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OBTENTION DU SUC GASTRIQUE

Spallanzani, le premier, obtint du suc gastrique en employant des éponges qu il faisait avaler a un aigle apprivoisé ; l’éponge retenue par une ficelle se gonflait et s’imprégnait de suc gastrique; onia retirait et on l’exprimait

Réaumur faisait avaler à des oiseaux de proie des sphères métalliques creuses et percees de trous, dans lesquelles se trouvait une petite éponge qui s’imprégnait fie suc gastrique qu’on en relirait, par expression, quand les vomissements avaient provoqué le rejet des sphères.

Edinger emploie un procédé analogue chez l’homme. Il fait avaler de petites épongés préparées, enroulées dans un enduit soluble de gélatine sèche, et les retire toujours avec un fil.

Montègre, de Genève, put étudier le suc gastrique fourni par les vomissements qu’il provoquait à volonté sur lui-même (méricysme).

Helm, en 1803, eut la bonne fortune de profiter des deux premiers cas de fistules

gastriques humaines; On connaîtles célèbres expériences, surladigestion stomacale,

du médecin américain W. Beaumont, faites sur le Canadien Saint-Martin, atteint fi une fistule gastrique consécutive à une blessure d’arme à feu (1834). Des observations semblables sont dues à Schmidt, Smith, Griinewald et Schrœder. Les cas de fistules gastriques ne sont pas d’ailleurs très rares, puisque, en 1839 Middeldorf en citait déjà 47, nombre qui s’est encore accru depuis.

En 1877, Richet eut entre les mains un jeune homme resté porteur d’une fistule gastrique consécutive à l’opération de la gastrotomie, et chez lequel une oblitération définitive de l'oesophage, résultant des désordres provoqués par le passage du corps de délit (fourchette), empêchait d’une façon absolue le mélange de a salive avec le suc gastrique. Depuis cette époque, d’autres opérations de gastrotomie ont été faites sur l’homme, mais qui n’ont guère été mises à profit pour compléter l’étude de la digestion stomacale

BnnnèrenT-m ^ hol°^ues relatifs à l’homme qui viennent d’être rapportés, donnèrent a B londlot, en France, et à Bassow, en Russie, l'idée de créer de toutes pièces des fistules gastriques, sur les animaux. Blondlot établit la première sur le chien, en 1841 ; depuis cette époque, son procédé a été modifié et perfectionné par Bidder et Schmidt, puis par Cl. Bernard (1856). Pour obtenir du suc gastrique aussi pur que possible, chez un chien muni d’une fistule, on le fait jeûner pendant vingt-quatre heures, puis on introduit par le canal une plume d’oiseau qui pro-

menée sur la muqueuse, excite mécaniquement la sécrétion par action réflexe; on peut aussi injecter dans l’estomac des vapeurs d’éther. Le robinet de la canule donne alors un liquide acide, mais malheureusement mélangé d’une certaine proportion de salive et du produit de la sécrétion des glandes à mucus, dont l’activité a été prédominante pendant la période préparatoire du jeûne.

Pour éliminer la salive, on peut pratiquer une fistule œsophagienne (Bardeleben), ou ligaturer les canaux excréteurs des glandes salivaires (Bidderel Schmidt), ou encore l'œsophage lui-même. Quant à la sécrétion muqueuse, on peut, jusqu’à un certain point, s’en débarrasser par un lavage préalable de l’estomac à l’eau distillée.

Leube s’est procuré du suc gastrique, chez deux individus, en introduisant dans leur estomac 750 grammes d’eau qu’il retirait avec la sonde de Plosz ; seulement le liquide était très étendu et ne jouissait que d’un pouvoir digestif très faible.

On pourrait employer aussi, Comme le conseille Beaunis, les divers appareils imaginés pour le traitement de la dilatation stomacale, tube de Faucher, pompe de Kussmaul, etc.; mais ces appareils exigeant un amorçage préalable du tube avec de l’eau qui dilue d’autant le produit retiré de l’estomac, on doit préférer l'appareil de Gluzinski et Jaworski, tube œsophagien aboutissant à un flacon plein d’air qui communique avec un flacon plein d’eau placé au-dessous; l’écoulement de l’eau du deuxième flacon produit le vide dans le premier et, par son intermédiaire, l’aspiration dans le tube œsophagien.

Rabuteau s’était procuré (1852) du suc gastrique de chiens restés à jeun depuis vingt-quatre heures, en provoquant la sécrétion de la muqueuse par quelques tendons qu’il leur faisait avaler, puis en les tuant après section de la moelle. Tiedemann et Gmelin employaient une méthode analogue; ils sacrifiaient encore les animaux, après leur avoir fait avaler des corps irritants et insolubles, tels que des cailloux.

Nous avons vu que la sécrétion du suc gastrique est discontinue, sauf chez les animaux qui, comme le lapin, ont l’estomac constamment rempli d’aliments. Les glandes pepsinifères ont une sécrétion essentiellement intermittente que provoque le contact direct des aliments ou même des corps inertes. La muqueuse stomacale se gonfle alors, rougit et laisse suinter d’abord de petites gouttes claires à l’orifice des glandes gastriques, puis un liquide acide qui recouvre la surface entière. Les excitants mécaniques et chimiques, par exemple des grains de sable du charbon, des pois secs, des fragments d'os, agissent de la même façon. Ils donnent un liquide abondant, transparent, très acide, mais très pauvre en pepsine tandis que les agents chimiques: eau froide, vapeur d’éther, liquides alcooliques,' et surtout les solutions légèrement alcalines, donnent un produit chargé dé pepsine (Corvisart).

L’injection dans l’estomac de gaz divers, oxygène, acide carbonique, active la sécrétion du suc gastrique (Jaworski); les sels purgatifs déterminent plutôt une sécrétion de mucus.

L’excitation directe des nerfs n’a aucun effet sur la sécrétion gastrique, bien que l’action des agents chimiques et mécaniques, que nous avons cités, ne puisse s’expliquer que par l’intervention d’un reflexe, consécutif à l’excitation des nerfs sensitifs de la muqueuse.

Il suffit d’exciter une partie très restreinte de la langue pour obtenir la sécré-

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lion du suc gastrique par une large surface. Cette excitation est donc de nature essentiellement réflexe.

Les excitations diverses sont d’autant plus efficaces, et déterminent l’écoulement d’un liquide d’autant plus riche en pepsine, que l’estomac est à jeun depuis plus longtemps ; aussi, quand l’estomac est épuisé par une longue digestion, ces excitations ne déterminent plus qu’une sécrétion de mucus alcalin, ou encore d’un liquide acide, mais dépourvu de pepsine.

La quantilé de suc gastrique sécrété dans les vingt-quatre heures, par le chien, paraît varier du dixième au vingtième du poids de l’animal, et paraît encore plus considérable chez l’homme. Chez une femme atteinte de fistule gastrique, Bidder et Schmidt ont trouvé une sécrétion de 500 grammes par heure.

Quand l’estomac est vide et soustrait à toute excitation, la muqueuse devient exsangue et sèche; les glandes mucipares seules sécrètent lentement un mucus épais, alcalin, qui renferme 1,65 à 2,05 p. 100 de principes fixes, et qui dissout les matières albuminoïdes quand on l’acidule, preuve que la muqueuse du pylore n’est pas absolument dépourvue de glandes à pepsine. Le produit de la sécrétion pylorique contiendrait aussi un ferment diastasique (Klemensiewicz).

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