CH3— CH. OH — CH2 — CO. OH = H20 + CH3-CH: CH-COOH
ac. ^-oxybutyrique. »c. oc-crotonique.
Une décomposition analogue se produit quand on chauffe au bain d’huile, sous pression, une solution aqueuse à 1 p. 100 d’acide oxybutyrique ; l’acide a-crotonique, formé en quantité d’autant plus grande que la solution se concentre davantage, passe à la distillation (Araki, 1894).
L’acide chromique l’oxyde et le transforme en acétone (Külz, Minkowski ( 1) , etc ) •
CH3— CHOH— CH2— COOH + 0 = CH3— CO— CH3 + CO2 -f H20
ac. oxybutyrique. acétone.
Mais, dans une phase intermédiaire, il paraît donner de l’acide acétylacé tique: CH3— CH. OH— CH2— COOH + 0 = CH3.CO— CH2.COOH -f H20
acide oxybutyrique. ac. acétylacétique.
Les microbes de la putréfaction le dédoublent d’abord en deux molécule* d’acide acétique qui, lui-même, est transformé dans une seconde phase en méthane et acide carbonique (Araki) (2) :
(C,,H703)2Ca + H20 = (2C2H302)2Ca + CO2 + 2H2
oxybutyrate calciq. acétate de calcium.
(C2H302)2Ca + H20= C03Ca + CO2 + 2CHA
Rôle physiologique, signification pathologique
La présence de l’acide oxybutyrique dans certains cas exceptionnels, presuue tous pathologiques, en fait un élément anormal des urines. On ne sait rien d son origine.
L’apparition de cet acide dans les urines diabétiques est d’un intérêt can't i pour le médecin, depuis que Minkowski a démontré qu’il y a une relat vraisemblable entre son apparition et le coma diabétique dont la valeur nr ‘°n tique est si défavorable. 1 onos*
D'après Stadelmann (3), le comadu diabète serait provoqué par une intoxicati acide, par l’empoisonnement du sang, par une quantité énorme d’acide oxYbut"1
ri que qui, ne rencontrant pas une quantité suffisante d’ammoniaque pour le sate
rer, détournerait les alcalis fixes de leur rôle normal et mettrait en liberté quantité correspondante d’acides divers. De là, comme conséquence, l’indication
(1) Minkowski, Arch. f. exp. Pathol, u. Pharm., t. XVIII, p. 42.
(2) Araki, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. XIX, p. 3, 1894.
(3) Stadelmann, Deulsch. Arch. f. klin. Med., t. XXXVII.
CIDE [Î-OXYBDTYRIQUE
de restituer au sang son alcalin carbonates alcalins, ou l’ingesli acétique, tartrique, citrique).
Cette théorie ingénieuse est applications thérapeutiques.
rique et diacétique est accompagnée d’une augmentation de l’ammoniaque urinaire dont la quantité est doublée (Münzer et Slrasser)et peut même atteindre le chiffre énorme de 4Br,64 par jour, la moyenne normale étant 0,75 (Wright) (1). Il est vrai que cette quantité, si forte qu’elle soit, peut être insuffisante pour saturer toute la quantité d’acide, ce qui permet à Hoppe-Seyler (2) de constater, une fois de plus, dans cette complication, une modification, dans la proportion des acides et des alcalis du sang, telle qu’on est en droit de conclure à une intoxication acide.
Minkowski a vu, dans quelques cas, une légère amélioration suivre l’injection a ca me , il a observé aussi que 1 urine des malades conservait sa réaction acide malgré la forte dose de carbonate sodique introduite dans le sang, ce qui paraît favorable a la théorie de Stadelmann ; enfin, il a démontré que ce ne sont pas les produits d oxydation de l’acide oxybutyrique (acide acélylacétique, acétone) qui sont a cause de 1 intoxication dans le coma diabétique, puisque, pendant cette période, 1 acétone diminue plutôt qu’elle n’augmente.
Klemperci (3) a observé vingt et un cas de coma diabétique et constaté que tous es malades excrétaient beaucoup d’acides organiques dans les urines, mais aussi beaucoup d’ammoniaque; après expérimentation sur neuf de ses malades, il conclut que le coma n est pas dû à une intoxication acide, d’abord parce que 1 administration des alcalins ne donne pas de résultats, et ensuite parce que les recherches sur la nutrition ont établi que des phénomènes comateux peuvent survenir api ès une exagération de la destruction des éléments azotés de l’économie dans d autres maladies que le diabète, telles que l’anémie pernicieuse.
