‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 547 sur 722 · ACIDE LACTIQUE C3H®03 = CH3 — CH. OH— CO. OH · texte numérisé non relu

ACIDE LACTIQUE C3H®03 = CH3 — CH. OH— CO. OH

L’acide lactique (acide sarcolactique) ne paraît pas exister dans l’urine normale; mais on l’y a vu apparaître en très petite quantité après des marches forcées (Colasanti et Moscatelli) (3). Schultzen et Riess (4) en avaient constaté la présence depuis longtemps dans les cas d’intoxication phosphorée aiguë et d’atrophie jaune aiguë du foie, et, plus tard, Simon et YYibel (5) l’avaient trouvé dans la trichinose.

(1) Bouchardat, Pimélurie endémique des pays chauds, Ann. de Thérapeut., Paris, 1862.

(2) Poehl, Petersburçjer med. Wochenschr., t. 1877.

(3) Colosanti et Moscatelli, Gaz chim ,t. XVII, p. 548, 1877, et Chem. Centralbl., 1888. p. 758. — En 1890, Moscatelli, changeant d'opinion, a contesté que l’urine contienne de l’acide sarcolactique après un violent travail des muscles, et soutenu que le saroolactate de zinc retiré de l’urine par Ileuss ( Jahr . f. Th. 1889, p. 213) n’est que de I'hippurate de zinc ( Arch . f. exp. Path. u. Pharm., t. XXVII, p. 158, 1890.)

(4) Schultzen et Riess, Chem. Centralbl., 1867, p. 678, et 1869, p. 681.

(5) Simon et Wibel, Ber. d. deutsch. ch. Ges., t. IV, p. 139, 1871.

ACIDE LACTIQUE

On a trouvé également l’acide lactique dans l’urine de l’ostéomalacie «(Schmuziger) et de la leucémie (Salkowski, Nencki et Sieber). Dans les cas de diabète, l’urine des vingt-quatre heures peut donner jusqu’à 4®r,5 d’acide lactique ; mais il provient dans ce cas de la fermentation de la glucose urinaire.

Araki (1) a constaté, à plusieurs reprises, la présence de l’acide lactique dans l'urine des lapins intoxiqués par l’oxyde de carbone.

Origine, rôle physiologique de l’acide lactique urinaire. — A l’état normal, l’acide lactique, qui est un des termes constants de la désassimilation de la substance musculaire en activité, n'apparaît pas dans les urines, sauf peut-être dans les cas de travail exagéré, ainsi qu’il semble résulter de l’observation de Colasanti et Moscatelli, parce qu’il est comburé dans l’organisme et transformé avec une rapidité extrême en acide carbonique et en carbonates qui peuvent rendre l’urine alcaline ; ainsi Lehmann (2) a observé sur lui-même que l'ingestion de 1 5 grammes de lactate de soude était suivie, déjà après 15 minutes, d'une émission urinaire alcaline.

A l’état normal, cet acide, qui provient des hydrates de carbone et aussi de l’albumine du muscle, constitue un produit de régression dont la combustion complète est effectuée dans le foie ; si le foie devient malade, la destruction de l’acide lactique est ralentie ou suspendue; aussi est-ce dans les affections du foie que l’excrétion urinaire d’acide lactique atteint son rnaxiînum.

L’acide lactique ainsi éliminé par le rein exerce sur lui une action toxique manifestée par la sclérose et la décoloration de l'organe (Boix, Gouget) (3).

