L ‘EXCRÉTION PHOSPHATIQUF. EST DIMINUÉE
Dans la plupart des maladies fébriles aiguës consécutives à une infection (Vogeli, telles que la pneumonie, le typhus, les fièvres récurrente et intermittente , non constamment dans la pneumonie croupalc.
On a voulu expliquer cette diminution pendant la fièvre en admettant que les produits de déchets azotés qui augmentent dans l’urine proviendraient exclusivement de la destruction des globules rouges qui sont pauvres en phosphore. Celte hypothèse ne satisfait pas Edlefsen (5) qui voit, dans la tuméfaction de la rate, des follicules de l’intestin, des glandes mésentériques et autres du système lymphatique, une preuve de la néoformation des globules blancs suractivée par la fièvre ; ces globules ne trouvant pas, dans les aliments, le phosphore nécessité par les combinaisons pliosphorées de leurs noyaux (nucleine) et par les phosphates contenus dans leur protoplasma, l’emprunte à l’organisme luimême et particulièrement au tissu musculaire dont la matière albuminoïde, en rentrant en dissolution dans le sang, combinée avec les alcalis, avec l’acide phosphorique, etc., va concourir à la production nouvelle des globules blancs et de produits pathologiques.
Dans la fièvre, chez les phtisiques dont les crachats contiennent beaucoup d’acide phosphorique (Stokvis) ;
Dans les maladies du rein, néphrite aiguë (Fleisclier), néphrite chronique, dégénérescence amyloïde, par suite de l’obstacle apporté à l’excrétion urinaire ;
(1) Fürbringer, D. Arch. f. klin. Med., t. XVI, p. 449, 1813.
(2) Mairet, C. K. Soc. de Biol., 1884. n" 21 et 28.
(3) Lépine et Jacquin, ltevue mensuelle, 1819.
(4) Lyon, Analyse du sue gastrique, Th. de Paris, 1890. Srhmidt's Jahresb.. n° 196, p. 59.
ACIDE PHOSPHORIQUE, PHOSPHATES ■I0H
Dans les maladies du système osseux , où l’on eût dû s'attendre à une augmentation que de nouvelles recherches ont démontrée nulle, par suite ou bien de la substitution de l’intestin à la voie normale d’élimination des phosphates, ou d une immobilisation de ceux-ci dans l’organisme ; — ainsi, dans Yostéomalacie, Langendorff et Mommsen n’ont trouvé que ls",395 dePh1 20:i dans les urines de vingt-quatre heures, et Leube l!r,55 contre 2*r,68 contenus dans une urine normale (1) ;
Dans 1 arthritisme (0ïr,68S de Ph20:i, Stokvis) et dans le rhumatisme articulaire aigu ou chronique (Fischer, Marrot) ;
Dans l 'anémie, surtout dans la forme chronique avec démence ou manie subaiguë (Decke), dans la maladie d’Addison (0!',15 Ph20:i, Rosenstirn) le carcinome de l’œsophage avec alimentation artificielle (Cario) ;
Dans Y atrophie musculaire progressive (Bamberger) et la myosite ossifiante progressive (Pinla) ;
Dans un cas d 'atrophie jaune aigue (Frerichs) et un autre de cirrhose du foie (Hegar), où elle était réduite à zéro;
Dans les maladies chroniques du cerveau et le délire furieux (Mendel), dans la catalepsie et proportionnellement à la gravité du cas (Strübing), dans l 'hypnose (Brock, Strübing). dans l’ hystérie pure et la léthargie hystérique (G. de la Touretle et Cathelineau) ; ces deux auteurs considèrent comme pathognomonique de la crise d’hystérie et du sommeil hypnotique, la diminution simultanée de l’urée, de l’azote total et de l’acide phosphorique dans les urines et, en outre, l'inversion de la formule des phosphates, c’est-à-dire l’interversion du rapport normal 1 à 3 des phosphates terreux aux alcalins, le rapport devenant, dans les cas mentionnés, égal à 3/1 (2).