Kraus (4) a cité des cas de coma diabétique dans lesquels l’alcalinité du sang était réellement diminuée, comme le veut la théorie ; mais il en a vu d’autres,
qui se sont d ailleurs, pour la plupart, terminés par la disparition des accidents 0n d ^câlins, et dans lesquels l’alcalinité du sang n’était pas mo i îee , ans es cas m ortels, l’autopsie ne révélait aucune altération pouvant expliquer les accidents. Pour ce genre de coma, dans lequel il n’y a pas hyperaciddé du sang, Stadelmann réserve le nom de rsKcoo-co»!,
ornas (o) a ait remarquer qu’il y aurait sans doute lieu, pour résoudre 1( pro eme, e faiie intervenir les toxines, substances très actives dont h proportion dans le sang est notablement accrue par les maladies graves ; il cite.
$ f- t. XXI, P. 404, 1891.
(2 Hoppe Seyler, Berl. klin. Woch., 1892, n” 43.
},[ l- emi)e(er' Société de médecine interne de Berlin, 6 mars 1895.
: 5faus’ ,raV- Ze^oh. f. Heilk , t. X, p. 149, 1889.
15) Ihomas, Analyse des Ilarns, de Neubauer et Vogel, 1890, 2- partie
à l’appui de cette théorie, l’expérience de Klemperer qui a pu rendre un chien diabétique et ensuite comateux, au moyen de la phloridzine ( Diabète phloridzinique ) .
ACIDE ACÉTYI.ACÉTIQUE OU DIACÉTIQUE Cih«03 = CH3 — CO — CHâ — CO. OH
Gerhardt (1) ayant découvert que certaines urines sont colorées en rouge violet par le chlorure ferrique avait attribué cette réaction à la présence de l’éther acétylacétique ; von Jaksch (2), Deichmuller (3) et Tollens (4) ont montré qu’elle est due non à l’éther, mais à l’acide diacétique lui-même.
L’acide acétylacétique n’existe pas dans l’urine humaine normale et n’y apparaît qu’à l’état pathologique, constituant la diacétubie de von Jaksch; on le trouve dans les cas graves de diabète sucré, surtout à la période d’auto-intoxication dans les cas d’alimentation carnée exclusive (Wolpe (b), Rosenfeld) (6), chez les adultes dans les fièvres malignes aiguës et principalement dans le stade d’éruption de la rougeole et de la scarlatine ainsi que dans les maladies infectieuses graves et sans fièvre, dans les fièvres infantiles continues et à température élevée ; la diacéturie est, pour les adultes, d’une valeur pronostique beaucoup plus grave que chez les enfants dont le processus fébrile se termine plus souvent d’une façon favorable.
L’acide acétylacétique passe de bonne heure dans l’urine du cancer stomacal et de la dyspepsie, surtout dans les cas d’auto-intoxication chez les buveurs.
Il s’est montré aussi dans l’inanition, qu’elle soit due à des affections de l’estomac (Siemens (7), Külz (8), etc.) ou consécutive à un empoisonnement aigu par l’acide sulfurique (Hoppe-Seyler) (9), ou soit observée chez l’individu sain (Millier) (10), auquel cas on le trouve déjà le premier jour du jeûne et très abondamment au troisième jour; il disparaît dès qu’on reprend l’alimentation.
Külz en a constaté également la présence dans l’urine de chiens et de cobayes inanitiés, au sixième jour. Albertoni (11) a prétendu que, chez le chien, la diacéturie s’accompagnait d’une réaction alcaline ou faiblement acide de l’urine ; par
(1) Gerhardt, Wiener rped. Presse, t. XXVIII, 18G3, et Physiol. Chem, de Hoppe-Seyler
(2) Von Jaksch, Prag. tned. Wochensch., 1880, 204, Ueber Acetonnrie et Diaceturie Berlin, 1885, p. 118.
(3) Deichmuller, Centralbl. f. klin. Med., t. I, 1882 ; Ann. d. Ch., t. CCIX d 2=> tssi
(4) Tollens, Arch. f. klin. Med., t. XXVIII, p. 193, 1881. ’ ’
(5) Wolpe, Arch. f. exper. Pathol. , t. XXI, p. 138.
(B) Rosenfeld, D. med. Wochensch., 1885, p. 40.
(7) Siemens, Arch. f. Psych. u. Nervenkr, t. XIV, p. 593.
(8) Külz, Zeitsch. f. Biol., t. XXI11, p. 338, 1887.
(9) Hoppe-Seyler, Zeitsch. f. klin. Med., t. VI, p. 478, 1883.
(10) Muller, Berl. klin. Woch., 1887, p. 434.
(H) Albertoni, Arch. f. exper. Pathol., t. XVIII, p. 236.
ACIDE ACÉTYLACÉTIQUE Oü DIACÉTIQEE
contre, elle ne dépendrait en rien, chez l’homme, de la réaction du liquide urinaire (von Jaksch, Rosenfeld).
