‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 564 sur 722 · II. — MATIÈRES COLORANTES DÉRIVÉES DE CHROMOGÈNES · texte numérisé non relu

II. — MATIÈRES COLORANTES DÉRIVÉES DE CHROMOGÈNES

Les matières colorantes qui proviennent de substances chromogènes contenues dans l’urine fraîche et ne s’y développent que secondairement par abandon du liquide à l’air et à la lumière ou, plus rapidement, sous l’influence de réactifs divers, sont assez nombreuses ; nous avons étudié déjà, en leur temps, les colorations bleue et rouge qui proviennent de l’indican et de son homologue l’acide skatoxylsulfurique (p. 921 et 923), ainsi que les colorations vert olive brune et même noire des urines phénoliques (p. 908). Il nous reste à passer en revue l’urobiline qui est certainement le plus important des pigments de l’urine physiologique, l’ uroroséine de Ncncki et Sieber, les matières humiques de Udranszky, et enfin la mélanine.

MATIÈRES COLORANTES DÉRIVÉES DE CHROMOGÈNES. - UROBILINE 935

1“ Urobiline

C32H40Az1O7

L’urobiline a été découverte par Jaffé (1868) (1) qui en a constaté la présence constante dans l’urine normale, et en quantité bien plus considérable dans l’urine des fébricitants. D’après Mac Munn (2), il existerait, outre V urobiline normale de Jaffé, deux autres variétés : Yurobiline fébrile, aux propriétés optiques semblables à celles de la première, et une urobiline intermédiaire, optiquement différente des deux précédentes.

L’urobiline est identique à la stercobiline retirée par Vanlair et Masius des excréments (3).

On a réalisé, au laboratoire, la préparation de l’urobiline ou de corps très voisins, en partant de divers pigments animaux, tous dérivés de la matière colorante du sang :

1° Par l’action réductrice de l’amalgame de sodium sur la bilirubine et la biliverdine, Maly a obtenu Y hydrobilirubine:

C32H36Az-*06 + It20 + H2 =

Bilirubine.

C32H30Az,O8 + 3H2 =

C32HioAz',07

Uydrobilirubinc.

C32H'înAz'07 + H20.

2° Hoppe-Seyler est arrivé au même résultat en réduisant l’hématine ou l’hémoglobine par l’étain et l’acide chlorhydrique, ou par la fusion potassique de l’oxyhémoglobine :

C32H32Az1OiFe -f 3H20 + H2 = C32tl,0Az’'O7 + Fe.

Hématine. Urobiline.

3° Nencki et Sieber ont fait réagir l’étain et l'acide chlorhydrique sur l’hématoporphyrine :

C32H3CAz*06 + H20 + II2 = C32H,0Az'O7.

Hématoporphyrine. Urobiline.

Ces divers produits ont des propriétés communes : tous absorbent la lumière dans le bleu du spectre et leur solution est fluorescente ; mais on observe, entre eux, certaines différences bien étudiées par Nencki et Sieber, par Le Nobel, etc. Cependant, comme il n’est pas prouvé que les produits artificiels sont dans un état de pureté plus grand que l’urobiline naturelle, il semble qu’on peut revenir à l’opinion première que l’urobiline de l’urine est identique à l’hydrobilirubine de

(1) Jaffé, Centralbl. f. d. med. Wissensch., 1868, p. 243; 1869, p. 177.

(2) Mac Munn, Jaliresb. f. Thierch., t. XI, p. 211, 1881.

(3j Vanlair et Masius, Medic. Centralblatt, 1871, p. 369.

Maly, et que toutes deux sont, au même litre, des dérivés par rétrogradation de l’hémoglobine, comme l’ont dit Hoppe-Seyler et Maly.

Préparation de l’hydrobilirubine. - On dissout de la bilirubine ou de la bili-

verdine dans une solution étendue de potasse ou de soude, et l’on y ajoute de l'amalgame de sodium, en évitant le contact de l’air, jusqu’à ce qu’il se dé de l’hydrogène libre et que le liquide ait pris une coloration jaune clair ou brun jaunâtre. Le mercure séparé, on neutralise ensuite par un excès d’acide chlorhv dnque qui détermine la précipitation de la matière colorante sous la forme dè flocons brun rouge qu’on recueille sur un petit filtre, redissout dans l’ammn maque, reprécipite par l’acide et enfin lave à l’eau (Maly).

