‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 539 sur 722 · C0( + CO( =C · texte numérisé non relu

C0( + CO( =C

'AzH2 'COOH

/AzH — CH — AzH. CO. AzH3

4° Extraction du liquide allantoïdien ou de l’urine du jeune veau. — On concentre par évaporation le liquide allantoïdien (ou son mélange avec l’eau amniotique ou bien l’urine des jeunes veaux), ou encore on en fait d’abord un extrait alcoolique dont on sépare l’alcool par distillation ; le résidu abandonné au froid donne une masse cristalline qu’on lave avec de petites quantités d’eau, l'allantoïne restant comme corps moins soluble que ceux avec lesquels elle était mélangée On la purifie par cristallisation dans l’eau bouillante, après décoloration par un peu de noir animal.

Il est bien préférable de suivre le procédé de Meissner (6) qui donne un produit plus pur. L’urine est précipitée par l’eau de baryte; le liquide filtré, privé par l’acide sulfurique de l’excèsde baryte et encore alcalin, est traité par le sublimé corrosif tant qu’il se forme un précipité. Le mélange devenu acide est neutralisé

(1) Schulze et Barbiéri, Deuts. chem. Gesell., t. XIV, p. 1602 et 1834.

(2) Richardson et Crampton, Deuts. chem. Gesell., t. XIX, p. 1180.

(3) Schulze et Bosshard, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. IX, p. 420.

(4) Grimaux, Ann. de Ch. et dePhxjs. (5) 1877, t. XI.

(5) Michael, Amer. Chem. Journ., t. V, p. 198; Bull. Soc. Chim., t. XLII, p. 295

(g) Meissner, Zeitsch. f. rat. Med. (3), t. XXIV, p. 104 ; t. XXXI, p. 297 et 304.

ALLANTOÏNE

par la potasse et traité encore par le sublimé. Le précipité, recueilli sur filtre, est lavé à l’eau, mis en suspension dans l'eau et décomposé par l’hydrogène sulfuré ; le liquide séparé par filtration du sulfure de mercure, et acidulé au besoin pour maintenir les phosphates terreux en dissolution, est évaporé à sirop et mis en cristallisation.

Propriétés. — L’allantoïne cristallise en prismes rhomboédriques brillants et transparents ou en aiguilles fines, groupées en aigrettes; elle est incolore, neutre, difficilement soluble dans l’eau froide [131 parties (Grimaux), 180 p. (Schulze et Barbiéri)], plus soluble dans l’eau chaude (30 parties), insoluble dans l'alcool absolu froid et dans l’étlier, soluble dans les bases alcalines et leurs carbonates.

Bien que neutre au tournesol, elle se combine avec les bases ainsi qu’avec les acides, sous forme de sels bien définis. Les combinaisons argentique et mercurique sont utilisées pour caractériser l’allantoïne, qui donne la première au contact de l’azotate d’argent ammoniacal, et l’autre par le nitrate mercurique et non par le chlorure. L’allantoïne argentique (grains sphériques amorphes) a pour formule C1HsAgAz'*Os, et contient 40, 73 p. 100 d’argent.

Les solutions ne sont précipitées ni par les sels de plomb, ni par l’acide phosphomolybdique.

Les acides décomposent l’allantoïne, à chaud, en urée et acide allanturique :

/AzH — CH — AzH.CO.AzH2 ,AzH2 .AzH -

XAzH — CO \\zH2 V

XAzH ■

CH. OH

La solution d’allantoïne dans les bases alcalines se transforme spontanément, aubout de quelques jours, en acide allantoïque C1HsAz sOi, non précipité par l’acide acétique :

✓AzH — CH — Azll — CO -

AzH2 CH . OH — Azll . CO . Azll2

CO — AzH.CO.AzH2

Ac. allantoïque.

A l’ébullition, les alcalis décomposent l’allantoïne et la dédoublent en acide carbonique, ammoniaque (proviennent de l’urée formée), et en acides carbonique, oxalique et acétique (proviennent de l’acide glyoxylique) :

/AzH - CH — AzH.CO.AzH2

xAzH - CO

3G*H°Az<03 -f d3H20 = 6C02 -f 1 2AzH3 -f C20‘H2 + 2C2H402

'AzH2 COOH

Urée. Ac. glyoxylique.

L’allanloïne est transformée, par l’amalgame de sodium et l’eau, en glycolurile

qui se dépose en cristaux octaédriques de la solution acidulée par l’acide sulfurique :

C<H«Az<0» + H1 2 = C'H6Az^02 + II20.

allantoïDC. glycolurile.

