AN.ALYSE DES LIQUIDES SÉREUX
L'analyse des liquides séreux ne présente de particulier que la séparation et le dosage des diverses matières albumino'ides qu’ils peuvent contenir et la préparation des cendres pour la recherche des sels fixes. La rcchcrehe des autres substances non albuminoïdes se fait par les procédés que nous avons indiqués à propos du sérum sanguin (p. 173).
A. Séparation et dosage des diverses matières allximi'' uoïdes (1).
Les analyses qualitative et quantitative des diverges substances albuminoïdes des sérosités peuvent être menées de front, en opérant simultanément sur deux volumes égaux et assez considérables de liquide, 500 centimètres cubes par exemple.
a. Recherche de la fibrine.
I.e liquide, abandonné au repos à la température de 15 à 20“ pondant 12 heures. :ui moins, peut donner un coagulum défibriné dont on favorise la production par une agitation finale et que l’on recueille sur un morceau de toile blanche usée et mouillée au préalable.
On enlève, autant que faire se peut, les débris épithéliaux, les leucocytes et les globules sanguins emprisonnés, en lavant les flocons de fibrine sous un filet d'eau. La fibrine est caractérisée par son insolubilité dans l’eau, dans le chlorure de sodium au 1,10', dans l’acide chlorhydrique faible qui la gonfle et les alcalis étendus qui la gonflent moins.
On la dose en rassemblant les filaments restés sur linge après lavage, desséchant à f étuve à air à 120“ et pesant.
O) IIoppe-SryliT, Chimie a7iahjlique,f.i\l-, Mclui, Chitnie aiedicafc, p.l98; Duniouthiers,. ■Journ. de pharm. et de chim., 1886, t. XtV, p. 511.
19â E:SCYCL0PÉDIE chimique. — GARMER ET SCHLAGDENHAUFFEN.
b. Recherche de la caséine et des globulines.
Le liquide séparé de la fibrine est étendu de dix à vingt volumes d’eau, neutralisé par l’acide acétique dilué, puis traité par un courant prolongé d’acide carbonique. Le précipité floconneux se tasse par le repos. On le sépare par décantation du liquide, et on le divise en deux parties :
а) L’une, additionnée de quelques gouttes de chlorure de sodium concentre, se dissout si elle est constituée par de la myosine ou une globuline, qui sont toutes deux reprécipitées de leur solution par l’addition de chlorure de sodium en pondre. Le résidu insoluble dans le sel marin est con-stitué par de la caséine et de l’albuminate alcalin.
б) La seconde partie, lavée à l’eau pour éliminer la sérine, redissoute dans le moins possible de chlorure de sodium à 5 ou 10 p. 100, est consacrée à la détermination de la nature des globulines, sérumglobuline et fibrinogène, d’après les procédés décrits au chapitre des urines (p. 87).
Pour doser la caséine et les albuminates, on opère comme précédemment sur 100 centimètres cubes de liquide, exempt de fibrine. Le précipité tassé est recueilli sur un filtre taré, lavé avec une solution de chlorure de sodium à 5 p. 100 qui entraîne les globulines, séché rapidement à 105° pour coaguler la ca.séine, puis lavé à l’eau distillée jusqu’à ce que le liquide filtré ne précipite plus le nitrate d’argent; on lave encore à l’alcool, puis à l’éther pour enlever les corps gras et la cholestérine. On sèche de nouveau le filtre à 105-110°, puis on le pèse.
Les globulines ne sont pas complètement précipitées par l’acide carbonique dans le liquide neutralisé, mais par saturation à l’aide du sulfate de magnésie (llammarsten). Pour les doser on suit le procédé décrit page 88 ; mais on doit retrancher du poids du filtre, celui de la caséine ou de l’albuminate alcalin obtenu dans la précédente opération, la caséine étant également précipitée par le sulfate de magnésie.
c. Recherche de la mucine et de la paralbumine.
Les liquides visqueux (kystes, synovie, etc.) renferment ordinairement de la mucine ou de la paralbumine, souvent toutes les deux mélangées, mais en proportion très variable.
a) Le liquide primitif qui renferme de la mucine, traité par l’acide acétique fournit un précipité insoluble dans un excès d’acide et dans le chlorure de sodium, tandis que les albuminates se redissolvent.
b) La paralbumine précipite également par l’acide acétique ; mais le dépôt se dissout sans peine dans un excès de réactif et dans le chlorure de sodium ; les albuminates ne se dissolvent pas dans ces conditions.
Pour doser la paralbumine, on élimine les albuminates, globulines, etc., parle sulfate de magnésie. Le liquide filtré est dialysé en faisant passer un courant d’eau continu dans le vase extérieur. Après trois ou quatre jours, on s’assure qu’il ne passe plus de sulfate de magnésie dans l’eau extérieure ; on précipite alors le liquide contenu dans lé dialyseur par cinq volumes d’alcool à 90-95°, on recueille le précipité sur un filtre taré, on le lave à l’alcool à 80°, on le sèche à l’air libre ou au maximum à 30°; puis on le reprend par de l’eau distillée tiède qui dissout la paralbumine et laisse la sérine et la mucine insolubles. La solution