‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 549 sur 722 · CH3 CHOU— CH2 — COOH + O = CH3.CO-CH2.COOH + H · texte numérisé non relu

CH3 CHOU— CH2 — COOH + O = CH3.CO-CH2.COOH + H

Ac. (5-oxybutyriqùe. Ac. acétylacétique.

CH3.CO — GH2 . COOH = CH3.CO.CH3 -f CO»

Ac. acétylacétique. Acétone.

Cependant Albertoni (2) n’a pu constater la transformation de l’acide (3-oxybutyrique en acétone urinaire après son administration à des animaux.

Plus tard, Wolpe (3), étudiant l’élimination des deux corps par l’urine, n’a jamais observé de parallélisme entre les quantités d’acide oxybutyrique et d’acétone, mats, au contraire, a plùsieurs fois constaté des variations inverses entre les deux corps, ce qui est en harmonie parfaite avec le résultat précédent de Minkowski.

Enfin Araki (4) a fait ingérer de l’acide p-oxybulyrique à divers animaux, lapins, chiens, grenouilles, et démontré que, de même que dans l’expérience du laboratoire, cet acide est oxydé dans l’organisme animal et transformé en acétone avec, sans doute, 1 acide diacétique comme terme intermédiaire.

11 existe donc entre ces trois corps, acide p-oxybutyrique, acide diacétique et acétone, d éLroites relations qui expliquent leur présence le plus souvent simultanée dans les urines pathologiques et dans celles qui suivent le jeûne rigoureux ou le régime carné exclusif. La production de ces acides en quantité exagérée est manifestée par l’augmentation énorme de l’ammoniaque urinaire qui atteint 4Kr,64 en vingt-quatre heures, contre la moyenne normale de 0sr,7S (Wright).

ACIDE GLYCURONIQUE CcH,0O7 = CHO — (CH. OH)4 — CO. OH

L acide glycuronique, qui ne diffère de la glucose que par la transformation de la caractéristique alcoolique — CH20H en caractéristique acide — COOH, est un corps à fonctions mixtes, aldéhyde, acide et alcool, qui se trouve dans les

(1) Minkowski, Arch. f. exper. Pathol ., t. XVIII, p. 42.

(2) Albertoni, Arch. f. exper. Pathol ., t. XVIII, p. 238.

(3) Wolpe, Arch. f. exper. Pathol., t. XXI, p. 153.

(4) Araki, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. XVIII, p. 1-12, 189*.

urines sous la forme d’éthers glucosides résultant de sa combinaison avec les alcools de la série grasse et de la série aromatique.

La première de ces combinaisons éthérées, dont l’existence ait été reconnue, est l’acide urochloralique ( acide trichlorëthylglycuroniqae) découvert par Musculus et de Mering (1) ; Jaffé (2) a ensuite démontré l’existence vraisemblable de l’acideglycuronique qui fut préparé en partant de l’acide camplioglycuronique extrait de l’urine du chien, et étudié par Schmiedeberg et Meyer (3) ; ces derniers déterminèrent ensuite la constitution de ses éthers ; il lit encore l’objet des recherches de Spiegel, Külz et surtout Thierfelder (4).

Les combinaisons de l’acide glycuronique que l’on trouve dans les urines normales se divisent en deux groupes, suivant qu’elles sont exemptes ou non d'azote. Le. premier renferme les combinaisons avec l’indoxyle, le skatoxyle.les phénols divers, etc. ; dans le second, l’on ne connaît que l’acide uramidoglycuronique qu’il ne faut pas confondre avec les sels d’urée que forment quelquefois les acides organiques dans l’urine, et dont l’ébullition avec l’eau de baryte fournit, outre une nouvelle combinaison non azotée de l’acide, de l’ammoniaque et du carbonate de baryum.

Propriétés de l’acide glycuronique. — Liquide sirupeux, soluble dans l’eau et dans l’alcool, et dextrogyre; par la chaleur, il se déshydrate en présence de l'eau et donne 20 p. 100 d’un anhydride lactoné répondant à la formule C«HsO« dont Fischer et Piloty (5) ont effectué la synthèse en réduisant l’acide saccharique par l’amalgame de sodium.

Cet anhydride, glycurone, cristallise en tables incolores, épaisses et clinorhombiques, qui fondent à 167° sans décomposition; il est facilement soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool, possède une saveur sucrée et un peu amère. Ses solutions sont dextrogyres, et le pouvoir rotatoire qui, suivant Thierfelder, paraît variable avec la concentration, a été cependant trouvé, par cet auteur, égal1 2 3 4 en moyenne à cc[d] = + 19°, 4 pour des solutions variant de 6 à 14 p. ioo et au même chiffre, par Külz, pour une solution à 3 p. 100.

Stable quand il est bien sec, l’anhydride glycuronique devient brun et tombe en déliquium au contact de l’air humide et surtout d'une trace d’acide étranger ; sa solution aqueuse, stable à froid, s’hydrate en partie et régénère l’acide glycuronique àla température du bain-marie. La même transformation s'effectue au contact des acides et des bases ou de leurs carbonates. L’ébullition prolongée de la solution le décompose avec production de dérivés ulmiques bruns.

Acide monobasique, l’acide glycuronique forme des sels bien définis, solublesdans l’eau, et cristallisables au moins pour les alcalins.

Le mélange en solution aqueuse d’une molécule d’acide glycuronique avec neuf molécules de chlorure de benzoyle et douze molécules de soude NaHO donne naissance à un précipité visqueux d'acide dibenzoylglycuroniqu'c

(1) Musculus et von Mering, Ber. d. chem. Ges ., t. VIII, p. 662, 1875.

(2) Jaffé, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. II, p. 59, 1878, 1879.

(3) Schmiedeberg et Meyer, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. III, p. 422, 1879.

(4) Thierfelder, Zeitsch. physiol. Ch., t. II, p. 388, 1887, et t. XIII, p. 275, 1889.

(6) Fischer et Piloty, Ber. il. dentsch. chem. Gesellsch., t. XXIV, p. 521, 1891.

ACIDE GLYCURONIQUE

€6H807 — (CO.C6H3)2, insoluble dans l’eau, facilement soluble dans l’alcool surtout à chaud, fusible à 107° et à une température inférieure à 100° sous une couche d’eau, qui réduit la liqueur cupro-potassique (Thierfelder).

La phénylhydrazine forme, avec l’acide glycuronique comme avec la glucose, une combinaison qui se sépare lentement sous la forme de belles aiguilles jaunes {Thierfelder).