Pendant la grossesse, et la diminution porte surtout sur le phosphate de
(1) Depuis la première opération de castration de l’ovaire faite, en 1887, par Fehling, chez une femme atteinte d’ostéomalacie, comme traitement de cette dernière affection, elle a été renouvelée maintes fois avec guérison ou, du moins, amélioration manifeste. Restait à expliquer le rôle des ovaires dans la production de l'ostéomalacie ; sans rappeler les di\ erses théories proposées dans ce but, nous nous bornerons à donner les résultats de. la castration expérimentale faite par Curatulo et Tarulli (Centralbl. f. tjynœc., 189a, n“ 21) sur les échanges nutritifs. Ils ont opéré sur des chiennes mises à la ration d entretien et dosé l’azote et l’acide phosphorique urinaire, avant et après 1 opération; toujours celle-ci a été suivie pendant longtemps d’une moindre excrétion phosphatique ; ainsi une chienne qui, avant l’ablation des ovaires, éliminait 9«',93 d’azote et l*r,50 d acide phosphorique, a excrété, après la castration et pendant trois mois, à peu près la même quantité d’azote et seulement (K'', 60 de PhJ0’’ par vingt-quatre heures. Les auteurs italiens croient pouvoir en conclure que les ovaires sécrètent un produit encore inconnu qui, deversé dans le sang, favorise l’oxydation des substances organiques renfermant du phosphore ; sans celte oxydation, ce phosphore entrerait dans la constitution des os; l’ablation des ovaires favorise l'accumulation d’une plus grande quantité de phosphore organique, d’où l’existence dans l’économie d’une plus grande quantité de phosphore de calcium et de magnésium qui assurent la consolidation des os, c est-a-dire la guérison de l’ostéomalacie.
(2) Gilles delà Tourette et Cathelineau, C. R. Soc. de Biol., t. XLU, p. 29 et 701. 1890. \oir aussi, à propos de la discussion soulevée par leur proposition, C. It. Soc. de Biol. t. XL1V, p. 260, 303, 330, 333, 376, 379, 407 et 777, 1892.
Dans l’ empoisonnement chronique par le plomb, où Pli1 2 3!)5’ tombe à 1/3 du chiffrenormal (Gaucher) (1);
La valeur relative de l’excrétion phosphorique, par rapport à celle de l’azote total, est également influencée par l’état de maladie. Elle est augmentée dans les maladies du cerveau avec phénomènes de dépression (Zülzer), dans le stade d’agitation de la manie (Mairet), par les tumeurs cérébrales (Lépine et Jacquin), dans la méningite cérébro-spinale (Grimm), le tabes (Ziilzer), la paralysie agitante (Chéron), l’arthrite déformante (30/100, Ziilzer), lamyositeossifiante(24/100,. Pinter), l’anémie grave avec hémorrhagie répétée (23,8 à 33/100, Foucherand), l’anémie pernicieuse progressive (jusqu’à 38/100, Eichhorsl). — Elle est diminuée, au contraire, dans la période ‘de fièvre des maladies fébriles et tombe ainsi à 3-7/100 dans la pneumonie, l’érysipèle, la rougeole, etc., dans l’anémie ordinaire même avec polyurie (Strumpell), dans le diabète sucré (de 13 à 15/100, Zülzer), la maladie d’Addison (1 à 1,7/100, Rosenstirn), dans l’hyperostose au début (11,7/100, Rathery et Leloir), dans les maladies chroniques du cerveau et le délire furieux (Mendel), le stade de dépression de la manie (Mairet), les divers états de surexcitation cérébrale (Zülzer), dans la paralysie progressive et l’épilepsie (8,6 0/0 avant l’accès, 13/100 après deux accès, Lépine et Jacquin), dans le scorbut, Duchek, Stokvis) et l’anévrysme de l’aorte (Stokvis, 2,2/100), probablement par suite d’une perturbation dans la désassimilation des organes provoquée par l’altération très prononcée du sang.
Dans le choléra asiatique, Zülzer a constaté une augmentation relative de l’acide phosphorique coïncidant avec les basses températures, une diminution, au contraire, pour les températures plus élevées que la normale.
Valeur relative de l’acide urique à l’acide phosphorique des phosphates neutres alcalins de l'urine. — Coefficient de Zerner. — Des analyses nombreuses d’urines diverses, au point de vue de l’acide urique et des phosphates neutres et acides (2), ont conduit Zerner (3) à celte conclusion que, pour que l’acide urique se précipite spontanément dans l’urine, il existe une relation déterminée et nécessaire entre les quantités de cet acide et celle de l’acide phosphorique des phosphates neutres alcalins.
La valeur normale du coefiicient de Zerner est de 0,2 à 0,33, et la formation spontanée d'un sédiment d’acide urique dans 1 urine n a pas lieu tout le temps que ce rapport reste au-dessous de 0,35 à 0,40, c’est-à-dire quand la quantité d’acide urique éliminée est faible ou quand celle du phosphate disodique est augmentée. Ce coefficient devient considérable dans la diathèse urique en général et la goutte en particulier, par suite d’une surexcrétabilité de l’acide urique, la quantité de phosphate bisodique n’augmentant pas dans la même proportion.
