‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 553 sur 722 · ACIDES BILIAIRES · texte numérisé non relu

ACIDES BILIAIRES

Réaction de Ddranszky. — A un centimètre cube de la solution aqueuse ou alcoolique de la substance à caractériser, l’on ajoute une goutte de solution aqueuse de furfurol à 1/10 (ou de sucre à 10 p. 100), laisse couler au fond du mélange un centimètre cube d’acide sulfurique concentré, et refroidit pour modérer la réaction. En présence de 0msr,033 seulement d’acide biliaire, il se produit, après un repos suffisamment prolongé, une belle coloration rouge fleur de pécher, et avec 0m*r,05 d’acide cholalique, le liquide est assez coloré pour montrer nettement, au spectroscope, les deux bandes d’absorption caractéristiques : l’une entre D et E, l’autre un peu en avant de F.

La réaction chimique précédente peut être corroborée par l’action paralysante qu’exercent les acides biliaires sur le cœur, utilisée de la manière suivante par Mackay (1) :

On précipite l’urine par deux à trois volumes d’alcool fort, distille le flltratum, et répète l’opération plusieurs fois de suite sur l’extrait aqueux ; la dernière solution alcoolique est précipitée par l'éther en excès; le précipité, qui contient les sels biliaires, est dissous dans un peu d’eau. Le cœur d'une grenouille mis à nu et humecté avec une goutte de solution de sulfate d'atropine àl p. 100, pour annihiler l’action ralentissante du nerf vague, est ensuite arrosé goutte à goutte avec la solution aqueuste de l'extrait urinaire ; en présence des acides biliaires, l’énergie des contractions cardiaques va en diminuant jusqu'à leur arrêt complet.

Excrétion pathologique des acides biliaires

La sécrétion des acides biliaires par les cellules du foie est indépendante de celle des pigments, et se produit à un tout autre moment (Stadelmann) (2), de telle sorte que ces deux sécrétions sont inverses l’une de l’autre. Après leur arrivée dans l'intestin, ils sont décomposés pour la plus grande partie, et leurs produits de décomposition retournent de nouveau à la bile, le reste va aux fèces. On conçoit donc que, dans les conditions normales, ils ne passent qu'en très minime proportion, du sang dans les urines, dont DragendorfT n'a pu extraire que 0*r,8 d’acide biliaire pour 100 litres d’urine normale.

Dans l’ictère par résorption de la bile (ictère hépatouè.ne), ils apparaissent en quantité plus considérable dans l’urine, à côté de la bilirubine; ils sont déversés par l’intermédiaire des lymphatiques du foie et du canal thoracique dans le sang, dans lequel ils passent plus facilement des cellules du foie engorgées par la bile que de l’intestin. L’augmentation des acides biliaires dans l’urine ictérique ne tient donc pas à une surproduction dans le foie, auquel cas ils passeraient en bien pins grande quantité par le rein qui est le plus important organe d'excrétion des éléments de la bile, dans les cas d’obstruction des canaux biliaires.

La proportion de sels biliaires qui passent dans les urines est loin de corres-

(1) Mackay, Arch. f. exp. Pathol., t. XIX, p. 279, 1883.

(2) Stadelmann, D. Arch. f. klin. Med., t. XL1II, p. 340, 1888.

pondre à la quantité qui se trouve dans la bile (de 20 à 120 grammes par kilogramme), et ne dépasse pas 0sr,34 en 24 heures (Bischoff, Hoppe-Seyler), même dans les ictères par rétention les plus prononcés ; ils peuvent descendre, dans l’urine, au chiffre de 0&r,04p. 100 (Hanot), et même manquer complètement dans le sang(Salkowski), alors que l’excrétion du pigment persiste (Stadelmann). Ceci explique comment Legg (1) a trouvé que la proportion des sels biliaires excrétés par les urines, dans l’ictère, n’est que du quart de la quantité sécrétée par l’homme bien portant. Rosenheim (2) n’en a pu constater la présence dans l’urine, trente-six heures avant la mort, dans un cas d’atrophie jaune aiguë du foie ; est-ce parce qu’ils disparaissent plus vite de l’urine que les pigments biliaires dans les cas légers d’ictère ? (Baelde et Lavrand) (3).

L’ictère hématogène ou urobilique, dans lequel les conduits biliaires ne sont pas obstrués, est cependant accompagné d’un trouble dans la fonction hépatique au point qu’il en résulte une moindre formation des acides biliaires ; car c’est à peine si l’on en, peut démontrer la présence dans l’urine. Cependant, dans certains cas, ils y apparaissent en quantité non insignifiante, de telle sorte que l’absence des sels biliaires dans l’urine ictérique ne peut jamais être considérée comme caractéristique de l’ictère urobilique. Leur augmentation dans le sang peut être exceptionnellement consécutive à une surproduction dans le foie malgré l’ictère hématogène, ou à un arrêt de leur destruction dans le sang.

De cette discussion, il résulte que la valeur diagnostique de la proportion des acides biliaires contenus dans l’urine ictérique est bien faible ; une augmentation coïncide vraisemblablement avec un ictère hépatogène dont l’existence n’est pas exclue forcément par de minimes quantités. Leur présence en quantité un peu forte n’aurait peut-être d’importance pratique qu’en l’absence de pigment biliaire dans l’urine.