Le glycuronate de potassium peut se combiner avec une molécule d’aniline (et élimination de H20) et avec deux molécules d’aniline ou une seule de toluylèndiamine (et perte de 2H20), sous la forme de combinaisons cristallisables et lévogyres, encore analogues à celles que forme la glucose (Thierfelder).

Chauffé longtemps au contact d'une solution concentrée de potasse, il est décomposé en pyrocatéchine et acide protocatéchique, toujours comme la glucose, mais, en outre, en acide oxalique au lieu d’acide lactique (Thierfelder).

L’acide et son anhydride réduisent les solutions alcalines d’oxyde de cuivre et de bismuth, ainsi que l’azotate d’argent ammoniacal et la solution d’indigo, ce qui tient à son rôle d’akléhyde. Le pouvoir réducteur h l’égard de la liqueur cupro-potassique est le même que celui de la glucose.

Les oxydants faibles (brome) transforment l’acide glycuronique en acide saccharique COOH — (CHOH)<— COOH ; l'acide chromique décompose profondément sa molécule en acides carbonique et formique et en acétone. Ces dernières réactions fixent sa constitution en tantqu’acide monobasique, quatre fois alcool secondaire et une fois aldéhyde comme la glucose.

La fermentation vaseuse de l’acide glycuronique le décomposerait, d’après Thierfelder, en acide carbonique, acide lactique et acétique ; l’acide lactique donnerait à son tour de l’acide acétique, de l'acide carbonique et de l’hydrogène, •et l’acide acétique lui-même de l’acide carbonique et du méthane, d’où, en fin de compte, le dégagement observé de gaz carbonique, hydrogène et des marais.

Combinaisons éthérées ou conjuguées de l’acide glycuronique

L’acide glycuronique forme, avec un grand nombre de corps de la série grasse et de la série aromatique, particulièrement les alcools et les phénols, des combinaisons éthérées qui se produisent exclusivement dans l’ économie animale, du moins jusqu a présent, après l’ingestion des dérivés alcooliques ou phénoliques, et sont excrétés par les urines. Le même phénomène suit l’absorption de certains hydrures de carbone et d’aldéhydes qui sont, au préalable, transformés en alcool par oxydation ou réduction. Les nombreuses expériences faites à ce sujet ont été effectuées sur le chien, le cobaye, et même sur l’homme, et l'on a observé que les diverses espèces ne produisaient pas indifféremment tous les dérivés conjugués de l’acide glycuronique.

Parmi les nombreux acides glycuroniques conjugués que l’on a pu ainsi retirer de 1 urine, nous ne citerons que les principaux : les acides Irichloréthylglycuroniquc (acide urochloralique) et trichlorobutylglycuronique (acide urobutyl-

chloralique) obtenus chez le cobaye après ingestion des alcools ou aldéhydes trichlorés correspondants, par Musculus et de Mering (I).

Après la chloroformisation, l'urine dévie à gauche et réduit la liqueur cupropotassique (von Mering) ; -elle devrait contenir l’acide trichlorométhylglycuronique et non l’acide urochloralique que l’on admet s’y former dans ce cas, mais que Külz (2) n’a cependant pu retirer de l’urine.

On a extrait de l’urine les conjugués de l’acide glycuronique avec les composés aromatiques suivants: benzol et phénol ( acide phénolglycaroniqite), thymol hydroquinone et résorcine, naphtaline et naphtol ( acide naphtolglycnronique), menthol, bornéol, camphre ( acide camphoglycuronique ), térébenthine (acide terpèng lycuronique), acétophénone, acétanilide, paramidopliénol,crésol, thymol gaïacol, chlorophénol, nitrobenzine, acide et aldéhyde benzoïque, indol, skatol' kairine, morphine, etc. Ces conjugués dévient tous à gauche et réduisent, pour la plupart, les solutions alcalines d’oxydes métalliques.

Des composés précédents, beaucoup comme le phénol, la kairine, ne sont transformés en conjugués glycuroniques qu’après que tout l’acide sulfurique disponible est lui-même passé à l’état d’acide sulfoconjugué du phénol ingéré d’autres, au contraire, comme le naphtol, l’indol, le skatol sont éliminés exclusivement sous la forme de conjugués glycuroniques.

Propriétés générales des acides conjugués glycuroniques. — Les acides conjugués glycuroniques sont tous monobasiques et lévogyres. Ils se dédoublent" par hydratation, en acide glycuronique et en alcool ou phénol, à la température ordinaire (acide terpènglycuronique) ou à 100», ou bien seulement au contact de la vapeur d’eau surchauffée ; l’ébullition avec les acides dilués produit le même effet :

C,nH1 2^08 + H20 ■= C,0H,cO2 + CcH,007

glycuronique. P ro^ique.'"

Ils sont donc absolument comparables aux glucosides et, comme ces derniers se dédoublent dans les mêmes conditions mais, en donnant, au lieu de glucose* son dérivé par oxydation.

Les uns réduisent les solutions alcalines d’oxyde cuivrique et de divers oxydes métalliques (acide urochloralique), tandis que d’autres sont dépourvus d’action réductrice (acides butylchloralique, phénylglycuronique, camphoglycuronique) quelques-uns maintiennent l’oxyde cuivrique en solution au contact des alcalis* Les acides urochloralique, naphtol-, bornéol-, mentholglycuronique sont précipités par le sous-acétate de plomb, l’acide camphoglycuronique ne l’est pas.

Présence des acides conjugués glycuroniques dans l’urine normale

L’urine humaine normale possède un certain nombre de propriétés que l’on ne peut expliquer que par la présence des dérivés éthérés de l’acide glycuronique

(1) Musculus et v. Mering, Ber. d. chem. Gesellsch., t. VIII, p. 662, 1875.

(2) Külz, Zeitsch. f. Biol., t. XX, p. 157.

ACIDE GLYCURONIQUE

L’urine normale dévie à gauche le plan de polarisation ; cette observation, due à Haas (1), a été confirmée ensuite par les nombreuses expériences de Johannowski (2), Galippe (3) et Külz (4).

Pour l’urine moyenne, la déviation est très faible, de 0°,0S à 0°,17 (Haas), de 0°,01 à 0°,18 (Johannovski) ; elle est plus forte pour l’urine de la nuit que pour celle de la journée (Haas).

L’urine des animaux agit comme celle de l’homme ; il en est de même des urines pathologiques, et, dans huit cas sur cinquante-deux de diabète, Külz a précipité de l’urine, par le sous-acétate de plomb et l’ammoniaque, une substance lévogyre bien différente de l’acide p-oxybutyrique.