Extraction de l’urobiline des urines. - Pour retirer l’urobiline des urines nor males, on précipite un volume considérable de liquide par le sous-acétate d ~ plomb, après élimination préalable des sulfates et des phosphates par le nitraiÜ de baryum, délaye le précipité plombique, lavé à l’eau et séché, dans l’alcool bouillant, puis, après décantation de l’alcool, le décompose par l’alcool contenan de 1 ac.de sulfurique. La solution alcoolique filtrée est saturée par l’ammoniaoue purs filtrée ; le filtralum, additionné de son volume d’eau, est traité par le chloruré de zinc qu. donne naissance à un précipité brun rouge, le liquide étant décoloré Le précipité ziucique, lavé à l’eau froide puis bouillante, desséché à basse lemné' rature, et épuisé par l’alcool chaud, est mis en digestion dans l’alcool acidulé par l’acide sulfurique. On filtre pour séparer le nouveau précipité, ajoute à 1 solution alcoolique la moitié de sou volume de chloroforme et agite le mélau & avec une grande quantité d’eau. La solution chloroformique décantée, lavée deu^ fois avec un peu d’eau, est enfin distillée. Le résidu, formé d’urobiline impure* cède à l’éther, d’après Esoff, une certaine quantité de pigment rouge étrang * et laisse l’urobiline sous la forme d'une masse brune amorphe (Jaffé). r>

Si l’on dispose d’urines fébriles plus riches en pigment, on les traite par l’am moniaque, filtre pour séparer les phosphates terreux, et précipite le liquide par le chlorure de zinc. Le précipité rouge brun, lavé à l’eau froide puis chaude à 1 alcool chaud, desséché à une température modérée, est pulvérisé, puis dissous dans 1 ammoniaque. La liqueur alcaline, filtrée, est de nouveau précipitée t)US 1 acétate de plomb ; ce dernier précipité est ensuite traité comme le précin té zincique du procédé précédent (Jaffé) . PU6

Mac Munn simplifie le procédé de la manière suivante : l’urine est précin’fA par un mélange d’acétate et de sous-acétate de plomb ; le précipité, lavé et séch s est décomposé par l’alcool sulfurique, et la solution alcoolique acide, étend ^ d’eau, est épuisée par le chloroforme qui laisse l’urobiline par évaporation ^ Méhu (I) additionne l’urine de 1 à 2 grammes d’acide sulfurique par litre' et sature, à la températuré ambiante, par le sulfate d'ammonium solide ; le pig 1 ia se sépare lentement en flocons bruns qu’on recueille sur filtre et lave ave8”^111 solution saturée et acidulée du sel ammonique. Le filtre, exprimé et addi^ UUe de quelques gouttes d’ammoniaque, est mis en digestion à une douce

[1) Méhu, Bull, de VAcad. de Médec p. 26, 1878.

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dans l’alcool absolu dont la solution, évaporée à une douce température, laisse l'urobiline comme résidu.

Grimm (1) épuise simplement Farine acide par agitation avec de l’éther; la solution étliérée, décantée et filtrée, laisse l’urobiline comme résidu d'évaporation.

Dosage de l’urobiline. — On additionne 20 centimètres cubes d’urine de 2 centimètres cubes de solution saturée à froid de sulfate de cuivre, puis les sature de sulfate d’ammonium qui assure le passage complet du pigment dans le dissolvant, et agite le mélange avec 10 centimètres cubes de chloroforme, jusqu’à apparition d’une couche de cuivre rouge pulvérulent sur le véhicule qui s’empare de 1 urobiline. Il suffit ensuite de comparer la teinte de la solution chloroformique avec une échelle de solutions titrées d’urobiline (Studensky) (2). Dans les conditions normales, l’urine contient de 0 gr. 08 à 0 gr. 14, soit en moyenne 0 gr. 123 d’urobiline (Hoppe-Seyler) (3).

Propriétés. L urobiline fébrile de Jalfé est une poudre amorphe, rouge, peu soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, le chloroforme, l’éther acétique, moins dans 1 ether. Ses solutions étendues sont jaunes avec une pointe de rose ; concentrées, elles sont jaune brun et neutres au tournesol. Elle se dissout également dans les acides et les alcalis. Les solutions neutres montrent une vive fluorescence verte que l’addition de chlorure de zinc (à la solution alcoolique) ne modifie pas sensiblement, tout en colorant le liquide en rouge. Ces mômes solutions neutres, additionnées de sublimé corrosif, donnent encore une fluorescence verte (Schmidt). Elle est plus soluble dans les liquides salins que dans 1 eau pure, et cependant elle est précipitée de ses solutions acidulées par le sulfate d’ammonium ajouté à saturation (Méhu).

La solution alcoolique acidifiée n’est pas jaune, ni fluorescente ; sa teinte varie du rouge rosé au rouge brun foncé, suivant la concentration. La solution alcoolique alcalinisée est jaune ou brune, suivant la dilution ; la solution alcoolicoammoniacale est jaune tirant sur le vert et possède, mais non toujours, une fluorescence verte ; l'addition de chlorure de zinc lui communique une couleur rose ou grenat et une vive fluorescence verte, qui disparaît par addition d’un acide, pour réapparaître au contact de 'l'ammoniaque.