On doit à Feltz et Ritter (4) une étude expérimentale sur l’apparition des sels biliaires et du pigment, dans le sang et les urines, sous l’influence de certains corps toxiques, tels que phosphore en solution huileuse (ingestion stomacale) ou glycérinée (injection veineuse), émétique en solution pris par l’estomac ou injecté dans le sang, acide arsénieux et arséniate de soude ingérés par voie digestive, etc. La présence des sels biliaires dans les urines implique forcément la contamination préalable du sang qui paraît précéder de 24 heures en moyenne, le passage des sels biliaires dans les urines en quantité suffisante pour les caractériser avec certitude. Hilger avait déjà constaté le passage des acides et pigments biliaires dans l’urine à la suite de l’empoisonnement par le phosphore. La cause de la contamination du sang ne tient pas à une action directe de l’agent toxique employé, car elle manque presque toujours dans les empoisonnements aigus ou suraigus, mais plutôt à une hypersécrétion biliaire éliminatrice du poison, avec résorption partielle de ses sels et de son pigment

(1) Legg, V. H. Jahresber., t. II, p. 213, 1876.

(2) Rosenheim, Zeitsch. f. klin. Med., t. XV, 444, 1889.

(3) Baelde et Lavrand, Centrabl. f. Physiol., t. II, p. 524, 1888.

(4) Feltz et Ritter, C. R. Acad, des Sc., 2 nov. 1875, et J. de Vanat. et de la physiol. de Robin, janv. 1876.

ACIDES OXYGÉNÉS AROMATIQUES

ACIDES OXYGÉNÉS AROMATIQUES

C’est à Baumann (I) que l’on doit la démonstration de la présence, dans l’urine normale, de deux acides aromatiques oxygénés et homologues, 1 ' acide par aoxyphcny lacé tique et l'acide paraoxyphénylpropionique, qu’il a pu retirer de l’urine de 1 homme, du cheval, du chien, du cobaye et de la poule ; ils y sont contenus en très faible quantité, de 0*-,0I à Os',02 par litre, chez l’homme, et doivent être ratlachés à la putréfaction des matières albuminoïdes dans l’intestin et dans l'inti¬

mité même des tissus (Baumann) (2). Leur proportion devient de deux à huitfois plus forte dans les urines pathologiques riches en phénol, dans l’intoxication phosphorée, ainsi qu’après l’ingestion de tyrosine (Blendermann) (3). Ces acides se trouvent dans l’urine sous deux formes: la plus grande partie en liberté, 1 autre, plus petite, à l’état d’acide sulfoconjugué.

A ce groupe appartiennent encore : l'acide oxyamygdalique, qui apparaît dans 1 urine dans les cas de destruction du tissu du foie, l'acide oxyhydroparacoumanque apres 1 ingestion de tyrosine, l’acide gallique spécial à l’urine de cheval, 1 acide uroleucinique , ancien alcaptone, Y acide homogentisinique également extrait des urines alcaptoniques, enfin l'acide kynurénique, de l’urine de chien (4).

Caractères des urines à acides aromatiques oxygénés. — L’urine riche en ces acides, traitée par un mélange de nitrate de mercure et d’azotite de potassium, donne, déjà à froid et après un temps très court, une coloration rouge foncé (réaction de Millon), tandis qu’en présence de beaucoup de phénol et en l’absence d acides oxygénés, la coloration ne se produit à froid que très lentement et progressivement (Blendermann).

La présence de ces acides peut être démontrée avec plus de certitude en opérant comme il suit : on chauffe au bain-marie 20 centimètres cubes d'urine acidulée par 1 acide chlorhydrique de façon à chasser les phénols volatils, épuise à trois reprises le résidu refroidi par l’éther, agile les solutions éthérées avec un peu de carbonate de soude très dilué, qui s’empare des acides et laisse les phénols non volatils en solution dans l’éther. La solution alcaline, acidulée par l’acide sulfurique, est de nouveau épuisée par l’éther. L’extrait éthéré, dissous dans un peu d eau et chauflé avec le réactif de Millon, donne la coloration rouge foncé caractéristique des acides oxygénés et d’intensité proportionnelle à leur quantité (Baumann).

Acide paraoxyphénylacétique, C8H«01 2 3 = HO.C«FH— ' CH3.COOH. — Cet acide, dont les propriétés ont été déterminées par Baumann et par E. Salkowsky,

(1) Baumann, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. IV, p. 304.

(2) Baumann, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. IV, p. 307; t. X, p. 126.

3) Blendermann, Zeistch. f. physiol. Ch., t. VI, p. 247, 1882.

,4) Consulter, sur l'acide kynurique, l'étude détaillée, faite par Huppert, i des Hams de Neubauer et Vogel, 1890, p. 157-162.

peut être extrait avec le suivant de l’urine par un procédé indiqué par Baumann (1). C’est un corps solide, cristallisé, fusible à 148°, dont la solution aqueuse est colorée en violet gris, puis en vert sale par le chlorure ferrique, en rouge foncé par le réactif de Millon; il est isomérique de l'acide amygdalique ou phénylglycolique C6Hs.O.CH2 — COOH.

Acide paraoxyphénylpropionique, C9H,001 2 3 = I10.CcHj— CH2.CH2.COOH. — Cet

acide a fait l’objet des recherches deHlasiwetz et Malin (1867), Buchanan et Glaser (1869), et de Baumann (1880). De propriétés très voisines de celles du précédent, il s’en distingue surtout par son point de fusion, 125°.

