LACTOSE, SUCRE DE LAIT
Worm-Muller (p. 962) encore sensible avec 0,02 p. 100 de sucre, la présence de la lactose est vraisemblable. Il en est de même si la réaction de Rübner (1) donne un résultat positif: on dissout 3 grammes d’acétate de plomb dans 10 centimètres cubes d’urine, filtre et chauffe le liquide trois à quatre minutes; on ajoute ensuite de l’ammoniaque qui produit d’abord une coloration rouge brique, puis un précipité de couleur rouge cerise ou cuivre, tandis que le liquide se décolore ; la sensibilité de cette réaction est de 0,0o à 0,02 p. 100.
Mais il est préférable d'extraire tout d’abord la lactose de l’urine, pour la caractériser ensuite.
Extraction de l’urine. — On ne soumet pas l’urine à l’action de la chaleur qui décompose toujours la lactose, mais on la précipite immédiatement, à froid, par l'acétate de plomb et l’ammoniaque ; le filtratum et les eaux de lavage du précipité sont à nouveau traités par les mêmes réactifs jusqu’à ce que le filtratum n’agisse plus sur la lumière polarisée. Le précipité lavé, mis en suspension dans l'eau froide, est décomposé par l’hydrogène sulfuré ; le liquide filtré est débarrassé de la plus grande partie de l'acide chlorhydrique libre qu'il contient par agitation avec l’oxyde d’argent, et du reste, par neutralisation, traité encore par l’acide sulfhydrique, filtré à nouveau, et enfin évaporé après addition de carbonate de baryum jusqu'à consistance sirupeuse. La masse, traitée par l'alcool à 90° en excès, donne un précipité floconneux, dense, ne contenant aucune substance active ou réductrice. La solution alcoolique, soumise à l’évaporation, laisse déposer des cristaux de lactose qu’on lave à l'alcool faible, décolore par agitation de sa solution aqueuse avec un peu de noir animal, fait cristalliser à nouveau, et enfin débarrasse de quelque substance graisseuse par l'ébullition avec l’alcool à 60-70°.
Le produit final présente les caractères de la lactose et, en particulier, réduit la liqueur cupro-potassique et ne donne pas la réaction de Barfoed (réduction à chaud d’une solution d'acétate de cuivre à 0,5-4 p. 100 additionnée de 1 p. 100 d'acide acétique en oxydule de cuivre, par la glucose, mais non par la lactose).
Interprétation de la présence de la lactose dans l’urine. — Etant donné les circonstances dans lesquelles on voit la lactose faire son apparition dans 1 urine, soit à la suite d’une alimentation lactée exclusive, soit au moment du sevrage, on peut en conclure qu’elle n'est assimilée qu’après avoir éprouvé les modifications spéciales à la digestion (dédoublement en glucoses), et qu’alors, dans le cas du régime lacté exclusif, la partie qui apparaît dans les urines a échappé à l'action des sucs digestifs par suite d’une ingestion trop abondante, tandis que, pendant les premiers jours qui suivent le sevrage, la continuation de la sécrétion lactée ou plutôt du fonctionnement de la glande mammaire, avec résorption forcée des produits sur place, introduit encore dans le sang une matière sucrée que les éléments cellulaires de l’organisme animal ne peuvent utiliser directement et qui, pour cette raison, va à l’émonctoire rénal.
.(1) Rubner, Zeilsch. f. Biol ., t. XX, p. 403, 1884.
MALTOSE
Le Nobel (I) attribue, à la présence de la mallose, l’action réductrice de Purine d’un homme Agé de soixante et un ans, atteint de diabète avec selles graisseuses causées probablement par une maladie du pancréas ; d’ailleurs, van Ackeren (Z etech. /'. klin. Med., t. XII) voit dans la mallose urinaire un signe diagnostique des affections pancréatiques, bien que Wedenski prétende en avoir constaté la présence dans une urine normale .