Les oxydants, au contraire (acide azotique à 100°) la dédoublent en acides allanique C*H3Az303 et allanturique C3II4 5Az203. Elle réduit la solution cupropotassique avec formation d’oxyde cuivreux rouge.

L’hypobromite de soude décompose l’allantoïne à froid, et en dégage moiLié de son azote à l’état gazeux (Malerbe) (1).

Réactions caractéristiques de l’allantoïne.— t° L’allantoïne donne la réaction

du furfurol (p. 734), mais plus lentement et avec moins d’intensité que l’urée (Schiff) (2); — 2° La solution aqueuse donne, avec l’azotate d’argent ammoniacal, un précipité floconneux et brillant formé de gros grains sphériques visibles au microscope ; — 3° La solution aqueuse réduit la liqueur cupro-potassique; — 4° On fait bouillir la solution dans un peu de potasse concentrée jusqu’à ce que les vapeurs bleuissent fortement le tournesol rouge ; le liquide saturé par l’acide acétique donne, avec le chlorure de calcium, un précipité blanc d’oxalate de calcium soluble dans l'acide chlorhydrique. — L’allantoïne ne donne pas la réaction de la murexide.

Rôle physiologique de l’allantoïne. — L’allantoïne, que l’on a crue spéciale au liquide allantoïdien et à l’urine des nouveau-nés, paraît devoir être envisagée aujourd’hui comme un élément constant de l’urine normale de l’homme et des animaux, dans laquelle elle augmente notablement sous certaines influences physiologiques et pathologiques.

A l’état normal, elle apparaît en proportion plus forte dans l’urine des nouveau-nés, dans celle du veau allaité, pour disparaître en même temps que cesse l'alimentation lactée. Il en est de même chez le chien et le chat soumis à un régime très riche en graisses (Meissner (3) et Joly), ou quand on a provoqué chez l’animal des troubles respiratoires par l'injection intra-veineuse d’huile (Frerichs et Stœdeler) (4).

L’allantoïne doit être considérée comme un produit de déchet qui peut avoir son origine dans l’acide urique; en effet, Salkowski (3) a observé une augmentation considérable de l’allantoïne, de l’acide oxalique et de l’urée, chez un chien auquel il faisait ingérer de l’acide urique ; une dose de 4 grammes de ce dernier prise en quatre jours, a permis de retirer de l’urine isr,42 d’allantoïne. Borissow (6) se basant, d’une part, sur la présence de l’allantoïne en quantité notable dans

(1) Malerbe, Ber. d. chem. Gesellsch., t. XIX, refer. 232.

(2) Schiff, Ber. d. chem. Gesellsch ., t. X, p. 774, 1877.

(3) Meissner, Zeitsch. f. rat. Med. (3), t. XXXI, p. 303, 1868.

(4) Frerichs et Stœdeler, Arc h. f. Anat. u. Phi/siol., 1854, p. 393.

(5) Salkowski, Ber. d. chem. Gesellsch., t. IX, p. 719 et t. XI, p. 500.

(6) Borissow, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. XVIII, p. 499, 1894.

CRÉATININE

l’urine de la cirrhose hépatique, et, d’autre part, sur les résultats de l’expériencede Salkowski, explique la formation de l’allantoïne par une oxydation partielle, dans les conditions normales, de l’acide urique produit dans l’organisme, l’allantoïne était un produit intermédiaire vers l’acide oxalique et l’urée.

Chez l’homme, l’allantoïne augmente notablement dans certaines urines pathologiques ; on a vu les cas de diabète insipide et d’hystérie convulsive observés par G. Pouchet. Frerichs, Stœdeler et Kœliler(l) ont vérifié, sur l’homme, les mêmes effets des troubles respiratoires naturels qu’ils avaient provoqués chez le chien, c’est-à-dire l’augmentation de l’allantoïne. Il en est de même après ingestion de tannin à haute dose (Schottin) (ïï).

On n’a encore trouvé, dans l’organisme, aucun des produits de décomposition de l’allantoïne autres que l’urée et les acides acétique et oxalique.

CRÉATININE

CO — AzH s

C’H7Az30 = | >C = AzH.

CH'2 — Az[CH3]'

On a prétendu que la créatine C4H9Az302 existe dans l’urine des mammifères, à côté de la créatinine (Voit et Meissner); mais la très minime proportion qu’on a pu en retirer doit être considérée comme un produit accessoire résultant de l’hydratation de la créatinine pendant les opérations d’extraction du laboratoire [Heintz, Liebig et Dessaignes, Neubauer (3), Munk (4)J.

