‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 3)Chapitre 12 sur 206 · POLARISATION ROTATOIRE · texte numérisé non relu

POLARISATION ROTATOIRE

Les composés inorganiques liquides ou en solution n'ont pas d’action sur la lumière polarisée, mais il n’en est pas de même pour les composes organiques. Parmi ceux de ces derniers que l'on trouve dans l’économie animale, il n’en existe qu’un petit nombre, à molécule relativement simple, qui devient le plan de polarisation, tandis que beaucoup d’autres, à poids moléculaire élevé, tels que les matières albumino'ides, les sucres, etc., possèdent la polarisation rotatoire.

L’action de ces substances sur la lumière polarisée est fréquemment utilisée par le chimiste; elle lui permet non seulement de les différencier quand elles •se trouvent dissoutes dans des conditions déterminées au point de vue du milieu, de la densité, etc., mais encore d’en préciser la nature. Cette méthode optique de recherches présente, en outre, sur les autres méthodes analj'tiques, cet immens(‘ avantage de pouvoir servir à une détermination quantitative aussi exacte que rapide, sans altérer la composition du liquide qui peut être réservé pour des opérations ultérieures.

L’examen polarimétrique ne se fait qu’avec des solutions limpides et aussi incolores que possible. Il est vrai qu’une teinte légèrement jaunâtre nuit peu à l’examen, mais les colorations rougeâtres et brunâtres ne peuvent servir en aucun cas. Lorsqu’il s’agit de procéder à une observation, on introduit le liquide décoloré dans des tubes cylindriques en métal de 5, 10, 20, 50 centimètres de long, fermés aux deux bouts par des disques de verre, tenus en place à l’aide d’une fermeture à pas de vis. Il est évident que plus la colonne de liquide soumise à l’examen sera longue, plus sera forte la déviation du plan de polarisation. On emploie comme source de lumière, tantôt une flamme blanche fournie par une lampe à gaz ou à pétrole, tantôt la lumière monochromatique du sodium obtenue en introduisant une cupule de platine, contenant du chlorure de sodium fondu, dans la flamme d’un brûleur de Bunsen. Quelle que soit la source lumineuse, il faut éviter l’introduction des rayons directs dans l’appareil de polarisation; pour cela on entoure la flamme d'un manchon en terre, noirci au dehors, ou en tôle et percé d’un trou latéral muni ou non d’un appareil de condensation pour laisser passer la lumière.

Après avoir fixé préalablement l’appareil au zéro, interposé le tube contenant le liquide à analyser, on obsene la déviation du plan de polarisation. Si l’on est

APPAREILS DE POLARISATION

obligé de tourner le bouton du compensateur à droite ou dans le sens des aiguilles d’une montre pour rétablir l’égalité de la teinte primitive, on dit que la substance dévie à droite, est dextrogyre, et l’on désigne le sens de la déviation par le signe + ou la flèche /. Doit-on, au contraire, tourner à gauche ou en sens inverse des aiguilles d’une montre, la substance est lévogyre, la déviation est à gauche et s’indique par le signe — ou la flèche \ .

APPAREILS DE POLARISATION

Les appareils de polarisation le plus fréquemment employés dans les recherches physiologiques sont : 1“ le saccharimètre de Soleil, modifié en France phr Duboscq, en Allemagne par Ventzke et M. Hoppe Seyler; il exige pour éclairage une flamme blanche; 2° le saccharimètre à pénombre de Jellett, construit par Duboscq, et 3° le polaristrobomètre de Wild ; ces deux derniers doivent être éclairés par une flamme jaune.

Mentionnons encore pour mémoire l’appareil primitif de Mitscherlich, le diabétomètre de Robiquet et celui d’Yvon(1), le saccharimètre de Laurent et celui de Cornu.

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