La solution alcoolique acide montre, d’après Jaffé, une large bande d’absorption un peu faible y entre b et F, qui couvre et sépare même F quand elle est concentrée, tandis que les solutions neutres ou alcalinisées par la soude, ainsi que la solution ammoniacale et zincique donnent une bande 8, exactement comprise entre b et F , adjacente au bleu, etbeaucoup plus opaque dans sa partie centrale. Ces bandes sont exactement les mêmes que celles de la stercobiline. La solution neutre, additionnée de sublimé, donne deux bandes d’absorption (Schmidt).

La solution aqueuse d’urobiline est précipitée par les sels de plomb, de zinc,

(1) Grimm, Virchov’s Archiv, t. CXXX1I, p. 246, 1893.

(2) Studenski, St-Pelersb. med. Wochensch, 1893, n" 30.

(3) Hoppe-Seyler, Virchov's Archiv, t. CXXIV, p. 30, 1891.

d’argent, de cuivre, le chlorure de calcium ; le précipité, qui contient le pigment est redissous par les acides. L’addition modérée de chlorure de zinc et d’ammoniaque la précipite presque complètement à l’état de combinaison zincique rouge ou brune, soluble dans l’ammoniaque en excès ; cette solution ammoniacale est rouge rosé ou grenat, et possède une belle fluorescence verte.

Les solutions acides ou alcalines très diluées d’urobiline, même celle dans l’acide azotique faible, peuvent être portées à l'ébullition sans qu’elle perde ses propriétés optiques (Jaffé). Ses solutions sont décolorées par l'amalgame de sodium et, plus rapidement encore, par l’étain et l’acide chlorhydrique (Disqué). Elle résiste longtemps à la putréfaction, ne donne pas la réaction de Gmelin (coloration verte par l’acide azotique), et réduit, d’après Méhu et Rabuteau la solution alcaline d'oxyde cuivrique.

Réactions caractéristiques de l’urobiline. — 1» Solution alcoolique acide, rosée ou rouge, non fluorescente ; solution alcoolique alcaline, jaune ou brunâtre • solution alcoolique ammoniacale, jaune tirant sur le vert et quelquefois avec fluorescence verte ; — 2° Solution alcoolico-ammoniacale, additionnée de chlorure de zinc, rose tendre avec forte fluorescence verte ; — 3° Bandes d’absorption entre 6 et F (voir ci-dessus) des solutions précédentes.

Caractères distinctifs des diverses urobilines. — L 'urobiline normale préparée par Jaffé est rouge ou jaune rougeâtre.

L'urobiline normale obtenùe par Mac Munn est jaune brunâtre ; ses solutions alcalines sont rouges ; les solutions acides présentent, outre une seule bande fréquemment visible en D, une bande d’absorption (y) en E50F — F, qUe jes alcalis font disparaître et qui réapparaît de nouveau au contact des acides.

L'urobiline fébrile de Mac-Munn est rouge brun ; sa solution chloroformique est rouge et devient jaune au contact des alcalis. Ses solutions acides présentent outre deux petites bandes à gauche et à droite de D, la même bande d’absorpl tion y que la précédente, mais plus foncée et mieux délimitée, persistant, mais déplacée un peu vers la gauche, par addition de soude. Elle est transformée par le permanganate de potassium en urobiline normale.

L 'urobiline intermédiaire que Mac Munn a trouvée dans un cas de pleurésie est jaune rougeâtre. Quant à F hydrobilirubine de Maly, produit artificiel obtenu par la réduction de la bilirubine, c’est une poudre brun rouge qui possède tous les caractères d’un acide faible, et dont les propriétés ressemblent étrangement à celles de l’urobiline de Jaffé. Sa solution ammoniacale présente, d’ailleurs des bandes d’absorption identiques à celles de l’urobiline normale de Mac Munn ce qui rend plus probable encore leur identité parfaite.

La stercobiline, trouvée par Vanlair et Masius dans les fèces, a été étudiée de nouveau par Mac Munn (1); le spectre de sa solution zinco-ammoniacale possède encore une fluorescente verte, montrerait, en outre des bandes d'abso^1 tion de l’urobiline normale et de l’hydrobilirubine, une bande supplément ' ^ mais le procédé d’extraction que nous avons mentionné est d’une simplicil •

(1) Mac Munn, Journ. of Physiol t. X. p. 115.

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telle que, appliqué aux matières fécales, on ne peut admettre qu’il puisse donner une espèce chimique homogène.

Présence de l’urobiline dans l'organisme

On a constaté la présence de l’urobiline tout d’abord dans l’urine, puis dans les excréments (stercobiline), dans le placenta de la chienne et de la chatte ; elle manque dans l’urine du chien et du cheval. Maly l’a décélée dans la hile fraîche de l’homme et dans le sérum du sang de bœuf. Yierordt a démontré qu’elle est l’un des principes, et le plus important, de la matière colorante des fèces qui ne renferment plus guère de pigment de la hile fraîche. Elle accompagne l’uroérythrine dans les sédiments briquetés uraliques.

