suivent l’opération, il se produit un diabète intense et à marche progressive; vingt-deux heures après l’opération, on injecte dans les veines de l’animal 18 centimètres cubes de lymphe opalescente extraite, par une fistule, du canal thoracique d’un chien qui a bu du lait.
Une heure après l’injection, on observe une diminution énorme du sucre urinaire; et le surlendemain de l’ablation, la glycosurie est redevenue intense (Lépine).
3° Le titre d'une solution aqueuse de glucose à 1 p. 100, maintenue à la température de 38°, diminue sensiblement en quelques heures si l’on y ajoute du chyle recueilli dans le canal thoracique d’un chien en pleine digestion (Lépine et Barrai).
Le chyle paraît donc contenir un principe destructeur de la glucose; et il semble que ce principe soit un ferment, parce que l’injection d’une solution de diastase du malt dans les veines d’un chien rendu diabétique amène une notable diminution de la glucosurie.
La totalité de ferment pancréatique est-elle résorbée par les lymphatiques? Cela est peu probable; car un chien porteur d’une fistule du canal thoracique peut perdre tout son chyle par cette fistule, pendant plusieurs heures, sans devenir diabétique.
(1) V. Mering et Minkowski, Cenlralbl. f. klin. Med., t. X, p. 393, 1889.
(2) Lépine, Sur la présence , dans le sang, d'un ferment glycolylique provenant du pancréas, Lyon médical, 1890, passim, et sur la présence normale, dans le chyle, d'un ferment destructeur du sucre, Compt. rend., avril 1890.
(3) Lépine et Barrai, Compt. rend., 23 juin 1890.
Hédon (I) a pratiqué l’extirpation du pancréas sur vingt-deux animaux qui tous devinrent diabéliques dès le lendemain ou le surlendemain. La quantité de sucre urinaire est, en général, de 50 p. 1000; les animaux montrent, en outre, de la polydipsie, de la polyphagie et de la faiblesse musculaire. La mort survient dans le marasme, après vingt ou trente jours. L’ablation du pancréas doit être absolument complète, pour donner les résultats précédents.
Réali et de Renzi (2), de Naples, ont fait des expériences multiples dont ils ont tiré les conclusions suivantes :
1° Le diabète expérimental peut être produit par l’ablation de divers organes qui sont, par ordre d’importance : le pancréas, le duodénum, les glandes salivaires. 11 faut donc ajouter au diabète pancréatique expérimental de Y. Méring et Minkowski, le diabète intestinal et le diabète salivaire .
2° La glucosurie consécutive à l’extirpation totale du pancréas, chez les animaux, ne survient que dans 75 p. 100 des cas.
3° Il est probable que l’économie contient en proportions variables, un ferment glycolytique destructeur du sucre, dans les divers organes.
Lannois(3) a observé ensuite que l'injection de pilocarpine diminue la glycosurie, probablement en suractivant les fonctions des glandes salivaires et du pancréas.
Arthaud et Butte (4), ont entrepris une série de recherches pour essayer de déterminer la cause exacte du diabète consécutif à l’ablation du pancréas. Les auteurs ont examine tout d abord deux hypothèses que l’on peut invoquer pour expliquer cette hyperglycémie.
La première de ces hypothèses suppose que la diastase saccharifiante du pancréas existe primitivement dans le sang et s’élimine normalement par le pancréas; une fois la glande enlevée, il n’y a plus élimination du ferment qui, retenu dès lors dans l’organisme, active la transformation de la réserve de glycogène.
Pour contrôler cette hypothèse, les auteurs font, à des animaux, des injections, croissantes soit de diastase végétale, soit de macération de pancréas; n’observant jamais de glucosurie consécutive, ils en concluent que l'on doit rejeter 1 idée de l’accumulation, dans l’organisme, d’une diastase productrice de glucose.
La seconde hypothèse, proposée par Lépine, suppose que le pancréas cède au sang un ferment destiné à la destruction du sucre dans l’économie; elle se trouve contredite par l’absence de glucosurie qu’ont observé Arthaud et Butte chez un chien auquel ils avaient ligaturé la presque totalité des veines émanant du pancréas. Le ferment de Lépine n’existerait donc pas.