L'urine diacétique est toujours riche en acétone ; il n’existe aucune relation entre l’excrétion du sucre et celle de l’acide acétylacétique (von Jaksch, Wolpe) qui accompagne souvent l’acide oxybutyrique dont il est le dérivé, mais peut exister indépendamment de lui dans l’urine.
Extraction de l'urine. — Gerhardt a montré que la réaction du perchlorure de fer ne se produisait plus après ébullition de l’urine ou lorsqu’elle a été abandonnée vingt-quatre ou quarante-huit heures à elle-même ; cette altérabilité extrême de l’acide diacétique exige donc qu’on opère sur l’urine fraîchement émise.
1° On précipite l’urine par le perchlorure de fer sans excès tout le temps qu’il s’y forme un précipité phosphatique, filtre et additionne le liquide limpide d’un peu de chlorure ferrique qui fait apparaître, en présence de l’acide acétylacétique, une coloration rouge vin de Bordeaux.
La réaction n’est caractéristique qu’en l’absence des acides formique et acétique, salicylique, phénique, sulfocyanique, qui n’interviennent pas dans 1 urine, des skatoxylsulfates et skatoxylcarbonates, et des divers composés qui sont éliminés par les urines après l’ingestion d’antipyrine, de kairine, de thalline, de quinanisol, lesquels donnent des colorations avec le sel de fer, colorations qu on pourrait cependant, suivant von Jaksch (1) arriver à distinguer de celle de l’acide diacétique.
2° L urine fortement acidulée par l’acide sulfurique est épuisée par agitation avec de 1 éther. La solution éthérée, décantée et agitée avec un peu de chlorure ferrique très dilué, cède à celui-ci l’acide diacétique qui le colore en violet ou en rouge Bordeaux. La coloration est fugace, surtout à chaud.
La seule cause d’erreur sérieuse est, dans ce cas, la présence de l’acide salicylique qu on peut enlever au préalable à l’urine au moyen de la benzine ou du chloroforme qui ne dissolvent pas l'acide diacétique.
Le résultat positif que peuvent donner les réactions précédentes est corroboré par la présence de l’acétone en quantité notable dans le produit de la distillation de 1 urine ; mais il ne donne aucun renseignement sur la proportion d’acide diacétique qui est contenue dans l’urine.
L acide diacétique a été préparé à l’état de parfaite pureté par Ceresole (2).
Propriétés. Liquide sirupeux, incolore, inodore, hygroscopique, très acide, soluble dans l’eau et dans l’éther, décomposé déjà au-desssous de 100° en acétone et acide carbonique :
CH3. CO — CH2.COOH = CH3.CO.CH3 + COa
Ac. diacétique. Acétone.
Il déplace l’acide carbonique de ses combinaisons et forme des sels solubles dans l’eau, stables en solution diluée (sel potassique), décomposés lentement à
(1) V. Jaksch, loc. cil. et Veber acetonurie, p. 110.
(2) Ceresole, Ber. d. deutsch. chem. Ges., t. XV, 1826 et 1872, 1882.
froid, rapidement à chaud quand ils sont en solution concentrée, avec production d’acétone et de carbonate, et qu'on ne peut préparer sous forme solide.
La solution de l’acide diacétique ou de ses sels est colorée par le perchlorure de fer en violet, puis en rouge brun par un excès de réactif (Krukenberg) (1 ) ; ]e liquide coloré ne présente aucune bande d’absorption caractéristique, se conserve à froid moins de vingt-quatre heures, perd sa coloration rapidement à chaud ou par addition d’un acide minéral (von Jaksch).
Rôle physiologique, signification pathologique. — Nous n’avons qu’à répéter, pour l’acide diacétique, ce que nous avons dit pour l’acide oxybutyrique, puisque les conditions d’apparition sont les mêmes et que, d'autre part, le premier paraît un produit d’oxydation incomplet de l’acide oxybutyrique à côté duquel il se trouve le plus souvent, bien qu’on puisse le rencontrer seul dans l’urine. Il y a, entre ces deux acides et l’acétone, des liens très étroits qui sullisent à expliquer leur présence concomitante dans les urines pathologiques. Von Jaksch a démontré la toxicité de l’acide diacétique.
ACÉTONE
L’acétone a été trouvée par Petters (2), puis par Kaulich (3) dans l’urine diabétique ; von Jaksch (4) l’a ensuite extraite à l’état de pureté de l’urine normale de l’homme, du cobaye et du chat, puis, ultérieurement, de diverses urines pathologiques; enfin Deichmüller et Brieger retirèrent, par la distillation de grandes quantités d’acétone de l’urine diabétique.