Ce n’est que quand l’urine est alcaline qu’elle renferme exclusivement de la créatine formée (S) avec la plus grande facilité, grâce aux conditions hydratantes nouvelles du milieu, aux dépens de la créatinine primitivement excrétée par le rein.

La créatinine, ou méthylguanidine-hydantoïne, est l’anhydride interne de la créatine qui est éliminée sous cette forme par les urines. Elle a été découverte par Liebig dans un dépôt cristallin urinaire, et, ensuite, extraite de l’urine par précipitation au moyen du chlorure de zinc par Heintz, puis Pettenkofer ; elle ne se trouve qu’en très petite quantité dans l’urine.

Préparation et synthèse de la créatinine

1° Préparation en grand. — A. On évapore au bain-marie un volume considérable d’urine, au moins 50 litres, jusqu’à sirop, alcalinise fortement le produit avec un lait de chaux épais et traite le mélange par une solution concentrée de

(11 Kcehler, Zeitsch. d. ges. Naturw., 1857, p. 336.

(2) Schottin, tiaiulb. d. phgsiol. Ch. von Lehmann, 1869, p. 93.

(3) Neubauer, Ann. d. Ch. u. Phar., t. CXXXV11, p. 288.

(4) Munk, Berliner klin. Wochensch., 1864, n" 11.

(3) Voit, Zeitsch. f. Biol., t. IV, p. 113, 1868.

chlorure de calcium jusqu a ce qu’un peu de liquide filtré ne donne plus de précipité. On filtre pour séparer le précipité calcique très complexe ; le fillratum neutralisé par l’acide chlorhydrique, est additionné d’une solution sirupeuse et bien neutre de chlorure de zinc, agité, puis abandonné au frais ; il se produi au fond du vase un précipité cristallin brun, combinaison impure de créatinine et ZnCl ; les eaux-mères decantées sont de nouveaux traitées par le chlorure de zinc ; les précipités cristallins réunis sur un filtre sont lavés à l’eau glacée Duis mis en ébullition dans de l’eau au contact d’un excès d’hydrate plombiqûe La créatinine sort de sa combinaison, tandis que le sel de zinc se transforme en chlorure de plomb et oxyde de zinc insolubles. Dans cette opération

grande partie de la créatinine s’est hydratée et transformée en créatine On ÜUr»

lave le précipité à l’eau chaude, et traite les liquides réunis par un courant de gaz sulfliydrique pour éliminer l’oxyde de plomb dissous, filtre à nouveau t évapore jusqu’à cristallisation. La créatine se sépare la première en petits prises et peut être facilement purifiée par une nouvelle cristallisation. ‘

Le, eaux-mères évaporée, à nouveau donnent,' par refroidissement, une masse en tau, ne confuse d. créât, mue mélangée, „c l.créatine restée en solutio" On redissout ces cristaux dans le moins possible d'aciile acétique moyennementdilué et chaud et, par e refroidissement, la créatine cristallise seule. Le. nouvelle! eaux-mères, neutralisées exactement par l'ammoniaque faible et évapo«t laissent déposer, cette fois, la créatinine mril 1 ,, uporees,

nouvelle création. qU " “ y “ PlUS qU à purifier P» «ne

Lacréatine obtenue est transformée en créatinine en la chauffant au bain-marie avec de 1 acide sulfurique dilué dans la proportion de 2 molécules ou uTe poids de créatine pour 1 molécule ou 49 parties de S(MH2. Le sulfate de crénr nine cristallise; on le dissout dans le moins d’eau possible, et traite la solution chaude par le carbonate de baryum jusqu’à cessation d’effervescence. On filtre le liquide chaud, lave le précipité avec très peu d’eau chaude et évapore iusn J cristallisation. J Hua

Ce procédé, dù à Liebig, est encore celui qui donne les meilleurs résulta parmi tous ceux qu’on a imaginés (Huppert).