Arthaud et Butte ont vu, dans leurs recherches antérieures, que toute glucosurie est accompagnée de la dilatation du réseau artériel hépatique ; ils se sont demandé si la suppression d’une circulation collatérale importante, telle que celle du pancréas, ne pourrait déterminer une suractivité de la circulation du
(1) Hédon, Société de biologie, 25 octobre 1890.
(2) Réali et de Renzi, 10" Congrès international des Sc. médic., Berlin, 1890.
(3) Voir Lépine, toc. cit.
(4) Arthaud et Butte, Bech. sur le déterminisme du diab. pancréat. expérimental, Soc. de biol., 1« février 1890.
foie, telle que le diabète en devint la conséquence. En conséquence, les auteurs ont lié, chez un chien, toutes les branches du tronc coeliaque, sauf la branche terminale de l’artère hépatique, et constaté nettement l’apparition du sucre dans l’urine de l’animal qui est mort trois mois après l’opération; l'autopsie n’a révélé aucune altération macroscopique du pancréas, qui s’est trouvé probablement irrigué par une circulation collatérale.
Arthaud et Butte prêtent à ces faits une certaine importance, mais non telle cependant qu’elle puisse fixer le déterminisme du diabète pancréatique expérimental.
Ilédon (1) a vu l’extirpation du pancréas suivie d’une dénutrition considérable, dont les symptômes principaux sont la glucosurie et l’azoturie.
La glucosurie apparaît toujours fatalement, mais peut être intermittente et cesser pendant de longues périodes; l’azoturie devient alors le phénomène prédominani, comme cela se produit quand on injecte de la paraffine dans les canaux de la glande, pour en provoquer la sclérose.
Thiroloix (2) a repris les expériences de Hédon, mais sous une autre forme : il opère l’ablation du pancréas en deux fois ; la première, il enlève la portion verticale du pancréas; l’opération est suivie d’un diabète azoturique avec dénutrition profonde, auquel succède un retour à la santé parfaite.
La seconde fois, on extirpe presque totalement la glande; il se produit un diabète maigre, avec glucosurie intermittente et sans cesse en progrès continu.
Lancereaux en conclut que la destruction totale, sur place, du pancréas, n’amène pas le diabète, tandis que la section, l’ablation de la glande normale, où sa suppression fonctionnelle le produit toujours. Et comme, d’après Semmola (3), Boccardi, de Naples, a provoqué des lésions nerveuses ascendantes gagnant les centres nerveux, à la suite de l’extirpation du pancréas, ce qui permettrait peut-être d’établir une relation entre le diabète nerveux et le diabète pancréatique, Lancereaux et Thiroloix se proposent de rechercher expérimentalement si le diabète maigre est le résultat de l’abolition d’une fonction méconnue du pancréas, ou s’il provient simplement du traumatisme de l’opération, ce qui en ferait un diabète nerveux d’origine réflexe.
Ajoutons encore, pour achevpr d’établir l’état actuel de la science sur cette question si intéressante du diabète pancréatique, que, à la suite de nouvelles et nombreuses expériences, Lépine et Barrai (4), ont établi que :
1° La ligature du canal de Wirsung est suivie d’une augmentation notable et simultanée du pouvoir glycolytique du sang et de son pouvoir saccharifiant;
2° Même augmentation après la section des nerfs du pancréas, et la ligature de l’artère principale du pancréas (par compression des vaso-moteurs de l’artère) ;
3° L’électrisation du bout inférieur des nerfs pancréatiques produit, en peu de temps, le diabète sucré.
(1) Hédon, Soc. de biol., 23 avril 189t.
(2) Expér. de Thiroloix, présentées par Lancereaux, Acad, de médec., septembre 1891.
(3) Scmmola, Acad, de médec., Paris, septembre 1891.
(4) Lépine et Barrai, sur quelques variations du pouvoir glycolitique du sang et sur un nouveau mode de production du diabète, Compt. rend., 23 novembre 1891,
Enfin, tout récemment, Lancereaux (d) a observé que l’extirpation du pancréas, faite en deux fois avec greffe de la moitié extirpée sous la peau du ventre, ne provoque plus le diabète sucré, bien que le suc pancréatique ne s’écoule plus dans l’intestin, mais exerce directement son action sur le sang pendant l’existence de l’animal qui se prolonge au moins quelque temps après l’opération.
(t) Lancereaux, Acad, des sciences, 8 août 1892.
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. - GARNIEK.
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