‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 545 sur 722 · ACIDES GRAS VOLATILS · texte numérisé non relu

ACIDES GRAS VOLATILS

Il résulte des recherches de von Jaksch (I) et de Rokitansky que l’urine normale contient toujours de très petites quantités d’acides gras volatils, acides acétique, formique et butyrique, qui atteignent une moyenne totale de 0&r,0545 poijr 1 litre 1/2 d’urine (Rokitansky) (2).

L alimentation à base exclusive de nouilles a donné, pour l’excrétion des 24 heures, une quantité d'acides gras de 0sr,406 à 0*r,417, dont l’acide butyrique formait environ le quart.

Dans l’urine des maladies fébriles, Rokitansky a trouvé, pour les 24 heures, de 0»r,09 à 0Br,17 et même0sr,70 d’acides gras, avec prédominance d’acide acétique, et jusqu’à 0s%b05, dont 22,9b p. 100 d’acide butyrique, dans des cas d’épanchements pleurétiques avec diurèse accentuée par l’ingestion quotidienne de 5 à 6 grammes de sel et la diminution des boissons.

L acide acétique accompagne toujours l’acétone dans les fièvres, le diabète sucré à la période d’auto-intoxication ; il est constamment présent dans l’urine des enfants atteints de fièvre continue intense ; il apparaît aussi, indépendamment de la lièvre, dans les maladies infectieuses graves (acéturie). On a également constaté la présence, dans l’urine, de l’acide propionique dans le diabète (v. Jaksch), de Y acide valérianique dans le typhus, la variole, l’atrophie aiguë du foie (Frerichs). Ces acides gras volatils proviennent sans doute de l’intestin, où ils prennent naissance dans la décomposition putride des matières albuminoïdes.

L’urine des animaux contient aussi les mêmes acides gras que celle de l’homme.

La fermentation ammoniacale des urines est accompagnée d’une production

(1) Von Jaksch, Zeitsch. f. phys. Ch., t. X, p. S36, 1886.

(2) Rokitansky, Wiener med. Ja/irb. (2), t. II, p. 206, 1887.

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d’acides gras, aux dépens des hydrocarbonés qu’elles renferment, de telle sorte qu’une urine en pleine fermentation en contient de six à quinze fois plus que la même urine fraîche.

GRAISSES (t)

L’urine normale ne renferme que des traces de corps gras englobés dans les éléments cellulaires tels que les cellules épithéliales et les globules lymphoïdes.

Dans des circonstances anormales, la graisse y apparaît en liberté et en quantité très variable, sous la forme de fins globules émulsionnés qui lui donnent un aspect lactescent et viennent former, par le repos, une couche crémeuse à la surface du liquide. L’agitation du liquide avec de l’éther, qui dissout les globules graisseux, lui restitue son aspect habituel.

Les graisses passent à l’état normal dans l’urine du chat et du chien (Sehachowa, Gi'ülzner) (2). Elles apparaissent en proportion plus forte dans l’urine des animaux, et à un degré moindre dans celle de l’homme, après l'ingestion de grandes quantités de matières grasses facilement digestibles et absorbées dans l’intestin, comme l’huile de foie de morue (Cl. Bernard) ; dans ce cas, elles sont probablement excrétées par les canaux contournés du rein, qui les laissent transsuder du sang.

La présence continue, et non plus temporaire, des graisses dans l’urine est extrêmement rare et s’observe surtout dans les régions tropicales (Brésil, île Maurice, Indes orientales et occidentales) ; elle constitue la lifurie ou galacturie la dénomination plus connue de chylurie étant impropre, vu l'absence ou le petit nombre de globules lymphoïdes contenus dans l’urine.

La lipurie ou galacturie, souvent précédée d’hématurie, est consécutive à une altération anatomique du rein, à une dégénérescence graisseuse ou bien à la modification histologique qu’éprouvent les organes élémentaires de sécrétion, c’est-à-dire à une maladie de Bright; dans ce dernier cas, les globules gras apparaissent dans l’épithélium des canalicules urinifères, mais peuvent provenir de la régression graisseuse d’exsudats déposés dans le rein. Les graisses peuvent encore résulter de la dégénérescence graisseuse des cellules .épithéliales des uretères et de la vessie.

On n’est pas encore fixé sur l’origine étiologique de la lipurie; elle a été observée expérimentalement dans l’empoisonnement par le phosphore et dans l’intoxication chronique par l’essence de térébenthine (Kobert). Ayant remarqué que la hernie étranglée est quelquefois accompagnée de lipurie, Chabrié (3) a provoqué expérimentalement le passage des graisses dans l’urine en faisant la ligature du gros intestin à des cobayes; puis, de concert avec Dissart, il a injecté de

(1) Consulter, sur la Chylurie, le résumé des recherches connues dans Huppert, .-Gio. lyse des harns, 1890, 2” partie, p. 76.

(2) Grutzner, Arch. f. d. ges. Physiol., t. XXIV, p. 463.

(3) Chabrié, Bull, de la Soc. ch. de Parts, séance du 10 fév. 1893, t. IX, p. 113.

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