B. L’urine normale exempte d’albumine et de sucre est additionnée de 1 /on de son volume d’une solution saturée à froid d’acétate de soude, et de 1 % ji 7, de son volume d’une solution également saturée de sublimé corrosif - <

mélange, on sépare immédiatement par le filtre le précipité floconneux Te " foimé. Le liquide limpide, abandonné au repos et au frais pendant 48ïeures ‘ donne un second précipité, dense, cristallin, combinaison de créatinine .t chlorure mercurique. Ce précipité, lavé à l’eau froide, est décomposé par gène sulfure ; la solution décolorée par le noir animal est encore une fois^ • cipilée comme précédemment, et donne le composé purifié 4 (cnr-H^n ho, 7 3HgCl2.H20, dans la proportion d’environ 6sr,40 par litre d’urine. La coinbi ’• • C précédente, mise en suspension dans l’eau, est de nouveau décomposée par rl'oiZ sulfliydrique ; et la solution filtrée, concentrée au bain-marie après décolonti 6 au noir animal si c’est nécessaire, donne une combinaison cristalline de chlorbT drate de créatinine CWAz=>O.HCl. Ce chlorydrate, décomposé par l’hvdraf. h plomb, mieux par l’acétate de plomb et l’ammoniaque, abandonne la base dont

CRÉATININE

la solution, évaporée dans le vide à la température ordinaire, donne de gros cristaux aiguillés de créatinine hydratée G*HTAz30.2H*0, qui perdent leur eau de cristallisation dans l’air sec (Moly) (1).

2° Extraction en petit et dosage. — On opère comme précédemment sur 200 ou 300 centimètres cubes d’urine qu’on ne réduit par évaporation qu’après neutralisation par l’acide acétique du liquide déféqué par la chaux et CaCl2 ; le sirop épais est mis en digestion pendant plusieurs heures avec de l’alcool absolu qui dissout la créatinine ; on filtre et lave la partie insoluble avec un peu d’alcool, puis additionne les liqueurs alcooliques réunies d’une solution alcoolique concentrée de chlorure de zinc ; l’agitation détermine un trouble immédiat qui fait place, après 48 heures de repos au frais, à un précipité contenant toute la créatinine en combinaison avec ZnCl2, avec 5 à 10 p. 100 d’impuretés (Neubauer, Voit). Ce précipité est réuni sur un petit filtre, lavé à l’alcool absolu, redissous dans un peu d’eau chaude, chauffé un quart d’heure avec l’hydrate de plomb, et le ûltratum est évaporé à sec. L’alcool dissout et sépare la créatinine de la créatine qui s’est produite ; la solution alcoolique est évaporée et laisse la créatinine qu’on purifie par cristallisation dans l’eau (Neubauer).

Ken Taniguti (2) réduit au tiers, par évaporation, 300 centimètres cubes d’urine additionnés de 10 centimètres cubes d’acide sulfurique, filtre, précipite par la baryte, filtre encore, neutralise le liquide par l’acide chlorhydrique, enfin évapore à sirop. L’extrait est mis en digestion, dans un vase de 100 centimètres cubes, avec de l’alcool à 90° ; on prélève 80 centimètres cubes de liquide limpide qu’on additionne d’un peu d’acétate de soude et de 20 gouttes de solution alcoolique saturée de chlorure de zinc; le précipité de créalinine-j- chlorure de zinc, recueilli

après 48 heures est lavé à l’alcool, séché etposé ; le résultat est multiplié par

Si l’urine contenait de l’albumine, on l’éliminerait au préalable par lacoction; si elle était sucrée, on se débarrasserait de la glucose par la fermentation au contact de levure de bière pure (Gaethgens) (3).

3° Synthèse. — Horbaczewski a réalisé le synthèse de la créatinine en chauffant ensemble le carbonate de guanidine et la sarcosine :

CR3Az3 + C3Il7Az01 2 = G*H7Az30 + H20 + AzH3

Guanidine. Sarcosine. Créatinine.

Propriétés de la créatinine. — La créatinine cristallise en prismes brillants, incolores et anhydres, et quelquefois en forme de pierre à aiguiser à saveur amère. Elle se dissout dans 11,3 parties d’eau froide, dans 100 parties d’alcool absolu froid, est beaucoup plus soluble dans ces dissolvants à chaud et presque insoluble dans l’éther. Pure, elle donne des solutions neutres ou très faiblement alcalines (Salkowski) (4) ; quand elle bleuit fortement le tournesol, elle laisse des

(1) Maly, Jahr. f. Thierch., t. 1, p. 43, 1871.

(2) Ken Taniguti, Jahr. f. Thierch., t. XX, p. 197, 1890.

(3) Gaethgens, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. VIII, p. 100.

