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PRINCIPES CONSTITUANTS DE LA SALIVE MIXTE

La salive mixte, produit de sécrétion des glandes salivaires et des glandes mucipares de la bouche, renferme des éléments solubles assez nombreux et des éléments organisés en suspension.

Recueillie dans une éprouvette et abandonnée au contact de l'air, elle donne peu à peu naissance à trois couches : une couche superficielle mousseuse qui renferme quelques éléments épithéliaux, entraînés à la surface par le dégagement d’acide carbonique des sels terreux; une couche aqueuse opalescente intermédiaire, au fond de laquelle se forme un dépôt floconneux grisâtre qui, à côté d’éléments microscopiques, renferme des sels de chaux, phosphate et carbonate, devenus insolubles par suite du départ de l’acide carbonique qui les tenait en solution.

Les éléments microscopiques du dépôt sont constitués par un mélange en proportion variable :

1° De corpuscules salivaires très ressemblants aux globules de mucus, avec noyau excentrique directement visible au microscope;

2“ D'épithéliums pavimenteux, dont les cellules sont plus ou moins grandes

Les éléments solubles de la salive peuvent être divisés en trois groupes, bien qu’on puisse admettre que cette sécrétion, envisagée surtout au point de vue physiologique, se compose essentiellement d’une solution aqpeuse très étendue et un peu alcaline de ptyaline, caractérisée par la présence du sulfocyanate de potassium, que l’on croyait ne se trouver nulle part ailleurs dans l’organisme Nous verrons plus loin que les travaux de Bruylants {Bull, de la Soc. roy. de Belgique) démontrent le contraire.

Ces trois groupes sont les suivants :

1" Des principes constitutifs constants : eau, ptyaline, mucine, matières extractives, corps gras (traces), sulfocyanate de potassium, chlorures de sodium et de potassium, phosphates de fer, de chaux, de magnésie (traces), de potassium et de sodium; et comme gaz : de l’acide carbonique, avec des traces d’oxygène et d’azote. Schœnbein y a constaté également la présence de nitrites.

2° Des principes anormaux, tels que : l’urée (mal de Bright), la leucine (hystérie), la glucose (?) et l’acide lactique (diabète sucré), des matières colorantes biliaires (affections du foie), etc.

3“ Des substances excrétées par les glandes salivaires à la suite de leur introduction dans le torrent circulatoire ; ce sont, par exemple, les iodures et bromures alcalins qui passent en quelques instants dans la salive, après leur ingestion, et moins rapidement après l’absorption de l’iode en nature, de l’iodoformeet des iodures métalliques. Le citrate delithine s’y trouve également au bout de très peu de temps. Le cyanure rouge, au contraire, ne peut pas se déceler aussi rapidement (Langley et Fechter).

D’une façon générale, les sels qui passent le plus facilement dans la salive sont ceux qui sont isomorphes avec les chlorures alcalins (Kühne), auxquels ils se substituent d’ailleurs en partie; c’est du moins très net pour les bromures et les iodures.

DIGESTION. — SALIVE MIXTE. 177

L’injection de chlorure de sodium dans la proportion de 0,2 à 0,6 p. too augmente la rapidité de la sécrétion salivaire et diminue la proportion des principes organiques et des sels fixes qui y sont contenus. Le carbonate de sodium produit le même effet quant à la vitesse d’écoulement, mais la proportion des sels fixes ne change pas, et celle des matières organiques diminue. L'injection de solutions salines concentrées, dans le sang, provoque une augmentation de sels fixes dans la salive.

Passent également dans la salive : le mercure, le plomb, l’antimoine, le chlorate de potassium ; ce dernier avec la plus grande rapidité et une égale continuité, par suite de sa réabsorption, si le flux salivaire pénètre librement dans l’estomac. Certains sels se décomposent dans l’organisme en un élément qui passe dans la salive, tandis que l’autre va à un autre émonctoire; tel est le cas de l’iodure de fer. Injecté dans le sang, il se dédouble en iodure alcalin, qui apparaît seul dans la salive (Brettel), tandis que le fer se localise dans le foie et s’élimine par la bile.

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