Acide oxyamygdalique, C»HS(D = HO.CW— CH(OH).COOH. — L’acide oxyamygdalique ou paraoxyphénylglycolique a été trouvé dans l'urine par Schultzen et Riess (2) dans plusieurs cas d’atrophie aiguë du foie, et par Baumann (3) dans deux empoisonnements aigus par le phosphore.

L’acide oxyhydroparacoumarique ou paraoxyphényllactique,

C9IR°04 = HO.CcÏD - C2H3(OH).COOH,

homologue du précédent, a été découvert dans l’urine de cobayes après l’ingestion de tyrosine (Blendermann) (4).

L’acide gallique, C7Hc03 = (HO)3.C°H2.COOH, a été trouvé par Baumann (5) dans l’urine du cheval et se rattache sans doute aux substances tannifères contenues dans l’alimentation.

Les acides uroleucinique et homogentisinique constituent, soit séparément soit par leur mélange, le principe réducteur des urines non diabétiques auquel Bœdeker avait donné le nom d 'alcaptone, et qui a été confondu ensuite avec la pyrocatéchine.

MATIÈRE ALCAPTONIQUE

Le nom d 'alcaptone a été donné, en 1859, par Bœdeker (b) à une substance jaunâtre retirée de l’urine d’un diabétique, avide d’oxygène et colorée en noir au contact des alcalis, jouissant d’un grand pouvoir réducteur. Cette substance fm

(1) Baumann, Zeitsch. f.physiol. Ch., t. VI, p. 191, 1882.

(2) Schultzen et Riess, Chem. Ceritrabl., 1869, p. 680.

(3) Baumann, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. VI, p. 192, 1882.

(4) Blendermann, Zeitsch. f.physiol. Ch., t. VI, p. 256, 1882.

(1) Bœdeker, Zeitsch. f. rat. Med. (3), t. VII, p. 138, 1859.

ACIDES OXYGÉNÉS AROMATIQUES ggg

retrouvée, en 1875, dansl’urine d’un phtisique parFürbringer, etàla même époque daus l urine de plusieurs enfants par Ebstein et Muller (1), puis par Fleischer, et considérée par ces trois derniers comme identique avec la pyrocatéchine.

Baumanndémontraensuite que la pyrocatéchine estl'un des éléments normaux de 1 urine du cheval, et qu’elle peut également se trouver dans l’urine humaine sous la forme de dérivé sulfoconjugué.

En 1886, Kirk démontra que l’urine peut renfermer plusieurs composés chimiques présentant les propriétés générales de l’alcaptone de Bœdeker, et réussit a extraire tout d’abord un composé cristallisé qu’il nomma acide urrhodinique et qui reconnut, en 1889, n’être qu’un mélange d’acide uroleucinique cristallin et d acide uroxanthinique amorphe.

rappr“he lepin‘’ f“s“ d« l'.lcaptone de

ralrëaul’r's uroIeucl"“!™ s«»> a été bien étudié, par Kirk(2) et Marshall (3)

rZ.lo™?s«.Z« 2 î ëra’re P™l‘Pe réducteur qu'ils reconnurent être époque la littérature . n°m d aclde homogentmnique. Depuis cette

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par Embden (6| en ,m P"' r"‘" e‘ V°irin(S>' el “““ "> dernier

Caractères physiques des urines alcaptoniques. - L’urine à alcaptone peu

au contact deTairen6 Tl 77’ ^ ^ SC *— Peu à P*«

avec plus d’intens if , surface vers le fond du vasei plus rapidement et

le linee i f , té après alcallnisatlon. en devenant brun foncé. Elle laisse sur g es taches rouge foncé ou brunes. La quantité émise a toujours été supérieure a la moyenne normale, de 2.000 à 2.030 centimètres cubes : la desi e, voisine e a normale, varie avec le régime, mais ne dépasse jamais 1.020.

““ C,MmiqUeS- - Avec la Potasse à froid, l’urine brunit rapidement chaud avec 1’ °.XySène de 1 air’ tandis ‘la'3 la coloration ne se produit qu’à d WnTlrrr’T' L“ "ilr,,e ^ “““«“‘“«l don» un précipité tique- les solution ’ a;ec 1 olcoptone, a chaud seulement pour l'urine diabé- ■ , . - . S CUIJ1 o-potassiques donnent un précipité d'oxydule de cuivre

ne r H TT dans.l’urine faiblement sucrée; les urines alcaptoniques

S ni oxyde de bismuth, ni l’acide picrique en présence des alcalis,

/a] Kirlten 7 MÜ’!er; Virchov's Archiv, t. II, p. 534, 1875.

J h , Journ< 1886> P- 1017, 1888. p. 232.

1888 ’ f- TMerck-’ 1887, p. 225, et Zeilsch. f. anal. Ch., t. XXVII, p. 120.

8 Lt™ t- sv- ** r-

(6) Embden, Zeilsch. ' f. physiol.

, Zeitsch. f. physiol., Ch., t. XV, p. 228, 1891. '•ch. de physiol. norm. et pathol., mars 1892.

sont complètement dépourvues de pouvoir rotatoire, ne fermentent pas alcooliquement, et conservent leur action réductrice assez longtemps après l’intervention négative de la levure de bière.