C’est à Gerhardt (5) que l’on doit la démonstration première de la présence de l’acétone dans l’urine diabétique qui se colore en rouge par le chlorure ferrique, réaction que l’on a attachée plus tard à la présence de l’acide acétylacétique (Tollens, von Jaksch, Deichmüller), lequel se décompose avec une facilité relative en acétate et acide carbonique. Il n’est pas prouvé, cependant, que l’acétone provienne exclusivement de l’acide diacétique; en effet, si von Jaksch a trouvé l’acétone dans le produit distillé d’urines colorées par le sel ferrique il en a été de même pour d’autres urines qui ne donnaient rien avec le perchlorure de fer.
Extraction de l’urine. — L’acétone volatile à 56°, 5 est extraite de l’urine par la distillation en présence d’une quantité modérée d’acide sulfurique, dont un excès pourrait la détruire (Albertoni); l’urine additionnée d’un peu d’acide sul-
(1) Krukenberg, Verhancll. d. phys. med. Ges. zh Wurzbourg (N. S.), t. XVIII, p. tgg
(2) Petters, Prager Vjhrssch., t. LV, p. 81, 18u7.
(3) Kaulich, Prager Vjhrssch., t. LXVII, p. 58, 1860.
(4) Von Jaksch, Ueber acélonurie Berlin , 1885, p. 43, Zeitscli. f. phys. Ch., t. VI p 511 1882, Zeitsch. f. klin. Méd., t. V, p. 346, 1882.
(5) Gerhardt, Wien.med. Presse, t. XXVIII, p. 673, 1865.
ACÉTONE
furique est distillée et les produits volatils bien condensés par un réfrigérant de Liebig; la plus grande partie de l’acétone se trouve dans le premier dixième de liquide recueilli. Dans une recherche qualitative, 250 centimètres cubes d'urine suffisent; on recueille de 10 à 20 centimètres cubes de liquide distillé. Pour obtenir l'acétone pure, on opère sur un volume assez considérable d’urine, de 5 à 10 litres, en recueillant toujours le premier dixième qui passe à la distillation, et dont on extrait le corps cherché par distillation fractionnée à l’aide de l’appareil de Le Bel et Heuninger.
Propriétés. — Nous n’avons, ici, qu’à insister sur les réactions spéciales de l’acétone.
1° Réaction de l’iodoforme (Lieben) (1), encore sensible avec 0sr,01 d’acétone en 1—3 minutes, avec 0sr,0001 en 24 heures, instantanée avec plus de 0sr,01, mais non caractéristique, puisqu’elle réussit avec l’alcool qui pourrait se trouver dans les produits de la distillation de l’urine, et avec l’acide lactique.
Gunning (2) a rendu la réaction de l’iodoforme caractéristique pour l’acétone, en remplaçant l’alcali fixe, potasse ou soude, par l’ammoniaque. Ni l’alcool (Gunning), ni l'aldéhyde (von Jaksch) ne donnent d’iodoforme dans ces conditions. En même temps que l’iodoforme, il se précipite une combinaison iodée noire instable et décomposée complètement en 24 heures ; on attendra donc ce temps pour laisser s’effectuer la purification spontanée de l’iodoforme produit pari acétone. Au microscope, les cristaux d’iodoforme se reconnaissent à leur coloration jaune et à leur forme en paillettes hexagonales régulières.
2° Réaction de Reynolds (3), basée sur la dissolution, par l’acétone, de l’oxyde de mercure récemment précipité. On agile le liquide que l’on suppose contenir de l’acétone avec l’oxyde mercurique obtenu en précipitant une solution de sublimé par une solution alcoolique de potasse, et traite ensuite le filtratum par le sulfure d’ammonium qui décèle le mercure dissous. Cette réaction, caractéristique de l’acétone, d’après Gunning, réussirait aussi avec l’aldéhyde, d’après von Jaksch.
3° Réaction de Legal (4). — Le liquide acétonique additionné de quelques gouttes d’une solution récente et saturée de nitroprussiate de soude, puis alcalinisé par la soude, prend une coloration rouge rubis qui passe ensuite au jaune. Après saturation par l’acide acétique, le liquide repasse au rouge carmin, au rouge pourpre en présence de beaucoup d’acétone, puis vire en 48 heures au violet et au bleu. Limite de sensibilité : 0m8r,8 d’acétone.
Le paracrésol qui peut se trouver dans le produit de la distillation de l’urine acidulée se comporte comme l'acétone.
La créatinine donne la même réaction ; mais le liquide alcalin reste jaune après saturation par l'acide acétique, et vire ensuite, surtout à chaud, au vert, puis au bleu.
4° Réaction indigotique de Pcnzoldt (5). — On dissout quelques cristaux d’or-
(1) Lieben, Ann. d. Ch. u. Pharm., Suppl, vol. VII, P- 236, 1870.
