‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 515 sur 722 · VARIATIONS PATHOLOGIQUES DU VOLUME DE L’URINE · texte numérisé non relu

VARIATIONS PATHOLOGIQUES DU VOLUME DE L’URINE

Le volume de l’émission urinaire subit des variations quelquefois considé râbles, dans les diverses maladies ; ces écarts sont parfois accidentels, mais sou vent ils sont de nature essentielle et s'observent à peu près constamment et dans le même sens, dans les affections de même sorte. Leur constatation acquiert alors de l’importance pour le diagnostic, le pronostic et l'institution de la médication du processus morbide.

Le volume de l’urine augmente :

Dans la néphrite interstitielle, par suite de l’hypertrophie du ventricule gauche du cœur qui compense la destruction de nombreux glomérules, et d’une fac * générale dans toutes les circonstances où la pression artérielle se trouve a**0” mentée dans les reins sans qu’elle soit compensée par une contraction sinTuh tanée des vaisseaux de ces organes;

Dans la myocardite, au début de l’insuffisance mitrale (Dupré) (3) et dans 1 cirrhose hypertrophique du foie (Hayem) (4);

Dans le diabète insipide aussi bien que dans le diabète sucré où il atteindre un chiffre considérable: 9 lit. 8 (Hagenbach), 12 litres (Poil ?

IB lit. 400 (Vierordt), et même 43 litres (Troupeau) dans divers cas de diabèt insipide, ha polyurie est ici la conséquence d’une excitation nerveuse centr *) 6 et peut être provoquée par la lésion ou même la simple compression de certoi *’ endroits des centres nerveux, comme, par exemple, la piqûre de Ch Bernard d’ailleurs, les altérations anatomiques d’origine traumatique ou non des nerveux et surtout de la région du cervelet et de la moelle allongée détermi^1^ souvent une polyurie persistante (Leyden, Broussin (S), Peyer). L’uri 111601 diabète insipide est extrêmement diluée ; chez un enfant de huit ans l’émis ‘ °

(t) Munk et Senator, Virchov's Archiv, 1888, p. 114.

(2) Zulzer, Centralbl. d..Krankh. d. Harnorg., t. I, p. 3 et 4, 1889.

(3) Dupré, Jahresb. d. ges. Med., t. II, p. 130, 1880.

(4) Hayem, Arch. de physiol. nortn. et pathol., 1874, p. 126.

(5) Broussin, Arch. génér. de méd., 1881, p. 287.

quotidienne de 7 à 8 litres donnait’les chiffres suivants : Densité = 1.004, — urée 36r,5, chlorure sodique 1^,36, anhydride pliosphorique 0&r,23, pour 1.000 centimètres cubes (Vamos) (1) ;

Dans la défervescence des maladies fébriles aiguës, aussitôt après la crise, comme conséquence d’abord de la grande quantité d’eau retenue dans l’organisme et ensuite de l’action diurétique de l’urée et du chlorure de sodium accumulés pendant la fièvre ;

Dans les cas graves de choléra, où la polyurie (4 à 5 litres) succède à l’anurie des cinq ou six premiers jours (Bartels) (a) ;

Dans les affections de la prostate, la tuberculose des voies urinaires, après excitation du col vésical par un calcul ou par la sonde, ou encore par le coït (Masson); dans le spasme du muscle detrusor vésical, consécutivement à l’excitation des nerfs sensitifs qui provoquent une augmentation de pression dans les artères rénales et leur contraction passagère ;

A la suite d 'excitations psychiques, comme dans la chorée, l’épilepsie, l’hystérie, la neurasthénie, les névroses diverses, le premier stade de la paralysie générale, ainsi qu 'après des chagrins, soucis, contrariétés, irritations, frayeurs, etc.; c'est alors la polyurie nerveuse, essentiellement passagère ;

Dans le tabes, la méningite spinale et cérébro-spinale, la migraine;

Après usage des diurétiques, soit qu’ils agissent par leur coefficient de solubilité élevé qui exige une quantité considérable d’eau pour les éliminer en solution par les reins (sels de potassium et de sodium), soit que, par action nerveuse, ils augmentent l’apport du sang dans le rein (cubèbe, copahu, baies de genévrier, cantharides), soit enfin qu’il accroissent la pression sanguine (digitale, caféine), — et de certains produits médicamenteux ou non : quinine, salicylale de soude, sucre, dextrine, glycérine, urée, urine elle-même, phosphate de soude, cyanure jaune, sel marin, iodure de potassium, etc. ;

Après l 'excitation faradique de la région du foie (Sânger) ;

Après les bains froids ou chauds, les bains d’eau sursaturée d’acide carbonique (Genth) ou contenant des bicarbonates de chaux et de magnésie (Lelimann) ;

Après le massage, au moins chez le chien (Bum) (3), sinon chez l’homme (Keller) (4), par suractivité de la sécrétion rénale consécutive à l’action spécifique des produits de déchets que l’opération fait passer en plus grande quantité des muscles dans le sang veineux.

Le volume de l’ubine est diminué :

Dans beaucoup de maladies fébriles aiguës où le volume est réduit de un tiers et même plus, par suite d’une augmentation des pertes aqueuses par la peau et les poumons, mais aussi d’une rétention partielle de l’eau dans l'économie qui a pour conséquence, dans les fièvres de longue durée, une diminution de 1 énergie du cœur et une augmentation de pression sanguine.

(t) Vamos, Jahr. f. Thierch., t. XX, p. 411, 1890.

(2) Bartels, Nierenkrankh., 2« édit. 1877, p.210.