Des réactions très sensiblement analogues sont données par les urines qui contiennent de la pyrocatéchine, de l'hydroquinone, de l’acide gallique, soit encore les acides uroleucinique et homogentisinique que nous allons étudier maintenant.

1» ACIDE UROLEUCINIQUE C9H<005

Cet acide est l’homologue supérieur de l’acide gallique, et paraît répondre à la formule de constitution (HO)3.C<1H2.C2H,.COOH qui en fait l’acide pyrogallol ou mieux trioxyphénol-propionique (Huppert). On en a constaté la présence plus fréquente dansl’urine des enfants que dans celle des adultes, et quelques-uns de ces enfants étaient consanguins. Son apparition dans l’urine a été, en général, indépendante de l'état de santé ; Marshall l’a observé dans un cas de simple affaiblissement général, Bœdeker chez un diabétique atteint d’une tumeur cérébrale. Kirk en a trouvé environ 0,2 p. 100 dans l’urine des enfants qui ont fait l’objet de ses recherches ; il n’a pu en constater la présence dans l’urine du cheval et de la vache, et n’a observé aucune influence du phénol ou de l'acide salicylique sur son excrétion.

Extraction de l’urine. — On réduit l’urine au dixième par évaporation, épuise l’extrait par l’éther pour enlever des impuretés (et environ 1/20 de l'acide qui est perdu, d’après Kirk), acidulé cet extrait purifié par 0,5 p. 100 d’acide chlorhydrique et l’épuise de nouveau par l’éther qui s’empare de l’acide uroleucinique et des phénols qui peuvent l’accompagner. La solution éthérée est agitée à son tour avec des solutions renouvelées de carbonate de soude, jusqu’à ce qu’elle ne présente plus de réaction acide; à ce moment, l’éther retient les phénols en dissolution, tandis que le carbonate de soude s’est emparé de l’acide. Le liquide alcalin, acidulé de nouveau, cède à l’étlier l’acide uroleucinique qui cristallise par évaporation du véhicule, mais peut être mélangé d’acide gallique.

Propriétés de l’acide uroleucinique. — Cristaux aiguillés incolores, groupés en mamelons, à saveur et réaction acide, odeur faiblement aromatique, fusibles à 130°, 3, sans action sur la lumière polarisée, solubles dans 25 parties d’eau froide, 20 d’eau bouillante, 5 d’éther et 6 d’alcool, insolubles dans le chloroforme et l’éther de pétrole. Il est monobasique, etsasolution aqueuse, instable déjà à froid, est rapidement décomposée à chaud.

La solution alcaline ne se conserve qu’à l’abri de 1 air, au contact duquel elle devient brune en absorbant l’oxygène; une solution à 0,5 p. 100 absorbe son volume de ce gaz (Kirk).

ACIDE HOMOGENTISINIQÜE gg7

mZTsn^tlt trèS ét6ndUe’ Ü FédUit k liqU6Ur cuPro-P°tassique et agit de ” l U e. 'lra e mercurique, l'azotate d’argent en solution neutre ou ammoniacale, I acide chromique, le permanganate de potassium (en l’absente de 1 ac.de chlorhydrique); il n’agit pas sur la solution alcaline d’oxyde de bismuUi

L" cUroenmr0lr r de °/ ***** P- 100 (Kirk>’ ni - picrique («“ eductnce de l’acide uroleucinique sur la liqueur de Barressvill est environ c.nq fois plus forte que celle de la glucose.

-a levure de bière est sans aucune action sur lui (Brune, Marshall)

Au contact du réactif de Millon, il donne, comme l’acide gallique un précipité décidé au titTe Tn ^ * brun àchaud’ Par ,a superposition d’une solution obtient à la surfnr , P' J0° J1 Un<3 S°luti0n dÜuée de chlorure ferrique, on ’ . e de séparation, une coloration verte qui disparaît par le

,es mtees

précipite non bleuâtre soluble en vert dans un excès de réactif.

2“ ACIDE HOMOGENTISINIQUE C»H80^ == (OHJî.COHS.CHz.COOH

CTH6Oi, fétéhe^i7pirVolkow e?BlaCide ge“ÜSiniqUe °U Panioxysalicylique procédé suivant. L Baumann d urine alcaptonique par le

(SS^TeSè.Î! rUr,iner LW d6S 24 heures’ acidulée Par lucide sulfurique

qu’on sépare deVurine n * ^ ' ^ agltC'e aV6e de S°n V°lume d’étllor

trois foisPl’én„- qUalld * a Pns Une teuîte rouge bl'uuütre ; on renouvelle

teml T'1 Pai‘ réther’ Les «**on. éthérées, réunies et filtrées, sont

abandonne I P"11'"11 «** «a brun et de réaction tcide, est

Pl“ ou m70 r" SP°nlanée à ra,'r libre- 11 86 S':pai>e une ^ crh, aideau presoue à ' ** brUn’ qU 011 dlssout dans 230 centimètres cubes

d’une solution d’n^T e,tqU’°n addiüoune d’environ 30 centimètres cubes L“e îe^Zt Tï: de P °mb 4 i/3- °“ filtre rapidement, à chaud, et on nâtres. Ces cristaux Repris ?qUel 86 déposenl de& cll'Uu' un peujaunaissance à un nr' P • fai- eau saturee d'hydrogène sulfuré, donnent les réactions P 6 n°U de sulfure de plomb et à une solution qui présente «Ldonnée à8' n de ^centrée à sirop dans le vide, puis