(2) Gunning, cité par Bardy, Journ. de Pharm. et Chim. (ü) t. IV, p. 30, 1881.
(3) Legal, Brezlauer ürztliche Zeitsch., 1883, n- 3 et 4.
(4) Voir Bardy, Journ. de Ph. et Ch., toc. cit., p. 30.
(5) Penzoldt, Arch. f. klin. Med., t. XXXIV, p. 132, 1883.
thonitrobenzaldéhyde dans l’eau chaude, mélange la solution refroidie au liquide examiné, et alcalinise l’ensemble par la soude. En présence de l'acétone le liquide se colore d’abord en jaune, puis en vert, et enfin abandonne des CriO taux d indigo bleu (Bœyer et Drewsen) qu’on examine au microscope ou qu'on dissout par agitation dans le chloroforme qui se colore en bleu. Limite de sensibilité : d’acétone, au moins. La réaction se produit encore avec l’aldé¬
hyde.
On a aussi préconisé la réaction de Chautard (1) (coloration rouge de la fuchsine en solution acidulée et décolorée par le bisulfite de soude); mais il est démontré aujourd’hui que l'acétone chimiquement pure et privée de toute trace d’aldéhyde ne recolore pas la fuchsine sulfonée (Villiers et Fayolle) (2).
Recherche de l'acétone dans l'urine. — Les urines riches en acétone ont une odeur caractéristique qui peut déjà les faire reconnaître. On peut caractériser directement l’acétone dans l’urine à l’aide des réactions de Legal et de Penzoldtmais il faut, pour qu’elles réussissent, que l’urine soit assez riche en acétone et l’on ne doit pas oublier que la première appartient également à l’acide acétylacétique. II est infiniment préférable d’extraire l’acétone par la distillation, pu'is de soumettre le produit distillé au maximum^ aux réactions de l’iodoforine
et de l’oxyde mercurique, que l’on peut confirmer par celles de Legal et de Penzoldt, si l’on a assez de liquide.
L’acétone doit toujours être recherchée dans l’urine fraîche ; elle peut, provenir de la décomposition de l’acide acétylacétique pendant la distillation de l'urine acide, et peut ainsi être trouvée dans une urine qui n’en contenait cependant pas de préformée. C’est de cette façon que l’on explique le développement de l'odeur acétonique dans une urine qui ne sentait rien au moment de l’émission, et dans laquelle l’acide diacétique se décompose spontanément par le simple abandon à l’air.
Dosage de l’acétone. — On distille 100 centimètres cubes d’urine additionnés de 2 centimètres cubes d’acide acétique à 50 p. 100, et le produit est de nouveau redistillé avec 1 centimètre cube d'acide sulfurique au 1 /8. Le liquide est agité avec 0°°,1 de solution normale d’iode et un peu de potasse; puis, par l’acide chlorhydrique, on libère l'iode non utilisé dans la production de l’iodoforme et
l’on en titre l’excès à l’aide de la solution normale d’hyposulfite de soude '
Sensibilité : 0f,0035 à 0,004 p. 100 retrouvés, sur 0,005 mis en œuvre (Jolies; (3)
Présence de l’acétone dans l’urine, signification physiologique et pathologique
L’urine normale ne contient que des traces d’acétone, 0*r,01 au maximum du les 24 heures (von Jaksch), de 0^,006 à 0,018 d’après v. Engel; cette proportion
(1) Chautard, Bull, de la Soc. chitn., t. XLV, p. 85, 1886.
(2) Villiers et Fayolle, J. de Pharm. et de Chim., t. XXX, p. 307 1894
(3) Jolies, IVi'eîi. med. Wochensch., 1892, p. 17 et 18, et Ja/lr. f. Th., 1892, p. 238
ACÉTONE
peut monter jusqu’à 5 grammes dans les urines pathologiques. Markownikoff (1) a retiré 33 grammes d’acétone et 3 grammes d’alcool ordinaire de 73 litres d’urine d’un jeune garçon de seize ans atteint de diabète.
Le régime alimentaire exerce une influence manifeste sur l’excrétion de l'acétone, chez le chien (Baginsky) (2) aussi bien que chez l’homme (von Jaksch, Rosenfeld, Ephraïm, von Engel).Elle augmente surtout avec une nourriture riche en matières protéiques', de douze à treize fois la valeur primitive après 12 heures, de cinquante fois au bout de 24 heures, pour baisser après la suspension de la diète carnée (von Engel) (3). L’ingestion d’acides n’augmente pas l’élimination de l’acétone dans le cas de régime mixte, tandis que l’ingestion d’alcalis l’accroît notablement dans le cas de régime carné exclusif (Ephraïm) (4), ce qui explique l’augmentation de l’acétone chez les diabétiques quand on les soumet à ce dernier Tégime. C’est dans un cas semblable que Wolpe (5) a trouvé plus de 5 grammes par jour; mais cette acétone provenait aussi, pour une notable partie, de l’acide diacétique.