Les travaux successifs d’Esoff, de Jaffé, de Disqué ont prouvé que ce n’est qu’exceptionnellement que l’urobiline existe dans l’urine normale au moment de son émission, et que celle-ci renferme une matière chromogène incolore, sans action sur le spectre, I’urobiline réduite de Disqué, urobilinogë.nk de Huppert, que Disqué (1) paraît avoir obtenue par la réduction de l’hydrobilirubine de Maly au moyen de l’amalgame de sodium, ou mieux encore de l’étain et de l'acide chlorhydrique.

L’urine, peu colorée au sortir do la vessie, se fonce peu à peu au contact de 1 air, et présente alors seulement le spectre d’absorption de l’urobiline; cette modification est activée par les acides minéraux, et surtout par les oxydants, par exemple le permanganate de potassium (Moss).

L’urine normale ne contient qu’une très minime proportion d’urobilinogène et, par suite, d’urobiline; la quantité, très faible et même nulle chez l’individu sain, pendant le jeûne, augmente notablement vers la fin ou après l’achèvement complet de la digestion (Grimm). L’urobiline libre se l'encontre, au contraire, en quantité notable dans les urines de fébricitants, ainsi que dans celles de certains cas pathologiques que nous aurons à revoir et qui sont beaucoup plus riches en pigment que l’urine normale (Mac Munn).

Le chromogène de l’urobiline est précipité au moins en partie par l’acétate de plomb; le précipité ne le cède pas intact à l’alcool acidifié qui le transforme en urobiline qui est dissoute (Rabuleau, Esoff, Disqué). Il est soluble dans le chloroforme qui peut servir à l’extraire de l’urine.

Vierordt a calculé, par sa méthode spectropholométrique, en admettant 1 identité du pouvoir absorbant de l’urobiline et de l’hydrobilirubine prise comme terme de comparaison, que, si colorées que soient les urines fébriles, elles ne renferment au maximum que ^ à ~ de pigment pour 100 parties.

Origine, mode de formation

Les réactions formulées au début de cette étude sur l’urobiline montrent qu’elle peut avoir deux origines :

(1) Disqué, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. If, p. 264.

1“ Dans les conditions normales et habituelles, elle paraît prendre naissance par réduction de la bilirubine, dans l’intestin, sous l’influence de l'hydrogène naissant produit dans les putréfactions des matières albuminoïdes; de fait. la bilirubine et son. premier produit d’oxydation, la biliverdine, lui donnent naissance dans de telles conditions. On en constate la présence dans le tiers inférieur de l’iléon, et surtout dans le gros intestin, immédiatement au-dessous de la valvule de Bauhin, et nous avons vu quelle prédomine comme matière colo rante des excréments.

Une partie de l’urobiline, ainsi formée dans l’intestin, est résorbée et nasse dans le sang, dans le sérum duquel Maly l’a trouvée chez le bœuf, puis de là va à son émonctoire naturel, le rein, par lequel elle est éliminée après son iniecûn, sous-cutanée. J u

Mais, comme les urines ne contiennent d’ordinaire que son chromogène il faut admettre, ou bien que le dérivé de la bilirubine formé dans l’intestin Ui l’urobihnogène absorbé ensuite sur place, ou que l’urobiline qui a pénétré don le sang y subit un phénomène complémentaire de réduction aboutissant à 1 production du chromogène incolore. Quoi qu’il en soit, le phénomène essentiel es que le pigment de 1 urine normale (ou son chromogène) dérive de la matière colorante de la bile et, par cela, mérite bien le nom d’hydrobilirubine que ui a donne Maly. Ajoutons que l’antisepsie intestinale réalisée de diverses façons I particulier par la dièle lactée prolongée et les lavements simples mais abon dants, produit, par ricochet, une diminution considérable de l’urobiline 2o Hoppe-Seyler, Nencki et Sieber, en préparant l’hydrobiliruliine au moyen de 1 hémoglobine, de l’hémaline et de l’hématoporphyrine, ont démontré exp • rimentalement que l’urobiline peut, dans certaines conditions, être considérée aussi comme un produit de rétrogradation directe de la matière colorante du sang, sans que celle-ci soit obligée de passer par le stade intermédiaire de la bilirubine ; il est vrai que l’hématoporphyrine serait isomérique de la bilirubine d’après Nencki et Sieber (f).

En est-il de même dans l’organisme, et l’hémoglobine peut-elle s’y transformer directement en urobiline en dehors du foie? L'expérience semble autoriser uiT réponse affirmative ; en effet, outre que le pigment continue à se produire chT les animaux alors même qu’une fistule biliaire détourne complètement de l’jntestin toute la bile que produit le foie, toutes les maladies qui déterminent un' destruction abondante des globules sanguins ont comme conséquence une au a mentation considérable de l’urobiline dans les urines : telles sont les fièvre' typhoïde ou septique, le scorbut, le purpura hemorrhagica, etc. ; lWe f 6 d’acétylphénylhydrazine ou d’antifébrine (Môrner) produit un effet analo-u û Il en est encore ainsi des extravasations sanguines de nature diverse : hémcT' rhagies cérébrales, abdominales, etc. (Kunkel, Bergmann, Dick).