homogentisinique.6'"1"™6’ f0Urmt d° gl’°S cristaux Prismatiques d’acide

. D?!age' . 10 cent|metres cubes d’urine sont additionnés, dans une capsule en îmetres cubes d’ammoniaque à 3 p. 100, puis immédiatement de quelques centimètres cubes de solution de nitrate d’argent à — de E’ après

cinq minutes de contact, on ajoute b gouttes de chlorure de calcium à —

et 10 gouttes de carbonate ammonique, on agite et on filtre. Le liquide brun, mais limpide, est essayé avec le nitrate d’argent qui ne doit plus précipiter en noir, et par l’acide chlorhydrique qui ne doit donner qu’un faible louche dû au chlorure d’argent. Si le nitrate d’argent est encore réduit, on recommence une opération en augmentant la dose de nitrate d’argent ajoutée à l’urine, jusqu'à ce qu’on obtienne, par HCl, le louche indiquant un petit excès d’argent, et en observant de traiter l’urine par 20 centimètres cubes d’ammoniaque, dès qu’on dépasse le chiffre de 8 centimètres cubes de solution argentique ; 1 centimètre cube de celle-ci correspond à 0^,004124 d’acide homogentisinique (Baumanu) (1).

Propriétés de l’acide homogentisinique. — Prismes transparents, incolores et volumineux, contenant 1 molécule d’eau de cristallisation qu’ils perdent à 100° ; ils sont efllorescents. L’acide fond entre 146°, b et 147" en se colorant en jaune. Il est soluble dans l’eau et l’éther, insoluble dans le chloroforme et la benzine.

Sa solution aqueuse se colore à l’air et brunit rapidement après addition d’ammoniaque, de soude et même de carbonate de soude, en absorbant l’oxygène de l’air. Avec le nitrate d’argent, il ne précipite l’argent réduit qu’après quelques secondes, tandis qu’il précipite immédiatement en noir l’azotate d’argent ammoniacal. La solution cupro-potassique est également réduite, lentement déjà à froid, rapidement à chaud. Le réactif de Millon donne une coloration jaune, puis un précipité jaune qui devient rouge brique à chaud (comme l’hydroquinone) ; le chlorure ferrique dilué donne une coloration bleue.

Volkow et Baumann ont préparé divers dérives de leur acide :

1" Uhomogentisinate de plomb, cristallisé avec 311*0, soluble dans l’eau bouillante, et en partie, à froid, dans un excès d’acétate de plomb ;

2" L'éther ëthylhomogentisinique, cristallisant en prismes incolores fusibles

vers 119°; ,

3“ L'éther diméthylhomogentüinique, fusible a 12 V ,

4" La lactone ou anhydride de l’acide, C8Hc03, fusible a 191".

Constitution de l’acide homogentisinique. - L’analyse élémentaire de l'acide libre et des dérivés divers énumérés précédemment conduit à la formule totale C8H80>.

Par la fusion potassique, l’acide homogentisinique se décompose en un certain nombre de composés parmi lesquels les auteurs ont reconnu la quinone, l’hydroquinone et l'acide gentisinique qui répond à la formule:

C7H°0‘* = (HO)s.C°H3.COOH

La chaleur le décompose en acide carbonique GO2 ethydroquinone CcH-,(0H)2 ;

(1) Baumann, Zeitsch. f.physiol. , Ch., t. XVI, p. 2G8, 1892.

ACIDE HOMOGENTISIÏSIQUE 899

ces considérations conduisent tout naturellement à la formule de constitution

C8H803 = (HO)2.C6H2.CH2.COOH

qui représente l’hydroquinone dont un H du noyau phénolique est remplacé par le résidu monoatomique ( — CH2.COOH) de l’acide acétique. L’acide homogentisinique est donc, en résumé, l 'acide dioxyphénylacétique, triatomique et monobasique.

Origine, mode de formation. — La plupart des composés aromatiques, notamment les phénols qui sont éliminés par les urines sous la forme de dérivés sulfoconjugués, prenant naissance dans l’intestin aux dépens des matières albuminoïdes, pendant la troisième phase de la digestion pancréatique (phase de fermentation bactérienne), Yolkow et Baumann sont partis de ce fait pour rechercher théoriquement et expérimentalement si l’acide homogentisinique n’aurait pas une origine analogue.

Dans les produits de décomposition des albuminoïdes, on trouve constamment de la tyrosine, acide a-amidoparaoxyphénylpropionique, dont la formule de constitution, comparée à celle de l’acide homogentisinique, montre de grandes différences dans les groupements chimiques :

CH.AzH2

COOH

Tyrosine.

CeH3(OH)2

COOH

homogentisinit

Il paraît donc bien difficile, à première vue, de rattacher ces deux corps l’un à l’autre. Mais, en faisant ingérer de la tyrosine à leur malade, Volkow et Baumann ont observé que l’excrétion d’acide homogentisinique était notablement augmentée, et son dosage par l’azotate d’argent ammoniacal leur a permis de constater que l’augmentation était exactement proportionnelle à la quantité de tyrosine ingérée. Ce fait nouveau semble donner la preuve que, dans certains cas d’ailleurs fort rares, et sous certaines conditions, la tyrosine produite dans 1 intestin se transforme en matière alcaptonique ; l'acide phénylamidopropionique CcHr,.AzH.CH2.CH2.COOH est également une substance mère de l’acide homogentisinique (1).