(4) Salkowski, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. IV, p. 133, t. XII, p. 211.

cendres fortement alcalines. Elle déplace cependant l’ammoniaque de ses sels mais n’exige, pour être saturée, qu’une quantité insignifiante d’acide sulfurique’ La créatinine se combine avec les acides et forme des sels ; ceux des acides minéraux usuels sont bien cristallisés et facilement solubles ; leur réaction est acide au tournesol et à l’acide rosolique (Salkowski). Le sulfate de créatinine (C4HTAz30)1 2.SCHH2 cristallise en tables quadratiques, transparentes, groupées en étoiles, le chlorhydrate CWAz3O.HCl en prismes ou en larges lames transna rentes. La solution alcoolique de ce dernier, traitée par les chlorures d’or ou de platine, donne naissance à des combinaisons cristallines solubles dans l’eau

insolubles dans l’alcool, de laforme (C4HUz30)2,2HCI.PtCD,etCtH7Az30.HCl.AuCl3’

qui sont do véritables chlorures doubles. ’ ’

La créatinine est précipitée de ses solutions parles acides phosphomolybdique phospliotungstique et picrique; dans l’urine, ce dernier réactif donne un ’ combinaison insoluble de picrate double de potassium et de créatim,^

C4H7Az30.CGH2(Az02)30H.C6H2(Az.02):<0K (Jaffé) (1). eatmine

La créatinine en solution alcaline se transforme, lentementà froid, rapidement a chaud en créature (Lrebig, Dessaignes). Cette hydratation s’effectue même déià au bout d un mois au simple contact de l’eau distillée ou par l’ébullition prolongée de la solution aqueuse (Dessaignes). ®

La baryte dédouble la créatinine, à 100», en ammoniaque et méthylhydantoine :

CH2 — (CH3) Azv

CH2 — (CH3)Az\

)C.AzH + H20 = |

- AzH — / CO — Azll

La formation de la créatinine par déshydratation de la créatine sous l’influe des acides chauds et la production de métliylhydantoïne par la baryte à i oo» *** dégagement d’ammoniaque, établissent entre ces trois corps des relations étro-'f^ que les formules suivantes mettent en relief:

CH2 - Az(CH3)

I C:AzH -

CH2 — Az(CH3)

J C : AzH

CO — AzH CO — AzH

Créatinine. Mélhylhydantoïne

CH2 — Az(CH3)

La solution aqueuse de créatinine, maintenue pendant deux heures à 1 80- H un tube scellé, perd tout son azote, comme l’urée, à l’état de carbonate d’a° ^ nium (Cazeneuve et Hogounenq) (2). mmo~

La créatinine est faiblement oxydée : 1» en milieu acide (sulfurique!

1 oxyde mercurique, le peroxyde de plomb, le permanganate de potassium ’ ^ (PDesSUCti°" )d adde 0Xal'qUe 6t de méthyluramine (ou méthylguanidine) c2’ht^i

(1) Jaffé, Zeitsch. f. phys. Ch., t. X, p. 398, 1886.

(2) Cazeneuve et Hugounenq, Bull, de la Soc. chim., (2), t. XLVI1I, p. 85 iS87

CRÉATININE 815

2° En milieu ammoniacal, par l’oxyde cuivrique, avec formation d’acide oxalique et, probablement encore, de méthylguanidine ;

3° Par l’ébullition prolongée avec la solution cupro-potassique qui se décolore sans que, cependant, l’oxyde cuivreux se sépare ; celui-ci est maintenu en dissolution par l’ammoniaque produite (dont une partie se dégage pendant l’ébullition), mais se sépare quand on sature le liquide par le carbonate de soude (Maschlce) (1 ).

Elle ne colore pas en bleu indigo la solution alcaline d’acide orthonitrophénylpropiolique (Heckenhayn) (2), comme le fait la glucose.

L’hypobromite de soude dégage, àfroid, 37,4 p. 100 de son azote à l’état gazeux (Falck) (3).

La créatinine forme, avec les sels, des métaux lourds, des combinaisons cristallines analogues à celles que donne l’urée dans les mêmes conditions. Avec le chlorure mercurique, elle donne un précipité caséeux qui cristallise en fines aiguilles incolores (Liebig); ce précipité est encore appréciable avec une dilution de la solution de créatinine à 1/2000 (Hofmeister). La solution étendue de créatinine, additionnée d’acétate de soude, puis traitée par le sublimé, donne, après quelque temps, un précipité cristallisé en aiguilles brillantes et transparentes, soluble dans 1 acide chlorhydrique, insoluble dans l’acide acétique, et décomposé après dessiccation à I 00°, répondant à la formule 4(C3H7Az3O.HCl,HgO).3HgCl2 5 * (Johnson).