Haas a étudié les propriétés de cette matière lévogyre encore indéterminée : elle n’est pas volatile et se concentre, au contraire, par évaporation de l’urine, dont l’action rotatoire s’accroît par sa concentration. L’urine concentrée à sirop cède la substance active à l’alcool, au' noir animal qui ne la restitue qu’en partie à l’eau distillée. Ses solutions sont toujours lévogyres, quelle que soit leur réaction ; cependant l’urine, très fortement alcalinisée par le carbonate de soude, donne un filtratum inactif qui reprend la déviation gauche par acidulation. Elle n’est précipitée que par le sous-acétate de plomb ammoniacal, et non parle sel plombique seul, neutre ou basique ; le précipité plombique, transformé par l’hydrogène sulfuré en sulfure de plomb, ne cède qu’à l’eau chaude, mieux encore à l’alcool, une substance dextrogyre, tandis que le liquide froid dans lequel s’est formé le sulfure métallique est sans action sur la lumière polarisée. Les solutions de la matière dextrogyre extraite du sulfure de plomb sont colorées en jaune brun par l’acide azotique ou la soude caustique et, en présence de cette dernière, maintiennent en dissolution beaucoup d’hydrate cuivrique qui n’est pas réduit à chaud.

Galippe a observé, de son côté, que l'acétate de mercure diminue le pouvoir rotatoire gauche de l’urine normale.

L’urine des herbivores se différencierait, d’après Külz, de celle de l’homme, en ce que la rotation gauche, qui n’est pas modifiée par l’acétate de plomb, diminue déjà par addition de sous-acétate pour disparaître encore complètement par addition finale d’ammoniaque; ce qui paraîtrait indiquer la présence de plusieurs substances associées dans l’urine.

Éthers glycuroniques de l’urine normale

Les dérivés conjugués de l’aoide glycuronique que l’on peut s'attendre à rencontrer dans l’urine normale sont les acides phénol-, indoxyl-, et skatoxylglycuronique qui ne sont encore que très imparfaitement connus.

1° Acide phénolglycuronique. — Schmiedeberg (o) a retiré, de l’urine d un chien

(1) Ua.a.s, Centralbl. f. d. med. Wissensch., 1876, p. 149.

(2) Johannowski, Arch. f. Gynœkol., t. XII, 1877.

(3) Galippe, Gaz. med. de Paris, 1880, p. 259.

(4) Külz, Zeitsch. f. Biol., t. XX, p. 166, t. XXIII, p. 338.

(5) Shmiedeberg, Arch. f. exper. Pathol., t. XIV, p. 307, 1881.

qui avait absorbé de la benzine, une certaine quantité d’un mélange d’éthers glycuroniques, dont un cristallin et exempt d’azote; la plus grande partie du mélange était constituée par un acide azoté, sirupeux, ne donnant aucun sel cristallisé ; la solution se décomposait en phénol et acide glycuronique par l’ébullition avec 8 à 10 p. 100 d'un acide minéral.

Après ingestion de phénol, l’urine de cobayes a fourni à Külz (1) un acide conjugué lévogyre, non azoté, sublimable et cristallisé, ne réduisant pas l’oxyde cuivrique, et encore dédoublé par les acides étendus en phénol et acide glycuronique. Ce conjugué ne semble pas toxique et apparaît encore dans les urines même après l’ingestion de sulfate de soude ou d’acide sulfurique dilué avec le phénol.

L’acide phénolglycuronique paraît beaucoup plus facilement dédoublé par hydratation, en ses éléments générateurs, que l’acide phénolsulfurique ; aussi doit-on lui attribuer le phénol que l’on peut extraire par simple distillation de l’urine sans addition d’acides.

2» Acide indoæylglycuronique. - Après ingestion d’indol, l’urine des cobaves devient nettement lévogyre (Külz); il en est de même après absorption d’acide ortlionitrophenylpropiolique, et l’urine réduit fortement l’hydrate cuivrique (Hoppe-Seyler) (2). La substance active est beaucoup moins stable que l’acide indoxylsulfurique, et se décompose rapidement pendant la fermentation ammo niacale de l’ur.ne exposée à l’air, en abandonnant une assez grande quantité' d’indigo cristallisé, absolument indépendante de l’acide indoxylsulfuré ; Baumann a confirmé l’observation de Hoppe-Seyler. C’est à Schmiedeberg que l’on doit la première idée de la formation, dans ces conditions, d’un acide indoxylelycuro nique. ‘ ° "

3“ Acide skato.vylglycuroniqiie. — L’absorption du skatol, chez le chien est suivie de l’émission d’une urine fortement lévogyre, réduisant la liqueur cupropotassique et contenant à la fois les dérivés conjugués de l’acide glycuronique et de l’acide sulfurique. L’urine, jaune rougeâtre au moment de l’émission, plus rouge à la surface, devient rouge foncé par l’addition d’acide chlorhydrique et se fonce encore plus à chaud, puis passe enfin au violet. On n’a pu encore isoler l’acide skatoxylglycuronique (Mester) (3).

Extraction des acides conjugués glycuroniques

On n’a réussi à constituer des méthodes d’extraction des- éthers glycuroniques que pour ceux qui dérivent de principes étrangers à l’organisme, et non nas pour ceux qui existent normalement dans l’urine de l’individusain.Schmiedeber a obtenu l’acide phénolglycuronique, consécutif à l’ingestion de benzol, par le procédé qui lui avait servi à l’extraction de l’acide camphoglycuronique,' et Külz a appliqué, à ce même éther phénolique résultant de l’ingestion du phénol la méthode qui lui avait fourni l’acide urochloralique.

(1) Külz, Pfliiger's Arch., t. XXX, p. 485.

(2) Hoppe-Seyler, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. VII, p. 179 et 425, 1882-1883.

(3) Mester, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. XII, p. 132, 1S88.

