C. Sulfocymutto tle potassium
La salive renferme presque constamment du sulfocyanate de potassium, ainsi que Tréviranus l’a démontré le premier ; elle donne alors, avec le perchlorure de fer, une coloration rouge sang que l’éther enlève au liquide, et qui se distingue de celle que produisent les acétates, les sulfites, etc., parce qu’elle persiste après l’addition d’acide chlorhydrique,' et ne disparaît que sous l’influence du chlorure d’or ou d’un azoti te alcalin.
C’est aussi à l’acide sulfocyanique qu’est due la coloration bleue que communique la salive au papier de Bœttger, sur lequel onia dépose.
On peut d’ailleurs extraire l’acide sulfocyanique de la salive en distillant celleci avec de l’acide phosphorique ; le produit de la distillation se colore encore en rouge sang par le chlorure ferrique.
La quantité de sulfocyanate de potassium contenue dans la salive est très minime. Nous avons cité précédemment .les chiffres obtenus par Frérichs (0,10 p. 1000) et par Lehmann (0,07 p. 1000); en opérant sur sa propre salive, Jac'ubowitsch a trouvé 0,06 p. 1000.
C’est également à un résultat analogue (0,0698 par litre) que vient d’arriver Bruylants (1888). Les chiffres indiqués il y a une dizaine d’années par Gscheidlen et Münk sont donc 10 et même 40 fois trop élevés.
La salive n’est pas seule d’ailleurs à compter le sulfocyanate de potassium parmi ses éléments constitutifs; le sang, le sérum, l’albumine et la bile de bœuf le liquide amniotique et les liquides de ponction, dans diverses circonstances pathologiques, en renferment également. Chez l’homme, l’urine en renferme quelquefois beaucoup, alors que la salive n’en contient que des traces.
Bruylants considère l’acide sulfocyanique comme un produit de désassimilation des matières albuminoïdes chez les mammifères.
DIGESTION. — SALIVE MIXTE
D. Sels de la salive mixte.
Les sels qui prédominent dans la salive sont les chlorures alcalins qui y pénètrent d’ailleurs facilement après leur absorption, mais sans dépasser un certain maximum, au delà duquel il n’y a plus d’afflux vers la salive, quelle que soit la richesse du plasma sanguin en chlorure de sodium ou de potassium.
La salive ne renferme que très peu de phosphates, et des traces à peine de sulfates; elle est moins pauvre en carbonate de chaux qui se dépose avec des phosphates terreux, quand le liquide, abandonné à l'air, perd son acide carbonique.
Berzélius a attribué la réaction alcaline de la salive à la combinaison d’une matière organique (probablement albuminoïde) à quelques traces de polasse, de soude et de chaux. Mais, dans les cendres de la salive, ces combinaisons ont été détruites, et les bases se retrouvent, partie à l’état de carbonates, partie sous la forme de sulfates produits aux dépens de soufre de la matière albuminoïde.
Le microscope révèle quelquefois, dans les dépôts de la salive abandonnée au repos, 1 existence d’efflorescences cristallisées qui constitueraient le sel potassique dun acide gras peu volatil, tel que l’acide caproïque ou un homologue voisin.
Ajoutons enfin que Schœnbein a trouvé que la salive mixte de l’homme agit par oxydation sur l’acide iodhydrique en mettant l’iode en liberté, comme le fait 1 acide azoteux. La salive acidulée par l’acide sulfurique pur bleuit, en effet, presque constamment le mélange d’iodure de potassium et d’empois d’amidon. Schœnbein a attribué cette action à la présence d’un nitrite alcalin.
Une seule analyse a été donnée des cendres de la salive; mais, pour la raison énoncée précédemment, elle ne représente pas la composition des sels primitivement existants dans ce liquide. Le mode de préparation, par simple calcination après évaporation, doit certainement déterminer une perte assez sensible dans les sels volatils, et notamment dans les chlorures alcalins. Quoi qu’il en soit, nous donnons les chiffres trouvés par Enderlin :
Composition des cendres de la salive (Enderlin).