Volume de l'excrétion urinaire
Le volume de l’urine émise dans les 24 lieures(l) varie beaucoup, même chez l’individu sain; il est sous la dépendance immédiate de l’activité rénale du volume d’eau que l’organisme a à excréter, de l’énergie du cœur, enfin des cir^ constances multiples de la vie quotidienne qui peuvent influencer la pression sanguine, toutes circonstances qui viennent ajouter ou contrarier leurs effets
(l)On peut admettre qu’avec la répétition quotidienne des divers actes de p« une durée continue de 24 heures constitue un cycle complet dont les diverses tâtions biologiques soht comparables ; c’est pour cela que la détermination du volume de l’urine des 24 heures doit faire la base de toute détermination tive de ses éléments constituants
existence,
manifes-
préalable
quantita-
sans qu il soit possible de les isoler et d’arriver à dégager la part qui revient à chacune d’elles.
On peut admettre, chez l'adulte, une excrétion moyenne de 1 .500 centimètres cubes en 24 heures, soit 60 à 70 centimètres cubes par heure ou encore 1 centimètre cube par heure et par kilogramme de poids du corps.
Cette proportion varie avec l'âge et le sexe: le nouveau-né excrète 12 centimètres cubes au premier jour de sa vie extra-utérine, 60 centimètres cubes au dixième, et l’augmentation se poursuit jusqu’à la fin du deuxième mois ; le nourrisson rejette, par kilogramme, de trois à quatre fois autant que l’adulte, par suite de son alimentation spéciale. Chez le vieillard, le volume de l'urine diminue d'environ 1/6; enfin, la femme urine d’ordinaire moins que l’homme.
Pendant la journée, la plus forte excrétion suit le principal repas, ordinairement celui de midi (77 cc. à l’heure) ; le minimum s’observe la nuit (58 cc.), et pendant la matinée on obtient une moyenne de 69 centimètres cubes (Vogel). Quincke et Edlefsen ont démontré également que, pendant le sommeil, la sécrétion urinaire est moindre que pendant le réveil. Arnozan (1) fait remarquer que, quand la nutrition est normale, l'excrétion urinaire contient plus deau qu’il n’en a été ingéré en boisson, et que cette excrétion s’effectue alors suivant un mode caractéristique : les deux tiers dans les 12. heures de jour,
1 autre tiers dans les 12 heures nocturnes ; ce qui est, d'ailleurs, d’accord avec les résultats de Quincke (2) qui a observé que le rapport des volumes de l'excrétion de jour et de nuit est de 100 à 20-60.
Tandis que les aliments liquides déterminent une rapide excrétion de l’eau qu'ils contiennent, les aliments solides déterminent la stagnation momentanée, dans l'économie, des liquides qui sont éliminés abondamment une fois la digestion terminée (Thomas).
L'ingestion de boissons aqueuses abondantes détermine une diurèse non douteuse, malgré une élimination partielle par la peau et les poumons; ainsi l’eau, le vin, la bière, le thé agissent comme diurétiques chez l’homme sain, avec des oscillations plus ou moins grandes dans leurs effets, suivant les dispositions individuelles; mais cette actionne persiste pas dans toutes les maladies. La diminution des boissons, poussée jusqu'à la sensation de soif, diminue le volume de l’excrétion urinaire ; mais cette action est moindre que l'augmentation produite par les boissons abondantes.
Les mictions répétées augmentent le volume total de l’urine, tandis que de longs intervalles entre elles le diminuent en favorisant la résorption de l'eau dans la vessie (Lehmann et Mori) (3).
L'excrétion urinaire est inversement proportionnelle à celle des diverses autres excrétions ou sécrétions par la peau, les poumons, l'intestin: de là une diminution des urines provoquée par les diarrhées séreuses (anurie du choléra asiatique), par l’établissement de la lactation chez les nourrices, par les sueurs des bains de vapeur sèche ou humide.
Par l’excitation spécifique de l’épithélium rénal, certains diurétiques profil Arnozan, Congrès de médecine de Bordeaux, 6 août 1895.
(2) Quincke, Arch. f. exp. Path. a. Pharm., t. XXXII, p. 211, 1893.
(3) Lehmann et Mori, Milnsch. mon. Worcliensch, 1886, 51.
voquent une hypersécrétion urinaire considérable portant surtout sur la partie aqueuse du liquide; agissent ainsi le sel marin, le nitre, la caféine (Munk et Senator) (1). 1
ha diurèse est certainement impressionnée par des influences nerveuses multiples, mais très difficiles à déterminer; on a démontré que la section des nerfs des vaisseaux du rein 1 augmente, tandis que l’excitation de ces mêmes nerfs ou de la moelle épinière la diminue.
Ajoutons enfin, pour terminer ce résumé des variations physiologiques du volume de l’urine, que l’on doit à Zulzer (2) une observation aussi curieuse qu’intéressante sur le fonctionnement comparé des deux reins chez un l’homme atteint d’ectrophie vésicale, de laquelle il résulte que chaque organe émet une urine spéciale présentant des différences aussi bien dans le volume que dans la proportion de ses éléments.