Mais les extravasations du sang dans l’intimité des tissus y sont suivies d 'apparition de cristaux d’une matière colorante particulière, I’hkmatoïûixe Robin et Verdeil, dont l’identité avec la bilirubine, indiquée d’abord par Vircho^

*.«?«*? elSieher’Monalshefte'r- Ch-’ *■ P- 11S. et Arch. f. exp. Pathol., t. XXIV (2) Salkowski, Med. chem. Unters.,t. III, p. 436,1868.

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a été démontrée ensuite par Robin, Jaffé et Salkowski (2). Langhans, Quincke, Cordua et v. Recklinghausen (1) ont vérifié expérimentalement cette transformation. D’autre part, la dissolution provoquée des globules sanguins ou l’injection d'une solution d’hémoglobine dans les vaisseaux sanguins est souvent suivie de l’apparition de la bilirubine dans l’urine. La conclusion, déjà indiquée, est que la bilirubine peut prendre naissance ailleurs que dans le foie, mais toujours aux dépens de la matière colorante du sang.

Enfin, l’hémaloïdine des exlravasats anciens ne passe pas en nature dans les urines, mais est éliminée sous la forme d’urobiline dont elle augmente la proportion ; de même, l’augmentation d’urobiline, que l’on constate au commencement et sur la fin de l’ictère bilirubinique, ne peut s’expliquer que par une transformation de la bilirubine, préalablement à son excrétion par la voie urinaire (Kunkel (2), Quincke (3), Geigel). Ces derniers faits doivent être rattachés, suivant Bunge, à l’action réductrice des tissus soustraits à l’action de l’oxygène de l’air et démontrée par Ehrlich(4).

De tout cela, il résulte que l’urobiline peut avoir une source autre que l’intestin, et qu’elle peut prendre naissance dans l’intimité des tissus ou dans l’intérieur des vaisseaux aux dépens de la matière colorante du globule sanguin ; mais, dans celte rétrogradation, l’on observe encore des phases successives, avec production d’un terme intermédiaire qui paraît identique à celui qui se forme dans le foie, siège de la destruction normale des vieux globules rouges, c’est-àdire à la bilirubine. Dans ce cas, il arrive souvent que celle-ci ne subit pas une transformation complète et qu’une partie, échappant à l’action réductrice des tissus ou de l’épithélium rénal, accompagne l’urobiline dans l’excrétion urinaire.

En 1890, Mac Munn (5) a publié un long travail dans lequel il donne les résultats de l’étude spectroscopique et de la mesure des bandes d’absorption des divers pigments urinaires normaux et pathologiques ; il a étudié l’urobiline pathologique trouvée dans des urines de péritonite et d’hémorrhagies internes, furohématoporphyrine (ancienne urohématine) des urines de rhumatisants, de rougeole, méningite, péritonite et typhus, et l’urobiline normale, comparativement à divers produits de réduction de l’hémaline en milieu acide ou alcalin. 11 a constaté : — 1° l’identité de l 'urobiline normale et du dérivé de l’hcmatine acide traitée par H1 2 3 402 ; — 2° la grande ressemblance qui existe entre l 'urobiline normale et l'urobiline artificielle dérivée de l’hématine; —3° une différence entre l'urobiline normale et ïhydrobilirubine ; — 4° les relations intimes de l’ hydrobilirubine avec la bilirubine de la bile ; — 5° enfin, les rapports très voisins qui existent entre la stercobiline, l'urohématoporphyrine, et l 'urobiline pathologique.

(1) V. Recklinghausen, Hanclb. d. allg. Pathol. d.Kreislaitfes u. d. Erhührung, Stuttgart, 1883, p. 434.

(2) Kunkel, Virchov's Archiv, t. LXX1X, p. 463, 1880.

(3) Quincke, Virchov's Archiv, t. XCV, p. 138, 1884.

(4) Ehrlich injecte dans le sang des matières colorantes bleues, bleu d’alizarine ou d’indophénol; ces matières circulent dans le sang avec leur coloration et vont se déposer dans certains tissus (tissu adipeux particulièrement) dont la coupe incolore se colore en bleu au contact de l’air (Dus Sauerstoffbedilrfniss d. Organisants, Berlin. 1883).

