CASÉINE DE LAIT DE VACHE
ration des nueleines, un résidu insoluble dans les acides, très soluble dans les alcalis et le carbonate de soude et riche en phosphore. La méthode d’Altmann ne lui a permis de constater, dans la dyspeptone de la caséine, la présence d'aucun corps identique à. l’acide nucleinique ; car le produit obtenu était complètement précipité par l’acide acétique de sa solution alcaline. Ce composé •contenant 3,86 p. 100 de phosphore et 0,13 p. 100 seulement de chaux, la majeure partie du phosphore ne peut être engagée que dans une combinaison organique, ce qui est contraire aux conclusions de Chittenden : cette combinaison ne peut évidemment être qu’une nucleine, car un acide nucleinique serait beaucoup plus riche en phosphore ; la caséine est donc bien une nucléoalbumine, et l’on a donné à la nucleine qui en provient le nom de paranucleine.
La paranucleine ne contient pas tout le phosphore de la caséine, mais seulement 18 p. 100, le reste passant dans les liquides de la digestion gastrique ; aussi, la caséo-albumose précipitée de la solution par le sulfate d ammonium, renferme-t-elle une forte proportion d’acide phosphorique qu’elle perd par 1 ébullition avec le carbonate de baryum (Salkowski) (1 ).
Ces résultats ont été confirmés par Moraczewski, qui a trouvé que la paranucleine contient'de 6 à 60 p. 100 seulement du phosphore total de la caséine, suivant que la digestion dans le même suc gastrique a été prolongée (cinq jours) et en solution étendue (0,7 de caséine p. 100), ou plus courte (deux jours) et en solution cinq fois plus concentrée (3,5 de caséine p. 100). D’ailleurs, la caséine du lait de femme contient du phosphore, bien qu’elle soit exempte de nucleine (Moraczewski) (2).
Salkowski et Hahn (3) ont reconnu que les produits solubles de la digestion pepsique ne renferment pas le phosphore sous la forme d’acide orlhophosphorique, ainsi que l’admet Szonlagh, sauf dans le cas d’une digestion trèsprolongée en liquide très dilué (Moraczewski), mais à l’état d acide métaphosphorique en combinaison organique précipitable, en même temps que la caséo-albumine, par le sulfate d’ammonium; cet acide se tranforme en acide ortho, par la digestion prolongée avec les acides étendus, par l’ébullition prolongée avec 1 eau, et plus rapidement encore en présence des alcalis ou du carbonate de baryum.
Salkowski a découvert que la paranucleine, restée d abord comme résidu d une digestion de la caséine dans un suc gastrique très actif, se redissout à la longue et donne une solution limpide qui contient le phosphore sous la forme d un composé organique soluble, vraisemblablement l’acide paranucleinique (Moraczewski conteste la dissolution complète de la nucleine). Il s’est associé avec Halin (foc. cit.), pour déterminer les proportions variables de paranucleine persistante et insoluble et de caséo-albumine produites en faisant varier les conditions de la digestion pepsique de la caséine, au point de vue de la dilution, de la durée d’action et de l’activité de l’acide chlorhydro-pepsique ; le tableau suivant résume leurs résultats :
(1) Salkowski, Centralbl. f. U. med. Wiss., 1893, n- 23, et Jaliv. f. Thierch., t. XXIII, p. 18.
(2) Moraczewski, Zeitsch. f. ph.i/siol. Ch., t. XX, p. 28, 1894.
(3) Salkowski et Hahn, Pflüger's Archiv, t. L1X, p. 225, et Jahr. f. Thiereh., t. XXIV, p. 213, 1894.