Extraction de l'urine. — L’urine concentrée par évaporation au bain-marie est précipitée par un excès d’alcool à 90°. Après 24 heures de contact, la solution .alcoolique, décantée et filtrée, est évaporée à sirop, acidulée par l’acide sulfurique dilué, et épuisée à plusieurs reprises par l’éther qui entraîne l’acide lactique. Le liquide élhéré, distillé, laisse un résidu qu'on dissout dans l'eau et traite par quelques gouttes de sous-acétate de plomb qui précipite presque toutes les matières étrangères; on filtre et soumet le filtratum à l’action de l’hydrogène sulfuré pour éliminer l’excès de plomb, filtre à nouveau et évapore le liquide acide au bain-marie jusqu’à disparition de l’acide acétique. L'acide lactique reste sous la forme d’un peu de liquide sirupeux jaunâtre. On le caractérise en le transformant en sarcolactate de zinc qu’on fait cristalliser, et dont on détermine Ja forme cristalline, la solubilité, l'eau de cristallisation et, enfin, la proportion ale zinc qu'il contient.

(1) Araki, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. XVIII, p. 8, 1894.

(2) Lehmann, Journ. f. prakt. Ch., t. XXV et XXVII.

(3) Gouget, Gazette des hôpitaux, nov. 1893, p. 1336.

ACIDE p-OXYBUTYRIQUE C1 2 3 4 5 6 7H803 = CH3— CH. OH— CH3— CO. OH

Cet acide, homologue supérieur de l'acide lactique, a été trouvé dans une urine diabétique par Külz(l) et Minkowski (2), peu de temps après que Stadelmann (3) eut signalé dans l’urine du diabète l’existence d’un de ses produits de décomposition, l’acide a-crotonique. C’est, en effet, dans les cas graves de diabète sucré qu’on le rencontre le plus fréquemment, bien qu’il ne soit pas spécial à celle affection et qu’on ait pu en constater la présence dans l’urine, à la suite du régime carné exclusif <Wolpe) (3), dans la rougeole et la scarlatine (E. Külz) (3), dans un cas de scorbut (Minkowski) (4). Minkowski ne l’a pas trouvé dans l’urine de nombreux fébricitants, laquelle était également exempte d’acétone.

L’acide oxybutyrique a été observé également dans l’inanition (Külz), dans le coma du cancer, toujours à côté de l’acide acétylacétique, mais en proportion extrêmement faible (Ivlemperer) (b); d’ailleurs, les deux acides ont fait défaut dans la plupart des cas de coma carcinomateux qu’on a pu observer. f Une seule fois’ sur six expériences, Külz a trouvé l’acide oxybutyrique dans l’urine de cobayes dont la température était considérablement augmentée.

L’acide oxybutyrique est toujours accompagné, dans l’urine, de l’acide acétylacétique (ou de son produit de dédoublement, l’acétone) ; mais l’inverse n’est pas exact, l’urine pouvant contenir de l’acide acétylacétique sans acide oxybutyrique

Il n’existe aucun rapport constant entre la proportion d’acide oxybutyrique et la richesse de l’urine en ammoniaque, acide acétylacétique ou acétone, et sucre (dans le diabète) (Wolpe) (6).

En dosant l’acide oxybutyrique au moyen de l’appareil de polarisation, Külz a trouvé, comme moyenne dans 11 cas de diabète, 31 grammes (extrêmes 19 et 50 grammes), et dans trois autres cas, respectivement 67, 100 et 223 grammes Wolpe a obtenu les chiffres plus restreints de 15 à 16 grammes.

Dans un cas de diabète terminé par la mort, Hugounenq (7) a dosé, au polarimètre, l’acide oxybutyrique dans le sang qui en renfermait 4^,27 au litre' et dans l’urine où il n’en trouvait que 4*r,48 au litre, à côté de l’acétone.

Extraction de l’urine. — C’est seulement quand l’urine contient de l’acide acétylacétique dont la présence est manifestée par la réaction du chlorure ferrique (coloration rouge violacée, devenant rouge brun par un excès de réactif)

(1) Külz, Zeilch. f. Biol., t. XX, p. 161, 1884.

(2) Minkowski, Arch. f. exper. Path., t. XVIII, p. 35 et 147, 1884.

(3) Stadelmann, Arch. f. exper. Path., t. XVII, p. 438, 1883.

