‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 605 sur 722 · SÉDIMENTS URINAIRES · texte numérisé non relu

SÉDIMENTS URINAIRES

La phosphaturie peut se manifester dans des conditions physiologiques, quand le sang, beaucoup plus alcalin que d’ordinaire, donne lieu à une excrétion urinaire moins acide, neutre ou alcaline. L’excès d’alcalinité du sang peut tenir à diverses causes : il peut y avoir ou ingestion d’alcalis à haute dose (eaux de Vichy, bicarbonate de soude), ou bien les alcalis proviennent de l'alimentation exclusivement végétale dont les sels alcalins à acides organiques sont transformés, par leur combustion dans l’organisme, en carbonates alcalins. Dans d’autres circonstances, il y a soustraction au sang d’une quantité notable d’acide, par exemple d’acide chlorhydrique sécrété en surabondance pendant la digestion d’un repas très riche en matières protéiques ; mais, en ce cas, l’alcalinité de l’urine est essentiellement passagère ; car la combustion ultérieure de l’albumine assimilée déversera dans le sang une proportion notable d’acide sulfurique.

Au point de vue pathologique, la phosphaturie a une grande importance diagnostique ; elle place en effet le malade en puissance de formation de calcul dans la vessie atteinte de cystite.

Quant à la cause de la phosphaturie pathologique, en dehors d’une cystite primitive, si fréquente chez le vieillard, on en est encore réduit à des hypothèses sur sa nature; Finger la rattache à un excès d’alcalinité dans le sang, sans dire d’où vient cet excès; Peyer la considère comme une sécrétion anormale des reins, particulièrement consécutive à des anomalies sexuelles et produite alors par une action réflexe, ou par hystérie, ou par neurasthénie. L’oxalurie se produit de la même façon et peut alterner avec la phosphaturie; enfin Sentner attribue la phosphaturie à une augmentation de l’excrétion calcaire qu’il a constatée dans un cas.

2° Sédiments uratiques

Le plus souvent, les sédiments briquelés se forment dans l’urine après son émission, pendant son refroidissement; c’est dans ces cas que, mis en suspension dans le liquide que l’on chauffe à 40°, ils se redissolvent, pour se précipiter de nouveau par l’abaissement de température du liquide. Mais souvent, dans la diathèse urique, particulièrement chez les goutteux, l’urine renferme déjà, au sortir de la vessie, des cristaux d’acide urique ; et, dans ce cas, le dépôt ne se dissout pas intégralement, loin de là, quand on restitue à l’urine refroidie la température du corps.

Il y a intérêt, en pareil cas, à se rendre compte de la proportion de sable urique préexistant dans la vessie ; il est facile de le faire en filtrant sur un petit filtre taré un certain volume de l’urine fraîchement émise, lavant à l’eau froide, séchant et pesant (Rosenfeld) (1).

Quant à la cause première de la présence de ces cristaux uriques dans l’urine de la miction, consiste-t-elle en une surproduction urique, ou en une diminution de la capacité dissolvante de l’urine pour l’acide urique, ou encore en une augmentation de la concentration et de l’acidité de l’urine qui diminue son pouvoir

(1) Rosenfeld, Centralbl. f. inn. Med., 1893, n" 28, p. 273.

dissolvant par l’acide urique? Il est probable qu'elle est mixte, et que les divers éléments qui viennent d’ètre énumérés interviennent simultanément pour déterminer l’insolubilité partielle de l'acide urique.

3“ Sédiments de cystine

Nous savons que l’on ne trouve qu’exceptionnellement de la cystine dans les urines et que, par sa présence, elle constitue la cystinurie (p. 833).

Ces sédiments ne sont pas préformés d’ordinaire et n’apparaissent, dans la plupart des cas, que quelques heures après l’émission; la cystine ne se sépare à l’état cristallisé que très lentement, si bien que la cristallisation dure encore que l’urine est déjà en voie de putréfaction.

La cystine adhère fortement aux parois du vase qui semble recouvert de petits grains de sable, et se présente au microscope sous l’aspect de paillettes incolores, transparentes, brillantes et hexagonales, souvent réunies en groupe, solubles dans l’ammoniaque et l'acide chlorhydrique (Czapeck). Elle est fréquemment associée, quand l’urine est acide, à des cristaux d’acide urique et d’oxalate de chaux, et quelquefois même, avant l’établissement de la fermentation alcaline de l’urine, à des cristaux de phosphate tricalcique.

4° Sédiments de xanthine

Les sédiments de xanthine sont encore plus rares que les précédents. Bence- Jones (t) l’a trouvée, en 1868, sous forme de cristaux microscopiques ovalaires et aplatis dans le sédiment urinaire d’un garçon de neuf ans et demi. Weiske (2) a observé un sédiment de xanthine dans une urine de bélier atteint de leucémie.

5° Sédiments de cholestérine

La présence de la cholestérine dans l’urine est d'une extrême rareté, ce qui n'a rien d’étonnant étant donnés ses caractères de solubilité spéciaux, son origine et sa voie d’élimination normale, la bile. Aussi ne la rencontre-t-on jamais dans l’urine de l’homme sain, mais seulement et exclusivement dans des circonstances pathologiques ; dans ce dernier cas, elle ne provient pas d’une excrétion rénale, mais des voies génito-urinaires, et doit être rattachée à la décomposition des principes immédiats des globules rouges, de l’épithélium rénal, dns globules de pus, etc. Elle se dépose en cristaux tabulaires caractéristiques aussi bien dans les urines acides que dans les urines alcalines, puisqu’elle n’est dissoute que par les savons alcalins (Glinski) (3).

(1) Bence-Jones, Journ. of lhe chem. soc., 1862, p. 68.

(2) Weiske, cité par Hoppe-Seyler, Physiol. Ch., p. 395.

CALCULS URINAIRES

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