ACIDE GLYCURONIQUE

On peut employer le procédé suivant indiqué par Huppert : l’urine, ou mieux son extrait alcoolique, débarrassé d’alcool, est précipité successivement par l’acétate et le sous-acétate de plomb, puis, en cas de besoin, par ce dernier additionné d’ammoniaque. Le précipité plombique, lavé à l’eau, est décomposé par le carbonate d'ammonium ; ce liquide filtré est chauffé avec de l’eau de baryte jusqu à disparition de toute l’ammoniaque ; l’excès de baryte est éliminé par un courant d’acide carbonique ; enfin la solution est précipitée par l’alcool. Le précipité (a) renferme le sel barytique glycuronique-conjugué, quelquefois mélangé à un sel sulfoconjugué ; on précipite la baryte par l'acide sulfurique, filtre et porte à l’ébullition le liquide additionné d’un léger excès d’acide. sulfurique étendu pour décomposer les acides conjugués, précipite l’acide sulfurique par la baryte, filtre encore et traite le filtratum par un excès d’eau de baryte qui précipite l’acide glycuronique à l’état de sel basique. Au lieu d’employer l’acide sulfurique, on peut décomposer l’acide conjugué en maintenant une heure sa solution au contact de 1 eau à 140°, sous pression, et précipitant directement par la baryte ; mais alors le liquide retient toujours un peu d’acide conjugué non dédoublé. Le sel barytique basique est lavé à l’eau de baryte, puis décomposé par 1 acide sulfurique dilué, et la solution est examinée au point de vue de son action sur la lumière polarisée et sur la liqueur cupro-polassique qui démontrent la présence de l’acide glycuronique.

Il s agit ensuite d’en établir l’existence en tant qu’acide conjugué ; et, pour cela, après avoir reconnu tout d’abord l’absence d’un sulfoconjugué dans le précipité barytique (a) dont une partie ne doit pas précipiter par le chlorure de baryum après ébullition avec l’acide chlorhydrique, on démontre la présence du phénol par la distillation avec l’acide chlorhydrique qui dissocie l’acide conjugué glycuronique ; quant à l'indol et au skatol, on les caractérise par la réaction de l'indican de Jaffé.

La déviation à gauche et l’action réductrice de l'urine ne suffisent pas pour admettre la présence d’un acide con jugué-glycuronique qui ne devient que plus probable quand ou peut exlraire'de l’urine une proportion notable de phénol ou de substance analogue, coïncidant avec une faible quantité de dérivés sulfoconjugués (Huppert) (t).

Origine, rôle physiologique des acides glycuroniques conjugués

On peut admettre que les éthers glycuroniques résultent d’une oxydation incomplète de la glucose physiologique dans l’économie, laquelle s'arrête à la phase d acide glycuronique, son premier produit d’oxydation, sous l’influence des dérives nombreux tels que phénols, phénétols, camphres, chlorals, etc., qui ralentissent le mouvement nutritif et l'assimilation de l’oxygène, et avec lesquels 1 acide formé s’unit sous la forme de composés copulés complexes excrétés sous cette forme définitive par les urines (A. Gautier) (2).

(1) Huppert, Anal, des Ilarns de Neubauer et Vogel, 1890, p. 124.

(2) A. Gautier, Chimie biologique , 1890, p. 289.

Il y aurait, dans cette synthèse spéciale à l’économie animale, un moyen d'assurer l’élimination des nombreux produits introduits dans l’organisme.

D’ailleurs, la transformation de l’excès du phénol ingéré en acide phénolglycuronique prouve que l’acide glycuronique est un élément constant de l'urine normale destiné à assurer l’élimination de nombreux dérivés de la série grasse et surtout de la série aromatique ; il doit trouver son origine dans la minime quantité de glucose que paraissent contenir toutes les urines normales, ou plutôt se former aux dépens de cette glucose 'dans le sang. Car on ne sait rien, ni du lieu où se produisent l’acide glycuronique et ses conjugués, ni des conditions particulières qui régissent leur formation. Ils paraissent n’avoir qu'une voie d’élimination, le rein et l’urine.

ACIDE OXALIQUE COOH

C20-,Ha = |

COOH

On peut admettre que l’acide oxalique fait partie constituante de l’urine normale puisqu’on l’y rencontre presque toujours, mais en très minime quantité, 0sr,02 pour les 24 heures (Fürbringer) (1), et à peu près exclusivement sous la forme d’oxalale de calcium. 11 augmente notablement sous certaines influences physiologiques et dans certains cas pathologiques, et se trouve alors soit à l’état libre, soit encore combiné à la chaux.

Recherche de l’acide oxalique dans l’urine. — L’acide oxalique se dépose le plus souvent, dans l’urine, sous la forme d’oxalate de calcium incolore que l’on reconnaît dans le sédiment isolé par le repos à ses cristaux caractérisés au microscope parleur forme octaédrique (enveloppe de lettre) pour le sel C"20*Ca.3aq et plus rarement en sabliers, par leur insolubilité dans l’acide acétique et leur grande solubilité dans l’acide chlorhydrique.

L’absence complète des cristaux d’oxalate calcique ne démontre cependant pas que l’urine soit exempte d’acide oxalique qu'elle peut même contenir asser abondamment. En pareil cas, la recherche doit être conduite de la manière suivante :

On alcalinise très légèrement 200 centimètres cubes d’urine par un lait de chaux, traite par le chlorure de calcium, évapore le tout, liquide et précipité, puis précipite l’ensemble par l’alcool. Le précipité lavé d’abord avec de l’alcool à 80° centésimaux, puis avec de petites quantités d’eau bouillante, est ensuite redissous dans le moins possible d’acide chlorhydrique étendu; le liquide filtré, neutralisé exactement par l’ammoniaque, puis enfin acidulé par l’acide acétique et abandonné au frais, laisse cristalliser l’oxalate de calcium en 24 heures (Salkowski) (2).

(1) Fürbringer, D. Arch. f. klin. Med,., t. XVIII, p. 143, 1876.

(2) Salkowski, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. X, p. 120, 1886.

ACIDE OXALIQUE

Présence de l'acide oxalique dans l’organisme animal

Si l’acide oxalique peut être considéré comme un élément constant de l’urine normale dans laquelle il existe sous la forme d’oxalate de calcium tenu en dissolution par le phosphate acide de sodium (Neubauer), il ne s’y trouve cependant qu’en proportion minime, variant depuis des traces jusqu’à 0sr,020 par 24 heures. Il augmente sensiblement avec le régime végétal, — ce qui explique que l’urine des herbivores (surtout celle des chevaux et des porcs) en renferme une plus grande quantité que celle de l’homme, — ainsi qu’après l’ingestion de boissons gazeuses, de vins mousseux, de bière et de tous les végétaux qui le renferment en quantités très appréciables, tels que l’oseille, la rhubarbe, les tomates, les épinards, les betteraves, le thé, le cacao, etc. ; dans ce dernier cas, il passe en partie dans les selles. On en a rarement constaté la présence dans le sang et quelques liquides de sécrétions. A l’état de concrétions ou de dépôt, il accompagne souvent l’acide urique ou les phosphates terreux dans les sédiments urinaires; il forme de véritables calculs vésicaux, plus rarement biliaires et intestinaux ; on l’a trouvé aussi dans les canalicules urinifères, les ligaments ronds, la trompe de Fallope, et même la muqueuse utérine, pendant la grossesse.