(3) Külz, loc. cil., t. XXIII, p. 329, 1887.

(4) Minkowski, loc. cit., t. XIX, p. 224, 1885.

(5) Klemperer, Berl. klin. Wochensch.. t. XL, p. 873, 1889.

(6) Wolpe, Arch. f. exper. Pathol , t. XXI, p. 138, 1886.

(7) Hugounenq, Société de Biologie, 1887, et Maly's Jahresb., 1887, t. XVII, p. 430

ACIDE (3-0XYBUTYR1QUE 853

qu’il y a lieu de rechercher l'acide oxybutyrique dans l’urine, laquelle, ainsi qu’on l’a dit, ne le contient pas forcément.

On procède a un essai préliminaire : l’urine sucrée est débarrassée de toute trace de sucre par la fermentation avec la levure de bière, filtrée, précipitée par la sous-acétaté de plomb et l’ammoniaque, puis enfin examinée au polarimètre après concentration s’il est nécessaire ; la présence de l’acide oxybutyrique n'est possible que si le liquide dévie à gauche (Külz). On applique, dès lors, à son extraction, soit le procédé de Minkowski qui le donne en nature, soit celui de Külz qui le transforme en acide a-crotonique par distillation au contact de l’acide sulfurique concentré.

Minkowski (1) prépare un extrait alcoolique de l’urine concentrée par évaporation, l’acidule et l’épuise à son tour par l’éther; le résidu de l’extrait éthéré, dissous dans l’eau, filtré, décoloré par un peu de noir animal, neutralisé par la soude, est ensuite évaporé à sirop épais; ce sirop, traité par quelques gouttes d’une solution concentrée de nitrate d’argent, se transforme, s’il contient l’acide cherché, en une bouillie de cristaux fins et aiguillés. Après purification par cristallisation dans l’eau chaude, le sel est examiné au polarimètre et consacré à une détermination de l’argent qu’il contient.

Pour obtenir l’acide libre, on décompose par l’hydrogène sulfuré sa combinaison argentique, évapore le liquide filtré, et traite le résidu sirupeux par l’alcool absolu qui détermine la séparation de l’acide oxybutyrique avec formation de quelques cristaux.

On peut doser avec une certaine exactitude l’acide oxybutyrique par la détermination du pouvoir rotatoire du résidu de l’extrait éthéré obtenu comme dans le procédé de Minkowski, en opérant sur un demi ou un litre d’urine (M'olpe) (2).

Propriétés de l’acide p-oxybutyrique. — L’acidé oxybutyrique est un liquide incolore et inodore, sirupeux, non volatil à 100°, qui dévie à gauche la lumière polarisée :

«in] = — 20°, 6 en solution à 9,8/100 (Minkowski)

= — 23°, 4 en solution à 1 — 5,5/100 (Külz)

Le pouvoir rotatoire paraît donc varier avec la concentration des solutions.

11 est monobasique et forme des sels bien définis et cristallisablès, très solubles dans l’eau, dans l’alcool, insolubles dans l’éther. Les sels alcalins sont efflorescents, les sels des métaux lourds un peu hygroscopiques. Le chlorure ferrique ne les colore pas.

Le sel d argent, desséché dans le vide, a pour formule C'H703Ag; il cristallise en très fines aiguilles groupées en gerbes ; sa solution aqueuse dévie encore à gauche :

«loi = — 10°, 1 en solution à 4/100 (Minkowski).

= — 8», 64 en solution à 1,4/100 (Külz).

(1) Minkowski, Arch. f. exper. Pathol t. XVIII, p. 41, 1884.

(2) Wolpe, Arch. f. exper. Pathol ., t. XXI, p- 140, 1886.

L’ébullition avec l’eau ou l’acide sulfurique étendu le dédouble en eau et acide ce-crotonique fusible à 71-72° (Stadelmann, Külz, etc.) :

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