(à) Mac Munn, Journ. of physiol., t. X, p. 71-121 et Jahr. f. Thierch. t. XX, p. 201,

Si l'urobiline, ou plus exactement son chromogène, existe constamment dans l’urine normale, elle ne s’y trouve qu’en très minime proportion ; mais elle augmente notablement à l’état pathologique, dans toutes les maladies fébriles aiguës (fièvre intermittente, rhumatisme aigu, phtisie, pneumonie croupale, péritonite), et surtout celles qui sont accompagnées d’une destruction partielle des globules sanguins(Cazeneuve, Katz, Barquellini)(l) comme la fièvre typhoïde, la septicémie, la cirrhose du foie, le scorbut, etc., ainsi que dans les épanchements sanguins tels que hémorrhagies cérébrales, infarctus hémorrhagique du poumon, grossesse extra-utérine, hématocèle rétro-utérin, suffusions sanguines, ecchymoses, etc., mais seulement quelques jours après l’hémorrhagie, quand l’hémoglobine du sang a subi les transformations nécessaires. Elle augmente encore à la suite des modifications qu’éprouvent les phénomènes d’assimilation ou de désassimilation dans le parenchyme hépatique, que ces modifications soient passagères ou persistantes, celles, par exemple, que provoquent les matières étrangères dont le sang est surchargé dans la fièvre ou après l’injection de tuberculine ou les troubles circulatoires de l’ictère et de la cholélithiase (Katz) (2), — dans la stase de la bile dans le foie, quand la diurèse est abondante (Hoppe-Seyler).

L’urobiline diminue, au contraire, dans les maladies accompagnées d’un ralentissement notable dans les phénomènes de nutrition générale, la chlorose, l'anémie, l’hystérie, la convalescence des fièvres graves, ainsi que

(1) Barquellini, Lo sperimentale, 1892, fasc. 2, p. 119.

(2) Katz, W’ïen. med. Wochensch, 1891, n° 28-32.

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dans toutes les circonstances où l’activité du foie se ralentit, dans la stase de la bile sans écoulement vers l’intestin accompagnée d’une faible diurèse, et peu après la fin d’un ictère (Hoppe-Seyler) (1).

C’est à l’urobiline que l’on doit attribuer la coloration foncée des urines hémaphéiques de Gubler, très ressemblantes aux urines bilieuses par la coloration brunâtre du liquide etla couleur jaune de la mousse (Liebermann, Maly), urines accompagnées d’un ictère très léger, ictère hcmaphéiquc limité à la face et aux sclérotiques, sans les démangeaisons vives et la décoloration des fèces que l’on observe dans l’ictère d’origine hépatique.

C’est là I’ictère urobilinique de Gerhardt, 'dont Quincke a contesté la réalité en ne voulant y voir qu’un faible degré d’ictère bilieux véritable ; et, en effet, chez certains malades atteints de cirrhose hypertrophique du foie, l’ictère hémaphéique pur, après une durée variable, fait place à l’ictère bilieux décelé par la réaction de Gmelin. Dans ces cas, le sérum du sang contient toujours une certaine quantité de pigment biliaire non modifié, alors que l’urine ne renferme qu’un exces d’urobiline (Hayem, Soc. mcd. des liôpit., 17 mai 189b). Leube (2) a d’ailleurs, contrairement à l’opinion de Gerhardt, en constatant la présence de la bilirubine dans la sueur alors que l’urine ne contient que de l’urobiline, démontré que la coloration ictérique de la peau moyennement foncée, jaune verdâtre pâle ou sale, doit être attribuée à la bilirubine qui, pendant son passage à travers 1 épithélium rénal, est réduite en hydrobilirubine, à moins cependant que l’urobiline qui se trouve à la fois dans le sang et dans î’urine ne soit transformée en bilirubine pendant son excrétion à travers les glandes sudoripares.

En résumé, comme la sortie de la matière colorante du sang hors des globules rouges a pour conséquence une production simultanée ou plutôt successive de bilirubine et d’urobiline, on comprend que l’ictère hématogène et l’ictère urobilinique coexistent fréquemment et donnent lieu à des formes mixtes. Il doit en être de même, par surcroît, dans le cas d’ictère biliaire pur primitif, dans lequel les sels biliaires, déversés dans le sang en même temps que le pigment de la bile, déterminent une dissolution des globules sanguins avec production consécutive d urobiline et d’une nouvelle quantité de bilirubine indépendante de celle qui provient du foie.

Grimm (3) a institué une série de recherches expérimentales dans le but de démontrer que, dans les divers cas d’urobilinurie, l’origine de l’urobiline doit être cherchée dans le foie. Il fait ingérer à un individu sain, et à jeun, des œufs crus, mollets ou durs, au nombre de trois à six, et étudie l’urine émise ensuite de temps en temps ; c’est au bout de une à trois heures qu’il constate l’apparition de 1 urobiline dans l’urine, mais avec des différences manifestes suivant l’état des œufs ingérés. L’excrétion est minimum, quelquefois nulle, avec les œufs durs, maximum avec les œufs crus, et persiste pendant une heure, plus longtemps si 1 on ingère de nouveaux œufs ; ces résultats montrent la périodicité de l’urobili-

(1) Hoppe-Seyler, Virchov'sArch., t. CXXIV, p. 30, 1891.