L’acétonurie pathologique a été observée dans les cas suivants :
1° Dans les fièvres de longue durée et à température élevée (acétonurie fébrile, 0&r,S d’acétone en 24 heures), telles que pneumonie, fièvre typhoïde, fièvres exanthémiques, rhumatisme articulaire, tuberculose aiguë, pleurésie, etc. La courbe de l’excrétion de l’acétone est à peu près parallèle à celle de la fièvre. Les enfants sont très sujets à l’acétonurie fébrile (Baginsky) (6);
2° Dans le diabète (acétonurie diabétique) à propos duquel von Jaksch a établi les distinctions suivantes : — a) cas légers, pas d’augmentation d’acétone qui reste à0*r,01 — 0&r,02 à côté de 250 à 300 grammes de sucre dans les 24 heures ; — 6) cas plus avancés dans lesquels l’urine, assez riche en acétone, ne donne pas la réaction du chlorure ferrique ; — c) enfin cas graves, avec imminence des accidents du coma diabétique, d'ans lesquels l’urine, très riche en acétone (2 à 5 grammes) et en sucre, donne la réaction du sel de fer; l’invasion du coma coïncide avec une énorme augmentation de l’acétone qui diminue ensuite pendant le coma (von Engel), mais peut de nouveau s’accroître peu à peu chez les malades gravement atteints, à mesure que la prostration s’accentue (Hirschfeld);
3° Dans les cachexies telles que la maladie d’Addison et certains cancers très avancés du tube digestif, et dans l’infection septique (Contejean);
4° Dans l’inanition (acétonurie d’inanition) expérimentale ou de cause pathologique (maladies de l’estomac, catarrhe, dilatation, ulcère, gastro-entérites chroniques, obstruction de l’œsophage, etc.). Dans le cas du jeûneur Celti, suivi par Muller (7), dès le troisième jour de jeûne, l’urine très riche en acide diacétique contenait une quantité colossale d’acétone dont le maximum d’excrétion fut atteint le cinquième jour ; la réaction du perclilorure de fer persista constamment
(1) Cité par Wurtz, Chim. biologiq., p. 779.
(2) Baginsky, Deutsch. med. Woclieruchr., p. 27, 1887.
(3) Von Engel, Zeilsch., f. klin. Med., t. XX, p. 514, 1892.
(4) Ephraïm, Jahresb. f. Thierch., 1885, p. 4G7.
(5) Wolpe, Arch. f. exp. Pathol., t. XXI, p. 145, 1886.
(G) Baginsky, Arch. f. Kadrhlkde, t. IX, 1888.
(7) Muller, Berl. klin. Wochenschr., t. XXIV, p. 434, 1887.
jusqu’au premier jour d'alimentation où, brusquement, elle disparut. Lorenz (1> fait remarquer la fréquence de Vacétonurie par troubles digestifs, dans laquelle on trouve simultanément l’acétone et l’acide diacétique dans l’urine ; quand les affections du tube digestif, estomac ou intestin, sont primitives, l’acétone existe constamment dans l’estomac et dans l’intestin (fèces) ; sa présence dans ces organes est, au contraire, extrêmement rare dans les maladies secondaires et particulièrement dans les affections nerveuses ;
5° Dans les psychoses avec agitation prononcée, où elle existe trente-sept fois sur quatre-vingt-onze cas (Rivano) ; de Bœck et Slosse (2) attribuent l’augmentation de l’acétone non à la psychose en elle-même, mais à la décomposition plus ou moins grande des albuminoïdes de l’organisme pendant les accès d’agitation ;
6» Dans les attaques d’éclampsie (acétonurie éclampsique) où l’on trouve énormément d'acétone - surtout chez les enfants atteints de convulsions, sans qu’elle ait son origine forcée dans ces convulsions, puisque, dans certains cas on ne trouve que peu ou pas du tout d'acétone (Baginsky) ;
7“ Dans la narcose chloroformique où l’on observe une excrétion d’acétone proportionnelle à la durée et à l’intensité de la narcose (Jufé) (3), ainsi que dans l’anesthésie plus ou moins prolongée, surtout chez les enfants, par d’autres agents tels que éther ordinaire, bromure d’éthyle, mélanges d’éther et de chloroforme, etc. (Backer) (4) ;
8» Dans certains cas de maladie de Bright où, tandis que l’albumine diminue dans l’urine, on voit y apparaître de grandes quantités d’acétone qui provoquent des accès d'asthme ; c’est I’astiwe acétonique de Pawinski (5) ;
9° Chez les femmes enceintes, dans les cas de fœtus mort et macéré fVici relli) (6). V
On observe rarement l’acétonurie dans la prétendue acétonhémie; les malades sont alors apyrétiques, éliminent de grandes quantités d’acétone par les poumons et les urines qui donnent la réaction du chlorure ferrique. Dans les cas graves seulement, on observe des désordres nerveux, agitation cérébrale ou symptômes de dépression plus ou moins prononcés.