(1) Gaucher, Schmidt’s Jahrb., 195, p. 122.
(2) Principe de la méthode de dosage de Pli’O5 neutre et acide : — 1" dosage sur l’urine primitive, donne Ph^O5 total (p); — 2* dosage sur l’urine traitée par le chlorure de baryum qui précipite les phosphates neutres PhO*M!H, donne Ph^O» des phosphates acides PhCHMH* (;/); la différence (p-p') représente Ph*06 des phosphates neutres (E. Freund, Centralbl. f. d. med. Wiss., 18fi2, n" 28, p. 689).
(3) Zerner, Wien. klin. Wochensch, 1893, n” 15.
ACIDE SULFURIQUE, SULFATI
Dans quelques cas, il atteint même une valeur énorme ; ainsi Poehl (1), à qui l’on doit 1 étude des variations du coefficient de Zerner dans la diathèse urique, l’a vu atteindre 3,29 quelque temps avant la mort, chez un neurasthénique alcoolique porteur d’une cirrhose du foie..
La création du coefficient de Zerner, c’est-à-dire la démonstration d’une relation entre l’acide urique et le phosphate bisodique régissant les conditions de production du sédiment urique, vient éclairer d’un jour nouveau la question de la relation qui existe entre l’excrétabilité de cet acide et l’acidité de l’urine dont se sont occupés H. Seyler, Gautier, Salkowski, Chevreul, etc.
Poehl(t) fait remarquer que la faible quantité de phosphate alcalin contenue dans les urines permettrait de diagnostiquer une diathèse urique avant l’apparition manifeste des symptômes de la goutte. Il a observé également que l’absorption de la spermme, dans ce cas, fait généralement baisser le coefficient de Zerner en diminuant la quantité d’acide urique ou augmentant celle du phosphate de soude des urines.
ACIDE SULFURIQUE, SULFATES
L’acide sulfurique éliminé par les urines s’y trouve sous deux formes : t acide minerai combiné aux métaux alcalins, et— 2“ acide sulfoconjugué avec des pro ui s îvers de la série aromatique, tels que phénols, indoxyle et skatoxyle Baumann) ; ces deux acides sont saturés par la soude et la potasse en proportions a peu près égales. En Allemagne, on désigne l’acide des sulfates minéraux par la lettre A et celui des sulfoconjugués par B.
Variations physiologiques
La quantité d’acide sulfurique excrétée dans les vingt-quatre heures par a u e, sous 1 influence d’un régime mixte, varie de 1*%5 à 3 grammes (2) 8 en an^^r^e SO3 (Vogel, Huppert), dont 4/10 environ, exactement
1 ’ sous la f°rme de dérivés éthérés (v. d. Velden) (3).
La proportion des sulfoconjugués, extrêmement variable, d’ailleurs, dépend de a na ure des aliments, de la putréfaction plus ou moins grande dans l’intestin, enfin de 1 absorption de composés aromatiques capables de s’unir dans l’organisme à 1 acide sulfurique ; ainsi, dans l’intoxication par le phénol, l’acide des su a es est réduit à des traces, la presque totalité se combinant au phénol pour passer ensuite dans l’urine.
(1) Poehl ^e!7sc/i. f.klin.Med., 1894, t. XXVI, fasc. 1 et 2.
exDrimresChènrïnTment,î,ea’iC0Up Suivant lc3 al,teurs; voici en effet, les moyennes, 2«'P56S Plarf 9 IL cette fois, que l’on trouve citées dans la littérature : Grimer 2 L Neubauer 2,780 et 3,038, Sick 3,003, - Weidner 2,572, -
(Voirin Th** ■ kt’ et 3’249’ ~ Voirm 2,9471, dont la moyenne totale est 2,8782
(Voirin, These maug. Nancy, 1894). ’
r virchov's Archiv, t. LXX, p. 343.
(3) Van der Welden,
L’inanition fait monter l’acido sulfoconjugué jusqu’à 30 0/0 de l’acide sulfurique total (Muller) (1); il diminue, au contraire, avec un régime très riche en amylacés (Hoppe-Seyler) (2). Le tableau suivant contient, d’ailleurs, quelques données relatives à l 'influence de l’alimentation sur le rapport de l’acide minéral A à l’acide conjugué B.
ESPÈCE ANIMALE