Origine, mode de formation de l'acide oxalique

L acide oxalique a trois origines différentes, dont la plus simple est l’origine alimentaire.

Un grand nombre d’aliments végétaux usuels contiennent des oxalates acides, dont l’ingestion explique l’augmentation consécutive et immédiate de l’acide oxalique, urinaire et fécal.

Gaglio (i) a démontré, en effet, que l’acide oxalique n’est pas oxydé dans l’économie et que, après l’injection sous-cutanée d’une dose très minime de 0Br,û005, il passe intégralement dans lesurines.

Voici, d’après A. Gautier (2), quelques chiffres calculés pour 1.000 grammes de substance fraîche et donnant les proportions d’acide oxalique trouvées par Esbach dans un certain nombre d’aliments usuels:

ACIDE OXALIQUE (EN GRAMMES) PAR KILOGRAMME d’aLIMEXTS FRAIS

Épinards . ;;;;;;;;; , ’91 -3

Rhubarbe en branches . 2 47

Betteraves . n ao

Haricots verts . 0 06 à 0 21

Haricots blancs 0 31

Son de blé ... . 0 85

Groseilles en grappes. 0 13

Poivre . 3 25

Thé noir . 3 75

Infusion de thé . 2 06

Cacao en poudre . 4 50

Chocolat . 0 90

Café . 0 13

(1) Gaglio, Maly's Jahresber., t. XVI, p. 404, 1886.

(2) A. Gautier, Chimie biologique, 1890, p. 630.

On trouve encore de l’acide oxalique dans les tomates, l’endive, le pourpier, les carottes, le panais, le persil, le céleri, le chou rouge, les asperges, les oranges, le raisin, les pommes, le miel, etc., ainsi que dans certaines plantes médicamenteuses : la rhubarbe, la saponaire, la scille, la valériane, le sureau, la cannelle, etc.

D’autre part, l 'oxydation incomplète des corps ternaires, tels que les sucres, l'amidon, les corps gras, les acides tartrique et citrique, donnant de l’acide oxalique, ce dernier peut prendre naissance dans l’économie après l’ingestion de ces produits, comme l’ont démontré Millier et Ivôlliker pour l’acide citrique, comme aussi semble le prouver l’augmentation de l’acide oxalique dans les cas de troubles respiratoires accompagnés d’un ralentissement dans l'absorption de l’oxygène (Gaglio).

Quant à l’influence des boissons riches en acide carbonique (champagne, eau de Seltz, etc.) et des bicarbonates alcalins sur l’oxalurie, influence bien démontrée, elle ne peut s’expliquer que par une action chimique de réduction toujours corrélative d’une diminution dans les oxydations normales, ainsi qu’il résulte de la formule suivante :

4C02 + 2H20 = 2C2OlH2 + O2

Ac. carbon. Eau. Ac. oxalique. Oxygène .

que corrobore la réaction du sodium sur l’acide carbonique, avec production d’oxalate de sodium (Drechsel) :

2C02 + Na2 = C2CHNa2.

Enfin, l’acide oxalique est encore un produit de l'oxydation des tissus, car W. Mills (1) a montré que, chez le chien (comme aussi chez l’homme), l’excrétion urinaire contenait le maximum d’acide avec l’alimentation exclusivement carnée. lise produit d’ailleurs dans l’oxydation de l’acide urique, de la créatinine, de la leucine,etc., tous produits de déchets des matières albuminoïdes • mais les expériences faites à ce sujet sur l’homme et les animaux sont pleines de contradiction. Ainsi, tandis que Frerichs etWœhler ont vu l’ingestion et l'injection dans le sang, de l’acide urique ou d’urates déterminer une augmentation de l’acide oxalique dans les urines, Zabelin n’a pu vérifier le fait chez le chien. Et cependant les relations intimes entre l’acide urique et l’acide oxalique que démontrent les réactions de laboratoire, sont confirmées par la fréquente coïncidence des deux acides dans les sédiments et dans les calculs urinaires, qui les fait résulter tous deux d’un processus commun d’oxydation incomplète.

Hammerbacher (2) a prétendu qu’il n’existait, entre les acides urique et oxalique, aucun lien physiologique.

(1) W. Mills, Journ. of. Physiol., t. V, 1884- — Bunge a contesté le fait en particulier et, d'une manière générale, déclare que l’acide oxalique ne parait dériver normalement d’aucun des trois groupes d’aliments principaux (Chim. biolog., trad. franc. 1891 p. 326.)

(2) Hammerbacher, Pflüger's Arc/i., t. XXIII, 1883.

ACIDE OXALIQUE

Rôle physiologique, excrétion de l’acide oxalique

D’après ce que l’on vient de dire, il semble que l’acide oxalique doive être considéré comme un produit de déchet de l’organisme animal sous sa forme d’excrétion définitive, puisqu’il paraît traverser l’organisme sans décomposition (Mills). Cependant, après son ingestion à haute dose, comme dans les cas d'intoxication, une partie disparaît, peut-être brûlée dans l'économie (Schàffer) (1).

L’acide oxalique ingéré ou formé dans l’organisme animal paraît se trouver dans le sang à l’état d’oxalate de calcium maintenu en dissolution par le phosphate de soude ; il est transporté à l’émonctoire rénal, sa principale voie d’élimination, mais peut encore être excrété par la bile, la salive. Suivant l’endroit où se forment ses cristaux, ceux-ci varient de forme ; les octaèdres d'oxalate de chaux se déposent au milieu d’une masse de liquide urinaire dans les calices, bassinets, uretères, et dans la vessie; les cristaux en sabliers, beaucoup plus rares, prendraient naissance dans les canalicules urinifères du glomérule rénal (Russo-Giliberti) (2).

Oxalurie. — L’apparition de l’oxalate de calcium en quantité hypernormale, c’est-à-dire au-dessus de 0^,020 dans les urines des 24 heures, constitue I’oxalurie que Thomas (3) subdivise en quatre cas particuliers :

1° L’ oxalurie physiologique est consécutive à l’ingestiou de substances alimentaires végétales riches en acide oxalique.

2° L 'oxalurie symptomatique et accidentelle se manifeste dans certaines maladies aiguës ou chroniques, et, d’ordinaire, transitoirement; comme l'acide oxalique est un produit d’incomplète oxydation des substances ternaires et principalement des hydrocarbonés, on le voit augmenter dans les maladies des organes digestifs, dans les affections nerveuses qui viennent troubler par ricochet les actes de la digestion, ainsi que dans les maladies dyspnéiques.