Le processus de cette transformation paraît de nature fermentative et provoquée par certains microbes encore inconnus; en effet, l’ingestion du salol (6 grammes par jour), par le malade atteint d’alcaptonurie, fait baisser l’excrétion de 1 acide homogentisinique qui peut tomber à la moitié de la quantité précédemment émise.

Dans ces conditions, la production d’alcaptone aux dépens de la tyrosine

(1) Volkow et Baumann, loc. cil., p. 285.

GARNIER

s'effectuerait avec mise en liberté d’ammoniaque et d’acide carbonique, d’après la formule :

CH(AzH2) + 30 COOH

CBHs(0H)2

= CH2 + AzH3 + CO2 COOH

Cette réaction se produirait surtout dans l’intestin grêle ; car on ne trouve pas d’acide liomogentisinique dans les fèces. Ce dernier, absorbé sur place, serait transporté par le sang jusqu'à l’émonctoire rénal.

En suite de son ingestion, cet acide passe en nature dans les urines, pour une partie seulement ; une autre partie perd de l’acide carbonique et se transforme en tolyhydroquinone C°H3(OH)2.CH3 que les sulfates du tube digestif font passer à l’état de sulfoconjugué qui est résorbé et éliminé par l’urine dans laquelle on observe une notable augmentation des phênolsulfales.

Ce mode d’élimination de l’acide homogentisinique, observé par les auteurs cités, nous donne peut-être la clef de la formation d’une partie, tout au moins des acides sulfoconjugués aromatiques dans l’organisme. Pendant leur digestion dans l’intestin grêle, les matières albuminoïdes se décomposent partiellement et donnent de la tyrosine qu’une fermentation transforme en partie, sur le lieu même de sa production, en acide homogentisinique. Si ce dernier n’est produit qu’en petite quantité, il se décompose complètement en acide carbonique et en dérivé sulfoconjugué de la tolyhydroquinone qui passe dans les urines ; mais que, pour une raison quelconque, la production de tyrosine vienne à augmenter, elle passe encore à l’état d’alcaptone dont une partie seulement subit la transformation physiologique précédente et donne lieu à une augmentation notable des pliénolsulfates de l’urine, augmentation vérifiée par Volkow et Baumann ; quant à l’excès non modifié, il passe directement dans le sang et provoque l’alcaptonurie.

Variations pathologiques des acides aromatiques oxygénés. — Brieger a observé que la proportion des acides croît simultanément, en général, avec celle du phénol, dans les urines pathologiques, excepté dans l’anémie pernicieuse où à côté d’une augmentation des acides, il n'a trouvé qu’une faible quantité de phénol. Ces acides persistent encore dans l'urine, alors même que la suppression de la putréfaction intestinale a déterminé la disparition complète de tous les dérivés sulfoconjugués (Baumann). Il résulte des recherches de Baumann, corroborant les observations de Brieger et établissant qu’en général il y a augmentation simultanée et à peu près proportionnelle des acides oxygénés et des sulfoconjugués aromatiques, que l’appréciation quantitative de ces derniers donne une mesure suffisante de la quantité des produits et par suite de l’intensité de la putréfaction .

ACIDE SKATOLCARBONIQUE

ACIDE SKATOLCARBONIQUE C9K8Az.COOH

Nous connaissons déjà deux dérivés du skatol qui se trouvent dans les urines, les acides skatoxylsulfurique et skatoxylglycuronique. Il en existe un troisième, l’acide skatolcarbonique, dont la présence paraît probable sans qu’on ait pu encore le retirer en nature de l’urine.

C’est en préparant les acides oxygénés aromatiques contenus dans l’urine que Baumann (i) a trouvé, à côté d’eux, un corps à fonction acide, azoté, très peu soluble dans l’eau, s'en séparant sous la forme de gouttelettes huileuses, donnant, sous l’influence de l’acide azotique rutilant, un précipité déjà rougeâtre et semblable à l’indol, devenant résineux au contact d’un excès d’acide ; les solutions aqueuses étendues, au contact des microbes de la putréfaction, fournissaient une proportion non insignifiante de skatol, mais pas d’indol. L’ébullition prolongée de ce corps ou de l’urine avec l’acide chlorhydrique concentré produisait des dérivés résineux qui n’ont plus donné de skatol.

E. Salkowski (2) a pu retirer de l’urine humaine un acide soluble, que ses réactions semblent prouver identique à l’acide skatolcarbonique qu’il a découvert et étudié avec H. Salkowski (3); mais, comme on l’a vu, on n’a pu encore extraire cet acide de l’urine, de façon à le caractériser avec une certitude absolue.

Otto (4) n’a pas réussi à en démontrer la présence dans l’urine d’un diabétique très riche en dérivé sulfoconjugué skatolique.

L’acide skatolcarbonique (5), s’il existe réellement dans l’urine, trouve certainement son origine dans le skatol qui résulte de la putréfaction des matières albuminoïdes dans l’intestin.

