COMPOSITION DES CENDRES
Chlorure de sodium . 73,10
— de potassium . . traces
Phosphate de chaux . 24,40
— de magnésie et fer . 0,61
— de sodium . 1,89
Schlossberger a signalé une énorme augmentation du beurre dans le lait d’une femme de vingt-six ans, après l’ablation d’un sein hypertrophié du poids de 7 kilogrammes; sur 324,r,8 de principes fixes au litre, il renfermait 28a5'', 4 de corps gras.
Slift(l) rapporte le cas d’une nourrice saine qui, au huitième mois de l’allaitement, après un repas très recherché, donna pendant trois semaines un lait contenant 80s',3 de beurre par litre, sans cause appréciable ; il redescendit ensuite à 48s',7. Ce lait était mal supporté ou refusé par l’enfant qui perdit 300 grammes de son poids.
Dans le lait de vache on peut reconnaître, au microscope, la présence de globules agglutinés, muriformes, soit muqueux, soit purulents, dans la maladie dite cocotte, — des globules de pus dans certaines maladies épidémiques ou acci-
(1) Stift, Jahr. f. Thierch., 1894, p. 207.
dentelles, des globules rouges dans un lait coloré en rose (Lepage). Chez des animaux sains, on a vu quelquefois le lait prendre, après la traite, une coloration bleue ou jaune, sous l’influence d’infusoires particuliers, le bacillus cyanogenus qui présente beaucoup d’analogie avec le b. pyocyaneus, et le bacillus xanthogenus. Le développement du premier exige un milieu acide ; il est donc toujours précédé d’un commencement de fermentation lactique ; il forme, dans le lait, des handes ou des taches bleues qui virent au rouge par les alcalis et redeviennent bleues au contact des acides (Gessart) (1) ; c’est probablement au h. cyanogenus qu’était due la coloration bleue se propageant de couche en couche, depuis la surface, d’une crème dont Pétel et Labiche ont étudié les caractères.
Absorption de substances médicamenteuses ou autres. — Les matières étrangères à l’organisme peuvent quelquefois influencer la composition du lait, soit par leur passage dans cette sécrétion, soit en modifiant les proportions des divers principes normaux.
L’expérience journalière montre qu’en administrant un médicament soluble quelconque à une nourrice, l’enfant, se ressent plus ou moins des effets thérapeutiques de la substance ; passent ainsi dans le lait, les opiacés, l’iode, les alcaloïdes, les substances immunisantes, etc. L’ingestion de phosphate de chaux (Weiske, Duclaux), de fer à l'état salin (Friedrichs) ne paraît agir que d’une façon insignifiante sur la proportion de ces éléments dans le lait (voir p. 1166)
Les injections de chlorhydrate de pilocarpine déterminent une augmentation de la sécrétion lactée comme, d’ailleurs, des autres sécrétions; mais on observe en même temps un accroissement de la quantité de lactose contenue dans le lait et de glucose dans le sang. La phloridzine produit le même effet, mais, en outre, provoque la glucosurie (Gornevin) (2).
Lait utérin. — Cette dénomination impropre a été attribuée à un liquide . laiteux, de consistance crémeuse, sécrété par certaines glandes de l'intérieur de la matrice bicorne des ruminants; ce liquide inodore, de réaction acide neutre ou alcaline, renferme de l’albumine, des corps gras émulsionnés des matières extractives et des sels, mais pas la moindre trace de lactose. Le microscope y décèle de nombreux éléments cellulaires et des globules de graisses.
Physiologie du lait
Le lait a un rôle physiologique considérable à remplir ; il est, en effet, le seul aliment dont puissent se contenter les jeunes animaux après leur naissance et 1 expérience démontre qu’ils y trouvent tous les éléments nécessaires à leur développement. Par les matières albuminoïdes, grasses et hydrocarbonées et par les sels qu’il contient, c’est, en effet, un aliment complet qui pourvoit aussi bien aux besoins de la formation du tissu musculaire que du tissu osseux ou de la
(1) Gessard, Ann. de l’Inst. Pasteur , t. V, p. 737, 1892.
(2) Cornevin, C. R. Acad, des Sc., t. CXV1, p. 263, 1893.