‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 96 sur 722 · INFLUENCE D’AGENTS CHIMIQUES DIVERS · texte numérisé non relu

INFLUENCE D’AGENTS CHIMIQUES DIVERS

L'alcool retarde la digestion pepsique, mais seulement à la dose minima de 4 p. 100 ; dans un liquide contenant 8 p. 100 d’alcool, la peptonification marche encore et se complète, pourvu qu’on emploie un excès de pepsine (A. Petit). Le vin et la bière agissent dans le môme sens, et leur action est plus énergique que celle qui revient à leur titre alcoolique; ce qui démontre l’influence nuisible de certains de leurs éléments constituants autres que l’alcool. Cependant, dans l’estomac en état d’intégrité physiologique, cette action nuisible se fait bien moins sentir, probablement à cause de l’absorption rapide de l’alcool et de ces diverses subtances (Buchner, 1881).

Gluzinski a repris, en 1886, l’étude de l’action de l’alcool sur la digestion gastrique ; il fait ingérer à ses sujets du blanc d’œuf délayé dans un peu d’eau" puis de l’alcool à la dose de 25, 50, 75 p. 100, retire au bout d’un certain temns le liquide, au moyen de la sonde stomacale, et l’examine au point de vue de* modifications de l’albumine. 5

Avec de l’alcool à 75 p. 100, la digestion est toujours ralentie, tandis qu’il n’en est plus de même avec l’alcool à 25 p. 100. Dans ce dernier cas, l’auteur a cons taté que : 1» l’alcool disparaît rapidement de l’estomac ; 2» l’alcool passe tel quel dans la circulation, sans transformation préalable en aldéhyde • 3- auanrt le liquide digestif entraîné contient encore de l’alcool, il y a ralentissement dans la digestion des matières albuminoïdes, tandis qu’au cas contraire, en l’absenc d’alcool, il se produit une hypersécrétion acide. On peut donc en conclure qU’.° faible dose, l’alcool peut avoir une heureuse influence sur la digestion. q d Les alcalis caustiques et carbonatés paralysent d’abord l’action de la pens’ puis détruisent rapidement le ferment ; cette action destructive est complète^n quinze minutes, avec une solution de carbonate de soude au centième.

La plupart des sels neutres alcalins retardent la peptonification, à dose un peu forte; une quantité de 4 à 8 grammes de borax, pour I gramme de fibrine empêche toute transformation. Le chlorure de sodium à 5 p. 100 accélérerait la réaction (Wolberg), ce que conteste Schmidt, en attribuant au sel une action inverse (1876).

Reichmann a trouvé (1887) que le chlorure de sodium, introduit dans l’estomac, exerce la même action nuisible que d’autres sels alcalins, neutres au tournesol. Sous leur influence, se manifeste une hypersécrétion des matières albuminoïdes et muqueuses des glandes stomacales, à réaction alcaline, dont le mélange aux liquides contenus dans le ventricule vient diminuer et même annihiler l’action du suc gastrique libre.

Les sels métalliques, ceux de plomb, d’argent, de mercure et en général de tous les métaux lourds qui précipitent le suc gastrique, en réagissant soit sur l’acide chlorhydrique, soit sur les matières de nature albuminoïde qu'il renferme, déterminent toujours un entraînement mécanique de la pepsine, peu favorable à la peptonification qu’ils peuvent complètement empêcher. A petite dose les sels de fer n’ont pas d’action nuisible.

La présence dans l’estomac d’une quantité, même très faible, de bile agit dans le même sens que l’addition des sels des métaux lourds. Sous l’influence de l’acide chlorhydrique, les sels biliaires se décomposent et les acides glycocholique et taurocholique insolubles, mis en liberté, se précipitent, entraînant encore avec eux la pepsine, en même temps que l’acidité du contenu de l’estomac diminue plus ou moins, suivant la quantité de bile qui y a reflué (Burckart, Maly). Un lavage à l’eau enlève le ferment au précipité mixte d’acides biliaires et de pepsine.

Chittenden et Cummins ont vérifié expérimentalement que l’addition de t p. 100 de bile, à une digestion gastrique, en diminue l’activité, et que 20 p. 100 l’arrêtent complètement. Ils ont observé le même effet pour l’acide taurocholique et ses sels, tandis que l’acide glycocholique et les glycocholates sont sans action nuisible.

L’action nocive de la bile sur les phénomènes digestifs a été contestée par Ruggero Odi (1887) qui a introduit ce liquide dans l’estomac d’un chien, en pratiquant une fistule vésico-stomacale, et n’a observé aucun trouble de la digestion.