Aux acides aromatiques qui viennent d’être décrits et qui appartiennent à 1 urine humaine, il y a lieu de rattacher deux acides spéciaux à l’urine du chien, les acides kynurénique et urocanique, dont le premier, tout au moins, a des relations bien nettes avec les corps de la série aromatique.

(1) Baumann, Ber. d. chem. Gesellsch., t. XIII, p. 284, 1880.

(2) E. Salkowski, Zeitsch. f. phys. Ch., t. IX, p. 32, 1885.

(3) H. et S. Salkowski, Ber. d. chem. Geselsch., t. XIII, p. 191 et 2217, 1880 ; Zsch. f. phys. Ch., t. IX, p. 13, 1885.

(4) Otto, Pfliir/er’s Archiv, t. XXXIII, p. 617, 1884.

(5) Consulter, sur cet acide, propriétés et reconnaissance dans l’urine, IIuppert,in Anal, d. Harn. de Neubauer et Vogel, 1890, p. 163.

ACIDE KINURÉNIQUE

Cl0H7AzO1 2 3 4, H20 = HO.C°H5Az.COOH, H20

L’acide kinurénique ou oxychinolincarbonique a été découvert, par Liebig (1), dans l’urine du chien où il se trouve en quantité variable, suivant la nature de l’alimentation ; la proportion atteint son maximum avec le régime carné est plus faible avee le régime lacté et tombe au minimum avec l’alimentation exclusive de pain (Naunyn et Riess, A. Schmidt). Sa production serait indépendante d’après Baumann (2), de la putréfaction intestinale, et cependant Haagen (3) a vu une moindre quantité d'acide kinurénique dans les urines, après l’ingestion d’aliments stérilisés. L’acide kinurénique n’existe pas dans l’urine humaine (Hofmeister).

Extraction de l’urine. — Liebig précipitait l’acide kinurénique de l’urine du chien au moyen de l’acide chlorhydrique, et obtenait ainsi un précipité très complexe et de purification assez difficile; de tous les procédés imaginés depuis par Schmiedeberg et Schultzen, Schneider, Hofmeister, etc., nous n’indiquerons que celui de ce dernier.

Hofmeister (4) recommande de ne mettre en œuvre que l’urine absolument fraîche du chien; il ajoute au liquide^ de son volume d’acide chlorhydrique concentré, puis une solution chlorhydrique d’acide phosphotungstique tout le temps qu’il se produit un précipité ; celui-ci est lavé par décantation avec une solution très diluée ^au ^ d’acide sulfurique, jusqu’à disparition de toute trace de chlorure, exprimé et mis en ébullition avec un excès d’eau de baryte Le liquide filtré, débarrassé de l’excès de baryte par un courant d’acide carbonique refiltré, est réduit par évaporation à un petit volume, puis traité par l'acide chlorhydrique jusqu’à forte réaction acide, et abandonné au repos pendant 24 heures. L’acide kinurénique se sépare cristallisé en aiguilles soyeuses, mais toujours colorées par des pigments et souillé par un peu d’acide urique.

Pour le débarrasser de l’acide urique, on peut ou bien le faire bouillir avec du carbonate de baryte et de l’eau qui laisse l’acide urique insoluble, et préci piter par l’acide chlorhydrique la solution filtrée, ou bien le dissoudre dans l’ammoniaque qui transforme l’acide urique en urate ammonique insoluble ou tout simplement le traiter par l’alcool absolu bouillant qui ne dissout que l’acide kinurénique.

On le décolore autant que possible en traitant sa solution ammoniacale diluée

(1) Liebig, Ann. d. Ch. u. Phai-m., t. LXXXVI,p. 125.

(2) Baumann, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. X, p. 131, 1886.

(3) Haagen, Centralbl. f. d. med. Wiss., 1899, p. 214.

(4) Hofmeister, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. V, p. 66, 1881.

ACIDE KINÜRÉNIQUE 9O3

par 1 acétate de plomb, jusqu’à production d’un précipité moyennement abon- ' dant; le filtratum jaunâtre donne, par l’acide chlorhydrique, un acide à peine coloré, dont le sel de baryum est traité par le noir animal (Hofmeister). On peut, d ailleurs, l’obtenir incolore en précipitant l’urine primitive par l’acétate de plomb, décomposant le précipité par l’hydrogène sulfuré et filtrant le liquide bouillant (Niggeler). 1

Propriétés. L acide kinurénique cristallise en Anes aiguilles incolores et soyeuses , insoluble dans l’eau froide, peu soluble dans l’eau bouillante (t p. 100) et 1 alcool froid (1 p. 500), il est plus soluble dans l’alcool bouillant, ainsi que dans l’éther ; il perd sa molécule d’eau de cristallisation à 150».

Chauffé dans un tube, il fond en se colorant en brun, et se volatilise complètement, en laissant comme résidu une trace de charbon ; le sublimé est blanc, soyeux et très soluble dans l’alcool (Liebig). A 265», il fond et se dédouble en aci e car omque et en une base, la kindrine, dont on a démontré l’identité avec 1 oxyquinoléine :

aC;°™ = C!'HT A 7.0 -{- CO2

Cette décomposition fixe la constitution de l’acide kinurénique et en fait un atide oxyquinoléincarbonique C»H»Az j ^ (Schmiedeberg et Schultzen) (1).