Luslig (7) a montré que l’extirpation du plexus cœliaque, sur des chiens et des cobayes, provoque une glucosurie transitoire avec acétonurie persistant jusqu’à la mort qui survient dans le coma.
Mode et lieu de production de l’acétone
L’ingestion de l’acétone à la dose de six grammes, chez l’homme, ne provoque aucun symptôme anormal, mais produit l’ivresse chez les animaux (Küssmaul) (8)
(1) Lorenz, Zeitsch. f. kiin. Med., t. XIX, p. 18, 1891.
(2) De Bœck et Slosse, Bull. d. I. Soc. d. med. ment, de Belgique, 1891.
(3) Jufé, Virchov-IIirsch's Jahresb.,t. I, p. 234, 1887.
(4) Backer, Arch. f. path. Anat. u. Physiol., 1895, t. CXL, p. 1.
(5) Pawinski, Berl. klin. Wochenschr., 1888, 50.
(6) Lustig, Deutsch. med. Zeit :, 1889,78.
(7) Vicarelli, Prager med. Woch., 1893, n"* 33 et 35.
(8) Küssmaul, D. Arch. f. klin. Med., t. XIV, p. 30, 1874.
ACÉTONE
A dose plus élevée, surviennent les accidents de l’acétonhémie expérimentale (Tappeiner), et l’on trouve que la dose mortelle, pour le chien, est de 6 à 8 grammes par kilogramme de poids vif (Albertoni) (1); les symptômes principaux de 1 intoxication consistent en lésions rénales avec albuminurie (Pisenti) (2). Par conséquent, bien que Frericlis (3), Le Nobel, Dreschfeld, Lépine (4), etc., aient soutenu que l'acétone ne produisait pas d’effets toxiques chez l’homme, nous admettrons avec Küssmaul, Foster, Tappeiner, Penzoldt, etc., qu’elle est un poison, à dose suffisante, et peut expliquer par sa présence les accidents du coma. D’ailleurs, Conli (S) a trouvé que les urines riches en acétone sont ordinairement hypertoxiques.
Mais où prend-elle naissance et aux dépens de quel principe constituant de 1 organisme animal? On a soutenu que l’acétone se produirait dans l’intestin par un processus de fermentation anormal, mais on ne sait aux dépens de quo (Cantani, Petters et Kaulich). Bierner-Jœnicke et Kaulich (6) ont établi, d’une maniéré irréfutable, que l’introduction de la diète carnée dans le cours du diabète était toujours suivie d’une diacéturie ; puis Rosenfeld (7) a démontré que l’acétonune accompagnait la diacéturie, tantôt plus faible, le plus souvent plus intense. Cîtte association intime dans l’excréLion des deux substances, acide diacétique et acetone, dans l’alimentation carnée pure, association vérifiée par Rossbacli en 188/, n est pas seulement apparente pour la totalité des urines des vingt-quatre heures, mais se poursuit constamment quand on examine toutes les deux heures l’urine d’un diabétique mis à la diète carnée pure ou au régime mixte. D ailleurs, on n observe, dans le diabète, aucune relation entre l’excrétion de 1 acétone et celle du sucre, tandis qu’au contraire, des variations de même sens se produisent pour l’acétone et l’azote total (Wright) (8).
Bien plus, 1 addition d une quantité de 50 à 100 grammes de certains hydrocarbonés a 1 alimentation quotidienne, tels que glucose, lactose, saccharose, mannite qui sont, d ailleurs, complètement comburés dans l’organisme du malade, détermine une diminution et même la disparition de l’acétone dans les cas de diabète pas très graves (Ilirschfeld) (9). Dans les cas très graves où les hydrocarbones ne sont plus utilisés en totalité, l’acétonurie persiste, d’après le même auteur , cependant von Engel(lO) a vu, dans des cas très graves de diabète accompagnés d’une excrétion moyenne de 2sr,3184 d’acétone, cette acétone ne pas augmenter sous l’influence du régime carné ni être influencée par de fortes doses d alcalins, mais diminuer sous l’influence d’une alimentation pauvre en substances protéiques, riche, au contraire, en hydrocarbonés, qui ne provoquait ’ pas d augmentation de la glucose urinaire. Il en est de même chez l’homme sain
(1) Albertoni, Archiv. ital., 1884.