L’oxalurie symptomatique a été observée dans les affections qui diminuent l’hématose sanguine (Canlani), dans les maladies psychiques où elle s'accompagne de phosphalurie (Peyer), dans la spermatorrhée, l’ictère (de 0,o à 0,7o d’acide oxalique par litre d’urine, Schultzen et Fürbringer), le typhus et le rhumatisme aigu à la période de convalescence (Cantani), les catarrhes de l'estomac (Boursier) (4) et de l’intestin, surtout après ingestion d’hydrocarbonés et de sucre, le catarrhe vésical (Hoppe-Seyler), l’albuminurie transitoire ou cyclique sans lésion anatomique du rein et caractérisée par la présence de globuline sans sérine (Gerhardt et Millier, Schreiber).

3°L 'oxalurie Substitutive se manifeste dans le diabète sucré; et son intensité est inversement proportionnelle à celle de la méliturie, ce qui constitue un argu-

(1) Schiffer, Miinch. med. Wochenschr., t. XXIII, p. 391, 1889.

(2) Russo-Giliberti, Archiv. por le scient, med., t. IX, 1883.

(3) Thomas, Anal, des Harns de Neubauer et Vogel,1890, 2* partie, p 103.

(4) Boursier, Ann. de la Soc. d'hydrologie , 1894.

ment de plus en faveur de l'origine hydrocarbonée de l’acide oxalique. Fürbringer (1) en cite un cas qui se compliqua d’ictère déterminant une oxalurie symptomatiqne indépendante de l’oxalurie substitutive peu de temps avant la mort du sujet, l’urine totalement exempte de sucre contenait une énorme quantité d’oxalate de calcium.

4° L 'oxalurie idiopathique ou diathèse oxalique, étudiée par Cantani, est la conséquence d'une prédisposition de l’organisme à la production d’une quantité anormale d’acide oxalique qui peut durer des années et même une dizaine d’années. L’augmentation de l’acide oxalique dans le sang ( oxalhémie ) est suivie d’une oxalurie qui augmente considérablement, après l’ingestion de grandes quantités de sucres ou, tout simplement, d’amylacés, ce qui est l’inverse de ce qui a lieu chez l’individu sain.

Cette opposition se poursuit pour le régime exclusivement carné, qui diminue simultanément l'oxalhémie et l’oxalurie et peut même les faire disparaître définitivement, si on le prolonge plusieurs mois.

La conséquence fatale de la diathèse oxalique est l’apparition, dans l’urine de sables oxaliques, et la formation de calculs dans les reins et la vessie avec toutes leurs conséquences : néphrites desquamatives avec albuminurie, hémorrhagies rénales, pyélite, coliques néphrétiques, etc. Nous verrons (calculs vésicaux) que dans ces calculs, l’oxalate de chaux est très souvent accompagné d’acide urique et d’urates à l’égard desquels il agit comme noyau de cristallisation.

La question d’une oxalurie alimentaire a été agitée de nouveau dans les dernières années ; suivant Marfori (2), l’acide oxalique ingéré, surtout à l’état de sels alcalins ou calcique, est oxydé et brûlé pour la majeure partie dans l’économie ; une partie passe donc dans l’urine. Pour Abeles (3), au contraire l’oxalurie alimentaire n’existe pas ; l’oxalate de chaux contenu dans les aliments se comporte comme un corps insoluble et indifférent dans l’organisme • les oxalates solubles sont transformés dans l’intestin en oxalates de chaux, selon toute probabilité, et il faudrait que les aliments en continssent de bien plus grandes quantités pour qu’une oxalurie pût résulter de leur ingestion. Il y a donc là une question d’insolubilité immédiate ou après réaction chimique qui s’oppose à la pénétration de l’acide oxalique dans le sang et à son passage ùlté rieur dans l’urine ; car il suffit d’injecter, sous la peau, une quantité très minime d'oxalate de sodium pour provoquer une oxalurie passagère.

(1) Fiirbringer, D. Arch. f. klin. Med., t. XVI, p. 516, 1874.

(2) Marfori, Ann. di. Ch. edi. Farm., 1890, t. XII.

(3) Abeles, Wien. klin. Wochensch., 1892, N°* 19 et 20.

ACIDE SUCCINIQUE

ACIDE SUCCINIQUE

/COOH

\COOH

A la suite de nombreuses expériences sur l'homme et les animaux nourris de viande et de graisse, Meissner a conclu à la présence constante de l’acide succinique dans l’urine normale, ce qui a été confirmé par G. Pouchet (1), mais contredit par Salkowski.

Extraction de l’urine. — ■ Salkowski précipite l’urine par la baryte, filtre, élimine 1 exès de baryte par l’acide sulfurique, et évapore à sirop. Le résidu, fortement acidulé par l’acide sulfurique, est épuisé par agitation répétée avec l’éther; les solutions élhérées, évaporées, laissent l’acide succinique cristalliser.

Caractères. — L’acide succinique se volatilise sous l’influence de la chaleur en donnant des vapeurs blanches qui provoquent la toux. La solution aqueuse, saturée par le carbonate de magnésie puis filtrée, donne, avec le chlorure ferrique, un précipité floconneux ou gélatineux de couleur rouille de succinate ferrique que l’ammoniaque décompose en hydrate ferrique et succinate ammonique soluble, — avec le nitrate d’argent, un précipité blanc, pulvérulent, soluble dans l’acide azotique et l’ammoniaque, — avec l’acétate de plomb un précipité blanc, soluble dans un excès de réactif et reprécipité par la chaleur.

Présence dans l’organisme, origine et rôle physiologique de l’acide succinique.

— L’acide succinique se trouve en faible quantité dans l’urine, surtout après l’ingestion d’aliments, fruits et légumes, contenant des acides organiques et particulièrement de l’acide malique ou de ses dérivés (asparagine) ; il apparaît dans l’urine de chiens nourris abondamment de viaude et de graisse (Meissner), mais cependant pas d’une façon constante (Salkowski) ; on l’a trouvé dans la sueur, la salive et l’urine, après ingestion d’acide benzoïque (Meissner et Shepard). Il existe dans le suc de certaines glandes (rate, thymus, glande thyroïde), et dans certains produits pathologiques.