D ailleurs, par la distillation dans un courant de vapeur d’eau sèche avec la poudre de zinc, il donne de la quinoléine C»H7Az, et chauffé à 240» avec de l'acide c or y nque, il fournit un corps basique qui donne encore de la quinoléine parla distillation avec la poudre de zinc (Kretschy) :

C°H7Az.O + II2 = C'JH7Az + H20.

Kinurine. Quinoléine.

u~i e inurénique sature parfaitement les bases et forme des sels dont les a ca ms seu s sont bien solubles. On a obtenu, cristallisés, les sels de potassium, ca cium, aiyum et cuivre (Liebig, Kretschy); c'est le sel barytique qui cristalise e p us acilement; la solution ammoniacale perd son ammoniaque par I évaporation et laisse se déposer l’acide kinurénique libre.

e se baijlique (C<0HcAzO3)2Ba, obtenu en dissolvant l’acide dans la baryte c au e, ont on élimine ensuite l’excès par l’acide carbonique et filtrant la so ution bouillante, cristallise très facilement par le refroidissement en lamelles minces triangulaires ou en aiguilles qui contiennent 3 molécules d’eau de crista isation, suivant Schmiedeberg et Schultzen, 41/2 H20, d’après Kretschy. Très peu soluble dans l’eau froide, il se dissout facilement dans l’eau bouillante,

(1) Schmiedeberg et Schultzen, Ann. d. Ch. u. Phann., t. CLX1V, p. 155.

mieux encore dans la baryte chaude, et perd toute son eau de cristallisation à

L’acide kinurénique forme également, avec les acides minéraux, des combinaisons définies, solubles dans un excès d’acide, mais dont l’acide kinurénique est déplacé et précipité par un excès d’eau. La combinaison chlorhydrique C10H7AzO3.HCl a été préparée par Brieger, et le chloroplatinate par Ivretschy. Avec l’acide phosphotungslique, il donne un composé insoluble dans les acides minéraux, mais soluble dans l’acide acétique (Hofmeister).

Chauffé avec de l’acide chlorhydrique concentré à 240°, l’acide kynurénique se dédouble en acide carbonique et kinurine qui se combine avec l’acide minéral (Kretschy) ; l’acide chlorhydrique et le chlorate de potassium donnent de la tétrachloroxy kinurine C°H3CliAzOa, et divers autres produits (Jaffé).

Les solutions d’acide kinurénique donnent, avec l’eau de brome, un abondant précipité jaune citron qui devient rapidement cristallin (Baumann), et se décompose, à chaud, en acide carbonique et tctrabromokynurine C9H3Br*AzO (Brieger).

ACIDE UROCANIQUE C,-Il,2Ai'.101,4H-0

Cet acide a été trouvé accidentellement et en quantité notable, 2 à 3 grammes par 24 heures, par Jafl'é (1), dans l’urine d’un chien qui l’excréta pendant longtemps; mais il n’en put constater l’existence dans celle de plusieurs autres animaux de même espèce.

Extraction. — L’auteur a épuisé par l’éther l’extrait alcoolique de l’urine acidulé par l’acide sulfurique. Les solutions éthérées, réunies et distillées, ont laissé un résidu qui s’est pris en une masse de cristaux; ces cristaux essorés, lavés avec un peu d’eau froide, puis d’alcool, pour enlever une trace d’urée, sont purifiés par une cristallisation dans l’eau chaude. La combinaison cristalline obtenue, redissoute dans l’eau, est décomposée par l’eau de baryte qu’on ajoute tant qu’il y a précipitation. Le liquide filtré et évaporé laisse se déposer des cristaux aiguillés qui constituent l’acide urocanique.

Propriétés. — L’acide urocanique cristallise en prismes ou en fines aiguilles renfermant 4 molécules d’eau de cristallisation qu’il perd à 105°; insoluble dans l’alcool et l’éther, peu soluble dans l’eau froide, il se dissout mieux dans l’eau chaude. Il s’unit à la fois aux acides et aux bases en donnant des combinaisons solubles dans l’eau et pour la plupart cristallines, et possède une réaction acide au tournesol.

Il fond à 212-213°, en se décomposant, perd de l’eau et de l’acide carbonique,

(t) Jaffé, Ber. d. ch. Gesellsch., t. VII, 1669 et t. VIII, P- 811.

ACIDE ÜKOCAMQUE

et laisse comme résidu une huile brunâtre, qui se prend par le refroidissement en une masse vitreuse, fluorescente et verdâtre, constituée par une base I’urocanine, dont Jaffé représente la formation par la formule suivante :

C(2H^Az.iCM = CnH,#AzJ0 CO2 + H20.

Ac. urocanique. Urocanine.

L urocanine G11Hl0Az-'O est très alcaline, amorphe, insoluble dans l’eau froide, plus soluble à chaud, peu soluble dans l'éther, très soluble dans l’alcool ; elle forme, avec les acides, des sels solubles et amorphes, et un chloroplatinate C,,H,0Az‘,0.2HCl.PtCl4) qui se précipite en une poudre rouge, dense, insoluble dans l’eau, l’alcool et l’éther, et devenant peu à peu cristalline.

Le dédoublement de l’acide urocanique sous l’influence de la chaleur, avec production d un corps à fonction basique et d’acide carbonique, le rapproche de 1 acide kinurénique.

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