(2) Albertoni et Pisenti, Arch. ital., 1887, t. XI p. 2 et 3.
(3) Frerichs, Zeitsch. f. klin. Med., 1883.
(4) Lépine, Rev. médic., 1887.
(o) Conti, « Siill’acetonuria », Riforma, sept. 1893.
(6) Bierner-Jœnicke, D. Arch. f. klin. Med., 1882, t. XXX.
(/) Rosenfeld. D. med. Wochenschr., 1885, p. 40.
(8) Wright, Jahr. f. Thierch., t. XXI. p. 404. 1891.
(9) Ilirschfeld, Deulsch., med. Woch., 1893, n" 38.
(10) Von Engel, Zeitsch. f. klin. Med., t. XX, p. 314, 1892.
soumis au régime carné (Ephraïm). Il en résulte que Yacétonurie est une conséquence du régime carné , aussi bien chez le diabétique que chez l’homme bien portant par suite, comme le dit Baker à propos de l’acétonurie d’origine anesthésique, d’une suractivité imprimée à la désassimilation des principes azotés de l’organisme.
Mais la marche de l’acétonurie est différente dans les deux cas; chez l’homme sain, elle ne se manifeste que quarante-huit heures après l’établissement de la diète carnée et d’abord sans diacéturie, tandis que, chez le diabétique, l’acétonurie apparaît immédiatement et accompagnée de diacéturie.
L’acétone ne peut donc dériver des hydrates de carbone, mais seulement des matières albuminoïdes; et ce qui a lieu dans le régime carné se produit encore dans l’inanition, dans les fièvres, les cachexies diverses; ainsi s’explique l’acétonurie des cancéreux, des débilités, etc. Mais il ne faut pas oublier que, comme le dit von Jaksch, l’acétone est un [produit d’oxydation de l’acide p-oxybutyrique et de l'acide glycuronique.
Tous les composés que nous avons déjà étudiés et qui se rattachent à l’acétone, tels que l’acide diacélique et l’acide (3-oxybutyrique, etc., sont considérés, ainsi qu’elle, par certains auteurs, comme des résidus de la combustion imparfaite de la glucose, par d’autres [Fr. Müller, von Jaksch (1), Ebstein (2), von Engel (3j et von Noorden (4)], comme les produits d'une destruction exagérée des matériaux albuminoïdes de nos tissus. L’expérience du régime carné aussi bien chez le diabétique que chez l’homme sain, et l’apparition de l’acétone dans les urines des femmes enceintes avec fœtus macéré, laquelle disparaît complètement au quatrième jour qui suit l'expulsion du fœtus (Vicarelli), donnent raison à ces derniers, et démontrent qu’il s’agit là d’une véritable auto-intoxication.
Acétonurie expérimentale. — Bœri (8) a provoqué l’acétonurie par l’ingestion de substances destructrices du sang, comme la pyrodine, sans modification de l’alcalinité du sang ; aussi admet-il que la diminution de l’alcalinité du sang et l’acétonurie constituent, chez les diabétiques, des symptômes communs d'une auto-intoxication qui les provoque parallèlement.
L’acétonurie accompagnée de glucosurie et d’albuminurie est consécutive à l’extirpation ou à la dégénérescence provoquée du plexus solaire (Lustig) (6), ainsi qu’à des lésions variées du système nerveux central (Oddi) (7) ; mais Contejean (8) n’admet pas la spécificité de cette acétonurie par lésion nerveuse chirurgicale, parce que l’acétone se montre dans les urines dans les processus pathologiques les plus divers, particulièrement dans l’infection septique.
(1) Von Jaksch, Ueber Acétonurie u. Diacéturie , 1885.
(2) Ebstein, Le Diabète.
(3) Von Engel, Zeitsch. f. klin. Med., t. XX, 1892.
(4) Von Noorden, Lehrbuch. der Pathol, des Stoffwechsels, Berlin, 1893.
(5) Bœri, Jalir. f. Thierch., t. XXII, p. 519, 1892.
(6) Lustig, Riv. gen. ital. di chir. med., 1891, n”* 12 et 13, et Centr. f. klin. Med., 1892, n* 31.
(7) Oddi, Centralbl. f. Physiol., t. VI, n* 1, 1892.
(8) Contejean, Arc h. de Physiol., t. XXIV, p. 710, 1893.
ACIDE GLVCURONIQUE
Relations de l'acétone avec les acides acétylacétique et oxybutyrlque
Minkowski (1) ayant pu transformer l’acide fî-oxybutyrique en acétone, au moyen de l’acide chromique, en conclut à la production vraisemblable de l’acide acétylacétique comme terme intermédiaire, ainsi que le montrent les formules suivantes :