VU. EXTRACTION DU GLYCOGÈNE DU FOIE
Le glycogène obtenu par la méthode primitive de CI. Bernard, qui consiste essentiellement dans la précipitation par l’alcool du décocté du foie, est très impur et souillé de quantités plus ou moins fortes de matières albuminoïdes.
Brueke (3) a montré que l’on peut précipiter complètement les matières azotées par l’iodure double de mercure et de potassium, et appliqué cette propriété a l’extraction et au dosage du glycogène dans le l’oie (voir Analyse chimique des liquides el des tissus de l’organisme, p. 281).
Panormow (4) a soumis à un contrôle rigoureux les diverses méthodes: indiquées pour l’extraction et le dosage du glycogène dans le foie; les résultats qu’il! a obtenus l'ont conduit à proposer, comme le plus exact, le procédé suivant :
Une quantité déterminée de glande hépatique, réduite en très menus fragments, est chauffée pendant environ quarante-cinq minutes dans une capsule de porcelaine avec de la potasse à 6 p. 100 (qui dissout tout le glycogène), à feu nu, en évitant l’ébullition et remplaçant l’eau évaporée. On refroidit rapidement la capsule au contact de la glace pilée, et on y introduit de l’acide chlorhydrique jusqu’à réaction faiblement acide; puis on traite le liquide jusqu’à consistance épaisse, par addition successive d’hydrogène sulfuré et d’iodhydrargyrate potassique. Le précipité recueilli sur un filtre, est épuisé dix ou quinze fois dans.
(1) Hoffmann, Maly’s Jahresb., t. XX, p. 278, 1890.
(2J Consulter Cl. Bernard, Leçons faites au Collège de France, 1854, t. I, p. 241, 393: 1853, t. II, p. 143; 1837, t. IV, p. 444; t. VII, p. 123; Compt. rend., t. XLI, 1835, t. XL1Y. p. 1330, t. XLV1II, p. 77, 673, 884, mai et sept. 1877; Ann. de Chim. et Phys., t. XI, 1877. Consulter aussi à cet égard : Schiff, Uni. über die Zuckerbildung in d. Leber, Wiirzburg, 1859, p. 30; Valentin, Moleschotl’s Unters. z. Naturlehrc, etc., t. III, p. 223, 1837; Aebv Arch. f. expier. Pathol, u. Pharm., t. III, p. 184, 1875; Voit, Zeitsch. f. Biol., t. XIV 118
(3) Brücte, Zeitsch. f. anal. Chem., t. X, p. 500.
(4) Panormow, Gazela lekarska, 1887, n° 12-19 (polonais), et Mali/' s Jahresb I \vn
p. 304-307, 1887. ■ ai n.
une capsule de porcelaine par une solution étendue du réactif iodomercurique et passe chaque fois sur filtre aussi longtemps que le filtratum donne un précipité par l’alcool. Les liquides filtrés réunis sont faiblement alcalinisés par l’ammoniaque, puis additionnés de deux fois leur volume d’alcool à 96°, 5. Il se forme un précipité de glycogène qu’on lave d’abord à l’alcool à 60°, puis à l’alcool absolu. Pour arriver à purifier le glycogène qui contient encore un corps verdâtre, de nature azotée, et sur lequel le réactif de Brücke reste sans action, on précipite à plusieurs reprises sa solution aqueuse par de l’alcool acidulé par l'acide acétique, lave le précipité à l’alcool absolu, puis à l’éther, le dessèche entre 110° et 115° et le pèse. Le produit obtenu contient au maximum 1,8 p. ioo de cendres.