(3) Bum, Zeitsch. f. klin. Med., t XV, p. 248, 1888.

(4) Keller, Schuieiz. Cowbl. 1889.

Telles sont : la néphrite parenchymateuse aiguè ou chronique où, à l’action spéciale de l’élément fièvre, vient s’ajouter l’inflammation de l’épithélium des canalicules urinaires, dont les produits d’exsudation et de prolifération compriment les vaisseaux sanguins (Hindfleisch) et provoquent même de l’anurie complète-

I.a dégénérescence amyloïde du rein, bien que quelquefois le volume reste normal et même qu'il puisse augmenter (Wagner) ;

V arthritisme au moins au début (Stokwis).

I.es lièvres intermittentes et éphémères ne sont pas accompagnées d’oligurie, par suite delà conservation entière de la force du cœur.

Cette diminution s’observe, en somme, dans les maladies aiguës du rein (sauf la néphrite interstitielle) les affections cardiaques, la pneumonie, la pleurésie, le typhus, les fièvres rhumatismale, gastrique et pyémique, l' érysipèle , la rougeole, la variole, etc. La scarlatine se comporte de façon toute spéciale qu’a étudiée Glax(l) suivant les divers modes d’évolution ; quand celle-ci est favorable, le volume d’urine reste normal.

Beaucoup de maladies chroniques sont accompagnées d’anémie artérielle et d’hyperhémie veineuse, desquelles résultent une diminution de pression et un ralentissement de la circulation du sang, et, comme conséquence, une diminution de l’émission urinaire des 24 heures. Se comportent ainsi :

L'anémie grave ordinaire, Y anémie posthémorrhagique, particulièrement celle du choléra où l'on peut arriver à de l’anurie, tant est ernn.m b, . . ,

pression sanguine; La myocardite i

i peut arriver à de l'anurie, tant est grande la diminution de

lésion cardiaque non compensée, dans laquelle la stase veineuse, conséquence de l’anémie artérielle, détermine la compression simultanée des vaisseaux afférents de la périphérie des glomérules et des canalicules urinifères, et, par suite, l’oligurie ;

Les maladies de l'appareil respiratoire qui, par infiltration, compression ou expansion exagérée des alvéoles, opposent au courant sanguin une forte résistance dont l’hypertrophie du ventricule droit n’arrive pas à triompher; d’ailleurs Quinquaud et Piogcy (2) ont observé une diminution du volume des urines à là suite de lésions expérimentales dns poumons ;

Le cirrhose atrophique du foie , la plupart des cas d'atrophie jaune aiguë dufoie la thrombose de la veine cave inférieure et de la veine rénale, la compression de ceà veines par Yascite ou des tumeurs abdominales, par suite de l’obstacle apporté^ la circulation veineuse dans la veine cave inférieure ou dans le foie (Schatz) (3)

L’ hystérie , l'intoxication saturnine, Y éclampsie s’accompagnent d’une anuri plus ou moins complète que l’on a rattachée à une contraction des artère6 rénales provoquée par une excitation du nerf splanchnique consécutive à T lésion du système nerveux central.

C’est également par des troubles primitifs de l’activité nerveuse apportant des entraves aux mouvements du cœur et de la respiration, que l’on explique j** diminution notable et fréquente du volume de l'urine aux approches de la mon

PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DE l’üRINE HUMAINE 719

dans les maladies aiguës ou chroniques. Quand elle ne baisse pas sensiblement et reste au-dessus du chiffre de 800 centimètres cubes par jour, Thomas attribue la terminaison fatale à une diminution progressive dans les phénomènes chimiques de la vie intime des tissus.

L’oligurie de Y épididymite, de Yopération de l’hydrocèle par l’injection d’iode (GrützneretHeydenhain), Yoligurie reflexe chez l’homme (Nepveu), ou provoquée par une tumeur voisine de l’urèthre chez la femme (Croom), l’anurie des vomissements hystériques (Ultzmann) sont dues à une excitation des nerfs sensitifs périphériques qui provoque une augmentation de pression des artères rénales et leur contraction passagère.

L anurie résulte ou de l’ obstruction des uretères par un calcul, ou de leur compression ainsi que de celle des conduits urinaires par une tumeur voisine : anurie par ascite consécutive à un carcinome utérin accompagné de péritonite (Fleury); Y hydronéphrose elle-même peut provoquer l’imperméabilité du rein. Quand 1 anurie est toute accidentelle (calcul), on observe une tolérance momentanée, réellement remarquable, de l’organisme à l’égard des substances que l’on considère d’ordinaire comme la cause de l’urémie (occlusion des uretères pendant 10 [Eger] à 18 jours [Orlowsky]).

Les urines diminuent encore sous l’influence de la faradisation de la région renale (Clubbe), des enveloppements chauds, dans Y intoxication par l’acide sulfunque(Litten),par la cati«/iande(Eliaschoff) ; dans ce dernier cas, ainsi que dans l’intoxication par le chlorate dep otassium, l’oligurie et même l'anurie qui se produisent sont dues a une lésion profonde du glomérule qui est atteint de néphrite aiguë.

Quincke (1) a étudié les variations qu’éprouve le rapport normal de l’émission des 12 heures dejourauxl2 heures de nuit, lequel oscille entre — et —,

dans certains cas pathologiques ; dans les maladies du cœur, des reins, de la prostate, dans le cancër, le diabète insipide, on constate une augmentation considérable du volume de l’excrétion nocturne (et des éléments dissous), de sorte que le rapport précédent varie de — à — •

Page 1