PRÉPARATION DE LA PTYALINE
Pour 1 obtenir, à l’état impur il est vrai, Miahle précipitait la salive filtrée par 3 à 6 fois son poids d’alcool absolu.
On a recours aujourd’hui à un procédé plus perfectionné qui consiste à provoquer un flux salivaire abondant, en emplissant la bouche de vapeurs d’éther; à acidifier franchement le liquide sécrété par l’acide phosphorique, puis à le traiter par l’eau de chaux en léger excès. Il se forme un précipité de phosphate tribasique de chaux qui entraîne avec lui la ptyaline mélangée de matières albuminoïdes. Le précipité est recueilli sur un filtre, égoutté, puis lavé à l’eau distillée qui ne redissout que la ptyaline; les eaux de lavage sont traitées par l’alcool fort qui reprécipite la ptyaline impure. Pour l’oblenir à un état plus grand de pureté, on redissout à plusieurs reprises le précipité dans l’eau pure, et on reprécipite chaque fois par l’alcool, mais en ayant soin de ne pas laisser trop longtemps le précipité au contact de l’alcool qui rend la ptyaline insoluble dans l’eau. On parvient ainsi à éliminer le phosphate de chaux et la majeure partie des matières albuminoïdes; on dessèche enfin dans le vide sec (Conheim).
Le produit obtenu, bien que saccharifiant énergiquement l’amidon hydraté par la cuisson aqueuse, n’est pas pur; comme toutes les autres diastases, et ce que nous disons ici, nous pourrons le répéter chaque fois que nous aurons à etudier un ferment soluble provenant de l’organisme animal aussi bien que des végétaux, la ptyaline retient énergiquement des matières minérales qui restent après l’incinération du produit, et en outre certains principes organiques, provenant de la matière originaire ou résultant de l’action même du ferment, si bien que, jusqu’à présent, à part la papaïne de Würtz et Bouchut et la pancréatine ■de Lœw, aucune autre diastase ne paraît avoir été obtenue à l’état de pureté.
Wiltich, en appliquant à la préparation de la ptyaline un procédé général pour la préparation des diastases animales, traite par l’eau les glandes salivaires réduites en pulpe, puis fait macérer longuement la masse solide, essorée, dans de la glycérine. La glycérine étendue s’empare par exosmose du ferment soluble, et donne, avec l’alcool, un précipité qu’on purifie par des dissolutions réitérées dans l’eau, suivies de précipitations par l’alcool. La solution glycérinée des principes extraits directement des glandes salivaires, étendue d’eau, possède d’ailleurs un pouvoir saccharifiant considérable.