XIV. MATIÈRES GRASSES DU FOIE
Le foie renferme des graisses dont la proportion varie dans des limites assez étendues, de 18 à 36 p. 1000 chpz l’homme, de 23 à 53 p. 1000 chez divers animaux, d’après les analyses de Bibra (1).
Les graisses augmentent dans le l'oie en même (emps que celles des autres parties de 1 organisme, et cetfe augmentation est sous la dépendance directe de la proportion de corps gras contenus dans l’alimentation.
Frerichs a observé que, sous l’influence d’un régime gras, la graisse se dépose en grande quantité dans le foie, bien qu’elle n’y soit pas amenée par la veine porte, et atteint en huit jours un maximum, tandis qu’une alimentation insuffisante détermine une rapide disparition des corps gras emmagasinés auparavant.
Cet accroissement des graisses, après les repas, semble marcher parallèlement a a pio uclion du glycogène, sans qu’on puisse cependant faire dépendre les deux phénomènes l’un de l’autre.
Les matières grasses se déposent, comme le glycogène, dans l’intérieur des ce u es epatiques, mais sous la forme de gouttelettes que l’on peut encore trouver dans les canalieules biliaires.
Meissner (2) a observé que, à l’époque de la ponte des œufs, les poules pondeuses possèdent plus de graisse dans le foie que celles qui ne pondent pas, malgré 1 uniformité du régime, et qu’en hiver, à l’époque où la ponte est suspendue, la proportion des corps gras est la même dans les deux variétés; il en conclut à la formation dans le foie, pendant la période de la ponte, d'une réserve destinée à fournir la matière grasse du jaune de l’œuf. D’ailleurs, à l'époque de la lactation, le foie de la femme aussi bien que celui des divers animaux ruminants, clnen, lapin, etc., est exceptionnellement riche en matières grasses qui gonflent les cellules hépatiques.
Quand l’alimentation devient excessive, il se produit, dans le foie, une augmentation considérable des graisses; ainsi l’organe peut décupler de poids chez les oies gavees au maïs, par suite d’uue accumulation des matières grasses qui déterminent une atrophie des cellules hépatiques et, consécutivement, une disparition de la sécrétion biliaire dans la dernière période de l’engraissement (Hoppe- Seyler).
Cette accumulation devient une véritable dégénérescence graisseuse dans certains cas d'intoxications; on connaît le foie gras des alcooliques. Une modification analogue se montre consécutivement à l'empoisonnement par l'arsenic,
1 antimoine, le phosphore; dans tous ces cas, le tissu ne contient plus de glycogène ou très peu (3).
Dans les foies gras, la proportion de graisse peut atteindre 17 p. 100.
(1) Bibra, Chem. Fragmente u. d. Leber, 1819.
(2) Meissner, Zeitsch. f. ration. Med., t. XXXI, p. 111, 231.
(3) Voir plus haut les observations de Heffter relatives A la dégénérescence graisseuse d’origine phosphorce, p. 666.