DIGESTION. — THÉORIE DE LA DIGESTION STOMACALE
degrés) est inférieure de 16 à 18 p. 100 à celle des albuminoïdes (5.800 calories), nouvelle preuve que le passage de l’état de matière albuminoïde ordinaire à celui de peptone dégage de la chaleur, comme tous les phénomènes d’hvdratation (Danilewski, 1881).
5° Un grand nombre de réactifs chimiques, et généralement ceux qui produisent des hydratations, transforment les albuminoïdes en peptones. L’action de l’eau, très lente à 100 degrés, est très manifeste à 120 degrés, et accélérée par l’addition de quelques millièmes d’acide chlorhydrique ou sulfurique ; ces acides agissent du reste déjà à 40 degrés, par un contact très prolongé.
6“ Enfin les peptones peuvent s’unir à la fois aux acides et aux bases, ce qui les rapproche des acides amidés. Certains de ceux-ci, tels que la leucine et la tyrosine, ont été signalés dans les produits de l’action prolongée de suc gastrique sur les matières albuminoïdes, et en dérivent par un procédé de dédoublement, après hydratation. Les peptones peuvent donc être considérées comme le premier degré de celte hydratation, effectuée simultanément par l’acide et le ferment du suc gastrique, hydratation qui, devenant plus complète avec le temps, donnerait lieu aux phénomènes de dédoublement étudiés par M. Schützenberger (Wurtz). Cette théorie est confirmée par l’identité, très probable, de
l’hémialbumine de Schiitzenberg
r et de l’albumine-peptone (Henninger).
Nous pouvons donc admettre, comme démontrée, la transformation des albuminoïdes en peptones, par un phénomène d’hydratation qui fait rentrer la pepsine dans la catégorie des diastases ouzymazes qui ont toutes ie même rôle essentiel. Or, la plupart de ces diastases, sinon toutes, peuvent être remplacées par certains agents chimiques, par les acides étendus principalement; et de même que le passage de l’amidon à la glucose, sous l’influence de l’acide sulfurique dilué, peut être attribué à la production initiale d’un éther sulfoconjugué de l’amidon que l’eau dédouble ensuite en glucose avec régénération de l’acide, de même aussi l’on peut admettre que les diastases de la salive, de l’orge germé et du pancréas forment une combinaison momentanée avec la matière amylacée, que la pepsine du suc gastrique s’unit avec la matière albuminoïde en une sorte d’éther (fibrine teinte par la pepsine de Wurtz), que l’eau, aidée par certaines conditions de milieu accessoires mais nécessaires, dédouble avec production d’une substance finale nouvelle, la maltose, la peptone, et régénération de la diastase, ptyaline, pepsine (Wurtz).
Dans un travail très important, Kuhne etChittenden ont donné, du mécanisme de la peptonification, une théorie différente de celle que nous avons admise jusqu’à présent, théorie qui paraît renouvelée de Meissner, mais n'en conduit pas “Tu* 1jauconclusion formulée précédemment, à savoir que les peptones sont des produits d hydratation des albuminoïdes. Au lieu de considérer la transformation des albuminoïdes en peptones comme constituée par une série d' hydratations simples, les auteurs admettent un dédoublement initial de la molécule albuminoïde en deux parties égales, mais inégalement influencées par les hydratations subséquentes, l’une, l’hémialbumose, facilement transformée par la pepsine en hèmipeptone ; l’autre, ïantialbumose, très lentement attaquée par le ferment gastrique et transformée en a ntipeptone. La peptone ordinaire, que nous connaissions seule jusqu’à présent, serait un mélange de deux peptones a nti et
hèmi. La proportion de carbone de l’hémialbumose serait de 2 p. 100 inférieure à celle de la matière albuminoïde primitive, et celle de l’hémipeptone de 3 p. ioo d’où une augmentation inverse dans la proportion d’hydrogène conduisant à la conclusion formulée plus haut. L’hémialbumose paraît identique à la propeptone de Mulheim-Schmidt.