On connaît également la combinaison de créatinine et nitrate mercurique (G*H7Az30)1 2( Az03)2Hg . H gO (Neubauer) ; mais la plus intéressante est la suivante :

Créatinine chlorure de zinc (C4H7Az30)a.ZnCl2. — Cette combinaison prend naissance sous la forme d’un précipité cristallin quand on traite une solution de créatinine par une solution concentrée et bien neutre de chlorure de zinc. Après un temps suffisant, le précipité devient grenu et cristallin ; au microscope, on voit de fines aiguilles groupées en rosettes. La combinaison « chlorure de zinc + créatinine » est difficilement soluble dans l’eau froide, facilement dans l’eau chaude, presque insoluble dans l’alcool, soluble dans les acides minéraux et les hydrates alcalins, complètement insoluble dans un excès de chlorure de zinc. Elle contient 62,44 p. 100 de son poids de créatinine.

La solution chlorhydrique renferme un chlorure double de zinc et de créatinine (C',H7Az30. HCl)2.ZnCl2 qui cristallise quand on évapore le liquide à consistance sirupeuse. Traitée par l’acétate de soude en excès, elle laisse déposer de nouveau la combinaison « créatinine -f- chlorure de zinc » insoluble dans l’acide acétique.

Suivant Colasanti et Salkowski (4), la créatinine résiste à la fermentation ammoniacale de l’urine, tandis que Halenke (3) a prétendu qu’une notable partie disparaît sous l’action des microbes urophages.

(1) Maschke, Zeitsch. f.anal. Chem., t. XVII, p. 134.

(2) Heckenhayn, Ueber clas Vorkommen reducirender Substanzen im llarn, Erlangen,

(3) Falck, Pflüger’s Archiu , t. XXVI, p. 406.

(4) Salkowski, Zeitsch. f. phys. Ch., t. XIII, p. 272, 1889.

(5) Halenke, Zeitsch. f. Biol., t. IV, p. 95, 1868.

D’après Stillingfleet Johnson (1), la créatinine de l’urine et celle que l’ou obtient par déshydration de la créatinine du muscle ne seraient pas identiques et différeraient par la solubilité dans l’eau et l’alcool, ainsi que par la présence d'une molécule d’eau de cristallisation dans le chlorhydrate de créatinine artificielle, alors que le composé correspondant de la créatinine de l’urine est anhydre

Réactions caractéristiques. — 1° La solution aqueuse, traitée par le chlorure de zinc concentré, donne un précipité cristallin formé de fines aiguilles groupées en étoiles très fournies et bien nettes au microscope; — 2° il. de Jaffé (2); La solution aqueuse de créatinine, traitée par un peu de solution picrique, puis par quelques gouttes de soude et de potasse étendue, se colore en rouge foncé et passe au jaune par l’addition d’un acide (sensibilité 1 /5000); — 3° R. de Weyl (3) • une solution de créatinine (l’urine directement), additionnée d’un peu de nitroprussiate de soude, puis de soude Irès diluée, prend une teinte rouge nibis, puis jaune ; acidulée par l’acide acétique, puis chauffée, la solution devient verte puis bleue, et il se forme un précipité de bleu de Prusse (Salkowski) (sensibilité 0,3/1000). Cette réaction peut servir à démontrer directement, dansl’urine la transformation de la créatinine en créatine sous l'influence des alcalis • elle se produit aussi avec l’hydantoïne, la sulfhydantoïne et laméthylhydantoïnè qui

contiennent le groupe — CH1 2— CO— lié à 2 atomes d’azote (Guareschi) ; i°R.de

Thudichum (4) : le chlorure ferrique très dilué colore la créatinine en rouge foncé ; la coloration devient plus intense à chaud. Cette réaction, que donne aussi la combinaison « créatinine -f- chlorure de zinc », est commune aux acides amidés; — 5° R. de Maschke (5) : Dans une solution saturée de carbonate de soude, on introduit un peu de créatinine, puis quelques gouttes de liqueur cupro-potassique; il se produit déjà à froid, plus rapidement à 50-60°, un précipité lloconneux, blanc, qui contient (C’H7Az3 4 5 60)2.Cu20. La présence de la glucose donne encore plus de sensibilité à la réaction.

Présence de la créatinine dans l’organisme, origine, rôle physiologique

L’homme sain, soumis à un régime mixte, excrète de 0sr,6 à l»r,3 de créatinine par 24 heures, avec un volume d’urine de 1.500 à 1.600 centimètres cubes (Neubauer) (6).

Hofmann (7) a trouvé, comme moyenne de 27 observations faites sur lui-même 0sr,681 (minimum 0sr, 519 et maximum 0sr,810) et 0&r,96 chez d’autres personnes' Chez la femme, on en retire un peu moins que chez l’homme : 0&r,65 (moyenne de 7 déterminations). L’urine des vieillards en contient moitié moins que chez l’adulte, et l’urine des nourrissons n’en renferme pas.