L’acide succinique paraît se former dans l’économie aux dépens de certains acides organiques d’origine alimentaire, tels que l’acide malique, l’asparagine (Hilger) ; mais la proportion qui apparaît ainsi dans les urines est notablement inférieure à celle de l’acide malique ingéré (Meissner et Koch), et Longo dit n’en avoir pas constaté la moindre trace après ingestion d’asparagine (ou d’asperges), d’acide aspartique et de succinate de soude. L’acide succinique peut encore provenir de l’oxydation des graisses, de la décomposition des albuminoïdes dont

(!) G. Pouchet, Contrib. à la connaiss. des mat. extract, de l'urine, Paris. 1889, p. 23;

un des produits de dédoublement, l’acide aspartique ou amido-succinique amidé, accompagne la leucine et la tyrosine dans le suc de certains organes glandulaires et explique sans doute la présence des traces d’acide succinique trouvées simultanément.

L’acide succinique qui se forme aux dépens de l’acide malique (et de l’acide tartrique) paraît en provenir par un phénomène de réduction utilisé d’ailleurs pour sa préparation en grand et traduit par la formule suivante :

COOH

CHOH

COOH

COOH

Cil2

COOH

L’expérience de Longo, vérifiée par divers expérimentateurs qui tous démontrent que l'ingestion de l’acide succinique ne le laisse apparaître dans les urines que quand elle a eu lieu à haute dose, démontre qu’il doit être envisagé comme un produit intermédiaire et accessoire destiné à disparaître complètement, transformé par oxydation directe et immédiate, en acide carbonique, et eau :

Ac. succinique.

ou, peut-être, avec production médiate d’acides gras qui passent aussi en partie dans les urines :

ACIDE PHOSPHOGLYCÉRIQUE C3H9Ph05 = (HO)2 : CTROPli : (OH)2

C’est à Ronalds (1), puis àKlüpfel et à Fehling, que l’on doit la première indication de la présence du phosphore dans l’urine sous la forme d’une combinaison acide de nature organique. Sotnischewsky (2) reconnut, dans cette combinaison, la présence de la glycérine. Robin (3) estime que l’acide phosphoglycérique

(1) Ronalds, Philos. Mag. (3), t. XXX, p. 233.

(2) Sotnischewsky, Zeitsch. f.physiol. Ch., t. IV, p. 214, 1880.

. (3) Robin, Archiv. de Pharm., t. II, p. 232.

ACIDE SULFOCYANIQUE

est contenu dans l’urine sous la forme de lécithine, et deviendrait libre pendant les opérations d’extraction. Mais Hoppe-Seyler (1) a démontré que la lécithine n’existe jamais dans l’urine normale.

Il n est pas impossible qu’une partie de l’acide phosphorique conjugué se trouve encore dans l’urine à l'état de nucléo-albumine. L’origine probable de l’acide phosphoglycérique dans les lécithines du cerveau et du sang n’est pas démontrée par l’expérience de Politis (2), qui n’a pu en constater la présence dans l’urine de chiens nourris avec de la cervelle.

On doit à Lépine, Eymonet et Aubert (3) une série de recherches quantitatives sur le phosphore organique urinaire qu’ils ont dosé dans le liquide privé, au préalable, de toute trace d’acide phosphorique minéral, par la mixture magnésienne; ils en ont ainsi trouvé jusqu’à 1 S milligrammes par litre d'urine, soit0,15 et 0,30 parties p. 100 d’azote. L’acide phosphorique organique forme environ la centième partie de l’acide en combinaison minérale ; il augmente surtout dans la phtysie avec foie gras (S à 10 p. 100 de Ph*0* total), dans l’apoplexie (4,1 p. 100), dans 1 épilepsie après l’attaque (2,3 p. 100), l’hystéro-épilepsie (1,8 p. 100), le delirium tremens (1,4 p. 100), l’ictère, le typhus, la pneumonie, mais non dans la rougeole et la scarlatine ; le méningite s’accompagne tantôt d’une augmentation, tantôt d’une diminution.

Zülzer n’a. constaté la présence, dans l’urine normale d’un jeune homme de vingt a vingt-cinq ans, que de 1 à 2 milligrammes d’acide phosphoglycérique.

La proportion d’acide phosphoconjugué augmente sensiblement dans la leucémie (Hoppe-Seyler) et dans la chylurie. Cette fois, son origine n’est pas douteuse ; elle provient de la lécithine des globules blancs dans le premier cas, et, da is le second, de la même substance qui apparaît alors dans les urines.

La narcose provoquée par les divers agents thérapeutiques, chloroforme, éther, chloral, morphine, etc., outre qu’elle amène une augmentation notable de la quantité absolue de l’acide phosphorique qui peut atteindre jusque 3cr,8

(Hoffmann), agit surtout sur l’acide phosphoglycérique qui représente les ^ de l’excrétion phosphorique totale (Zülzer et Strübing) (4).

ACIDE SULFOCYANIQUE CAzSH.

La découverte de la présence de l’acide sulfocyanique dans l’urine est due à Leared(1870)(S); mais il ne se trouve qu’à l’état de traces dans l’urine normale

W JJoppe-Seyler, Zeitsch. f. phys. Ch ., t. IV, p. 214, 1880.

(2) Politis, Zeitsch. f. Biolog., t. XX, p. 200, 1884.

(3) Lepine et Eymonet, C. R. Soc. de Biol., 1882, p. 622; — Lépine, Eymonet et Aubert, C. B. Acad, des Sc., t. XLVI1I, p. 238; - C. R. Soc. de Biol., 1884, p. 499.

(4) Zülzer et Strübing, Jahresb. f. Thierch., t. XVII, p. 402, 18S7.

(5) Leared, Proc. of. the royal Soc. of. London, t. V, p. 18, 1870.

escyclop. ciini. S6

ENCYCLOPÉDIE CIIIMIQL’E. — GARNIER

de l’homme, du chien, du chat, du cobaye, du cheval, du bœuf (Gscheidlen (1\ Külz, Munk) (2). Le litre d’urine humaine contient 0sr,035 de sulfocyanate de potassium, d’après Gscheidlen, 0»r,l 1 d'après Munk. Bruylants (3) trouve ces résultats respectivement dix et quarante fois trop considérables; l’urine ne contiendrait, en moyenne, que O^1', 00197 d'acide sulfocyanique au litre (chiffres extrêmes, de 0 à 0,00496). Le soufre contenu dans l’urine à l’état d’acide sulfocyanique forme, dans les cas les plus favorables, le tiers environ du soufre neutre. Il a été trouvé aussi dans le lait (Musso) et le sang (Leared).

