‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 646 sur 722 · OVALBUMINE, ALBUMINE DU BLANC D’ŒUF · texte numérisé non relu

OVALBUMINE, ALBUMINE DU BLANC D’ŒUF

Préparation. — 1° Procédé de Wnrtz (1). — On passe à travers un linge un certain nombre de blancs d’œufs délayés dans l’eau, et précipite le liquide par l’acétate de plomb sans excès. Le précipité est lavé avec soin, soit par décantation, soit sur filtre, délayé dans l’eau et décomposé par un courant de gaz carbonique qui forme du carbonate de plomb, tandis que l’albumine rentre en dissolution avec des traces de plomb. On élimine celles-ci en faisant passer dans le liquide filtré quelques bulles d’acide sulfhydrique et chauffant ensuite doucement au bain-marie pour emprisonner le sulfure de plomb dans les premiers flocons d albumine coagulée. On filtre alors rapidement et abandonne le liquide à 1 évaporation dans des assiettes plates, à l’étuve chauffée à 40-43° au maximum. On obtient ainsi une masse transparente, légèrement colorée en jaune et qui se détache en lamelles vitreuses, brillantes et cassantes après la dessiccation.

2° Procédé de A. Gautier (2). — Dans ce procédé, qui n’est qu’une amélioration de celui de Wurtz, on fait digérer le blanc d’œuf étendu de deux volumes d’eau sur de l'hydrate de plomb tout le temps que celui-ci se dissout ; la solution d’albuminate de plomb est précipitée par addition d’une nouvelle quantité d’albumine d’œuf, et le précipité, lavé à l'eau, est décomposé par l’acide carbonique. La solution albumineuse filtrée, traitée par un peu de gaz sulfhydrique, est débarrassée du sulfure de plomb par digestion à froid sur le noir animal qui absorbe tout le plomb. On évite aussi les pertes dues à la solubilité de l’albuminate de plomb dans un excès d’acétate, d’une part, et celles quelquefois considérables de la coagulation partielle.

L’albumine ainsi préparée est exempte de sels et d’acides libres, et ne laisse, par la calcination, que 0,3 à 0,3 de cendres p. 100 de matière sèche, mais peut contenir des traces de globulines qu’on évite par les procédés suivants :

3° Procédé de Starke (3). — Le blanc d’œuf, battu et passé à travers un linge fin, est saturé de sulfate de magnésie à 20° ; on sépare les globulines précipitées par le filtre, puis on soumet le liquide à une dialyse énergique, d’abord dans de l’eau de fontaine, puis dans de l’eau distillée. Quand le liquide extérieur ne laisse plus de résidu salin par l’évaporation et la calcination, on filtre encore au besoin et évapore à siccité à 40°-50° dans des vases plats à large surface ; le

(1) A. Wurtz, Ann. de chim. etdephys. (3) t. XII, p. 317, et Ch. biologique, 1880, p. 77.

(2) A. Gautier et Alexandrowitsch, Bull. Soc. chim., t. XXV, p. 1.

(3) Starke, Jahr. f. Thierch., t. XI, p. 17, 1881.

résidu est une masse gommeuse, transparente, soluble dans l’eau en donnant un liquide limpide.

4° Procédé de Michdiloff (1). — Le blanc d’œuf, battu et passé à travers un linge est additionné de trois fois son volume d’une solution saturée de sulfate ammonique, puis le mélange est saturé par le même sel solide. Le précipité, qui contient la totalité des matières albuminoïdes, est lavé à l’aide d’une solution saturée de sulfate d’ammonium, redissoüs dans l’eau, puis dialysé. Les globulines se précipitent peu à peu, à mesure que le liquide perd ses sels ; quand il. ne donne presque plus rien par le chlorure de baryum, on neutralise par l’ammoniaque l’acidité qu’il a contractée, et on poursuit la dialyse jusqu’à ce que le liquide ne soit plus coagulable par la chaleur. Il faut se délier, dans ce procédé, de la lenteur fréquente dans la séparation des globulines.

5° Procédé de Kaudcr (2). — Le blanc d’œuf battu et tamisé est additionné d’un égal volume de solution de sulfate d’ammonium saturé à froid ; le mélange contient ainsi 20 p. 100 du sel, proportion plus que suffisante pour précipiter toutes les globulines ; on filtre et l’on précipite l’albumine en achevant la saturation au moyen du sel solide. Puis on continue comme précédemment.

Albumine cristallisée. - Le liquide salé séparé des globulines du dernier procédé, soumis à une évaporation lente à la température ordinaire dans des vases a large surface, abandonne l’albumine, au bout de quelques jours S0US l’aspect d’un précipité blanc ou jaunâtre, finement granulé, formé de petite sphères transparentes et microscopiques ; ce sont les globulites de Hofmeiste^ qui, redissoutes dans une solution à demi saturée de sulfate ammonique, puis traitées comme précédemment, se transforment, après deux ou trois opérations successives, en fines aiguilles isolées ou réunies en sphéroïdes radiées ; cette albumine cristallisée possède les réactions de l’albumine pure de Slarke' mais contient du sulfate d’ammonium dont on ne peut la débarrasser par dialyse le liquide final ne cristallisant plus (Hofmeister) (3).

Albumine exempte de cendres. — Harnack (4) obtient une albumine ne lais sant plus aucun résidu par la calcination, à l’aide du procédé suivant ■ dix douze blanc d’œufs battus sont délayés dans l’eau, passés au tamis, puis traité par un léger excès d’acide acétique très dilué pour précipiter complètement les globulines. Le liquide est filtré, neutralisé par la soude, puis traité par une quantité suffisante de sulfate de cuivre saturé à froid; il se produit un fin précipité floconneux qui augmente par la neutralisation, au moyen de la soude, du liquide devenu acide. Ce précipité, réuni sur filtre, est lavé à l’eau jqsqu’à élimination de toute trace de cuivre soluble, puis traité par la potasse très diluée qui le redis sout en un liquide violet foncé. On précipite de nouveau la solution par l’acide acétique et l’on renouvelle l’opération précédente une ou deux fois. On obtient ainsi une albumine pauvre en cuivre (1,33 p. 100 de Cu), la majeure partie du

(1) Michaïloff, Jnhr. f. Thierch., t. XIV, p. 7, 1884.

(2) Kauder, Arch. f. exp. Pathol ., t. XX, p. 34, et Jahr. f. Tliierch., t. XVI d. Hq ifiD

(3) Hofmeister, Zeilsch. f.phi/siol. Ch., t. XIV, p. 165. ’ ’

(4) Harnack, Ber. d.chern. Gesell., t. XXIII, p. 3745, 1890, et t. XXV, p. 204 1892

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