(1) Stillingfleet Johnson, Jahresb. f. Thierch., t. XX, p. 68, 1890.

(2) Jaffé, Zeitsch. f. phys. Ch., t. X, p. 399, 1886.

(3) Weyl, Ber. cl. chem. Gesells., t. XI, p. 2175.

(4) Thudichum, Annals of chem. médicine , t. I, p. 108, 1879.

(5) Maschke, Zeitsch. f. anal. Chem., t. XVII, p. 134.

(6) Neubauer, Ann. d. Ch. te. Phann., t. CX1X, p. 27.

(7) Ilofmann, Virchov's Arch., 1869, t. XLY1I1, p, 358.

CRÉATININE

Johnson (1) a obtenu les chiffres plus élevés de 7 à 2sr,l. La proportion de •créatinine contenue dans l’urine dépend principalement de la désassimilation de la substance musculaire, et augmente dans l’alimentation carnée (bouillon de viande) en suite de laquelle Hirtz a pu évaluer à 99 grammes la somme des matières extractives éliminées dans les 24 heures, dans les maladies aiguës, les périodes d’excitation des affections mentales, dans le diabète surtout à forme azoturique où les matières extractives atteignent 74 grammes (Bouchard), etc. ; elle diminue, au contraire, par l’insuffisance de l’alimentation (OB', 14 dans la diète), dans le repos, les cachexies, la néphrite, dans la convalescence des maladies aiguës (Grocco) (2).

On a constaté la présence de la créatinine dans diverses sécrétions animales, notamment dans le liquide amniotique, ainsi que dans les muscles, le sang; mais peut-être provenait-elle d’une transformation de la créaline. Elle existe également dans les urines du cheval et du veau (Socoloff), de la vache (Dessaignes), du chien (Liebig), du porc (Pécile) et du cobaye (Ivœhler), mais pas du tout dans l’excrétion des oiseaux (Meissner).

Le travail musculaire est la principale source de la créaline, et, par suite, de la créatinine. Pendant une marche forcée, l’urine de soldats contenait, pour une période de 12 heures, 0B'-,74 de créatinine, tandis que, pendant 12 heures <le repos, le chiffre baissait à 0&'’,50, 0er,S8 (Mosso).

Moitessier (3) a constaté sur lui-même une augmentation de la créatinine, ■d environ 1/8, après des marches normales de 15 à 40 kilomètres.

Il est incontestable, après ce que nous venons de dire, que la créatinine prend sa source dans la créatine du muscle qui en contient, en moyenne, de 2 à 4 p. 1 000. Cette créatine passe dans le sang qui l’entraîne jusqu’au rein, dans le parenchyme duquel elle se déshydrate (Voit) et se transforme en créatinine, qui est saforme d’élimination naturelle. Cette explication est confirmée par l’accumulation de la créatine dans le sang, constatée par Cuffer (4) dans la dégénérescence avancée des reins correspondant à la période atrophique du mal de Bright.

La créatinine doit être envisagée comme un produit d’excrétion arrivé à une forme définitive; en effet, son ingestion n’augmente pas la proportion d’urée de J’urine, à la production de laquelle elle ne paraît donc pas concourir.

Variations pathologiques de la créatinine

>os connaissances sont extrêmement restreintes sur les modifications qu’éprouve 1 excrétion de la créatinine à l’état pathologique, ce que l’on doit attribuer aux difficultés de sa recherche quantitative. Munk a constaté une augmentation de la créatinine dans l’urine des maladies aiguës, comme la pneumonie, la lièvre typhoïde, la lièvre intermittente, une diminution dans la

(1) Johnson, C hem. News , t. LV, p. 304, 1887.

(2) Grocco, Ann. di Ch. e di Farm., t. IV, p. 211.

(3) Moitessier, C. il. Soc. de biol., t. XL1II, p. 573, 1891.

<4) Cuffer, Thèse de Paris, 187S.

convalescence ; elle diminue aussi dans l’urémie (Reuling, Schottin) (2), dans les maladies accompagnées d’une nutrition incomplète, et dans la dégénérescence avancée des reins (Hofmann) (1) par suite de l’impossibilité, pour ces organes, de transformer la créatine contenue dans le sang (Voit). Senator a trouvé la créatinine considérablement augmentée dans le tétanos.

Xanthocréatinine (p. 482)

Cette base, découverte par Gautier dans le suc musculaire, avait été constatée par Monari (2) dans l’urine du chien et de l’homme après un violent travail musculaire, et dans l’urine du chien après injection de créatinine dans l’économie.

