GOMME ANIMALE C«H<«0», H
La gomme animale, achrooglycogène, a été découverte et étudiée par Landwehr (2). C’est, d’après lui (3), un élément constant de l’urine, où elle existe 'en proportion très variable, ce qu’a confirmé Wedenski (4). Elle paraît augmenter dans certaines affections chroniques. Landwehr(S) admet que la néphrozymase de Béchamp est constituée principalement par de la gomme animale. Celle-ci, facilement décomposable.estla cause probable de la présence dans l’urine des acides gras, acétique, butyrique, etc., mais n’a aucun rapport avec l’acétone.
Extraction de l'urine. — Les urines riches en gomme sont additionnées de sulfate de cuivre, puis de soude caustique, qui déterminent la précipitation de flocons de la substance en combinaison avec l’oxyde de cuivre, flocons bleus que l’ébullition ne colore pas en noir comme l’hydrate cuivrique. Le précipité est lavé à l’eau, séché sur du papier à filtre, dissous dans le moins possible d’acide chlorhydrique, additionné de trois volumes d’alcool absolu, et enfin porté à 60°. On obtient un précipité en flocons très fins qu’on lave à l’alcool redissout dans l’eau, précipite à nouveau par l’alcool et dessèche enfin dans le vide sur l’acide sulfurique.
Ce procédé est entaché de pertes notables tenant à ce que la gomme animale est un peu soluble dans l’alcool, et d’autant plus que cet alcool est plus acide.
Propriétés. — Poudre blanche amorphe, inodore et insipide, contenant 1 molécule d’eau de cristallisation qu’elle perd à 120°, et devenant translucide
(1) Le Nobel, D. Arch. f. kl. Mecl., t. XLII1, p. 285.
(2) Landwehr, Zeitsch. /'. physiol. Ch., t. VI, p. 74, 1882; t. VIII, p. 122, 1883-4- t iy
p. 368, 1883, et Pflüger's Archiv, t. XXXIX, p. 193, 1886, et t. XL, p. 33, 1887. ’ ' '
(3) Landwehr, Centralbl. f. d. med. Wiss., 1885, t. XXI, p. 369.
(4) Wedenski, Zeitsch. f. physiol. Ch., t. XIII, p. 124, 1888.
(5) Landwehr, Centr. f. d. med. W., 1865 et 1881.
GLYCOGÈNE OU ÉRYTHRODEXTRINE
coilime la gomme arabique, au contact de 1 air humide. Elle donne, avec 1 eau, une solution sirupeuse jaunâtre et non opalescente qui produit, par l’agitation, une mousse épaisse et persistante (une journée entière). La matière, desséchée à 120», se gonfle seulement au contact de l’eau. Par l’ébullition, la solution aqueuse additionnée d’acides ou d’alcalis prend l’aspect colloïdal. Insoluble dans 1 alcool et l’éther, la gomme animale en solution aqueuse, chauffée au préalable vers 60°, est précipitée en flocons par l’addition de trois à quatre volumes d’alcool; l’acide chlorhydrique diminue l’insolubilité dans l’alcool. Les solutions aqueuses concentrées sont précipitées par l’acide acétique.
La solution aqueuse dévie faiblement, à droite, le plan de polarisation. Elle n’est pas colorée par l’iode (achrooglycogène), mais en rouge par le violet de méthyle et seulement quand elle est impure.
La gomme animale forme, avec les alcalis et les bases terreuses, des combinaisons insolubles dans l’alcool; elle n’est précipitée par l’acétate de plomb qu’après addition d’ammoniaque ; le précipité plombique, décomposé par 1 hydrogène sulfuré, donne un liquide dont on ne peut séparer le sulfure de plomb par filtration. La solution, traitée par le chlorure ferrique, donne, par l’ammoniaque ou par l'agitation avec le carbonate de chaux, une combinaison ferrique insoluble ; elle est précipitée par l’addition successive de sulfate cuivrique et de soude caustique en flocons bleu clair très stables, qui ne deviennent pas noirs comme l’hydrate cuivrique par le repos prolongé ou la chaleur.
L’ébullition prolongée avec les acides la transforme en une matière sucrée, ÿommose, de saveur douce et un peu amère, incristallisable, soluble dans 1 eau, peu dans l’alcool, réduisant lentement la liqueur cupro-potassique et ne fermentant pas alcooliquement.
La gomme animale résiste à l’action de la levure de bière et des diastases de l’orge germé, de la salive, du pancréas et du foie.
Elle est transformée en acide oxalique par l’acide azotique concentré, et en acide lévulinique par l’acide chlorhydrique.
Réactions : — La gomme animale donne, par l’ébullition avec 1 acide sul urique dilué, une substance qui réduit les solutions cupro-potassiques, et elle n’est pas colorée par l’iode, ce qui la distingue du glycogène.
GLYCOGÈNE OU ÉRYTHRODEXTRINE (CcH,003)0, H1 20
Reichardt (1) a constaté la présence, dans l’urine d’un diabétique, après extraction ou disparition complète du sucre sous l’influence de l’eau de Carlsbad, d’une substance analogue à ladextrine, colorée en rouge brun par 1 iode et qu il crut être de la dextrine. Leube (2) observa le même fait dans deux nouveaux
(1) Reichardt, Arch. cl. Phann. (3), t. V, p.*02, 1874.
(2) Leube, Virchov's Arch., t. CX111, p. 391, 1888.
cas de diabète et admit la nature glycogénique du corps qui ne réduisait la liqueur cupro-polassique qu’après une ébullition prolongée ; a-t-on eu affaire à du glycogène véritable où à de l’érythrodextrine ? les deux hypothèses sont physiologiquement aussi vraisemblables l'une (pie l’autre. D’ailleurs, Reichardt (1), dit avoir trouvé une fois de la dextrine en place de sucre, dans un cas de diabète!
Leube (2) attribue la formation du glycogène à l’action des cellules épithéliales des anses de Henle sur l’élément sucré très abondant dans le sang ; le glycogène ainsi produit, mais toujours en très minime quantité, est entraîné par l’urine.
Extraction de l’urine. — Leube précipite l’urine de diabétique par l’alcool fort et élimine du précipité le sucre entraîné soit par des lavages à l’alcool, soit par dissolution dans l’eau et précipitation nouvelle par l’alcool. Le résidu, insoluble dans l’alcool et bien exempt de glucose, est caractérisé par les réactions suivantes :
Coloration brun foncé par l’iode; - réduction de la liqueur cupro-potassique après une demi-heure d ébullition avec de l’acide sulfurique dilué à 10 p 100 puis neutralisation par le carbonate de soude ; — production de phénylglyC0I sazone, avec le produit de la saccharification qui, cependant, ne fermente pas alcooliquement, probablement à cause de l’excès des sels minéraux en présence
(t) Reichardt, Zeitsch. f. analyt. Ch., 1875. (2) Leube, loc. cit.
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