L’acide sulfocyanique paraît être un produit de désassimilation dont l’origine peut être rattachée aux matières albuminoïdes par le noyau cyané qu’elles contiennent très probablement. A. Gautier le fait provenir, d’ailleurs, du dédoublement initial des substances protéiques (4), tandis que Bruylants le rattache aux corps xanlhiques, en faisant remarquer qu’il prend naissance dans la fusion de l’acide urique avec la potasse caustique et le sulfite de potassium, et que, dans les affections accompagnées de sédiments uriques, on observe une diminution

de l’acide sulfocyanique ordinaire d’environ ^ de la quantité normale. Suivant Gscheidlen, il prendrait naissance dans les glandes salivaires dont la sécrétion en renferme constamment, chez les mammifères ; avec Heidenhain il a observé que la section des canaux de toutes les glandes salivaires, avec dérivation de la salive au dehors, était suivie de la disparition des sulfocyanates dans le sang et dans l’urine, alors qu’ils persistaient dans la salive rejetée hors de l’organisme et non résorbée.

Sa présence dans l’urine ne peut être directement démontrée par la coloration rouge qu’il donne avec le chlorure ferrique, ce dernier sel pouvant donner une coloration analogue avec d’autres éléments de l’urine ; le mieux est d’employer un procédé d’extraction, comme, par exemple, celui de Gscheidlen.

Extraction. — L'urine (200 à 500 centimètres cubes), alcalinisée par la baryte, est précipitée par l’azotate de baryum et filtrée. Le liquide évaporé au bain-marie laisse un résidu sirupeux qu’on reprend par l’alcool; l’extrait alcoolique évaporé et redissous dans l’eau, est traité par l’acétate neutre de plomb, puis filtré immédiatement. Le liquide concentré au bain-marie abandonne une poudre jaune et cristalline de sulfocyanate de plomb qu'on recueille et distille au contact de l'acide phosphorique du Codex; les produits condensés servent à caractériser l’acide sulfocyanique et ses produits de décomposition :

CAzSH + H20 = COS + AzH3 4

Ac. sulfocyaniq. ^Oxysulfure

COS -f H20 = CO2 + H2S

Oxyautfure Ac.sulfhydriq.

(1) Gscheidlen, Pflüger’s Arch., t. XIV, p. 401, 1877.

(2) Munk, Virckov’s Archiv, t. LX1X, p. 354, 1877.

(3) Bruylants, Jahresb. f. Thierch.,t. XVIII, p. 134, 1888.

(4) A. Gautier, Chimie biologique, 1890, p. 627.

ACIDE BENZOÏQUE. - ACIDE HIPPURIQUE

ACIDE BENZOÏQUE tfH'O2 = CcH3.COOH

L acide benzoïque présente un grand intérêt pour le physiologiste, comme •substance génératrice et produit de décomposition de l’acide hippurique des urines. Chez les carnivores, il prendrait sa source, d’après Baumann (i), dans 1 acide phénylpropionique résultant de la décomposition putride des matières -albuminoïdes dans l’intestin, et, chez les herbivores, il proviendrait de substances aromatiques diverses contenues dans les aliments végétaux. Un certain nombre de produits de la série aromatique sont transformés par oxydation (Toluol C*H3.CH3, alcool benzylique C»H3.CH2OH, acide cinnamique C«H3.CH : CH COOH acide hydrocinnamique CW. CW. CW. COOH), ou par réduction (acide quinique C6H'(OH),t.COOH), dans l’économie animale, en acide benzoïque qui devient ensuite acide hippurique.

, L’acide benzoïque se trouve quelquefois, à côté de l’acide hippurique, dans 1 urine normale(2), et sa proportion augmente après ingestion d’acide benzoïque, de ses sels ou des composés qui peuvent lui donner naissance dans l’organisme.

L’acide hippurique se dédoublant dans la fermentation de l’urine, on conçoit qu on ne trouve plus que de l’acide benzoïque dans l’urine putréfiée.

ACIDE HIPPURIQUE C9H9Az03 = C6H3.CO— AzH.CH2.COOH

L acide hippurique ou benzoylglycocolle, découvert par Rouelle dans l’urine de vache et de chameau, existe principalement dans l’urine des herbivores où il remplace l’acide urique des carnivores. Il existe néanmoins dans l’urine normale de 1 homme, mais en quantité moindre, et augmente notablement après ingestion de préparations benzoïques.

Préparation, synthèse de l’acide hippurique. — Les procédés d’extraction de luiine des herbivores sont très nombreux; aussi nous bornerons-nous à en ■citer deux, l’un servant à la préparation en grand, l’autre à l’extraction et au dosage dans l’urine.

a) Préparation en grand. — L’urine de cheval ou de vache est saturée par un excès de lait de chaux, portée à l’ébullition, puis filtrée ; le liquide clair réduit

par évaporation à g ou | de son volume est sursaturé, après refroidissement, par

(1) Baumann, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. X, p. 131, 1886.

(2) Consulter, pour l’extraction et le dosage de l’acide benzoïque dans l'urine, l’.tnatyse chim. des liquides et des tissus de l'organisme, p. 12S.

l’acide chlorhydrique, et abandonné au repos ; l'acide impur cristallise fort coloré. On le sépare des eaux-mères, le lave à l’eau froide, le redissout dans un peu de lessive de soude ou même simplement dans l’eau bouillante, et traite la solution, pour la décolorer, soit par un peu de permanganate de potassium (Gôssmann), ou bien par le chlorure de chaux (Liebig), par le chlore (Curlius, Cazeneuve), etc. ; on filtre ensuite le liquide froid dans une solution d’acide chlorhydrique qui précipite l’acide hippurique blanc.

b) Extraction et dosage. — L’urine alcalinisée par le carbonate de soude est filtrée ; le liquide, évaporé à sec au bain-marie, laisse un résidu qu’on épuise par l’alcool froid. La solution alcoolique distillée donne un extrait aqueux qui est acidulé par l’acide chlorhydrique et épuisé par agitation à cinq reprises, au moins, avec l’éther acétique. Les liquides éthérés réunis, lavés avec un peu d'eau, puis évaporés à une température moyenne, laissent un résidu qui contient l'acide hippurique, de l'acide benzoïque et des graisses; on enlève les deux derniers par des lavages à l’éther de pétrole qui ne dissout pas l’acide hippurique. Ce dernier, dissous dans un peu d'eau chaude, est digéré avec quelques grains de noir animal; le filtratum est ensuite évaporé doucement à 50°-60°, jusqu’à cristallisation (Bunge et Schmiedeberg) (1).

c) Synthèse de l’acide hippurique. — Cette synthèse a été réalisée par divers procédés :

1° Parla réaction du chlorure de benzoyle sur le glycocolle argentique (Dessaignes) (2):

CH2.AzlI2

Cr,H3.C0— Cl -f | = AgCl

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