Elle a été trouvée en quantité considérable dans l'urine du lion, par Colasanti (3) qui admet que, chez son sujet, elle résulte de l’impossibilité que rencontre l’organisme à transformer en créatinine toute la créatine fournie par une alimentation carnée surabondante.

Stadthagen (4) a contesté l’existence de la xanthocréatinine comme espèce définie, et prétendu que celle que l’on a cru trouver dans l’urine, après le travail excessif du muscle, n’est que la créatinine impure.

ACIDE OXALURIQUE

CO.Azll.CO.AzH1 2 C3 4 5H<Az20' = |

CO. OH

L’acide oxalurique a été trouvé en quantité extrêmement faible dans l’urine normale, par Schunk (5), puis par Neubauer. Pour arriver à le caractériser, il faut mettre en œuvre un volume énorme de liquide, de 100 à 130 litres d’urine. Meissner a reconnu la présence, dans l’urine de chiens nourris avec des pommes de terre et des œufs, d’un acide très voisin de l’acide oxalurique, mais qui ne lui est pas identique.

Préparation. — t° L’acide oxalurique prend naissance par l’hydratation de l’acide parabanique au contact soit de l’ammoniaque à l’ébullition, soit'des acides à une température moyenne :

CO — Azlk CO — AzH.CO.AzH2

CO — AzH/ CO. OH

(1) Hoffmann, Virchov’s Archiv, t. XL VIII.

(2) Monari, Ber. d. ch. Ges., 20, ref. 223, et Chem. Centralbl. 1887, p. 340 et 156t>

(3) Colasanti, Gaz:, chim., t. XXI, 2" p. p. 188, 1891.

(4) Stadthagen, Zeilsch. f. klin. Med., t. XV, p. 390, 1889.

(5) Schottin, Ueber die Ausscheidung von Kreatin und Kreatinine durch Harn un,l Transsudate, Arch. d. Heilk., 1860.

ACIDE OXALIQUE

2° Extraction de l’urine (1). — On filtre un volume considérable d’urine sur une quantité restreinte de noir animal, de façon que le liquide passe incolore. Le charbon, lavé à l’eau distillée jusqu’à élimination complète des chlorures et phosphates solubles, puis desséché à l’air, est épuisé par l’alcool. La solution alcoolique, fortement colorée, laisse, par la distillation, un résidu qu’on reprend par l’eau bouillante; la solution aqueuse évaporée donne un extrait sirupeux duquel se sépare, par un long repos au froid, l’oxalurate d’ammonium cristallisé. Pour abréger, on peut soumettre à la dialyse l’extrait sirupeux et faire cristalliser le liquide diffusé après concentration. Les cristaux sont égouttés, lavés à l'alcool absolu, redissous dans l’eau bouillante, et la solution digérée sur une très petite quantité de noir animal lavé ; on filtre, et le liquide incolore, concentré par évaporation, laisse cristalliser l’oxalurate pur par le refroidissement. L acide chlorhydrique sépare l’acide oxalurique delà solution concentrée de son sel ammoniacal, sous la forme d’une poudre blanche cristalline.

Propriétés. Poudre cristalline blanche, à saveur et réaction acide, très peu soluble dans 1 eau, se combinant aux bases pour former des sels bien définis; monobasique.

Les oxalurates alcalins sont solubles dans l’eau, surtout à chaud, les autres sont ou très peu solubles ou insolubles. Le sel d’argent se sépare de la solution bouillante, en fines aiguilles soyeuses. L’oxalurate de plomb, préparé par double décomposition, se sépare lentement du liquide sous forme d’une poudre cristalline lourde, composée de beaux prismes quadratiques avec 6 faces terminales; les sels de calcium et de zinc ont également des formes cristallines nettes et caractéristiques.

L’acide oxalurique est décomposé par l’ébullition de sa solution aqueuse, surtout au contact des acides, en acide oxalique et urée :

C3H4Az204 -f H 2 O = CH4Az20 + C20'H2

Ac. oxalurique. Urée. Ac. oxalique.

Traité par l’oxychlorure de phosphore à 200*, il régénère l’acide parabanique (Grimaux) :

C3H4Az204 = C3H2Az20:l -f H20.

L oxalurate d’éthyle, traité par l’ammoniaque, donne un précipité blanc, pulvérulent et insoluble d ’oxaluramide, que Neubauer et Schunk auraient trouvée dans l’urine humaine :

CO — AzH.CO.AzH2 CO — AzH.CO.AzH2

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