‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 115 sur 206 · PROCÉDÉ DE LA POMPE A MERCURE · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DE LA POMPE A MERCURE

l.’appareil employé en France et qui se trouve aujourd’hui dans tous les laboratoires, est la pompe à mercure construite par Alvergniat (1).

Elle se compose d'un tube de verre épais, avec chambre barométrique supérieure d’un demi-litre environ, relié à la cuvette mobile dn baromètre par un long tube en caoutchouc permettant le relèvement de cette dernière et par suite le remplissage complet de la chambre avec du mercure. Le mouvement de la cuvette mobile s’effectue facilement le long d’une glissière verticale à l’aide d’une manivelle.

La chambre barométrique communique par un robinet à trois voies, soit avec l’extérieur, par une petite cuvette à mercure placée au-dessus, soit par un tube latéral dont l’extrémité libre doit être inclinée sur l’horizon avec des ballons ou des appareils quelconques reliés au tube de verre par un tube en caoutchouc épais. Entre ce tube latéral et les ballons dans lesquels on fera le vide, on peut intercaler des appareils destinés à dessécher les gaz et contenant soit de l’acide sulfurique (grosse pompe), soit de la ponce ou des boules do verre, imprégnées d’acide sulfurique (tubes en U deWnrtz), de façon à obtenir le vide sec, d après les indications de Pfliiger. Le joint du robinet doit être entouré d’une petite cuvette remplie d’eau pour assurer une fermeture hermétique.

Le récipient dans lequel on introduit le sang varie de forme suivant les expérimentateurs. On s’est servi d’abord de simples tubes droits, fermés à un bout (Hoppe-Seyler), puis de tubes renflés à leur extrémité inférieure en une boule volumineuse (Geissler-Pflüger). Le col de ces appareils doit être entouré d'un manchon, parcouru par «n courant d’eau froide, pour faire tomber la mousse qui monte très abondamment pendant l’extraction des gaz (2).

L’appareil de M. Gautier (3) est plus commode, d’un volume plus restreint et d’un maniement plus facile : il consiste en une sorte de pipette à gros renflement inférieur de 150 centimètres cubes environ, sur le tube supérieur de laquelle se trouve soufflée une petite boule, et où de part et d'autre sont disposés deux robinets. On la relie par le côté de la petite boule à la pompe à mercure et on la dispose dans une éprouvette que l’on remplit d’eau chaude.

On commence par vider l’air de tout l’appareil, jusqu’à ce qu’il ne reste plus une bulle gazeuse dans la chambre barométrique quand on remonte la cuvette mobile. On renverse surle tube d'écoulement des gaz qui plonge sous le mercure de la petite cuvette supérieure, une éprouvette graduée pleine de mercure, puis on introduit le sang frais dans le réservoir, en prenant des précautions pour éviter sa coagulation pendant la durée do l’opération.

Pour ce faire, on introduit par le robinet inférieur, dans le réservoir vide d’air, un volume mesuré d’une solution bouillie de sel marin à 20 p. 100 (20" par exemple) ; après avoir eu soin de remplir au préalable la partie du tube placée en dehors du robinet.

(1) Würlz, Chimie physiologique, p. 343.

(2) Lambling, Vroeédis de dosage de l'hémoglobine, Nancy, 1882, p. 33.

l3) Dictionnaire de Wiiriz, art. Sang, p. 1430.

On fait ensuite arriver le sang du sujet à expérimenter par l’intermédiaire d’un tube en caoutchouc, relié à la canule déjà remplie de sang et plongeant dans la veine ou dans l’artère; on coiffe avec l’extrémité de ce tube la pointe inférieure du récipient, encore chargé de solution salée, puis on ouvre le robinet lentement et on laisse entrer le sang jusqu’à ce que la mousse arrive au-dessous de la petite boule du haut. On referme le robinet, on détache le caoutchouc d’amenée du sang, on plonge l’appareil dans l’éprouvette pleine d’eau à 36-37°, et l’on ouvre le robinet supérieur. Les gaz passent dans la chambre barométrique d’où on les renvoie dans la cloche graduée placée audessus.

On évite facilement le boursouflement du sang et le passage de la mousse dans la pompe par l’introduction d’une goutte d'huile dans la petite boule du récipient (Gautier).

L’extraction des gaz étant terminée, on détache le récipient, on ouvre le robinet inférieur et l’on recueille le liquide dans une éprouvette graduée. Le volume obtenu, diminué de celui de la solution salée introduite dans l’appareil pour éviter la coagulation, et de celui qui remplissait le petit tube adducteur en dehors du robinet, représente la quantité de sang mis en oeuvre.

Il ne reste plus qu’à transporter la cloche à gaz sur une cuve à mercure, à lire le volume et à faire l’analyse soit par la méthode de Bunsen, soit par celle des réactifs humides d’absorption en prenant toutes les précautions indiquées.

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