(2) Leube, Würzb. Sitzunqsber., 1888, 8.

(3) Grimm, Virchov's Arciiiv, t. CXXX1I, p. 240, 1833.

nurie qui dépend de la nature des aliments et de l’état de la digestion gastrique dont les produits traversent le foie avant d’arriver dans la circulation générale. L’auteur invoque également l’apparition simultanée, si fréquente dans l’ictère des pigments biliaires et d'une quantité anormale d’urobiline. Suivant lui là cause première de l’urobilinurie chez l’individu sain paraît être un trouble biliaire; une partie des matières premières apportées en excès aux cellules du foie se transforme en urobiline au lieu de donner uniquement des pigments biliaires; il en est précisément ainsi à la suite d’hémorrhagies internes dont les produits sont résorbés, et de toutes les circonstances dans lesquelles il y a décomposition pathologique des globules rouges, en un mot, quand le courant sanguin amène au foie des matières colorantes extravasées du globule; dès lors les matériaux destinés à la formation de la bilirubine arrivent encore en quantité exagérée, comme dans les troubles biliaires, et produisent l’urobilinurie. Grimm conteste l’existence d’un ictère urobilique.

Dans l’ictère des nouveau-nés, on trouve souvent, dans le sédiment de l’urine de l’urobiline solide libre, ou encore adhérente à la surface, ou bien contenue dans l’intérieur de cylindres urinaires.

2° Urorosèine.

Nencki et Sieber (d) ont donné le nom d’uroroséine à la matière colorante rouge qui se développe en quelques minutes dans certaines urines abandonnées à l’air après addition d'un acide minéral, mais non pas organique. Les auteurs l’ont trouvée dans environ 10 p. 100 des urines pathologiques les plus diverses dans la chlorose, la néphrite, le carcinome de l’œsophage, l’ulcère de l’estomac' la fièvre typhoïde, la pérityphlite, l’ostéomalacie, le diabète ; la coloration dispaI raît souvent de l’urine pendant quelques jours sans cause saisissable, pour réapparaître ensuite.

Itosin (2) a constaté que la couleur rouge qui apparaît dans l’urine normale traitée par son volume d’acide chlorhydrique ou nitrique se comporte, à l’égard de l’éther et des alcalis, comme l’uroroséine de Nencki et Sieber. Elle paraît indépendante du régime alimentaire. Les conditions particulières d’apparition de l’uroroséine ont fait présumer à Itosin (3) qu’elle dérive d’un chromogène spé cial qu’il a réussi à isoler en parlant de l’urine du cheval et particulièrement des bovidés qui en renferme une proportion relativement énorme. Ce chromo gène existe en faible quantité dans l’urine normale de l’homme, mais augmente notablement dans les affections pathologiques qui sont accompagnées d’une alté6 ration profonde dans les phénomènes d’assimilation et de désassimilation et

(1) Nencki et Sieber, Journ. f. prakt. Chem. (2), t. XXVI, p. 333, 1882

(2) Rosin, Centralbl. f. klin. Med., 1889, p. 510.

(3) Rosin, Ueulsch. med. Wochensch., 1893, n° 3, p. 51 et Jahr. f. Thierch igg

MATIÈRES COLORANTES DÉRIVÉES DE CHROMOGÈNES, — DROROSÉINE 945

<1 une diminution notable des forces : diabète sucré, néphrite, cancer, dilatation stomacale, anémie pernicieuse, typhus et phtisie.

Extraction du chromogène de l’uroroséine. — L’urine de cheval ou de bœuf est précipitée par l’acétate de plomb; le filtratum, traité par l'ammoniaque, donne un nouveau précipité qu’on recueille encore; les précipités plombiques réunis et séchés à 70°, sont épuisés par l’alcool absolu dans un appareil à reflux jusqu a ce qu’ils ne cèdent plus de matière colorable en rose par le mélange d’acide chlorhydrique et chlorure de chaux. Les solutions alcooliques, privées de plomb par l’hydrogène sulfuré, sont filtrées et concentrées à sirop. L’extraiL, qui contient le chromogène, des sels, des dérivés aromatiques, un pigment jaune, etc., est précipité par l’éther; la solution aqueuse limpide est évaporée et le résidu épuisé par l’éther qui enlève les dérivés phénoliques. On le dissout ensuite dans le moins possible d’alcool et additionne le liquide filtré d’éther jusqu’à commencement de trouble. Par le repos, le chromogène cristallise en aiguilles transparentes et incolores (Rosin).

La substance mère de l’uroroséine n’appartient pas à la classe des sulfoconjugués. Ses solutions incolores sont colorées en rose, lentement par simple acidulation et contact des éléments oxydants naturels de l’urine, plus rapidement au contact de l’air ou mieux d’un agent d’oxydation tel que eau de chlore ou solution de chlorure de chaux ; la coloration est activée par une température de 70 degrés.