Certains alcaloïdes, la strychnine, la morphine, la narcotine, la digitaline, la vératrine retardent la digestion, tandis que la quinine l’accélère (Wolberg).

A très faible dose, les antiseptiques divers, acide cyanhydrique, arsénieux phénique et salicylique, le chloroforme, l’éther sont sans action sensible ; en quantité plus forte, ils retardent l’activité gastrique.

Enfin les épices, telles que le poivre, le piment, l’anis, la cannelle, et en général les substances dites carminatives, employées à doses modérées, favorisent la sécrétion du suc gastrique et par conséquent la digestion.

Cette influence des épices sur la puissance digestive du suc gastrique a été étudiée à nouveau par Tschelzow qui opère de deux manières : i° in vitro ; il prélève par une fistule gastrique une certaine quantité de suc, l’introduit dans des tubes à essais, chauffés à l’étuve, à 38 et 40 degrés, pendant vingt-quatre heures, après addition d’un fragment d’albumine qui est pesé avant et après l’ex-

périence; l’auteur fait deux essais comparatifs : l’un, avec; l’autre, sans épices- 2" en nature; on introduit le fragment d’albumine dans l’estomac, avec ou sans épices, et l’on examine au bout d’un certain temps ce qu’il est advenu du fragment de blanc d’œuf. Tschelzow a trouvé ainsi que le poivre n’a pas d’action sur la dissolution de l’albumine; la moutarde en poudre, à petite dose, reste indifférente, à forte dose elle trouble la digestion; l’ait, à faible dose, est encore indifférent; en forte proportion, il trouble également la digestion.

Tschelzow a observé également, au point de vue de la quantité de suc sécrété sous l’influence des épices, chez des chiens porteurs de fistules gastriques, une augmentation sensible avec le poivre, très faible avec la moutarde en poudre • avec l’ait, il se manifeste plutôt une diminution, qui peut aller jusqu’à l’arrêt dé la sécrétion.

Klikowitsch a recherché (1886) l’action de certains médicaments sur la digestion artificielle. L’auteur se sert d’un suc gastrique contenant, pour 1 litre Veau 1 gramme de pepsine et 10 centimètres cubes d’acide chlorhydrique et maintenu pendant une journée à la température de 15 degrés, et comme matière albumi noide, du blanc d œuf ou du plasma sanguin coagulé par un acide lavé et desséché. Il introduit, dans 450 centimètres cubes de liquide, 20 ou 40 grammes d’alh mine, puis abandonne le mélange à l’étuve chauffée à 40 et 41 degrés nendëëi quatre à six heures ; il neutralise ensuite l’acide chlorhydrique, pour 'terminer opération, ajoute de 1 acide nitrique et fait bouillir ; on détermine ensuite diree tement la quantité de peptones et d’hémialbuminose par le pouvoir rotatoire d» liquide, au heu de doser l’albumine dissoute par différence de poids comme nn le fait habituellement. ’ n

Les substances médicamenteuses ont été ajoutées au début des digestions an i ficielles. Voici les résultats obtenus :

1° Avec l’alcool à 10 p. 100 et au delà, la digestion s’arrête ; à 5 p. ioo, l’in fluence est presque nulle, contrairement à ce qu’affirme Kretschy.

2» L’antipyrine, à la dose de 2 grammes à 2", 50, n’a pas d’action ; des dose* plus élevées arrêtent la digestion.

3° Le bromure et 1 ’iodure de potassium, à la dose de 0s%5, n’ont pas d’in fluence; 1 gramme à 2 grammes de sel diminuent l’activité de la digestion ni, sensiblement pour l’iodure que pour le bromure.

4° Les sels de fer à acides organiques n’ont pas d’influence.

5° Le fer métallique en poudre et ses sels à acides minéraux retardent un ne,, la fermentation.

6° Le calomel (dose de 0S'.3 à 1 gramme) la ralentit un peu ; le saliculate d soude (2-, 5 à 2 grammes) agit encore dans le même sens, mais plus fortement"

7 L arsemte de soude (dose de 0-.05 à 0^,01), le chloral hydraté (au-dessous de 1 gramme) et les chlorures alcalins de potassium et de sodium en ne üë quantités, sont sans action ; mais à plus forte dose, le chloral accélè’re laLeT ti°n (au-dessus de 1 gramme), tandis que les chlorures alcalins (furie nrono ’ tion) l’arrêtent complètement. u P r-

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