Extraction de l'uroroséine. — On additionne l’urine décolorée au préalable par le noir animal ou l’acétate de plomb (Rosin), de ^jde son volume d’acide sulfurique ou chlorhydrique en refroidissant le mélange qui prend en quelques minutes une coloration rouge rosé, si elle renferme le pigment en quantité suffisante. On épuise le liquide acide par l’alcool amylique en agitant avec précaution pour éviter une émulsion ; l’alcool s’empare de la matière rouge. — Pour obtenir une solution plus concentrée, on réduit rapidement, par évaporation au bain-marie, deux ou trois litres d’urine à la moitié, acidulé le liquide refroidi à 30° par l’acide chlorhydrique ou l’acide sulfurique dilué, introduit dans le mélange de la laine décreusée, et y ajoute un excès d’acétate de sodium qui détermine la fixation du pigment sur la laine. Celle-ci est soigneusement lavée à 1 eau, séchée à l’air et épuisée par l’alcool absolu bouillant acidulé très légèrement par l’acide sulfurique qui dissout l’uroroséine. La solution, ainsi préparée, est la plus pure et la plus stable qu’on ait pu obtenir; elle se décolore, il est vrai, peu à peu, mais présente encore après des semaines ses bandes d’absorption caractéristiques (Nencki et Sieber).

Propriétés. — On n’a pu préparer l’uroroséine en quantité suffisante pour l’obtenir à l’état solide dans un état de pureté suffisante. Ce ne sont donc que ses solutions dont les propriétés ont été étudiées.

Elle se dissout avec coloration rouge dans l’eau, l’alcool, l’alcool amylique, plus difficilement dans l’éther acétique. La solution aqueuse ne la cède pas à

l’éther, au chloroforme, à la benzine, ni au sulfure de carbone. Ces diverses solutions, rouges, cèdent la matière colorante à la laine qu’on y plonge ; la laine teinte cède à son tour l’uroroséine à l’alcool un peu acidulé.

La solution alcoolique, examinée au spectroscope, possède une bande d’absorption dans le vert, entre et presque au milieu des raies D et E, laquelle s’étend plus loin, vers la droite, dans les solutions concentrées.

L’uroroséine libre a les propriétés d’un acide ; aussi forme-t-elle avec les solutions aqueuses, alcooliques ou élhérées d’alcalis, des sels solubles et incolores qui régénèrent la coloration primitive par saturation au moyen de l’acide chlorhydrique. La solution alcoolique acidulée est également décolorée par la poudre de zinc, mais vire de nouveau au rouge par abandon au contact de l’air et montre encore la bande d’absorption de l’uroroséine.

Ainsi que le laisse prévoir sa préparation, l’uroroséine est très instable; elle est décomposée par évaporation de ses solutions aqueuses ou alcooliques, avec production <le gouttelettes résineuses brunâtres, ainsi que par la putréfaction D’ailleurs, l’urine qui la renferme, colorée en rose par l’acide chlorhydrique sé décolore déjà au bout de quelques heures à la température ambiante.

Réactions caractéristiques. — L’uroroséine est caractérisée par la bande d’absorption de sa solution amylique, à laquelle peut s’ajouter, en F, une bande analogue à celle de l’urobiline; le rouge d’indigo donne aussi une bande d’absorption dans le vert, mais distincte de celle de l’uroroséine, parce qUe le pigment passe de l’urine acidifiée dans l’éther (qui n’entraîne pas l’uroroséine) et qu’il n’est pas décoloré par l’alcalinisation de l’urine.

Pour reconnaître la présence du chromogène, on épuise l’urine alcalinisée par agitation avec de l’éther qui s'empare du sel formé ; l’éther décanté est traité par un acide minéral en présence d’un peu de chlore; l’acide s’empare de l’uroroséine et se colore eu rose, tandis que le rouge d’indigo reste dissous du l’éther (Rosin).

On ne sait encore rien sur l’origine et le rôle de l’uroroséine ou plutôt de son chromogène; elle ne paraît pas non plus, du moins jusqu’à présent, avoir une valeur diagnostique sérieuse.

3° Matières colorantes humiques

Sous l’influence de l’air, les urines additionnées d’acides minéraux pi.en souvent, surtout à chaud, une coloration brunâtre plus ou moins foncée la formation de substances brunes ou noires, que les recherches de Udranszki fn ont démontrées être constituées par des produits humiques à formation D] ' moins complète, qui résulteraient de la décomposition par les acides18 i°U matières hydrocarbonées que contiennent les urines normales. Il a d"-' question de colorations foncées constatées quelquefois dans des urines fraH ^

(1) Uldranski, Zeitscli. f. phyaiol. Ch., t. XI, p. 537, 1887 ; t. XII, p. 13 i888

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